Le Dakarois Quotidien N°658 – 27/01/2026
Le Dakarois Sports N°658 – 27/01/2026
🔴 TENSIONS AUTOUR DE LA FINALE : DES AVOCATS MAROCAINS MENACENT ABDOULAYE FALL DE POURSUITES
En visite officielle au Royaume du Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à apaiser les tensions nées à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, marquée par des incidents regrettables entre supporters. Reçu par son homologue marocain Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement sénégalais a rappelé la profondeur des relations historiques, politiques et humaines entre Dakar et Rabat, insistant sur la nécessité de ne pas laisser des débordements sportifs altérer une coopération solide et ancienne.
S’exprimant devant la presse, Ousmane Sonko a souligné que les violences observées après la CAN doivent être analysées avec discernement. Pour lui, il s’agit d’actes isolés, dictés par l’émotion intense qui entoure les grandes compétitions sportives, et non de l’expression d’une hostilité entre les peuples sénégalais et marocain. « Après la CAN, les incidents observés ici ou là doivent être considérés comme des excès isolés liés à l’émotion, et non comme des fractures profondes entre nos peuples. Le sport, par essence, est un puissant facteur de rapprochement et de fraternité, et ne saurait remettre en cause la solidité des relations entre le Sénégal et le Maroc », a déclaré le Premier ministre.
Cette prise de position vise à réaffirmer l’attachement des autorités sénégalaises à une diplomatie fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération. Ousmane Sonko a également salué l’accueil chaleureux réservé à la délégation sénégalaise, symbole de l’excellence des relations bilatérales entre les deux pays.
Arrivé à l’aéroport international de Rabat à bord d’un vol spécial affrété par Air Sénégal, le Premier ministre a été accueilli par Aziz Akhannouch ainsi que plusieurs responsables marocains. Ce geste protocolaire fort illustre la volonté partagée de renforcer davantage les liens entre Dakar et Rabat, notamment dans les domaines économique, diplomatique et culturel.
Dans la continuité de sa visite, Ousmane Sonko s’est rendu au mausolée de Mohamed V pour se recueillir à la mémoire du grand-père de l’actuel souverain marocain. Il était accompagné du ministre marocain porte-parole du gouvernement, Moustapha Baitas. Cet acte symbolique traduit le respect du Sénégal pour l’histoire du Royaume du Maroc et pour les figures emblématiques ayant contribué à façonner son identité.
À travers cette visite et ces déclarations, le chef du gouvernement sénégalais entend tourner la page des tensions post-CAN et recentrer les relations sénégalo-marocaines sur leurs fondamentaux : la fraternité, la coopération et la solidarité entre deux nations liées par une longue histoire commune.
Le match opposant l’ASC Jaraaf à l’USM Alger, comptant pour la deuxième journée de la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF), a pris une tournure regrettable ce dimanche au stade Abdoulaye Wade. Si la rencontre s’est soldée par un score nul et vierge (0-0), l’attention a malheureusement été détournée par de graves incidents ayant éclaté à la fin du match.
Dès les premières minutes, une poignée de supporters algériens a attiré l’attention par un comportement provocateur. Fumigènes, pétards et dégradations des sièges ont marqué une attitude jugée incompréhensible par le public et les forces de l’ordre. Malgré la diplomatie affichée par les policiers sénégalais, les provocations ont continué. À la reprise de la seconde période, les fumigènes ont refait leur apparition, forçant les autorités à intervenir à plusieurs reprises.
La tension a atteint son paroxysme à la fin de la rencontre. Des insultes et provocations directes envers les forces de l’ordre ont dégénéré en altercations physiques. En réaction, des supporters sénégalais présents dans le stade sont intervenus, transformant les gradins en une scène chaotique.
Parmi les victimes de ces violences, certains joueurs de l’USM Alger, qui tentaient de calmer les tensions, ont été blessés. En conférence de presse, l’entraîneur du club algérien, Nabil Maaloul, a exprimé sa déception :
La situation déjà tendue a été aggravée en conférence de presse, lorsqu’un officiel de la CAF a empêché un journaliste de poser une question en arabe. L’entraîneur Maaloul a vivement réagi, dénonçant ce qu’il a perçu comme un manque de respect :
Sur le plan sportif, le Jaraaf de Dakar a décroché son premier point dans la compétition. Après une défaite initiale face à l’ASEC Mimosas (0-2), les Médinois espéraient mieux devant leur public. Cependant, l’efficacité offensive leur a manqué face à une équipe de l’USM Alger bien organisée.
Ces incidents, bien que regrettables, mettent en lumière des enjeux plus larges autour de la gestion des foules, du respect mutuel entre supporters et des responsabilités des instances dirigeantes. Alors que le football doit unir, ce genre de débordements rappelle l’importance d’une meilleure sensibilisation et de mesures adaptées pour garantir la sécurité et l’esprit sportif dans les stades.
La CAF devra sans doute enquêter sur ces événements afin de prendre des mesures à la hauteur des enjeux, pour protéger non seulement les joueurs, mais également les supporters qui viennent célébrer leur passion pour le football.
Le 17 novembre 2024, la cellule de veille West Africa Network for Peacebuilding (WANEP) a rendu publiques ses observations concernant les élections législatives au Sénégal, menées le même jour. À travers ce communiqué, l’organisation a fourni une analyse détaillée du déroulement de la journée de vote, en se concentrant sur la mobilisation des électeurs, la présence des forces de l’ordre et de défense, ainsi que les incidents qui ont pu survenir pendant le scrutin.
Le WANEP a déployé 100 observateurs sur l’ensemble du territoire, répartis dans 42 des 46 départements jugés à risque de violence électorale. Grâce à cette couverture étendue, 99,7 % des bureaux de vote ont pu être observés. Le rapport indique que, globalement, le scrutin s’est déroulé « dans la discipline et sans incidents majeurs ». Cependant, un faible taux de participation a été constaté, notamment en milieu de journée, avec des files d’attente relativement courtes dans 95,7 % des bureaux observés, où moins de 20 personnes étaient présentes. Néanmoins, certains bureaux ont signalé des files d’attente plus longues, dépassant les 20 électeurs.
Une tendance préoccupante a été notée : dans 83,5 % des bureaux, la présence des jeunes électeurs était faible, une observation similaire concernant la participation des femmes. Ce constat soulève des questions sur l’engagement des jeunes et des femmes dans ce processus électoral, des catégories qui jouent un rôle central dans la vie politique du pays.
Quant à la présence des forces de l’ordre et de défense, le WANEP a rapporté la présence de 2 à 9 agents de sécurité par bureau, mais avec une faible représentation des femmes dans 98,8 % des centres de vote observés. Cette faible proportion de femmes dans les équipes de sécurité pourrait soulever des préoccupations concernant l’équité et la diversité dans la gestion du processus électoral.
Concernant les incidents, l’organisation a déploré des dérapages mineurs, notamment des violations de la procédure de vote pour les personnes en situation de handicap. Un incident a été rapporté au centre de vote de Thiowor à Louga, où une personne malvoyante a été assistée par une représentante d’un parti politique. Cette intervention a provoqué des contestations de la part des autres représentants, entraînant une altercation verbale.
En conclusion, le WANEP souligne que, dans l’ensemble, les élections législatives 2024 au Sénégal se sont déroulées sans heurts majeurs, malgré un taux de participation relativement faible à mi-journée. L’organisation appelle à une vigilance continue sur les processus électoraux pour garantir un environnement transparent et inclusif, tout en prenant en compte les défis liés à l’inclusivité et à l’engagement des jeunes et des femmes dans le processus démocratique.