Drame de Touba : P. Fall, maître d’œuvre déjà incarcéré, sera entendu dans la nouvelle affaire ayant fait 11 morts

La tragédie de Touba, survenue il y a quelques jours et ayant coûté la vie à 11 personnes tout en faisant 7 blessés, continue de révéler ses ramifications. L’affaire prend désormais une tournure judiciaire majeure.

Déjà incarcéré à la prison de Rebeuss dans le cadre de l’effondrement de l’immeuble de Ngor, le maître d’œuvre P. Fall sera extrait dans les prochains jours pour être entendu par les enquêteurs dans cette nouvelle affaire dramatique. Selon L’Observateur dans son édition de ce mardi 27 mai, son nom apparaît de nouveau au cœur d’un système de sous-traitance jugé défaillant et aux conséquences meurtrières.

L’immeuble effondré à Touba, dont la construction s’est déroulée sous une chaîne complexe de sous-traitance, soulève de sérieuses interrogations sur les responsabilités engagées. Face à l’ampleur du dossier, les autorités policières ont décidé d’accélérer les investigations. Le commissariat spécial de Touba, appuyé par celui de Ndamatou, a été mobilisé pour auditionner les différentes parties impliquées dans la réalisation du bâtiment.

Les premières auditions ont déjà permis de mettre en lumière de graves négligences, tant sur le plan technique que réglementaire. Des soupçons planent sur des manquements aux normes de sécurité, le non-respect des procédures administratives et le rôle flou de certains sous-traitants intervenus dans le chantier.

Cette affaire relance le débat sur la régulation du secteur du bâtiment au Sénégal, la surveillance des chantiers, et surtout la responsabilité des maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre dans les nombreux drames liés à des constructions illégales ou mal encadrées.

Les familles des victimes, encore sous le choc, réclament justice et appellent à des sanctions exemplaires pour que “plus jamais” une telle tragédie ne se reproduise.

Moustapha Diakhaté : l’ancien député incarcéré à Rebeuss pour insultes et propos contraires aux bonnes mœurs

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar (2012-2017), Moustapha Diakhaté, fait face à un nouveau chapitre de son parcours tumultueux. Condamné à deux mois de prison ferme, il purge actuellement sa peine à la prison centrale de Rebeuss, à Dakar.

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a reconnu Moustapha Diakhaté coupable d’insultes proférées via un système informatique ainsi que de propos jugés contraires aux bonnes mœurs. Cette décision judiciaire, prononcée fin novembre, marque un moment décisif dans la trajectoire de cet ancien cadre influent de l’Alliance pour la République (APR), le parti au pouvoir.

Malgré son incarcération, Moustapha Diakhaté affiche une sérénité qui étonne ses proches et observateurs. Selon le journal Les Échos, l’ancien député partage sa cellule avec une autre figure politique bien connue, Lat Diop, ancien membre du même parti. Ce voisinage particulier n’a, semble-t-il, pas ébranlé l’état d’esprit de Moustapha Diakhaté, décrit comme « sans stress » par des sources proches.

La prison de Rebeuss, tristement célèbre pour ses conditions de détention souvent dénoncées, n’a pas semblé affecter le moral de cet acteur politique au caractère bien trempé. Néanmoins, cette peine de prison vient ajouter une nouvelle controverse à un parcours déjà marqué par des prises de position critiques, tant à l’égard de l’opposition que de son propre camp.

Moustapha Diakhaté s’est distingué ces dernières années par ses critiques franches et directes. Après avoir été un pilier du régime de Macky Sall, il s’est éloigné de la ligne officielle, n’hésitant pas à pointer du doigt les dysfonctionnements internes de l’APR et les dérives supposées du pouvoir. Cette posture lui a valu des soutiens, mais également des adversités, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de sa famille politique.

Cette condamnation, bien que courte, constitue un revers symbolique pour l’homme politique, qui devra maintenant gérer les retombées de cet épisode une fois sa peine purgée. En attendant, il semble déterminé à ne pas se laisser abattre, malgré les murs de Rebeuss et l’impact de cette affaire sur son image publique.

L’arrestation de Moustapha Diakhaté soulève à nouveau des questions sur l’usage de la loi concernant les délits de presse et d’opinion au Sénégal. Si certains y voient une application nécessaire pour préserver l’ordre public et les bonnes mœurs, d’autres dénoncent une tendance à museler les voix dissidentes.

Abdoulaye Mamadou Guissé incarcéré pour escroquerie et blanchiment de capitaux

Abdoulaye Mamadou Guissé, président d’Omart City Sénégal, a passé sa première nuit en prison après avoir été inculpé et placé sous mandat de dépôt ce jeudi par le juge d’instruction du 2ᵉ cabinet du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye. Accompagné de son avocat, Me Abdou Dialy Kane, il fait face à des accusations graves liées à des activités présumées d’escroquerie et de blanchiment de capitaux.

Omart City Sénégal s’était illustrée à travers un projet de logements sociaux, proposant des inscriptions moyennant 5 500 ou 6 000 francs CFA pour frais de dossier. Ce programme avait attiré de nombreux candidats à travers plusieurs régions du Sénégal. Cependant, des plaintes et dénonciations de victimes présumées ont conduit à l’arrestation d’Abdoulaye Mamadou Guissé le samedi dernier par les gendarmes de la Brigade territoriale de la Zone Franche Industrielle.

L’affaire prend une ampleur nationale. En effet, Abdoulaye Mamadou Guissé était également recherché par la Section de Recherches de Saint-Louis et le commissariat central de Diourbel dans le cadre d’une délégation judiciaire émise par le juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance du Baol. Ces recherches s’inscrivaient dans la même enquête liée à des soupçons d’escroquerie à grande échelle et de blanchiment de capitaux.

À ce stade, l’instruction judiciaire devra déterminer les responsabilités dans ce qui apparaît comme une vaste affaire d’arnaque. Les victimes espèrent obtenir justice et des éclaircissements sur l’usage des fonds collectés dans le cadre de ce projet controversé.

Cette affaire souligne une fois de plus la nécessité d’une meilleure régulation des initiatives immobilières et sociales afin de protéger les citoyens contre d’éventuelles dérives. Le président d’Omart City Sénégal reste présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.

Affaire Dermond Oil : Khadim Bâ incarcéré, Coris Bank sous pression pour une dette de 700 milliards de FCFA

L’affaire Dermond Oil, qui secoue actuellement le monde des affaires au Sénégal, prend un tournant inquiétant pour certains acteurs financiers de premier plan. Le patron de Locafrique, Khadim Bâ, a été placé sous mandat de dépôt vendredi dernier. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment faux et usage de faux dans un document administratif, importation sans déclaration de marchandises prohibées, violation de la règlementation de change, et escroquerie portant sur des deniers publics.

Cette affaire retentissante a attiré l’attention du public, d’autant plus que l’un des autres protagonistes, le directeur général de Coris Bank, Ibrahima Mar Fall, a pour sa part été relâché. Libéré sur ordre du Pool judiciaire financier (PJF), sa situation reste cependant sous haute surveillance. Selon les révélations du journal Source A, cette affaire pourrait avoir des implications beaucoup plus vastes pour l’ensemble du secteur bancaire.

La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est entrée dans le dossier à la suite d’une réclamation choquante de la Douane sénégalaise, qui exige 700 milliards de francs CFA de la part de Coris Bank. Cette dette colossale menace non seulement la santé financière de la banque panafricaine, mais également l’équilibre du secteur bancaire dans toute la région UEMOA.

Un tel montant est jugé impossible à honorer par la banque sans courir le risque de faire faillite. Selon les observateurs, une faillite de cette envergure aurait un effet domino qui pourrait déstabiliser le secteur bancaire et financier de toute la zone UEMOA. C’est pour cette raison que la BCEAO, en tant que régulateur, a senti le besoin d’intervenir pour éviter une crise systémique.

Si Khadim Bâ se retrouve actuellement derrière les barreaux, Ibrahima Mar Fall, quant à lui, n’est pas encore directement inquiété malgré la menace des 700 milliards de francs CFA qui pèse sur son établissement. Cette divergence dans le traitement des deux hommes reflète peut-être la complexité de l’affaire, qui touche à la fois les secteurs pétrolier, bancaire et douanier.

Le dossier Dermond Oil, avec ses ramifications financières et judiciaires, met en lumière les fragilités et les interconnexions de l’économie sénégalaise, tout en soulevant de graves questions sur la gouvernance des affaires publiques et privées.

L’implication de la BCEAO est un signe que les autorités financières de la région prennent cette affaire très au sérieux. Toutefois, la capacité de Coris Bank à surmonter cette tempête reste incertaine. D’autres banques, bien qu’indirectement concernées, surveillent de près l’évolution du dossier, craignant des répercussions potentielles sur leurs propres opérations.

L’affaire Dermond Oil est loin d’avoir livré tous ses secrets. Pour l’heure, c’est l’ensemble du paysage économique sénégalais et ouest-africain qui retient son souffle, tandis que la justice poursuit son travail dans cette affaire aux multiples facettes.

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