Dagana : un étudiant de l’Isep tué lors d’une attaque à moto, une enquête ouverte

La commune de Richard-Toll est sous le choc après la mort tragique de Mouhamed Ndiaye, étudiant à l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de la localité. Le jeune homme a été mortellement agressé dans la soirée du jeudi 20 novembre, aux alentours de 21 heures, sur la route nationale 2, à hauteur du village de Keur Birane, un secteur connu pour être relativement isolé dès la tombée de la nuit.

Selon les premières informations relayées par Le Soleil, Mouhamed Ndiaye circulait à moto en compagnie d’un ami lorsque trois individus non identifiés les ont pris pour cible. Les assaillants, embusqués au bord de la route, auraient tenté de s’emparer de l’engin en interceptant les deux jeunes hommes. L’attaque a été d’une extrême violence : l’un des agresseurs aurait porté un coup de gourdin au jeune étudiant, provoquant immédiatement la perte de contrôle de la moto. Le choc et la chute qui ont suivi se sont avérés fatals.

Mouhamed Ndiaye est décédé sur place, tandis que son compagnon, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins. Son état reste préoccupant, selon des sources locales.

Alertés, les éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Richard-Toll se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constats d’usage et sécurisé la zone, avant d’ouvrir une enquête afin de retrouver les auteurs de cette attaque meurtrière. Les premiers témoignages recueillis laissent penser à un acte de banditisme ciblant les motocyclistes circulant de nuit sur cet axe, mais aucune piste n’est écartée à ce stade de l’enquête.

La mort de Mouhamed Ndiaye a provoqué une vive émotion parmi ses camarades de l’Isep et dans toute la communauté locale, où il était décrit comme un jeune homme sérieux et apprécié. De nombreux habitants appellent les autorités à renforcer la sécurité sur la RN2, devenue selon eux un point sensible en raison de la recrudescence des attaques nocturnes.

Crise dans les ISEP : le SUDES-ESR dénonce l’absence de textes réglementaires et menace de passer à l’action

Treize ans après leur création, les Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEP) évoluent toujours dans un flou juridique que le Syndicat Unitaire et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES-ESR) juge intenable. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le syndicat tire la sonnette d’alarme et pointe un dysfonctionnement structurel qui, selon lui, compromet gravement la qualité de l’enseignement et la stabilité du système.

Selon le SUDES-ESR, les ISEP, malgré leur mission cruciale dans l’offre de formation professionnelle au Sénégal, ne disposent d’aucun texte réglementaire clair encadrant leur organisation et leur fonctionnement. « En treize années d’existence, les ISEP ne disposent ni de statuts clairs, ni de textes d’application de la loi qui les régit », déplore le syndicat, qui qualifie cette situation de « carence structurelle » aux conséquences lourdes.

Sur le terrain, cette absence de cadre normatif se traduit par un profond malaise : enseignants démotivés, incertitude sur le statut des personnels, conditions de travail précaires et gouvernance instable. Autant de facteurs qui, selon le SUDES-ESR, altèrent non seulement le rendement pédagogique, mais aussi l’image même des ISEP au sein du système d’enseignement supérieur.

Dans sa déclaration, le syndicat ne cache pas son exaspération face à ce qu’il considère comme une négligence prolongée du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il accuse directement le ministère, mais aussi les directions des ISEP, d’avoir « failli à leur mission » en n’adoptant toujours pas les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre complète de la loi. Cette inertie, martèle le SUDES, « fragilise profondément le bon fonctionnement des ISEP ».

Face à ce blocage qu’il qualifie « d’injustifiable », le syndicat formule trois revendications prioritaires : l’ouverture immédiate de négociations sincères avec les autorités compétentes, la finalisation sans délai des textes réglementaires en souffrance depuis plus d’une décennie, et la reconnaissance effective du statut des personnels des ISEP.

Le SUDES-ESR prévient qu’en cas de non-réponse rapide, il se réserve le droit de recourir à « tous les moyens légaux de lutte » pour défendre les intérêts de ses membres. « Il est temps que les autorités prennent la mesure de l’urgence », conclut le communiqué, appelant à éviter des perturbations majeures qui pourraient affecter le fonctionnement des ISEP et, par ricochet, porter atteinte aux objectifs de formation professionnelle dans le pays.

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