Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°676 – 19/02/2026

🔴 RALENTISSEMENT DU COMMERCE EXTÉRIEUR QUI A ENREGISTRÉ UNE BAISSE DE 23,6% EN DECEMBRE 2025 : CHUTE LIBRE DES IMPORTATIONS
🔴 LIBÉRATION CONDITIONNÉE DES TROIS PRÉSIDENTS D’AMICALES ARRÊTÉS À LA SUITE DES VIOLENCES À L’UCAD : UN PAS VERS LA PAIX

🔴 PRÉPARATIFS MONDIAL 2026 : LES LIONS DÉFIERONT LE PÉROU ET LA GAMBIE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°610 – 19/11/2025

🔴 GEL DES IMPORTATIONS DE BANANES : UN FIASCO
🔴 « ASER-GATE » / CONVOQUÉ AUJOURD’HUI SUITE À SA PLAINTE : TAS À LA SECTION DE RECHERCHES

🔴 LE SÉNÉGAL ÉCRASE LE KENYA : 8 BUTS, ZÉRO RÉPONSE !
🔴 MISES LORS DU SÉNÉGAL VS BRÉSIL : LES PARIEURS SÉNÉGALAIS PERDENT PLUS DE 540 MILLIONS F CFA

FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco

La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.

Le Dakarois

Suspension des importations de bananes : l’Arm veille à la régulation et à la stabilité des prix

L’Agence de régulation des marchés (Arm) poursuit son travail de terrain après la suspension des importations de bananes. Son directeur général, Babacar Sembène, accompagné du comité de suivi et d’évaluation du protocole, a effectué une tournée dans plusieurs sites de stockage et de commercialisation. Cette mission avait pour objectif de vérifier concrètement l’état d’application du protocole signé avec les acteurs de la filière et d’en mesurer les premiers résultats.

Selon le journal Libération, qui rapporte la visite dans son édition de ce lundi, l’initiative vise avant tout à garantir aux consommateurs l’accès à des bananes de qualité, disponibles en quantité suffisante et proposées à un prix abordable. Mais elle a aussi pour ambition de soutenir les producteurs locaux et de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur de cette filière stratégique.

Durant ses échanges sur les différents sites, Babacar Sembène a rencontré des commerçants, des distributeurs et des consommateurs afin de recueillir leurs avis sur la mise en œuvre du dispositif. Le directeur général a insisté sur l’importance d’un contrôle rigoureux de la qualité des produits mis sur le marché et sur la nécessité de maintenir des prix justes et stables. Pour lui, la réussite de cette politique passe par la collaboration de tous les acteurs, chacun devant jouer son rôle dans la préservation de l’équilibre entre l’offre et la demande.

En saluant les efforts consentis par les partenaires de la filière, Babacar Sembène a réaffirmé la détermination de l’Arm à garantir le bon fonctionnement des marchés. Il a rappelé que la mission de l’institution ne se limite pas à la régulation économique, mais inclut également la protection du pouvoir d’achat des ménages et le renforcement de la confiance entre producteurs, commerçants et consommateurs.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de suivi permanent qui traduit la volonté de l’Arm d’accompagner durablement la filière banane. L’agence entend ainsi prévenir les déséquilibres qui pourraient résulter de la suspension des importations, tout en consolidant les acquis en matière de qualité, de disponibilité et de stabilité des prix.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Commerce extérieur du Sénégal : baisse des exportations et augmentation des importations en janvier 2025

Le commerce extérieur du Sénégal a connu une dynamique contrastée en janvier 2025, selon le bulletin mensuel des statistiques du Commerce extérieur. Alors que les exportations ont reculé, les importations ont enregistré une hausse notable, traduisant un déséquilibre commercial accru.

Les exportations sénégalaises ont atteint 382,9 milliards de FCFA en janvier 2025, contre 404,3 milliards de FCFA en décembre 2024, soit une diminution de 5,3 %. Cette baisse est en grande partie due à une chute drastique des ventes d’or non monétaire, l’un des principaux produits d’exportation du pays. En effet, les expéditions de ce métal précieux sont passées de 72,6 milliards de FCFA en décembre 2024 à seulement 36,3 milliards de FCFA en janvier 2025, réduisant considérablement la performance globale des exportations sénégalaises.

D’autres produits d’exportation tels que les produits halieutiques et agricoles ont également connu une légère contraction, impactant le volume global des exportations. Cette baisse pourrait être attribuée à des facteurs saisonniers, une demande extérieure fluctuante ou encore des difficultés logistiques.

À l’inverse, les importations ont enregistré une hausse notable en janvier 2025. Elles se sont élevées à 799,7 milliards de FCFA, en progression de 10,7 % par rapport aux 722,4 milliards de FCFA enregistrés en décembre 2024. Cette augmentation s’explique par une forte demande de biens intermédiaires et de consommation, ainsi qu’une hausse des importations de produits énergétiques.

Parmi les principaux produits importés, les hydrocarbures ont représenté une part importante de cette hausse, en raison de la nécessité d’approvisionner le marché local en carburant et en énergie. Les produits alimentaires de base, notamment les céréales et le riz, ont également contribué à cette augmentation des importations, traduisant une dépendance persistante du Sénégal aux marchés étrangers pour certains produits essentiels.

Avec cette baisse des exportations et cette hausse des importations, le déficit commercial du Sénégal s’est creusé en janvier 2025. Cette situation pose un défi pour l’équilibre macroéconomique du pays et souligne la nécessité d’une stratégie renforcée pour diversifier les exportations et stimuler la production nationale.

Les autorités économiques sénégalaises devront ainsi redoubler d’efforts pour promouvoir la transformation locale des matières premières, réduire la dépendance aux importations et améliorer la compétitivité des produits nationaux sur les marchés internationaux. Des politiques incitatives en faveur du secteur industriel et agricole pourraient contribuer à rééquilibrer la balance commerciale à moyen terme.

En conclusion, l’évolution du commerce extérieur en janvier 2025 met en évidence la fragilité de l’économie sénégalaise face aux fluctuations des marchés internationaux. Il devient impératif d’adopter des mesures stratégiques pour renforcer l’exportation et limiter l’impact des importations sur l’économie nationale.

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