Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a levé le voile sur une décision majeure concernant un actif stratégique du pays : les Chantiers navals de Dakar. Lors de la présentation du Plan de Redressement Économique et Social baptisé “Jubbanti Koom”, le chef de l’État a révélé avoir interrompu une concession imminente, qu’il a jugée contraire aux intérêts nationaux.
En faisant allusion à une conversation tenue avec son prédécesseur au moment de la passation de pouvoir, le président Faye a indiqué :
« Quand il me faisait visiter le palais, je lui ai fait savoir notamment que j’étais au courant de la signature imminente d’une concession sur les Chantiers navals de Dakar qui n’a pas été négociée dans les meilleurs termes. »
Considérant que cette concession n’avait pas été conclue dans des conditions optimales, le président a immédiatement ordonné l’arrêt du processus. Une décision motivée par la volonté de protéger les intérêts stratégiques du Sénégal dans un secteur sensible, lié à l’industrie navale, à la défense et à l’économie maritime.
Dans la foulée, le chef de l’État a annoncé le lancement d’un nouvel appel d’offres, avec l’engagement que la nouvelle procédure sera conduite dans la transparence et selon des critères de souveraineté économique et de performance industrielle.
« Vous verrez la différence sur les deux contrats », a-t-il promis, sans toutefois entrer dans les détails sur les parties concernées par l’ancien projet de concession.
Cette décision traduit la philosophie du nouveau régime, qui entend rompre avec des pratiques de gouvernance jugées opaques, tout en redonnant à l’État la maîtrise de secteurs clés. Les Chantiers navals de Dakar, infrastructure essentielle pour la maintenance des navires civils et militaires, revêtent une importance géopolitique dans un contexte de tensions régionales et d’intensification des activités maritimes.
Avec ce geste, le président Diomaye Faye envoie un signal fort : chaque partenariat économique sera désormais examiné à l’aune de l’intérêt national, et la transparence devient un impératif non négociable dans la gestion des ressources publiques et des infrastructures stratégiques.