Ousmane Yara : Dans la lumière du conseiller de l’ombre

Dans les pages du prestigieux «Jeune Afrique», de longues lignes encrent un entretien avec Ousmane Yara. Malien né à Lubumbashi, ayant grandi en Guinée, l’homme d’affaires est un panafricain, citoyen du monde, dont il sillonne les terres et parle aux élites, pour les besoins d’une diplomatie organique dont les résultats sont diversement appréciés.

Au Sénégal, son nom s’épelle comme le facilitateur discret de l’apaisement présumé entre Macky Sall qui avait annoncé ne pas briguer un troisième mandat à la tête du pays et l’opposant Ousmane Sonko, en prison au Cap Manuel et jouant à faire valider sa candidature.

Messager attitré

Dans les annales tacites, c’est lors d’un dîner à la résidence de Mermoz, à Dakar, que Yara qui a connu Macky début 2000, lui propose son entregent pour des négociations avec Ousmane Sonko. L’onction du Président sortant sénégalais acquise, le Malien sera plusieurs fois porteur de messages au chef des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef).

Confident confiant

D’une discrétion taiseuse, Ousmane Yara, interpellé sur son rôle dans la décrispation de la tension socio-politique au Sénégal, consent avoir «juste voulu aider un ami» perdu dans une direction vers laquelle certains voulaient le pousser et qui lui créerait des problèmes et créerait des problèmes au pays.

Citoyen des Afriques

Homme de peu de paroles, prospérant dans l’ombre, fils d’un diamantaire malien, né en janvier 1970 à Lubumbashi, dans le sud de ce qui ne s’appelle pas encore la RDC, c’est à Conakry, auprès d’un oncle paternel, que Yara grandit après y avoir rejoint le jeune frère de son père, après le décès de Sékou Touré, en 1984 et où il connaîtra les fils de Lansana Conté, du ministre Ibrahima Kassory Fofana et de Alpha Condé qui se prend d’affection pour Yara et lui ouvre les portes d’autres palais. «Grâce à lui, j’ai pu côtoyer Mahamadou Issoufou, Ibrahim Boubacar Keïta, Muhammadu Buhari et le Sud-africain Jacob Zuma», confie-t-il.

Affairiste fortuné

S’il tisse son réseau en Guinée, c’est au Nigeria que Yara fera fortune, notamment dans le pétrole, avec la bienveillance de Aliko Dangote.

Entregent international

Médiateur infatigable, en 2017, mandaté par l’Union africaine alors présidée par Alpha Condé, Ousmane Yara rencontre à Tobrouk, Aguila Salah Issa, le président du Parlement libyen autoproclamé, pour négocier le rapatriement de migrants et s’entretient avec le général Khalifa Haftar, alors l’homme fort de l’Est libyen.

Frère des leaders d’Afrique, c’est Yara qui «discute avec le comité d’organisation de l’investiture de Donald Trump et prépare la venue de chefs d’État africains», pour la gouverne de ceux qui doutent de son carnet d’adresses. Pas cupide, selon un homme politique sénégalais, celui pour qui le continent africain n’a pas de secret n’a pas que des amis. Dans l’entourage de l’ex-président sénégalais, un conseiller de Macky Sall, lui reproche d’avoir travaillé contre la candidature d’Amadou Ba et contribué à sa défaite.

Crayonné homme d’affaires cherchant à s’approcher des palais présidentiels pour avoir, en retour, un accès aux marchés publics», celui que Macky Sall se plaît à peindre comme exceptionnel et dangereux, rétorque avec flegme : «Il n’y a aucun chef d’État que j’ai
aidé et qui, en retour, m’a facilité l’obtention de marchés publics.»

afriquemidi

« Stop à la manipulation » : Yoro Dia dément les rumeurs de « Jeune Afrique » sur Macky Sall

Yoro Dia, ancien porte-parole de Macky Sall, a formellement démenti les informations rapportées par Jeune Afrique, selon lesquelles l’ex-président du Sénégal resterait au Maroc par crainte d’une arrestation à son retour au pays. Le journal avait avancé que Macky Sall souhaitait éviter d’éventuelles poursuites judiciaires pendant la campagne pour les législatives, une affirmation que Yoro Dia qualifie de « manipulation ».

Actuellement à Paris, où il a rencontré l’ancien chef d’État, Yoro Dia a réagi avec fermeté. « Ce n’est pas Macky Sall qui a peur, mais plutôt Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui sont en panique depuis que Macky Sall a été désigné tête de liste, » a-t-il déclaré. Il a également réfuté toute accusation contre l’ancien président, affirmant que ce dernier est « libre de revenir au Sénégal quand il le souhaite. »

Selon Yoro Dia, Macky Sall respecte une tradition instaurée par Léopold Sédar Senghor, qui consiste pour les anciens présidents à s’installer à l’étranger afin de ne pas gêner leurs successeurs. « Macky Sall n’a rien à se reprocher, il se comporte en chevalier républicain face à un pouvoir qui, lui, ne respecte pas les codes d’honneur républicains », a-t-il souligné.

La déclaration vise à apaiser les tensions politiques croissantes autour des législatives et à rappeler que Macky Sall, bien qu’installé à l’étranger, n’est pas en fuite mais continue à observer la scène politique sénégalaise avec sérénité.

Les Coulisses des Négociations Politiques au Sénégal Révélées par « Jeune Afrique »

Dans un article percutant publié ce vendredi, le journal « Jeune Afrique » plonge dans les arcanes des tractations politiques entre le président sortant Macky Sall, le leader de l’opposition Ousmane Sonko, et le nouveau président Bassirou Diomaye Faye. Des négociations qui auraient débuté bien avant les élections présidentielles remportées par Bassirou Faye, selon le média panafricain.

Les discussions entre les différents acteurs politiques auraient pris un nouvel élan à la suite de la décision du Conseil constitutionnel d’invalider la candidature de Karim Wade. Macky Sall aurait alors espéré obtenir le soutien de Wade-fils en cas de second tour entre le parti Pastef de Sonko et Amadou Ba. Avec le report des élections, Sall aurait cherché à maintenir son pouvoir en attendant de réintégrer Sonko et Wade dans la course présidentielle. Toutefois, pour y parvenir, il aurait nécessité le soutien d’Ousmane Sonko, d’où des démarches de négociation entreprises par l’intermédiaire d’Ousmane Yara, un homme d’affaires malien proche du président sénégalais.

Les discussions entre Sonko et Sall auraient abordé des sujets sensibles tels que le report des élections, une éventuelle loi d’amnistie, et d’autres points stratégiques. Cependant, « Jeune Afrique » souligne que le Conseil constitutionnel aurait finalement eu le dernier mot en fixant la date du scrutin.

Après leur libération, Sonko et Bassirou Diomaye Faye auraient bénéficié d’un rapprochement avec Macky Sall, laissant entendre que ce dernier aurait financé une partie de la campagne de la coalition de Diomaye Faye. Ce rapprochement aurait été scellé par ce que certains ont nommé le « protocole du Cap Manuel », une série de discussions et de compromis politiques menés alors que Sonko et Diomaye Faye étaient encore emprisonnés à la prison du Cap Manuel, à proximité du palais présidentiel.

Cette révélation de « Jeune Afrique » lève le voile sur les coulisses complexes et intrigantes de la politique sénégalaise, mettant en lumière les alliances improbables et les jeux de pouvoir qui ont marqué les dernières élections présidentielles.

Crise politique au Sénégal : Le plan de Macky Sall dévoilé par le patron de « Jeune Afrique »

Dans un éditorial percutant intitulé « Au Sénégal, le (dernier) choix de Macky Sall », publié ce mardi, le directeur de publication de « Jeune Afrique », Marwane Ben Yahmed, lève le voile sur le plan de sortie de crise de l’actuel président sénégalais.

Selon Ben Yahmed, Macky Sall vise à sauver l’essentiel en organisant au plus vite l’élection présidentielle dans les conditions les moins défavorables, et ainsi sortir par le haut de la crise politique qui secoue le pays. Le plan de Macky Sall comprend plusieurs étapes clés : mener des concertations politiques pour parvenir à un consensus sur les règles du jeu électoral, élargir la liste des candidats à l’élection présidentielle tout en réformant le système des parrainages, promulguer une loi d’amnistie pour apaiser les tensions et libérer certains détenus politiques.

Cependant, un obstacle majeur demeure : la date butoir du 2 avril, marquant la fin du mandat présidentiel de Macky Sall. Contrairement aux demandes de certains de ses détracteurs exigeant son départ à cette échéance, Ben Yahmed souligne que Macky Sall prévoit de rester en place jusqu’à l’intronisation de son successeur, invoquant la continuité institutionnelle prévue par la Constitution en cas de non-élection d’un nouveau président à la date prévue.

Le patron de « Jeune Afrique » envisage que, si un consensus est trouvé sur ce point crucial, la date de l’élection présidentielle pourrait être repoussée de quelques semaines, permettant ainsi une organisation plus démocratique et moins précipitée du scrutin, probablement courant mai ou juin.

Dans ce scénario, Amadou Ba resterait le candidat de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakaar (BBY), et une alliance serait scellée avec le Parti démocratique sénégalais (PDS) de Abdoulaye Wade, Rewmi d’Idrissa Seck, voire Taxawu Senegaal de Khalifa Sall, dans l’optique d’un front républicain face au Pastef, parti de l’opposant Ousmane Sonko.

Cet éclairage de Marwane Ben Yahmed met en lumière les manœuvres politiques en cours au Sénégal et les enjeux cruciaux liés à la transition démocratique dans le pays.

Affaire Sonko-Affaire Karim : violent clash entre le patron de Jeune Afrique et Mimi Touré

Le Directeur de Publication du magazine Jeune Afrique, Marwane Ben Yahmed, s’est attaqué à l’ancien Premier ministre et candidate de la coalition « Mimi 2024 », Aminata Touré. D’après Les Échos, le journaliste a réagi à une publication de l’ancien ministre de la Justice sur X (ex-Twitter) dénonçant « l’excès de zèle » de l’administration pénitentiaire qui lui a refusé de rendre visite à l’opposant Ousmane Sonko.

Marwane Ben Yahmed de demander à Aminata Touré : « Et envoyer Karim Wade en prison sans éléments valables si ce n’est les enquêtes minables de la Crei, pas de problème ? »

La réaction de Mimi Touré n’a pas tardé : « Enquêtes minables de la Crei dites vous Marwane Ben Yahmed ? Même en politique, la politesse reste une vertu. Si cela vous intéresse tant, vous êtes journaliste, accordez une interview aux magistrats qui avaient en charge la Crei, bon nombre sont encore en vie et répartis de l’obligation de réserve. Ils vont diront généreusement ce qu’il en est des éléments valables et enquêtes dont faites état. »

Elle embraie : « Et, ils vous diront certainement que la ministre de la Justice que j’étais n’avait pas pour rôle de donner des ordres aux magistrats – peut être que les rôles ont évolué – mais de s’assurer qu’ils puissent faire leur travail convenablement ».

Quitter la version mobile