Lutte antidrogue : la police frappe un grand coup contre les trafiquants

Depuis quelques semaines, les forces de l’ordre sénégalaises ont intensifié la lutte contre le trafic de drogue à travers le pays. De Dakar aux confins du territoire, une série d’opérations d’envergure a permis de mettre la main sur d’importantes quantités de stupéfiants et de démanteler plusieurs réseaux actifs. Les trafiquants sont traqués sans relâche, et les saisies de drogues se multiplient, envoyant un message clair aux criminels.

Parmi les plus grosses prises de cette opération coup de poing figure l’arrestation d’Assane Bill, un trafiquant notoire bien connu des services de police. Son nom est associé à plusieurs affaires de drogue, et ses allers-retours en prison ne l’ont jamais vraiment dissuadé de reprendre son business.

En novembre 2024, il avait été arrêté à Ngor en possession de 100 grammes de haschich, 2,5 grammes de cocaïne et 10 doses de skunk. Après une brève incarcération, il avait choisi de relocaliser son trafic à Mbacké, pensant échapper à la surveillance des forces de l’ordre. Mais la traque ne s’est jamais arrêtée. Le 20 mars dernier, les policiers l’ont de nouveau interpellé, cette fois avec 18 grammes de cocaïne et deux galettes de crack. Son dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait cette fois-ci sceller son sort.

L’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a poursuivi sa traque avec une vigilance accrue. À Dieuppeul, un dealer a été mis hors d’état de nuire avec 42 pierres de crack, une quantité non négligeable sur le marché noir.

Plus à l’est, dans le village de Sékoto, près de Saraya, deux Maliens tentant d’approvisionner un réseau local ont été arrêtés avec 2 paquets de kush, 400 comprimés de tramadol et 5 cornets de chanvre. Ces arrestations témoignent d’une stratégie d’expansion des trafiquants qui tentent d’essaimer leurs activités en dehors des grandes villes.

Les quartiers populaires de la capitale sont des places fortes du trafic de chanvre indien. Face à cette réalité, les forces de l’ordre ont multiplié les descentes à Pikine, Thiaroye, Keur Massar et Maristes.

Le 20 mars dernier, la plus grosse prise a été réalisée avec 81 kg de chanvre saisis lors d’une opération coup de filet. Deux jours plus tard, à Keur Massar, cinq trafiquants ont été arrêtés alors qu’ils utilisaient un véhicule de transport en commun pour dissimuler leur cargaison.

Loin de la capitale, la répression s’est également intensifiée. Dans la forêt de Porokhane, à Kaolack, 85 kg de chanvre en provenance de Casamance ont été interceptés. À Thiès, 105 kg de drogue ont été saisis entre Joal, Nianing, Mballing et Diamniadio. Même les zones reculées ne sont pas épargnées : à Fatick, 7 kg de chanvre et 140 grammes de haschich ont été confisqués à deux individus tentant de prendre la fuite à moto.

Ces saisies massives et les multiples arrestations montrent que la guerre contre la drogue ne faiblit pas au Sénégal. En seulement neuf jours, les forces de l’ordre ont réalisé des coups de filet stratégiques qui ont porté un coup sévère aux réseaux de trafic.

Comme le souligne L’Observateur, cette offensive policière est un signal fort envoyé aux trafiquants : désormais, ils devront redoubler de prudence, car les forces de sécurité ont bien l’intention de poursuivre cette traque impitoyable. Pour les autorités, l’objectif est clair : frapper fort et dur afin d’éradiquer ces circuits clandestins qui gangrènent la jeunesse sénégalaise.

Proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie : la société civile appelle les députés à surseoir à l’examen du texte et privilégier le dialogue

La proposition de loi visant à interpréter la loi d’amnistie suscite de vives réactions au sein de la société civile sénégalaise. Dans un communiqué publié ce mercredi 26 mars 2025, plusieurs organisations ont exprimé leurs préoccupations face aux tensions croissantes autour de ce débat juridique et politique. Elles exhortent l’Assemblée nationale à suspendre l’examen du texte et à mettre en place un cadre de concertation impliquant tous les acteurs concernés.

Depuis l’adoption de la loi d’amnistie n°2024-09, la question de son interprétation ou de son éventuelle abrogation continue d’alimenter le débat public. Cette loi, promulguée dans un contexte politique marqué par des tensions et des affrontements, visait à apaiser le climat national en annulant certaines poursuites judiciaires liées aux événements sociopolitiques des dernières années.

Cependant, des divergences sont apparues sur son application et son interprétation. Certains estiment que la loi a été votée sans une prise en compte équitable des différentes parties impliquées. D’autres considèrent qu’elle constitue une entrave au droit à la justice pour les victimes des violences couvertes par l’amnistie.

C’est dans ce contexte que des députés ont récemment déposé une proposition de loi interprétative visant à clarifier certains aspects du texte initial. Ce projet a immédiatement suscité des réactions contrastées, notamment de la part de la société civile, qui y voit une menace pour la stabilité sociale et appelle à la prudence.

Dans son communiqué, la société civile sénégalaise met en garde contre le climat de crispation qui entoure cette initiative législative. Elle souligne « l’existence d’un climat tendu autour de la question de l’abrogation ou de l’interprétation de la loi d’amnistie », une situation qui, selon elle, pourrait accentuer les divisions au sein de la société.

Face à ces tensions, elle appelle l’Assemblée nationale à « surseoir à l’examen de la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie » et à favoriser une approche concertée, impliquant notamment les députés, les autorités judiciaires, les leaders religieux, ainsi que les représentants de la société civile.

Cette démarche viserait à éviter une nouvelle fracture sociale en privilégiant un dialogue inclusif, où toutes les parties prenantes pourraient exprimer leurs préoccupations et propositions dans un cadre structuré.

Par ailleurs, la société civile exhorte les acteurs politiques et les médias à adopter une attitude responsable dans leurs prises de position publiques. Elle insiste sur la nécessité d’un discours apaisé, qui respecte les textes en vigueur et les droits fondamentaux des citoyens.

« La société civile invite les acteurs politiques et les médias à faire preuve de responsabilité dans toute prise de position publique, conformément aux textes en vigueur et dans le strict respect des droits et libertés fondamentales des citoyens », indique le communiqué.

Ce rappel s’adresse particulièrement aux figures politiques et aux analystes médiatiques dont les déclarations ont parfois contribué à envenimer le débat.

Enfin, la société civile exprime son attachement au respect des principes de justice et d’équité dans l’application de la loi d’amnistie. Elle insiste sur le fait que tout acte de nature criminelle ou correctionnelle couvert par cette loi doit être examiné de manière impartiale, sans distinction et conformément aux engagements internationaux du Sénégal.

Elle rappelle que l’État sénégalais a ratifié plusieurs conventions internationales garantissant les droits des victimes et l’obligation de rendre justice, notamment en cas de violations graves des droits humains.

« La société civile reste soucieuse de voir sanctionner tous les faits de nature criminelle ou correctionnelle couverts par la loi d’amnistie n°2024-09, sans aucune distinction et quels qu’en soient les auteurs, dans le respect des conventions et accords internationaux signés et ratifiés par l’État du Sénégal », conclut le communiqué.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités étatiques ou des députés à l’origine de la proposition de loi n’a été enregistrée. Toutefois, cette sortie de la société civile pourrait accentuer la pression sur l’Assemblée nationale et influencer les décisions à venir.

Dans les prochains jours, il sera déterminant d’observer si les parlementaires maintiendront l’examen du texte ou s’ils opteront pour une concertation nationale, comme le réclame la société civile. Une chose est certaine : cette question ne manquera pas de marquer l’actualité politique sénégalaise dans les semaines à venir.

AFFAIRE DE LA PRÉSUMÉE « DETTE CACHÉE » : L’APR met sur la table du FMI plus de 100 kg de documents explosifs !

Dans un contexte de tensions politiques et économiques, l’Alliance pour la République (APR) déploie une offensive pour contrer les accusations de leurs successeurs sur une présumée « dette cachée ». Selon des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », le parti met en avant plus de 150 kg de documents afin de se défendre. Une lettre confidentielle a été adressée au FMI, dans laquelle l’APR exige une rencontre pour clarifier les enjeux liés à la gestion de la dette publique et mettre en lumière ce qu’elle considère comme des manipulations.

L’Alliance pour la République (APR) semble plus que déterminée à contester vigoureusement les accusations formulées par leurs successeurs à la tête du Sénégal. Selon des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », une rencontre stratégique avec le Fonds monétaire international (FMI), minutieusement négociée au plus haut niveau, est en train de se mettre en place. Celle-ci serait accompagnée de pas moins de cent cinquante (150) kilogrammes de documents considérés comme des « preuves accablantes » contre le tandem Diomaye-Sonko, à en croire notre interlocuteur. Ces documents, dont le contenu demeure jusqu’à présent confidentiel, devraient permettre à l’APR de remettre en cause les conclusions du rapport de la Cour des comptes et d’éclairer certains aspects de l’enquête.
En effet, l’objectif affiché par l’APR est de rétablir la vérité et de clarifier certains points cruciaux sur la gestion des finances publiques. Le parti entend ainsi prouver que les accusations formulées contre les anciens responsables de l’exécutif sont basées sur des faits incomplets ou déformés.
D’après notre source, leur parti va mettre en lumière les « manipulations destinées à nuire à son image et à celle de ses membres ». En effet, rappelle-t-elle, le rapport de la Cour des comptes mis à la disposition du public ne comporte pas de signature et tous les présidents de chambre n’ont pas participé à son élaboration. Elle insiste sur le fait que les documents que l’APR s’apprête à soumettre au FMI pourraient mettre en exergue les incohérences dans le rapport de la Cour des comptes, notamment en ce qui concerne les procédures suivies dans l’enquête. La formation politique critique particulièrement l’absence de consultation des anciens ministres et directeurs des Finances, arguant que ce manquement porte atteinte à l’un des principes fondamentaux de la justice, à savoir le respect du contradictoire.

LA MISSIVE

Une lettre confidentielle, envoyée hier, mercredi, par l’APR à Majdi Debbich, le représentant résident du FMI à Dakar, souligne ces points susmentionnés et demande expressément une rencontre avec les experts du Fonds pour discuter des conclusions du rapport de la Cour des comptes. Le contenu de cette lettre est une attaque directe contre la gestion des statistiques économiques et financières par les actuelles autorités gouvernementales, et ce, en particulier concernant la dette publique. Le parti met en cause les manipulations présumées du Gouvernement « Sonko 1 » faisant croire à l’opinion que le FMI aurait validé les conclusions du rapport de le Cour des comptes. Ce qui n’est, d’après l’APR, absolument pas le rôle de cette institution financière.
L’APR insiste sur le fait que le FMI n’a pas pour prérogative de valider officiellement les chiffres de la dette publique, mais qu’il se limite à discuter avec les autorités sénégalaises et à proposer des réformes en fonction de l’état des finances publiques. En ce sens, le parti dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du FMI par le Gouvernement pour appuyer ses propres conclusions et discréditer les anciens responsables de l’administration publique.
Pour terminer, la source du « Dakarois Quotidien » affirme que pour l’APR, il ne s’agit pas simplement de défendre une position, mais de rétablir la vérité et de préserver la réputation du Sénégal sur la scène internationale. Elle précise que, contre vents et marées, leur parti va défendre la transparence car cette situation dépasse les simples enjeux politiques internes, et qu’elle pourrait avoir des conséquences considérables pour la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale.
In fine, si les accusations formulées par la Cour des comptes sont jugées fondées par les partenaires internationaux du Sénégal, le pays pourrait se retrouver isolé sur le plan diplomatique et économique.
La rencontre avec le FMI, qui devrait prochainement avoir lieu, pourrait avoir un nouveau rebondissement dans cette affaire. Ce dossier est loin d’être clos et les enjeux sont de taille !

Penda THIAM

LIBERTÉ PROVISOIRE DE LAT DIOP : Ballon-sonde ou réelle issue ?

Lat Diop, ancien Directeur Général de la LONASE, incarcéré depuis septembre 2024, a bénéficié d’une mesure de liberté provisoire. Toutefois, cette décision n’est pas définitive et s’accompagne de conditions strictes, notamment le port d’un bracelet électronique. Alors que certains ont laissé entendre qu’il aurait déjà quitté la prison, il apparaît en réalité que Lat Diop reste sous écrou, en attendant l’éventualité d’un recours en cassation par le parquet général.
Une situation qui amène à se poser une question : est-ce une manœuvre visant à sonder l’opinion, plus précisément des « pastefiens », quant à cette décision de liberté provisoire ?
Il convient de noter que la décision de libération pourrait être annulée si le parquet général décide de former un pourvoi en cassation. Ce dernier dispose, en effet, d’un délai de six jours pour contester la mesure devant la Cour suprême. Ce qui laisserait le sort de Lat Diop suspendu, en fonction de l’issue de ce recours.
Si le parquet ne fait pas appel de la décision, l’ancien ministre des Sports pourrait passer la fête de la Korité auprès de sa famille, dans l’intimité de son domicile.


La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°431 – 27/03/2025

🔴 RENCONTRE AVEC LE FMI POUR « RÉTABLIR LA VÉRITÉ » : L’APR BRANDIT 150 KG DE DOCUMENTS EXPLOSIFS !
🔴 LIBERTÉ PROVISOIRE PRONONCÉE PAR LA CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE : LAT DIOP « TENU EN OTAGE » PAR LE PARQUET

🔴 SÉNÉGAL VS TOGO : DES INCIDENTS ONT FAILLI GÂCHER LA RENCONTRE
🔴 COUPE DE LA LIGUE (5e J.) : L’AS KAFFRINE SURPREND CASA SPORTS

Lat Diop en passe d’obtenir une liberté provisoire sous bracelet électronique

L’ancien directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt retrouver la liberté, sous conditions. Selon des informations relayées par Dakaractu, la chambre d’accusation financière aurait donné une suite favorable à sa demande de liberté provisoire, assortie d’un port de bracelet électronique.

Toutefois, cette décision reste suspendue à un éventuel pourvoi en cassation du parquet, qui pourrait bloquer la procédure et retarder sa mise en liberté.

Lat Diop, également ancien ministre des Sports, est actuellement poursuivi dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la gestion de la Lonase. Son incarcération avait fait grand bruit, tant en raison de son poids politique que des accusations portées contre lui.

L’annonce de sa possible remise en liberté intervient alors que plusieurs figures de l’ancien régime font face à des poursuites judiciaires dans le cadre des enquêtes sur la mauvaise gestion des finances publiques.

Si ses proches et ses partisans voient dans cette décision un signe d’apaisement, d’autres estiment qu’il ne devrait pas bénéficier de cette mesure tant que l’affaire n’a pas été totalement jugée.

L’issue de ce dossier dépendra désormais de la réaction du parquet, qui pourrait décider de saisir la Cour de cassation pour contester cette décision et maintenir Lat Diop en détention.

En attendant, l’ancien ministre reste dans l’incertitude quant à son avenir judiciaire, alors que le Sénégal continue de vivre une période marquée par de nombreuses affaires liées à la reddition des comptes.

Sénégal : Les douanes saisissent plus de 4,5 milliards FCFA en billets noirs

Les services des Douanes sénégalaises ont récemment réalisé plusieurs saisies de billets noirs d’une valeur totale dépassant 4,5 milliards FCFA, selon un communiqué de la Division de la Communication et des Relations publiques de la Direction Générale des Douanes (DGD). Ces opérations ont été menées dans plusieurs localités du pays, confirmant l’ampleur du phénomène de blanchiment de faux billets sur le territoire.

L’une des plus importantes saisies a été effectuée par la Brigade commerciale des Douanes de Sénoba, dans la région de Kolda. Les agents douaniers, alertés sur un individu transportant des billets noirs dans la localité de Ndiaye (Sédhiou), ont mené une opération d’interception.

Le suspect a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à blanchir une somme de 4 millions d’euros, soit environ 2,624 milliards FCFA. Ces fonds illicites étaient répartis comme suit :

  • 2 000 billets de 500 €
  • 15 000 billets de 200 €

Le mis en cause est actuellement en garde à vue, et une enquête est en cours pour identifier d’éventuels complices impliqués dans ce réseau de falsification de devises.

Dans la région de Kaolack, deux importantes saisies ont été réalisées par les douanes.

Le 14 mars, la Brigade mobile des Douanes du Pont Serigne Bassirou Mbacké a intercepté deux individus en possession de 1,007 milliard FCFA en billets noirs (dollars et euros) à Keur Madiabel.

Quelques jours auparavant, la Brigade commerciale de Keur-Ayip avait arrêté un faussaire tentant de blanchir 59 millions FCFA en faux billets à Boulédjé (Nioro du Rip).

Le 13 mars 2025, une opération conjointe entre la Brigade des Douanes de Pikine (Dakar-extérieur) et le Groupement polyvalent de Recherche et de Répression de la Fraude (GPR) de Thiès a permis de déjouer une tentative de blanchiment de 850 millions FCFA en billets noirs à Mékhé.

Les billets contrefaits, comprenant des coupures en euros, dollars et francs CFA, étaient destinés à une vaste opération de blanchiment. Trois personnes, dont une femme, ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

Depuis début mars, les douanes sénégalaises ont déjà mis la main sur 2,284 milliards FCFA en billets noirs lors d’opérations menées à Dakar, Gandigal et Louga.

Au total, depuis le début de l’année, près de 7 milliards FCFA en faux billets ont été saisis sur le territoire national. Ces chiffres montrent l’ampleur du phénomène du blanchiment de fausse monnaie au Sénégal et la nécessité de renforcer la surveillance aux frontières et sur l’ensemble du territoire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°430 – 26/03/2025

🔴 BAISSE DE 7,2 POINTS DANS LES SECTEURS SECONDAIRE ET TERTIAIRE EN UN AN : UN CLIMAT DES AFFAIRES MAUSSADE !
🔴 LOI PORTANT INTERPRÉTATION DE LA LOI PORTANT AMNISTIE : LE PROJET DE LOI SE HEURTE AU MUR CITOYEN

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : LES « LIONS » SORTENT LES GRIFFES FACE AUX « ÉPERVIERS »
🔴 CONTRIBUTION : SADIO MANÉ EST-IL DEVENU DISCUTABLE (Par M’Bagnick Dione)

Le FMI face au Sénégal : une dérogation ou un remboursement de la dette cachée ?

Le Fonds Monétaire International (FMI) pourrait adopter deux options face à la situation financière actuelle du Sénégal : accorder une dérogation ou exiger un remboursement. C’est ce qu’a révélé Edward Gemayel, chef de la mission du FMI pour le Sénégal, lors d’une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) ce mardi 25 mars 2025.

Les discussions entre Dakar et le FMI sont suspendues depuis que l’institution financière a mis en lumière l’existence d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (environ 4000 milliards de FCFA), accumulée entre 2019 et 2024 sous la présidence de Macky Sall. Cette découverte a conduit à la suspension du programme d’aide financière accordée au Sénégal.

La situation est jugée préoccupante car le FMI ne peut plus avancer dans les discussions sur un nouveau programme d’appui tant que les données économiques transmises par le précédent gouvernement ne sont pas rectifiées.

Les conclusions du rapport de la Cour des comptes sénégalaise confirment ces irrégularités. Selon ce document, la dette publique a été sous-estimée et certaines obligations financières du pays n’ont pas été déclarées de manière transparente. Ce manque de rigueur budgétaire a contribué à la dégradation des finances publiques et à l’incertitude actuelle.

Pour le FMI, il est impératif de rétablir la crédibilité des chiffres économiques du Sénégal avant de discuter d’un quelconque nouvel accord. Cette exigence de transparence s’inscrit dans une volonté de garantir une gestion plus rigoureuse des finances publiques.

Selon Edward Gemayel, deux options sont sur la table :

  1. L’octroi d’une dérogation : le FMI pourrait décider de passer outre cette irrégularité en accordant une dérogation exceptionnelle au Sénégal. Cela permettrait de maintenir le partenariat financier entre l’institution et le pays, en évitant une rupture brutale des financements internationaux.
  2. L’exigence d’un remboursement : dans ce cas, le FMI pourrait demander au Sénégal de rembourser une partie des fonds déjà débloqués, en guise de compensation pour la fausse déclaration des finances publiques. Cette option compliquerait encore davantage la situation économique du pays, qui fait déjà face à des tensions budgétaires.

Cette incertitude économique place le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye dans une position délicate. L’administration actuelle, qui a promis plus de transparence et une gestion rigoureuse des finances publiques, doit maintenant gérer l’héritage économique du régime précédent.

Le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà dénoncé ces données falsifiées et annoncé un audit général des finances publiques pour identifier les responsabilités. Mais cela suffira-t-il à convaincre le FMI de ne pas exiger un remboursement immédiat ?

Propos grossiers dans les débats télévisés : Le CNRA met en garde les médias contre les injures

Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a exprimé ce mardi 25 mars 2025 son inquiétude face à la multiplication des dérives verbales dans les débats télévisés. L’organe de régulation pointe du doigt l’usage des insanités, injures et propos grossiers sur certains plateaux, notamment de la part de chroniqueurs invités à commenter l’actualité.

Dans un communiqué officiel, le CNRA dénonce des comportements qui, selon lui, portent atteinte aux institutions de la République, à la moralité publique, ainsi qu’à l’image, l’honneur et la réputation des personnes visées. Il estime que ces dérives sont de nature à fragiliser la stabilité nationale et la cohésion sociale, en transformant les médias en tribunes d’invectives plutôt qu’en espaces de débats responsables.

L’organe de régulation rappelle que ces pratiques constituent une violation des règles en vigueur, notamment celles inscrites dans le Cahier des charges des médias audiovisuels. Il insiste sur le fait que les chaînes de télévision, de radio et les plateformes de diffusion sont responsables de la qualité des contenus qu’elles proposent.

Dans ce cadre, le CNRA exhorte les directeurs de médias et animateurs d’émissions à prendre les dispositions nécessaires pour éviter la prolifération de discours offensants et irresponsables.

Le communiqué précise également que le non-respect de ces obligations pourrait entraîner des sanctions sévères, conformément à la législation en vigueur. Ces sanctions peuvent aller de mises en demeure et suspensions de programmes à des interdictions de diffusion ou des amendes conséquentes.

Le CNRA rappelle aux acteurs des médias audiovisuels qu’ils ont un rôle fondamental dans l’éducation citoyenne et la préservation des valeurs démocratiques. En permettant des échanges respectueux et constructifs, ils contribuent à une information équilibrée et à un climat apaisé dans le pays.

Il invite ainsi les chaînes de télévision, les radios et les plateformes numériques à veiller scrupuleusement au respect de la déontologie journalistique, afin d’éviter que leurs espaces de diffusion ne deviennent des lieux d’incitation à la haine ou à la violence verbale.

Cette mise en garde du CNRA intervient dans un contexte où le débat public au Sénégal est de plus en plus marqué par des affrontements verbaux, souvent exacerbés par les tensions politiques et sociales. L’organisme de régulation semble donc vouloir renforcer son contrôle sur les contenus audiovisuels, en réaffirmant son engagement à préserver l’éthique et la responsabilité médiatique.

Guy Marius Sagna exige le jugement de Macky Sall pour haute trahison

Le député et activiste Guy Marius Sagna est monté au créneau ce mardi pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dissimulation frauduleuse de dette publique » sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Selon les révélations du Fonds monétaire international (FMI), une dette cachée de 7 milliards de dollars (plus de 4000 milliards de FCFA) aurait été accumulée entre 2019 et 2024, sans que les institutions internationales et le peuple sénégalais n’en soient informés.

Face à cette révélation, Guy Marius Sagna estime que Macky Sall et ses collaborateurs doivent répondre de leurs actes devant la justice pour haute trahison. Dans une déclaration virulente, il pointe du doigt « une gestion opaque et irresponsable des finances publiques », tout en appelant à une action judiciaire ferme contre les responsables de cette situation.

Le FMI, qui a récemment audité les finances publiques du Sénégal, a révélé que cette dette massive n’avait pas été correctement déclarée aux institutions financières et aux bailleurs de fonds internationaux. Pourtant, selon Guy Marius Sagna, des signaux d’alerte avaient déjà été lancés.

« Nous le savions déjà, car le Premier ministre Ousmane Sonko et la Cour des comptes avaient déjà informé le peuple », affirme-t-il.

L’ancien président Macky Sall et son gouvernement auraient ainsi dissimulé des engagements financiers majeurs, exposant aujourd’hui le pays à une situation budgétaire critique et à de potentielles restrictions de financement extérieur.

Loin de se contenter de dénoncer, Guy Marius Sagna rejette catégoriquement l’idée que le peuple sénégalais doive supporter le poids de cette dette.

« Ces 7 milliards de dollars sont une dette illégitime et odieuse que le peuple sénégalais ne doit pas payer », martèle-t-il.

Il exhorte le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, à renégocier ces engagements financiers, voire à refuser de les honorer si des irrégularités sont avérées.

Dans son discours, Guy Marius Sagna ne ménage pas non plus le FMI, qu’il accuse d’avoir fermé les yeux sur cette situation pendant plusieurs années.

« Où était et que faisait le FMI pendant tout ce temps ? » s’interroge-t-il, mettant en cause la responsabilité des institutions financières internationales dans la surveillance des engagements budgétaires des États.

Alors que certains acteurs politiques et économiques critiquent la gestion du nouveau gouvernement face à cette dette, Guy Marius Sagna appelle à la solidarité et au soutien envers Ousmane Sonko et l’équipe en place.

« Au lieu de critiquer ceux qui ont révélé cette dette de plus de 4000 milliards de FCFA, Ousmane Sonko et son gouvernement, nous devons tous les soutenir, les protéger et les motiver », insiste-t-il.

Pour lui, les véritables coupables ne sont pas ceux qui mettent à nu les scandales financiers, mais bien ceux qui en sont responsables et qui doivent, selon lui, être jugés pour leurs actes.

Si pour l’instant aucune procédure judiciaire officielle n’a été engagée contre Macky Sall et son entourage, les appels à des enquêtes approfondies se multiplient. Certains acteurs politiques demandent une audition de l’ancien président et de ses anciens ministres des Finances, tandis que d’autres réclament une commission parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Drame à Mbour : Une mère empoisonne ses deux enfants avec du « Khémé »

Une tragédie secoue le quartier Médine de Mbour, où une mère a été arrêtée et placée en garde à vue après avoir avoué avoir empoisonné ses deux enfants, âgés d’un et quatre ans, avec une substance toxique connue sous le nom de « Khémé » (cristaux de soude).

L’affaire a pris un tournant dramatique après la publication des résultats du certificat de genre de mort, qui ont révélé que les deux enfants ont ingéré un repas contenant du « Khémé », une substance hautement toxique souvent utilisée dans le nettoyage industriel.

Les enquêteurs ont rapidement orienté leurs soupçons vers la mère, Y. Tine, qui a reconnu son geste lors de son interrogatoire. Cependant, les raisons qui l’ont poussée à commettre cet acte abominable restent encore floues.

Selon les sources policières, après le décès de ses enfants, Y. Tine a tenté de mettre fin à ses jours en ingérant une autre substance toxique. Elle a été retrouvée inanimée et transportée d’urgence à l’hôpital où elle a reçu des soins intensifs. Une fois son état stabilisé, elle a été immédiatement placée en garde à vue et devra répondre de ses actes devant la justice.

Ce drame a provoqué une onde de choc à Médine, où les habitants restent sidérés par l’ampleur de l’horreur. Des voisins décrivent une mère discrète et sans antécédents de violence apparente, rendant son acte encore plus incompréhensible.

« Nous n’aurions jamais imaginé qu’une telle chose puisse arriver ici. Nous sommes sous le choc », confie un habitant du quartier.

Si Y. Tine a reconnu avoir tué ses enfants, les enquêteurs s’interrogent encore sur ses motivations profondes. Des experts en psychiatrie pourraient être sollicités afin d’évaluer son état mental et de comprendre les circonstances qui l’ont poussée à commettre cet infanticide.

En attendant la suite des investigations, elle risque de lourdes charges judiciaires, notamment pour homicide volontaire sur mineurs.

Prolongation de l’immatriculation gratuite des motos : Le gouvernement accorde un délai supplémentaire jusqu’au 25 mai 2025

Le gouvernement sénégalais a annoncé ce mardi une prolongation de deux mois pour la campagne d’immatriculation gratuite des motos et autres véhicules à deux roues. Cette décision intervient en raison de l’affluence exceptionnelle observée dans les centres d’enregistrement et du nombre important de demandes en attente de traitement.

Initialement prévue pour s’achever ce mois-ci, l’opération est désormais prolongée jusqu’au 25 mai 2025, a déclaré Yankhoba Diémé, ministre des Transports, lors d’un point de presse. Cette mesure a été prise face à l’engorgement des services administratifs et à la mobilisation massive des propriétaires de motos qui se sont précipités pour profiter de cette campagne.

« Cette prolongation constitue une dernière opportunité pour tous les propriétaires de deux-roues de régulariser leur situation. Après le 25 mai, aucune tolérance ne sera appliquée », a averti le ministre.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour les usagers de profiter de ce délai pour se conformer à la réglementation. Passée cette date, les motos non immatriculées seront considérées comme en infraction, et les forces de l’ordre seront habilitées à procéder à des contrôles stricts sur l’ensemble du territoire national.

« Toute moto circulant sans immatriculation après le 25 mai 2025 pourra être immobilisée et son propriétaire soumis à des sanctions financières », a précisé le ministre.

Cette campagne d’immatriculation gratuite vise à renforcer la sécurité routière, lutter contre l’insécurité liée aux véhicules non identifiables et moderniser le système de transport urbain et interurbain.

Depuis le lancement de cette initiative, des milliers de propriétaires se sont présentés dans les centres d’immatriculation, ce qui a engendré des files d’attente interminables et une surcharge de travail pour les agents administratifs.

Le gouvernement entend ainsi donner une chance à ceux qui n’ont pas encore pu finaliser leur enregistrement en leur offrant un délai supplémentaire. Toutefois, aucune autre prolongation ne sera accordée après cette date, a insisté le ministre.

Le gouvernement invite tous les propriétaires de motos et scooters à profiter de ce sursis et à ne pas attendre la dernière minute pour effectuer les démarches nécessaires.

« Nous comptons sur la responsabilité de chacun pour que cette opération se termine dans les meilleures conditions et sans encombre », a conclu Yankhoba Diémé.

Avec cette mesure, l’État veut garantir une meilleure traçabilité des véhicules, réduire le nombre de motos en situation irrégulière et, à terme, améliorer la sécurité routière à travers tout le pays.

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Thierno Alassane Sall interpelle le PASTEF sur l’abrogation de la loi d’amnistie : Un engagement remis en question ?

L’abrogation de la loi d’amnistie continue de susciter des tensions au Sénégal, en particulier entre Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs (RV), et le parti au pouvoir, le PASTEF. Dans un récent post sur X (anciennement Twitter), Thierno Alassane Sall a tenu à rappeler un engagement majeur du PASTEF lors de la campagne présidentielle : l’abrogation de la loi d’amnistie, qui avait été largement critiquée pour son caractère sélectif et ses implications politiques.

Ce rappel intervient alors que le gouvernement semble hésitant sur cette question, suscitant la frustration de plusieurs acteurs politiques et de la société civile.

Dans sa publication, Thierno Alassane Sall cite un manifeste publié le 1er mars 2024, signé par 222 universitaires, dont des agrégés et des professeurs titulaires en droit, qui affirmaient clairement que l’abrogation de la loi d’amnistie était juridiquement possible après l’élection d’un nouveau président.

« Même dans l’hypothèse d’une validation constitutionnelle, aucune disposition ni principe ne s’opposerait à une abrogation de l’amnistie après l’élection d’un nouveau président. »

Selon TAS, ces déclarations démontrent sans ambiguïté que l’abrogation de la loi d’amnistie ne souffre d’aucun obstacle légal. Il reproche ainsi au PASTEF de tergiverser sur un engagement pourtant clair et attendu par une large frange de la population.

Lors de la campagne présidentielle de 2024, le PASTEF et son candidat Bassirou Diomaye Faye avaient promis de revenir sur la loi d’amnistie, adoptée sous Macky Sall, et qui avait permis à plusieurs personnalités politiques de bénéficier d’un effacement judiciaire.

Toutefois, depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement n’a pas encore engagé de démarche formelle pour abroger cette loi, suscitant l’incompréhension de nombreux citoyens et militants.

Thierno Alassane Sall ne cache pas son agacement face à cette situation et adresse un message fort au PASTEF :

« C’est sans ambiguïté. PASTEF reste le seul à y voir matière à interpréter. Ñu jub, di jubal, tey jubbanti. Gor ca wax ja. »

Par cette déclaration en wolof, il insiste sur la nécessité de respecter la parole donnée et d’éviter les justifications qui, selon lui, ne tiennent pas debout.

L’adoption de la loi d’amnistie avait pour but d’apaiser les tensions politiques et de permettre une réconciliation nationale après les violences et arrestations massives de 2021 à 2024. Toutefois, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer un effacement sélectif de crimes et délits, permettant à certains acteurs politiques d’échapper à la justice.

Aujourd’hui, l’idée d’abroger partiellement cette loi suscite un grand débat au sein de la classe politique. D’un côté, ceux qui estiment qu’il faut revenir dessus pour permettre des poursuites judiciaires équitables. De l’autre, ceux qui considèrent que revenir sur cette loi pourrait raviver les tensions et diviser davantage la société sénégalaise.

Le message de Thierno Alassane Sall s’ajoute à d’autres appels provenant d’opposants et de membres de la société civile, qui exigent une position claire du gouvernement sur ce sujet.

Pour l’instant, le PASTEF n’a pas officiellement répondu à cette interpellation. Mais cette question risque de devenir un test crucial pour le gouvernement Bassirou Diomaye Faye, qui devra choisir entre tenir ses engagements ou adopter une position plus pragmatique pour préserver la stabilité politique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°429 – 25/03/2025

🔴 APPEL AU BOYCOTT DE TFM, RÉUNION D’URGENCE SUIVI DU COMMUNIQUÉ DU BUREAU POLITIQUE DES « PATRIOTES », ETC : BADARA GADIAGA FAIT TREMBLER
🔴 PAS DE NOUVEAU PROGRAMME SANS CLARIFICATION SUR LA PRÉSUMÉE FALSIFICATION DES CHIFFRES : LE FMI ISOLE LE SÉNÉGAL

🔴 CRISE AU SEIN DE LA FSKDA / LE SILENCE INTRIGANT DE LA TUTELLE
🔴 LIGUE DE FOOTBALL AMATEUR : ABDOULAYE SAYDOU SOW PASSE LE FLAMBEAU

« Rappel à l’Ordre » : Un sursaut citoyen contre l’oubli et l’impunité

Alors que le Sénégal s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire politique, un vent de réveil citoyen souffle sur le pays. Le mouvement « Rappel à l’Ordre » émerge dans un contexte post-électoral marqué par des frustrations et des désillusions face aux promesses non tenues et aux blessures encore ouvertes des crises politiques récentes.

Né dans le sillage de ce que ses initiateurs appellent la troisième alternance démocratique, ce mouvement se veut un électrochoc citoyen contre l’oubli et l’impunité. Il dénonce une élite politique qui se renouvelle sans changer de comportement et une société figée dans des clivages artificiels, incapable de tirer les leçons du passé. Mamadou Cissé, l’un des porte-paroles du mouvement, exprime ce constat amer en affirmant que le Sénégal change de dirigeants mais que l’élite politique conserve les mêmes pratiques, pendant que la société reste engluée dans des débats stériles et une culture de la résignation.

Le mouvement « Rappel à l’Ordre » veut mettre en lumière les blessures invisibles du pays. Les familles endeuillées par les violences politiques, l’érosion de la confiance entre les citoyens et les institutions, le creusement de la fracture sociale et l’échec des gouvernements successifs à répondre aux aspirations du peuple sont autant de problématiques qui alimentent cette initiative citoyenne.

Le premier acte fort du mouvement est prévu pour le 2 avril 2025, devant l’Assemblée nationale, où les députés devront voter la loi d’amnistie pour les crimes politiques commis entre 2021 et 2024. Pour les militants de « Rappel à l’Ordre », cette date marque un tournant décisif dans la gestion des violences qui ont secoué le pays. Ils estiment que cette amnistie ne doit pas être une simple stratégie d’oubli collectif, mais une décision équitable qui ne sacrifie pas la vérité et la mémoire nationale sur l’autel des compromis politiques.

En dénonçant cette amnistie, les initiateurs du mouvement ne rejettent pas la nécessité de tourner la page, mais exigent que justice soit rendue avant tout. Ils considèrent que le Sénégal ne peut avancer vers une véritable réconciliation nationale sans que les responsabilités soient établies et assumées.

Avec « Rappel à l’Ordre », une nouvelle dynamique d’engagement citoyen semble voir le jour. Le mouvement ambitionne de s’imposer comme un contre-pouvoir moral, capable de tenir les dirigeants responsables de leurs engagements. Il se positionne au-delà des partis politiques et entend incarner une force de pression indépendante, soucieuse de l’éthique et de la justice sociale.

Le défi sera de maintenir cette mobilisation dans la durée, dans un pays où l’engagement citoyen tend souvent à s’effriter après les élections. Reste à voir si « Rappel à l’Ordre » saura transformer l’indignation populaire en une véritable force de changement durable.

ICS : Un bras de fer avec l’État autour de 192 milliards de redevances impayées

Les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) sont au cœur d’un scandale financier de grande ampleur. L’entreprise, contrôlée par le groupe Indorama, doit 192 milliards de francs CFA à l’État sénégalais au titre des redevances minières impayées depuis plus de deux décennies. Malgré les exigences des autorités sénégalaises, ICS persiste dans son opacité financière et refuse catégoriquement d’intégrer un représentant de l’État dans son conseil d’administration.

Contrairement aux 14 autres sociétés minières du pays, où l’État sénégalais est actionnaire et dispose d’un siège au conseil d’administration à travers la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), ICS bloque toute tentative d’inclusion. Pourtant, l’État détient 5% du capital des ICS, ce qui devrait lui permettre d’avoir un droit de regard sur la gestion de l’entreprise.

Ce refus d’intégration alimente les suspicions sur la transparence de la gestion financière des ICS. La question que se posent de nombreux observateurs est simple : que cherche à dissimuler ICS ? Si l’entreprise verse des dividendes à l’État, pourquoi refuse-t-elle que ce dernier accède aux chiffres réels de sa gestion ?

Selon un rapport de la Cour des Comptes, ICS devait payer 121,5 milliards de FCFA de redevances à l’État entre 2000 et 2019. Aujourd’hui, ce montant a grimpé à 192 milliards de FCFA, et pourtant, aucun paiement significatif n’a été effectué.

Un expert interrogé par Libération rappelle que cette exonération fiscale tacite dure depuis plus de 40 ans, une situation qui existait alors que le président Bassirou Diomaye Faye n’avait qu’un an. Cette déclaration ironique souligne l’ampleur du laisser-faire des administrations successives, qui ont permis à ICS d’opérer en dehors des règles fiscales classiques.

Face à cette résistance persistante, le ministère des Mines a adressé une lettre officielle aux ICS, exigeant le respect des obligations fiscales et administratives en vigueur. La Primature examine actuellement les clauses de la convention minière qui protège ICS depuis plusieurs décennies.

Si le bras de fer se durcit, l’État pourrait :

  • Exiger le paiement immédiat des 192 milliards de FCFA
  • Demander un audit complet des comptes d’ICS
  • Renégocier la convention minière pour y inclure plus de transparence et un contrôle étatique renforcé

L’affaire ICS rappelle que certaines multinationales opérant au Sénégal bénéficient d’avantages fiscaux exorbitants, souvent sans contrôle efficace de l’État. L’opacité qui entoure cette entreprise pourrait cacher l’un des plus gros scandales financiers du pays.

La balle est désormais dans le camp des autorités sénégalaises. Laisser ICS poursuivre cette politique fiscale opaque reviendrait à cautionner une évasion fiscale massive, tandis que mener un bras de fer frontal avec la multinationale Indorama pourrait s’avérer un combat politique et économique complexe.

NOUVELLE « INTERPRÉTATION » DE LA LOI D’AMNISTIE : PASTEF PERSISTE DANS LA TROMPERIE ( par Thierno Alassane Sall )

La commission des lois a statué ce vendredi 21 mars sur la proposition de loi (introduite par PASTEF) portant interprétation de la loi d’amnistie de 2024. On peut remarquer, avec surprise, que le texte a été entièrement réécrit au moyen d’un amendement déposé par le porteur même de la proposition de loi, le député Amadou Ba. En d’autres termes, le texte à l’égard duquel le Président Bassirou Diomaye Faye avait donné un avis (favorable), comme l’exige l’article 60 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, a complètement disparu dans le fond au profit d’une nouvelle version.

En réalité, il s’agit d’une nouvelle proposition de loi portant « interprétation » de la loi d’amnistie. PASTEF reconnait ainsi, encore une fois, que sa volonté d’une justice à deux vitesses est rejetée par les Sénégalais. En revanche, au lieu de se résoudre définitivement à appliquer la demande claire du peuple d’une abrogation totale, le système PASTEF continue dans la tromperie à travers la nouvelle mouture de sa proposition de loi. En lisant le texte issu de l’amendement, on est frappé par deux choses : l’exposé des motifs relève de l’enfumage, alors que l’interprétation proposée constitue de l’embobinage. Leur faux débat sémantique sur l’abrogation montre aussi qu’ils ignorent le sens de ce terme en droit constitutionnel, qui est différent de son contenu en droit administratif.

L’EXPOSÉ DES MOTIFS : DE L’ENFUMAGE JURIDIQUE

Dans un texte de loi, l’exposé des motifs constitue une partie essentielle qui contribue à mieux comprendre l’économie des dispositions législatives. À titre d’illustration, le Conseil constitutionnel sénégalais avait déclaré inconstitutionnel l’article 2 de la loi EZZAN (loi d’amnistie concernant l’affaire Maître Babacar Sèye) au motif que cette disposition ne s’inscrivait pas dans le but poursuivi par la loi au regard de l’exposé des motifs (décision n° 1/C/2005 du 12 février 2005). La proposition de loi de PASTEF risque de subir le même sort, tellement son exposé des motifs est (volontairement) confus.

La mention maladroite de jurisprudences étrangères, de surcroît inutiles, dans l’exposé des motifs

Pour donner le sens d’une loi interprétative, PASTEF a jugé utile d’aller chercher dans la jurisprudence de la Cour de cassation française et de la Cour constitutionnelle béninoise. Le plus amusant est que les décisions citées ne nous apprennent absolument rien sur la loi interprétative. On y lit grosso modo qu’une loi interprétative fixe le sens exact d’une loi antérieure et pourrait être rétroactive. On ne peut pas dire que les Sénégalais seront plus instruits en lisant cela.

Alors qu’elles n’apportent aucune information nouvelle, les jurisprudences béninoise et française citées ne s’imposent pourtant pas au Sénégal. On aurait compris qu’on cite une juridiction internationale (comme la Cour pénale internationale) ou une juridiction communautaire (comme la Cour de justice de la CEDEAO, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, etc.) pour rappeler le droit applicable concernant le Sénégal. C’est à croire que nos « juristes Gondwanais » confondent « exposé des motifs d’une loi » et « note explicative d’une loi ». Ils devraient penser à prendre des cours de légistique (« ensemble des règles, principes et méthodes utiles à la conception et à la rédaction des textes normatifs visant, du point de vue de la forme et du fond, à assurer la cohérence et l’efficacité de ceux-ci »).

L’argument fallacieux de l’ambiguïté de la loi d’amnistie de 2024

L’argumentaire de PASTEF pour justifier la loi interprétative repose essentiellement sur l’idée que la loi d’amnistie de 2024 prêterait à confusion en ce qu’elle laisserait entendre en substance que les crimes de sang y sont inclus. Le régime PASTEF entretient sciemment une confusion entre son souhait (une amnistie partielle) et le contenu exact et clair de la loi d’amnistie (une amnistie totale). Il faut être malhonnête pour soutenir que la loi d’amnistie de 2024 est l’objet de controverses quant à son champ d’application exact.

L’article 1er de la loi d’amnistie, qui n’avait pas contenu de modification depuis l’initiative jusqu’à l’adoption, a toujours indiqué que cette loi visait à effacer les faits commis dans la période ciblée qui sont susceptibles d’être qualifiés d’infractions criminelles ou correctionnelles se rapportant à des manifestations ou ayant une motivation politique. Le texte est écrit dans un français clair et dans un style simple qui n’est sujet à aucune équivoque. En outre, la loi d’amnistie n’avait fait l’objet d’aucune controverse quant à sa compréhension. Dès qu’elle a été promulguée, la loi d’amnistie avait été appliquée par la justice sans aucune contradiction : tous les prisonniers, dans toutes les prisons du Sénégal, ont été libérés.

À cela, il faut ajouter un fait qui montre une fois de plus que le régime PASTEF fait dans la tromperie. Lors de l’examen en plénière de la proposition de loi d’amnistie, les députés de PASTEF, par la voix du député Birame Soulèye Diop (actuel ministre de l’Énergie), avaient posé une question inutile qui avait reçu une réponse claire. Le député pastéfien avait posé la question suivante : « est-ce que les crimes de sang sont couverts par la loi d’amnistie » ? La réponse de la ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall était la suivante : « toutes les infractions criminelles, délictuelles font partie du champ d’intervention de l’article 1er de la loi d’amnistie ; c’est clair, c’est net, c’est du français, c’est même pas du droit, on peut lire et comprendre ». Cet échange montre encore, s’il en était besoin, que le sens de la loi d’amnistie n’a jamais été ambigu.

L’énumération du droit pénal pertinent, avec une conclusion décevante

En inventant, dans son propre imaginaire, l’équivoque, l’ambiguïté et la controverse au sujet de la loi d’amnistie, le régime de PASTEF a rappelé dans sa nouvelle proposition de loi le droit international et le droit communautaire pertinents au sujet des violations graves des droits de l’homme qui ne peuvent pas faire l’objet d’amnistie. Après avoir énuméré une palette de textes et de jurisprudences qui s’inscrivent dans cette logique, la nouvelle proposition de loi de PASTEF a choisi une conclusion peu ambitieuse en optant pour une interprétation qui n’est en réalité qu’une abrogation partielle.

L’exposé des motifs présente à cet égard une grande incohérence par rapport à la proposition finale. On peut être surpris d’ailleurs de constater que l’exposé des motifs omet de citer la jurisprudence pertinente de la Cour de justice de la CEDEAO qui résume le droit international et communautaire en la matière en bannissant l’amnistie concernant des faits similaires à ce qui s’est passé au Sénégal entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024. Dans son arrêt Sidi Amar Ibrahim et autres contre La République du Niger rendu le 9 février 2011 (n° ECW/CCJ/JUD/0I/14), la Cour de Justice de la CEDEAO rappelait que « la doctrine et la jurisprudence internationales […] admettent exceptionnellement que pour les violations graves et massives des droits fondamentaux de l’homme, tels que consacrés par la coutume internationale et les instruments pertinents des droits de homme, retenir application de la loi d’amnistie équivaut à supprimer le droit à un recours effectif devant les tribunaux compétents ». Le régime PASTEF a volontairement omis cette jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO parce qu’elle ne convient pas à leur entreprise d’enfumage et de manipulation.

LES DISPOSITIONS : DE L’EMBOBINAGE

Le maintien de l’amnistie pour des criminels présumés

La première chose qu’il convient de retenir au sujet de la nouvelle proposition de loi de PASTEF est qu’elle maintient l’amnistie de faits susceptibles d’être qualifiés de crimes. En d’autres termes, si cette proposition est adoptée, des criminels pourraient échapper à la justice. Selon l’article 1er de la nouvelle proposition de loi interprétative, « Au sens de l’article 1er de la loi n° 2024-09 du 13 mars 2024 portant amnistie, les faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle ayant une motivation politique ou se rapportant des manifestations sont entendus des faits des faits liés à l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique ». Si on s’arrête sur cette première partie de l’article 1er de la nouvelle proposition de loi, un criminel présumé pourra échapper à la justice s’il parvient à prouver que son acte était lié à l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique.

La nouvelle interprétation introduit de l’ambiguïté dans la loi d’amnistie qui est claire

Pour être objectif et complet, ce premier alinéa de l’article 1er de la nouvelle proposition de loi doit être lu avec le second alinéa du même article dont le contenu est le suivant : « Au sens de l’article 1er de la loi n° 2024-09 du 13 mars 2024 portant amnistie, sont exclus du champ de l’amnistie les faits survenus entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024 tant au Sénégal qu’à l’étranger, sans lien avec l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique et qualifiés, notamment, d’assassinat, de meurtre, de crime de torture, d’actes de barbarie, de traitements inhumains cruels ou dégradants, même si ces faits se rapportent à des manifestations, qu’elle qu’en soit la motivation et indifféremment de leurs auteurs ».

Après avoir lu cet article 1er de la nouvelle proposition de loi interprétative de PASTEF, on ne peut pas s’empêcher de se poser cette question : l’interprétation prétendue ne rend-elle pas plus compliquée la loi dont elle est censée établir la signification exacte ? Ce qui est clair dans cette nouvelle mouture, c’est ce qui n’a jamais embêté le PASTEF : d’une part, les éléments des forces de l’ordre seront jugés ; d’autres part, les militants politiques seront épargnés. En effet, il suffira, par exemple (aux personnes qui ont incendié l’UCAD, détruit massivement des biens de Sénégalais, incendié les magasins AUCHAN et les Stations-Services) de soutenir que les faits commis l’ont été par mégarde lors de l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique (droit de manifester) pour bénéficier de la loi d’amnistie.

Par contre, la nouvelle proposition de loi de PASTEF introduit de l’ambiguïté et de la confusion. En effet, dans le second alinéa de l’article 1er du texte, il est dit que sont exclus de l’amnistie, c’est-à-dire pourront être jugés, « les faits […] sans lien avec l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique et qualifiés, notamment, d’assassinat, de meurtre, de crime de torture, d’actes de barbarie, de traitements inhumains cruels ou dégradants, même si ces faits se rapportent à des manifestations, qu’elle qu’en soit la motivation et indifféremment de leurs auteurs ». Que doit-on comprendre par « faits sans lien avec l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique […], même si ces faits se rapportent à des manifestations » ? Plus concrètement, les personnes qui ont incendié le bus de Yarakh n’ont-elles pas commis un fait criminel en lien avec l’exercice une liberté publique ou un droit démocratique ? Que devrait-on privilégier ici : « sans lien avec l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique » ou « même si ces faits se rapportent à des manifestations » ? Dans la première hypothèse (on considère que l’acte d’homicide a un lien avec l’exercice d’une liberté publique ou d’un droit démocratique), les criminels présumés sont couverts par l’amnistie. Dans la seconde hypothèse (on considère que l’acte d’homicide, même se rapportant à des manifestations, sera jugé), les criminels présumés pourraient être jugés.

En conclusion, l’interprétation de PASTEF complique davantage la loi d’amnistie dont elle est censée établir la signification qui, en l’état actuel, ne fait l’objet d’aucune ambiguïté.

IGNORANCE DU SENS DE L’ABROGATION EN DROIT CONSTITUTIONNEL

Dans leur campagne de manipulation pour refuser l’abrogation totale de la loi d’amnistie de 2024, les partisans du PASTEF se sôt engouffrés dans une querelle sémantique ridicule. Depuis quelques jours, leur discours consiste à dire que le terme « abrogation » ne conviendrait pas ici, car l’abrogation ne rétroagit pas et ne vaut que pour l’avenir. Par conséquent, la proposition de loi portant abrogation de la loi d’amnistie déposée par le député Thierno Alassane Sall ne supprimerait pas l’amnistie concernant les personnes qui ont été déjà jugées et condamnées avant l’intervention de l’amnistie.

Le rejet du terme « abrogation » après l’avoir utilisé plusieurs dans leurs promesses d’une abrogation de l’amnistie

Plusieurs questions pour mettre en évidence leur malhonnêteté : quand Ousmane Sonko, de formation juriste, promettait l’abrogation de la loi d’amnistie à Ziguinchor le 1er novembre 2024 et devant l’Assemblée nationale le 27 décembre 2024, avait-il oublié alors ses cours de droit ? Quand le Président Bassirou Diomaye Faye, juriste de formation, promettait l’abrogation de l’amnistie dans son discours à la Nation le 31 décembre 2024, lui et ses éminents conseillers juridiques auraient-ils oublié le sens juridique du terme abrogation ? Où étaient nos « juristes Gondwanais » pendant que toutes ces promesses d’abrogation de PASTEF étaient faites aux Sénégalais ?

Une confusion entre l’abrogation en droit administratif et l’abrogation en droit constitutionnel

En réalité, PASTEF s’accroche à un débat sémantique qu’il ne maitrise absolument pas. Il ne suffit pas d’avoir obtenu un diplôme de droit pour avoir la légitimité de décréter la Vérité juridique sur tous les sujets. Nos « juristes Gondwanais » confondent le droit administratif et le droit constitutionnel quant au sens du terme « abrogation ». En droit administratif, on distingue entre « retrait » et « abrogation » d’un acte administratif. Le retrait supprime l’acte pour le passé et pour l’avenir. L’acte administratif est alors considéré comme n’ayant jamais existé, même ses effets antérieurs au retrait sont supprimés. Quant à l’abrogation, elle ne vaut que pour l’avenir. Elle ne concerne pas les effets antérieurs de l’acte administratif abrogé.

Cette distinction reprise par PASTEF pour rejeter le terme « abrogation » au profit de l’interprétation relève sans doute de l’ignorance. Puisqu’il est question de la fabrique de la loi, nous sommes en droit constitutionnel, et non en droit administratif. Or, le droit constitutionnel ne connaît pas la distinction entre le retrait et l’abrogation concernant la loi. Contrairement en droit administratif, l’abrogation n’y est pas une notion consacrée. Ainsi, il n’existe pas de « loi d’abrogation », comme il n’existe pas d’ailleurs de « loi d’amnistie ». On parle plutôt de « loi portant abrogation » ou de « loi portant amnistie ». Dans les deux cas, il s’agit d’une loi qui est régie par le régime de droit commun. Il existe des types de lois particuliers : loi de finances, loi de validation, loi interprétative, etc. La loi portant abrogation d’une loi antérieure constitue une loi simple au sens général.

La loi simple est régie par le principe de non-rétroactivité. En droit pénal, cette non-rétroactivité est consacrée par l’article 9 de la Constitution qui dispose que « nul ne peut être condamné si ce n’est en vertu d’une loi entrée en vigueur avant l’acte commis » (voir aussi l’article 8 de la DDHC de 1789 qui fait partie de notre bloc de constitutionnalité). Au regard de ce principe de non-rétroactivité, une loi portant abrogation ne rétroagit pas en principe. Cette non-rétroactivité n’est pas liée au terme « abrogation », mais plutôt à la loi.

Une loi portant abrogation peut bien rétroagir. Pourquoi ? Le principe de non-rétroactivité de la loi est assorti de trois exceptions : les lois interprétatives, les lois de validation et les lois déclarées rétroactives par le législateur. Concernant la dernière exception, on y apprend qu’une loi peut rétroagir lorsque le législateur le mentionne expressément. Pour revenir à notre affaire, une loi portant abrogation peut donc bel et bien rétroagir si le législateur le précise. Il en résulte donc que, contrairement à ce que soutiennent nos « juristes Gondwanais », l’abrogation n’a pas une signification en droit constitutionnel qui est soit rédhibitoire à la rétroactivité. La non-rétroactivité s’attache à la loi, non au contenu de la loi (l’abrogation). Une loi d’abrogation peut techniquement rétroagir.

Pourquoi il n’était pas nécessaire de préciser que la loi d’abrogation sera rétroactive dans le cas d’espèce ? Une telle précision serait redondante et superfétatoire au regard de la particularité de la loi dont on vise l’abrogation. La loi d’amnistie est une loi à application unique, elle efface des faits susceptibles d’être qualifiés d’infractions pénales. Dès lors, son abrogation viendra restaurer ces faits dans leur entièreté, qu’ils aient été déjà jugés ou non avant l’entrée en vigueur de la loi d’amnistie. Il est irrelevant et insensé de discuter sur le caractère rétroactif ou non de la loi d’abrogation, au regard de la nature même de la loi d’amnistie. La loi d’amnistie ayant visé une période allant du 1er février 2021 au 25 février 2024, une loi qui l’abroge rétroagit naturellement et on n’a pas besoin de le préciser.

Puisque la loi d’abrogation sera rétroactive, que fait-on des droits acquis et du principe de non-rétroactivité de la loi pénale la plus sévère ? Tous les obstacles juridiques invoqués pour rejeter l’abrogation reposent sur la nécessité de protéger les droits des personnes amnistiées. Quid des victimes et de leurs familles respectives ? N’ont-ils pas de droits fondamentaux protégés par le droit pénal international, le droit communautaire et le droit constitutionnel ? Est-il juridiquement admissible d’invoquer le respect des droits acquis en matière pénale pour dénier à d’autres personnes le droit d’obtenir justice ? La réponse est évidemment non, au regard du droit applicable, notamment la jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO rappelée au haut. La vérité est que cette loi d’amnistie n’aurait jamais dû exister. Une saisine devant le Conseil constitutionnel avant sa promulgation aurait entrainé sa déclaration d’inconstitutionnalité. PASTEF avait la possibilité de saisir le Conseil à l’époque car il disposait du nombre de députés requis (au moins 17 députés), mais avait préféré fermer les yeux.

Une proposition de loi faussement interprétative

Par ailleurs, tout en proclamant avoir opté pour la loi d’interprétation pour échapper au principe de non-rétroactivité de la loi, le régime PASTEF s’est davantage fourvoyé. Il est vrai que la loi interprétative peut rétroagir car elle précise le sens d’une loi antérieure. Cette exception au principe de non-rétroactivité se justifie par le fait que la loi interprétative n’ajoute rien au texte initial, elle en établit simplement la signification.

Force est de constater cependant que la proposition de loi interprétative de PASTEF ne se contente pas de préciser la loi d’amnistie, elle la réécrit totalement. La proposition de loi de PASTEF, appelée proposition de loi interprétative, constitue en réalité une modification de la loi d’amnistie. Elle vise à redéfinir, et non à préciser, en effet le champ d’application de l’amnistie ; elle vise à modifier la loi d’amnistie. Par conséquent, elle vient se heurter, si on reste dans leur logique, au principe de la non-rétroactivité de la loi.

À titre illustratif, toujours pour rester dans la logique de PASTEF qui cite notamment le juge français, rappelons la jurisprudence de la Cour de cassation (Cour de cassation, Chambre sociale, 8 juin 2011, n° 09-67051, 19 salariés c/ Sté Dalkia France). Selon cet arrêt, « une loi est interprétative lorsqu’elle se borne à reconnaître, sans rien innover, un droit préexistant qu’une définition imparfaite a rendu susceptible de controverse ». Ayant constaté que la loi était faussement interprétative, la Cour de cassation conclut : « ayant ainsi caractérisé l’innovation apportée par le nouveau texte, la cour d’appel en a déduit à bon droit que celui-ci n’avait pas de caractère interprétatif et qu’il n’était pas applicable à des faits antérieurs à son entrée en vigueur ». Le régime PASTEF qui cite la jurisprudence de la Cour de cassation française a omis de rappeler que cette même juridiction refuse la rétroactivité des lois que le législateur veut interprétatives mais qui sont réellement dépourvues de caractère interprétatif. PASTEF est donc rattrapé par sa fausse polémique sur la rétroactivité.

En définitive, PASTEF insiste dans sa volonté initiale d’une abrogation partielle de l’amnistie. Ils ont formulé ce souhait de plusieurs manières : abroger partiellement, rapporter, réécrire, interpréter… Les Sénégalais les rappellent à l’essentiel : la loi d’amnistie doit être abrogée totalement. Le droit international, le droit communautaire et le droit constitutionnel sénégalais ne s’y opposent absolument pas, contrairement à la manipulation de PASTEF. Les principes du droit pénal protègent principalement les victimes au détriment des bourreaux. Le discours tenu par le PASTEF pour écarter l’abrogation laisse entendre que les droits des bourreaux au regard de l’amnistie priment ceux des victimes qui doivent être restaurés conformément au droit en vigueur. Tout le reste n’est que tromperie et manipulation.

Thierno Alassane Sall,
député à l’Assemblée nationale

Saly : Une femme arrêtée avec 4,3 milliards en billets noirs, une enquête en cours

La Brigade de recherche du commissariat urbain de Saly a procédé à une interpellation spectaculaire le dimanche 23 mars 2025, aux alentours de 22 heures. Une femme, identifiée sous les initiales A. S., a été arrêtée alors qu’elle était en possession de coupures de billets noirs d’une valeur de 4,3 milliards de francs CFA. Cette saisie record met en lumière un réseau potentiellement vaste de trafic de faux billets dans la région.

L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement opérationnel signalant une transaction suspecte près d’une auberge de Saly. Selon les informations recueillies par les enquêteurs, A. S. aurait été impliquée dans une tentative d’échange ou de blanchiment de ces faux billets avec d’autres individus, dont l’identité reste encore inconnue.

Dès son interpellation, A. S. a été immédiatement placée en garde à vue pour détention de faux billets. Une enquête approfondie a été ouverte pour identifier et interpeller d’éventuels complices, ainsi que pour déterminer l’origine exacte de ces coupures frauduleuses.

Les billets noirs sont des fausses coupures recouvertes d’une substance sombre, censées être « développées » grâce à une solution chimique spéciale. Ce type d’arnaque est bien connu des services de police et repose sur un stratagème visant à escroquer des victimes en leur faisant croire qu’il s’agit de billets authentiques nécessitant un traitement spécifique pour retrouver leur aspect d’origine.

Le montant exceptionnellement élevé des billets saisis soulève de nombreuses interrogations. Un tel volume de faux billets laisse supposer l’existence d’un réseau bien organisé, qui pourrait s’étendre bien au-delà de Saly.

La Police nationale a indiqué dans son communiqué officiel que les investigations sont en cours afin de remonter toute la chaîne de cette fraude et d’arrêter les éventuels commanditaires et complices.

Cette arrestation souligne l’ampleur du trafic de faux billets au Sénégal, un phénomène qui menace l’économie nationale et la confiance dans le système monétaire. Les autorités rappellent à la population de redoubler de vigilance face à ce type d’escroquerie et d’alerter immédiatement la police en cas de doute sur une transaction suspecte.

Blocage du financement du FMI : Le Sénégal sous pression pour rectifier ses données économiques

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé ce lundi la suspension de tout nouveau programme d’aide financière pour le Sénégal, tant que les autorités ne rectifieront pas les incohérences relevées dans les données économiques transmises sous l’administration précédente. Cette décision fait suite à la mise en attente d’un crédit de 1,8 milliard de dollars, en raison de la nécessité d’un audit approfondi.

Les récentes vérifications des finances publiques sénégalaises ont mis en lumière un déséquilibre budgétaire bien plus important que celui annoncé sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Selon les résultats préliminaires de cet audit, la dette publique et le déficit budgétaire seraient considérablement plus élevés que les chiffres communiqués aux institutions financières internationales. Cette découverte a soulevé des interrogations sur la transparence budgétaire du précédent gouvernement et complique les discussions avec les partenaires financiers du Sénégal.

Le chef de mission du FMI pour le Sénégal, Edward Gemayel, a été catégorique dans une déclaration accordée à Reuters. Il a insisté sur le fait qu’aucun nouveau programme ne pourra être mis en place tant que la question des fausses déclarations ne sera pas totalement résolue.

« Nous ne pouvons pas discuter d’un nouveau programme avant d’avoir réglé la question des fausses déclarations. Mais une fois cela fait, le FMI pourra agir très, très vite. »

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, espérait parvenir à un nouvel accord avec le FMI d’ici juin 2025, mais l’institution financière internationale reste prudente et évite de fixer un calendrier précis. Edward Gemayel s’est contenté de déclarer : « Tout est possible. »

Ce blocage pourrait avoir des répercussions importantes sur l’économie sénégalaise, qui fait face à des défis budgétaires dans un contexte de transition politique. Sans le soutien du FMI, le Sénégal pourrait rencontrer des difficultés à mobiliser des financements internationaux, ce qui pourrait impacter des secteurs clés comme les infrastructures, l’éducation et la santé.

Les nouvelles autorités doivent désormais s’atteler à rétablir la confiance des bailleurs de fonds en corrigeant les incohérences relevées dans les chiffres transmis. Une mission technique est en cours pour clarifier la situation exacte des finances publiques et garantir que les données à venir seront conformes aux normes internationales de transparence.

Boycott de TFM : Le ministre de la Microfinance s’indigne après un débat houleux à Jakaarlo

Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Badara Dione, a annoncé qu’il boycotte officiellement la Télévision Futurs Médias (TFM) après un incident survenu lors de la dernière émission Jakaarlo. Cette décision intervient après un débat particulièrement tendu entre le chroniqueur Badara Gadiaga et le député Amadou Bâ de Pastef, qui a provoqué une vague d’indignation dans les rangs du parti au pouvoir.

L’émission Jakaarlo du vendredi dernier a été marquée par des échanges musclés entre Badara Gadiaga, connu pour ses prises de position critiques, et le député Amadou Bâ de Pastef. Selon des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, Gadiaga aurait tenu des propos jugés insultants et diffamatoires à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko et de certains membres du gouvernement.

Cette séquence a immédiatement suscité la colère du Bureau politique de Pastef, qui accuse les chroniqueurs de partialité et d’acharnement médiatique contre le pouvoir en place.

Dans un communiqué officiel, Pastef a dénoncé ce qu’il considère comme une ligne éditoriale hostile de la TFM et a exigé des excuses publiques de la chaîne et de l’équipe de Jakaarlo.

Alioune Badara Dione, particulièrement remonté, a déclaré : « Face au mépris et à la complicité des membres permanents de l’émission, j’ai décidé de boycotter cet organe jusqu’à ce qu’il accepte de présenter des excuses publiques pour les injures proférées à l’encontre du Premier Ministre. »

Le ministre accuse également certains médias d’entretenir une campagne de déstabilisation contre le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et d’alimenter la division politique dans le pays.

Cette affaire survient dans un contexte tendu entre le gouvernement et certains médias sénégalais. Plusieurs figures de l’opposition et de la société civile dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une volonté de museler la presse, tandis que du côté du gouvernement, on parle plutôt d’un nécessaire recadrage médiatique pour garantir un traitement plus équilibré de l’actualité politique.

UN AN DE DICTATURE RAMPANTE : Échec cuisant du régime Diomaye-Sonko

En un an de gouvernance, le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko a profondément déçu les attentes. Sous des promesses de changement et de renouveau, le régime semble davantage sombrer dans l’autoritarisme, marquant ainsi des prémices inquiétants d’une dictature en gestation. Entre purges arbitraires, répression féroce des voix dissidentes et échec économique flagrant, leur mandat a tout pour se solder en un fiasco.

Un avenir peut reluisant pour la démocratie et les droits fondamentaux au Sénégal se dessine. Derrière les sourires de campagne se cache aujourd’hui une réalité amère et implacable. En un an, le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’est transformé en une machine implacable d’oppression et de désolation, trahissant les espoirs d’une révolution populaire pour instaurer un véritable régime de terreur.

Dès les premiers jours, le gouvernement a procédé à des licenciements abusifs, se drapant dans le discours d’une nécessaire « assainissement » des institutions. Sous couvert de réformes, des centaines de fonctionnaires ont été écartés sans explication, dans un climat où la seule critique semble être synonyme d’exil. Ces purges, clairement motivées par le désir de museler toute opposition, illustrent la stratégie autoritaire du régime pour consolider son pouvoir au détriment des droits et de la justice.

En outre, l’assaut contre la liberté d’expression a atteint des sommets inqualifiables. Activistes, opposants et simples citoyens se retrouvent ciblés par des arrestations arbitraires, utilisées comme des instruments pour faire taire toute contestation. Les autorités, sous prétexte de préserver l’ordre, n’hésitent pas à recourir à des méthodes de détentions sans fondement, démontrant ainsi leur volonté de transformer le paysage politique en un espace de peur et de censure.

Pourtant, l’une des promesses phares de ce régime était une révolution économique capable de redonner espoir à une population désabusée. Or, la réalité est bien différente : une économie à l’arrêt, étouffée par des décisions hasardeuses et une gestion catastrophique. Le chômage explose, les investissements fuient et les secteurs clés peinent à se relever. Pendant ce temps, le pouvoir préfère alimenter une rhétorique populiste creuse plutôt que de mettre en œuvre des politiques concrètes pour relancer la vie économique et sociale du pays.

POPULISME TOXIQUE : MÈRE DE TOUS LES MAUX

Le discours enflammé du tandem Sonko-Diomaye, loin d’être un outil d’émancipation, s’est révélé être un instrument de division. Leur rhétorique populiste, fondée sur des accusations infondées et des théories du complot, sert avant tout à détourner l’attention des échecs retentissants du régime. En érigeant des ennemis imaginaires, ils manipulent l’opinion publique pour justifier leurs actions répressives et maintenir une emprise de fer sur le pouvoir, au détriment de la démocratie et de la liberté.

Alors que les promesses de changement et de renouveau se dissipent, la frustration populaire ne cesse de croître.Protestations et dénonciations se multiplient dans un climat de colère justifiée face à un régime qui bafoue les droits fondamentaux et étouffe l’avenir économique. Ce premier bilan, marqué par des abus flagrants et une répression systématique, laisse présager un avenir sombre si le pouvoir persiste sur cette voie autocratique.

En définitif , un an après leur accession au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne font pas figure de sauveurs, mais bien d’acteurs d’une dictature populiste qui écrase toute opposition. La lutte pour la liberté, la justice et la renaissance économique doit se poursuivre face à un régime dont l’engrenage autoritaire ne cesse de s’enraciner plus profondément dans le tissu social du pays.

Mamadou Cissé

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°428 – 24/03/2025

🔴 PURGES, RÉPRESSION DES VOIX DISSIDENTES, PRESSION SUR LA PRESSE, NAUFRAGE ÉCONOMIQUE, POPULISME TOXIQUE : UN AN DE DICTATURE « GANTÉE »
🔴 LOI INTERPRÉTATIVE PORTANT AMNISTIE / « VIOLATIONS DES DROITS DES VICTIMES » : « GUEUM SA BOPP » CRIE HARO

🔴 ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 / SCORE NUL ET VIERGE : UN INSIPIDE SÉNÉGAL VS SOUDAN
🔴 AMICAL U20 / 2e MATCH : LE SÉNÉGAL ET LA RDC SE QUITTENT SANS VAINQUEUR

Quand le Pastef découvre les vertus du respect : une ironie bien amère. ( Par Aminata Guèye Ancienne députée )

Il est fascinant, presque comique, de voir le Pastef, ce parti qui a érigé l’invective en art politique, appeler aujourd’hui le CNRA et le CORED à sévir contre les insulteurs. Oui, vous avez bien lu : ceux-là mêmes qui, hier encore, faisaient de l’injure leur arme de prédilection, se découvrent soudain une passion pour la bienséance et le respect des institutions. Quelle ironie !

Faut-il rappeler que la constante dans le discours du Pastef, à l’époque où il était dans l’opposition, était l’insulte et le dénigrement ? Leur leader, Ousmane Sonko, n’a pas hésité à multiplier les propos durs, voire injurieux, à l’encontre de l’ancien Président de la République, Macky Sall. Ces attaques verbales, souvent teintées de mépris, étaient alors justifiées par une prétendue quête de vérité et de justice. Et aujourd’hui, ce même parti voudrait jouer les gardiens de la morale publique ? Allons donc !

Le paradoxe ne s’arrête pas là. Ce parti semble avoir une mémoire bien sélective. Il oublie commodément que ses propres figures de proue ont contribué à banaliser l’insulte dans le débat public. Mais voilà qu’une fois au pouvoir, le Pastef découvre les vertus du respect et de la retenue. Une conversion tardive, mais ô combien révélatrice.

En réalité, cet appel au CNRA et au CORED n’est rien d’autre qu’une tentative maladroite de détourner l’attention. Car si le Pastef veut vraiment lutter contre les discours haineux, il ferait bien de commencer par balayer devant sa propre porte. L’insulte, qu’elle vienne de l’opposition ou du pouvoir, reste une insulte. Et le respect des institutions ne devrait pas être une posture opportuniste, mais un principe constant.

Aminata Guèye 
Ancienne députée 
Adjointe au maire de Saint-Louis

Arrestation du voleur de téléphones à l’hôpital de Fann : Un malfaiteur pris en flagrant délit

Le commissariat du Point E a mis fin aux agissements d’un individu qui semait la terreur parmi les patients de l’hôpital de Fann. M. M. Sèye, un homme de 36 ans, a été arrêté alors qu’il opérait en toute impunité dans différents services du centre hospitalier national universitaire. Profitant de la vulnérabilité des malades et de l’absence temporaire du personnel soignant et des accompagnants, il s’introduisait dans les chambres pour dérober leurs téléphones portables.

Selon les informations recueillies, M. M. Sèye adoptait une stratégie particulièrement sournoise. Il approchait les patients sous prétexte de prendre de leurs nouvelles, avant de feindre un appel urgent. Prétextant un manque de crédit sur son téléphone, il sollicitait alors l’aide du malade pour emprunter son appareil. Une fois en possession du téléphone, il s’éclipsait discrètement, laissant ses victimes désemparées.

Plusieurs plaintes ont été déposées au commissariat du Point E par des patients qui avaient subi ce stratagème. Les forces de l’ordre ont alors déployé les moyens nécessaires pour identifier et appréhender le malfaiteur.

Grâce à l’analyse des vidéos de surveillance de l’hôpital, les enquêteurs ont pu identifier le suspect. Les images le montrent arpentant les couloirs du service de pneumologie, s’introduisant dans les chambres à l’heure de la pause. Le personnel hospitalier, prévenu de sa présence et des plaintes à son encontre, a collaboré avec la police pour lui tendre un piège.

M. M. Sèye a été pris en flagrant délit alors qu’il tentait une nouvelle fois de mettre en œuvre son stratagème. Arrêté sur place, il a été conduit au commissariat pour être entendu.

Lors de son interrogatoire, le suspect a reconnu les faits sans résistance. Il a expliqué avoir profité de la confiance du personnel hospitalier pour commettre ses larcins. « J’ai été interné à l’hôpital de Fann. C’est ce qui m’a permis de me familiariser avec le personnel et les vigiles. J’ai profité de leur confiance pour commettre mes forfaits », a-t-il avoué. Il a ajouté avoir revendu les téléphones volés à Colobane, un marché bien connu pour la revente de biens dérobés.

Au vu du nombre de victimes et de la gravité des faits, une information judiciaire a été ouverte. M. M. Sèye a été déféré devant le tribunal de grande instance de Dakar. Les autorités judiciaires comptent approfondir l’enquête pour établir d’éventuelles complicités et retrouver les objets volés.

Braquage à Bakel : Un commandant de brigade piège et arrête un charlatan impliqué

Dans le cadre des investigations menées pour retrouver les auteurs du double braquage survenu dans les communes de Sadatou et de Médina Foulbé, la gendarmerie de Bakel a réussi un coup de filet impressionnant en arrêtant un troisième suspect. Il s’agit du charlatan A. Sy, dont l’implication dans l’affaire a été révélée grâce à l’exploitation des données téléphoniques d’un braqueur en cavale.

Les forces de l’ordre avaient déjà mis la main sur deux braqueurs en possession d’une Kalachnikov et d’une quarantaine de cartouches. Cependant, l’enquête se poursuivait afin de démanteler tout le réseau criminel lié à ces attaques. L’exploitation du téléphone du fugitif C. Diallo a révélé des indices cruciaux : pas moins de 71 appels avaient été passés entre le braqueur en fuite et le marabout A. Sy.

Face à ces éléments troublants, la gendarmerie a monté une opération de filature et d’infiltration afin de l’arrêter.

L’adjudant Diouf, commandant de la brigade territoriale de Kéniéba, a pris l’initiative d’entrer en contact avec le charlatan sous couverture. Se faisant passer pour un client en quête de services occultes, il a sollicité une consultation auprès d’A. Sy. Ignorant le piège qui lui était tendu, ce dernier a accepté de fixer un rendez-vous avec son prétendu client.

Au moment convenu, une équipe d’intervention comprenant des éléments du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (GARSI) a fait irruption dans la chambre du charlatan, où il se trouvait en compagnie d’un visiteur armé.

Lors de la perquisition, les forces de l’ordre ont mis la main sur un arsenal inquiétant :

  • Un fusil de chasse et des munitions de calibre 12 mm en possession du visiteur,
  • Une seconde arme de chasse, également de calibre 12 mm, cachée dans la chambre du marabout,
  • Un lot important de faux médicaments, suggérant une activité parallèle de trafic de substances illicites.

A. Sy et son visiteur ont été immédiatement interpellés et placés en garde à vue.

Les deux hommes ont été transférés à la Section de recherches de Tambacounda pour la poursuite de l’enquête. Les autorités cherchent désormais à établir l’ampleur exacte de leur implication dans le réseau criminel responsable des braquages, ainsi que d’éventuels liens avec d’autres actes délictueux dans la région.

Loi interprétative : Les cadres de Guem Sa Bopp dénoncent « une violation des droits des victimes des manifs »

Dans un communiqué rendu public ce dimanche 23 mars, la Cellule des cadres de Guem Sa Bopp s’est prononcée sur le projet de loi interprétative de la loi d’amnistie. Elle s’offusque de la violation des droits des victimes des manifestations.

Voici leur communiqué.

« Mouvement Guem Sa Bopp les Jambaars
Haro sur les prémices de violations des droits des victimes des violences politiques postélectorales ( Fev 2021- Fev 2024)
Dans le cadre d’un projet de loi interprétant l’amnistie ou sa révision partielle, initiée par la majorité, la Cellule des cadres de Guem Sa Bopp les Jambaars assure un suivi étroit de cette machination politique, s’offusque de la violation des droits des victimes et procède à l’analyse des précédents dangereux y afférents. Cette bourde parlementaire est pire que le négationnisme de l’Occident sur la vérité de Thiaroye 44.
Cette position impie, régulièrement défendue par le pouvoir en place, incite les autorités à prendre des actions grotesques allant dans le sens d’une lecture tendancieuse susceptible d’orienter la justice et de donner une immunité aux bagnards de Pastef ou de servir de bouclier à une mouvance insurrectionnelle.
Le mouvement Gueum Sa Bopp, conscient de la lourdeur des conséquences historiques liées à cette forfaiture, exige :
– l’égalité des citoyens devant la justice, la comparution des auteurs présumés des violences, des destructeurs de biens publics comme privés, des pyromanes de l’UCAD ou des bus, des assassins du bus TATA de Yarakh calciné par des cocktails Molotov, des responsables du carnage humain ( 83 morts), des fossoyeurs de notre économie à genoux depuis, et des profanateurs de l’image de nos Guides religieux,- appelle à manifester pacifiquement contre ce banditisme d’État le 2 avril, devant l’Assemblée nationale pour que cesse la vendetta d’État de Pastef les pétrifiés !
Il convient, dès lors, de noter que l’indemnisation des militants de Pastef avec l’argent du contribuable, sans décision de justice, relève d’une flagrance que ni la morale, ni l’éthique ou l’honneur ne peuvent concéder.Guem Sa Bopp exige, à cet effet, une mission d’enquête dédiée à cette perfidie, demande aux autorités judiciaires de faire la lumière sur la mort du ministre Moustapha Ba suite aux déclarations récentes du porte-parole du Gouvernement Amadou M. N.Sarré.
Guem Sa Bopp travaille pour la lumière de l’histoire sur cet exercice de vérité qui consiste en une documentation de ces préjudices iniques subis par le peuple sénégalais.
Fort de ces conclusions, Gueum Sa Bopp compte saisir le Haut Commissariat des Nations Unies, l’Union européenne,  l’ambassade des États-Unis et les organisations de défense des droits de l’homme pour mettre « les criminels au pouvoir » au Sénégal face à leur responsabilité.
Au  demeurant, le Pastef s’identifie avec un nombre grandissant de levées d’immunité parlementaire,  de cas de violence verbale sans l’invocation de l’article 80, de restrictions de liberté,  de détentions arbitraires, ou les libertés sous  leur contrôle pour diverses raisons  politiciennes.
À l’instar des tendances démocratiques mondiales, le Sénégal ne doit plus se permettre d’accepter la vassalisation de la justice à des fins strictement opportunistes »

Cellule des cadres de Guem Sa Bopp

Pastef dénonce les dérives médiatiques et appelle à une régulation stricte de la presse

Dans un contexte marqué par une montée des tensions politiques et médiatiques au Sénégal, le Parti Pastef Les Patriotes a lancé une mise en garde contre ce qu’il considère comme des abus croissants dans l’espace médiatique. Dans un communiqué publié ce dimanche 23 mars, le parti a dénoncé avec fermeté la prolifération des injures publiques, des calomnies et des diffamations dans les médias. Il appelle ainsi les instances de régulation, notamment le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) et le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED), à intervenir de manière plus stricte pour encadrer les dérives et rétablir un climat médiatique plus serein et responsable.

Le Parti Pastef, qui se veut garant d’un débat démocratique respectueux des normes éthiques, s’inquiète de la tournure qu’a pris le discours médiatique ces derniers mois. Selon lui, certains médias, au lieu de jouer leur rôle de pilier de la démocratie en relayant une information impartiale et équilibrée, participeraient à une surenchère verbale néfaste, où la diffamation, l’injure et la calomnie prennent le pas sur l’objectivité journalistique.

Le communiqué de Pastef insiste sur le fait que la liberté d’expression et de la presse ne doit en aucun cas être un prétexte pour justifier des dérives. Le parti dénonce notamment certaines émissions de télévision et certains chroniqueurs, qu’il accuse d’utiliser leur statut pour propager des discours haineux et des attaques personnelles contre des figures politiques et des institutions publiques.

« Ces injures publiques, proférées et tolérées par le silence complice de certaines rédactions, soulèvent des interrogations légitimes sur une éventuelle connivence entre certains médias et ces chroniqueurs-insulteurs », indique le communiqué. Pastef estime que certaines rédactions, en ne condamnant pas ces pratiques, cautionnent indirectement des comportements contraires aux principes d’éthique et de déontologie du journalisme.

Le parti met également en lumière une autre problématique : l’utilisation abusive du temps d’antenne sur les médias audiovisuels, en particulier les chaînes publiques, à des fins politiques. Il accuse certaines figures médiatiques de détourner l’information pour attaquer systématiquement des personnalités politiques opposées à leurs intérêts ou ceux de leurs alliés.

Pastef dénonce ainsi un manque d’impartialité dans le traitement de l’information, avec une couverture médiatique parfois orientée qui favoriserait certains acteurs politiques au détriment d’autres. Le parti considère cette situation comme une menace pour la démocratie et la crédibilité des médias, qui devraient, selon lui, garantir un traitement équitable de l’actualité politique et institutionnelle.

S’appuyant sur l’article 10 de la Constitution du Sénégal, qui garantit la liberté d’expression et de la presse tout en posant des limites claires, Pastef rappelle que ce droit fondamental ne doit pas être confondu avec une autorisation de diffamer ou d’insulter publiquement des individus ou des institutions.

Le communiqué insiste sur le fait que l’injure, la diffamation et la calomnie sont sévèrement punies par la loi, notamment par le Code pénal et le Code de la presse. Pastef considère qu’un renforcement des mécanismes de régulation est indispensable pour protéger la réputation des individus et garantir un climat médiatique basé sur la responsabilité et le professionnalisme.

Le parti se dit prêt à « utiliser toutes les voies de droit » pour faire cesser ce qu’il qualifie d’« incivilités et grossièretés » médiatiques, estimant que leur banalisation pourrait contribuer à une radicalisation du débat public et à une perte de confiance des citoyens envers les médias.

Enfin, Pastef exhorte le CNRA et le CORED à exercer pleinement leurs prérogatives en sanctionnant toute infraction aux règles d’éthique et de déontologie journalistique. Pour le parti, ces organismes doivent se montrer plus vigilants et réactifs afin de mettre fin aux dérives verbales qui ternissent l’image des médias et menacent la stabilité sociale du pays.

Un an après leur arrivée au pouvoir : Sonko et Diomaye face aux promesses non tenues sur la corruption

Le 24 mars 2024, le Sénégal a tourné une page importante de son histoire politique avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre. Présenté comme un duo de rupture, leur programme reposait sur des engagements forts, notamment la lutte contre la corruption et l’élimination des pratiques de détournement de fonds qui avaient marqué les mandats de Macky Sall.

Un an plus tard, si certaines réformes ont été initiées, plusieurs dossiers emblématiques de la corruption restent non élucidés. Les Sénégalais attendent encore des actions concrètes sur des affaires majeures telles que celle des 94 milliards impliquant Mamour Diallo, le scandale du PRODAC avec Mame Mbaye Niang ou encore les contrats pétroliers de Frank Timis et Aliou Sall. Ces affaires, qui avaient défrayé la chronique et suscité de vives réactions, n’ont toujours pas abouti à des poursuites judiciaires ou à des conclusions officielles. Face à ce retard, des questions émergent : le gouvernement fait-il face à des blocages internes ou existe-t-il un manque de volonté politique ?

L’un des plus grands scandales financiers de l’ère Macky Sall est l’affaire des 94 milliards. À l’origine, ce dossier concerne Mamour Diallo, ex-directeur des Domaines, accusé d’avoir orchestré un détournement massif de fonds publics dans une opération foncière. À l’époque, Ousmane Sonko avait été l’un des principaux dénonciateurs de cette affaire. Il avait promis, une fois au pouvoir, de relancer les enquêtes et de traduire les responsables en justice. Pourtant, un an après l’arrivée du tandem Sonko-Diomaye à la tête du pays, aucune avancée majeure n’a été enregistrée. Pourquoi ce dossier est-il toujours au point mort ? Certains observateurs estiment que des pressions politiques pourraient empêcher son aboutissement, tandis que d’autres dénoncent une gestion sélective des priorités. Le silence autour de cette affaire pourrait devenir un fardeau pour le gouvernement, d’autant plus que le combat contre la corruption était l’un des piliers de la campagne présidentielle.

Le Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC) avait pour ambition de stimuler la production agricole et l’emploi des jeunes au Sénégal. Cependant, le projet a rapidement été éclaboussé par des soupçons de mauvaise gestion et de détournements. À l’époque, le ministre Mame Mbaye Niang avait été directement mis en cause. Des rapports avaient révélé une mauvaise gestion des fonds alloués au programme, mais aucune sanction judiciaire n’avait été prise sous le régime de Macky Sall. Lors de la campagne présidentielle, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient promis d’ouvrir une enquête approfondie sur ce dossier. Mais jusqu’à présent, aucune action judiciaire n’a été menée, et le dossier semble avoir disparu des priorités gouvernementales. L’opinion publique s’interroge : le nouveau régime protège-t-il certaines figures de l’ancien pouvoir ? Ou alors, les obstacles judiciaires retardent-ils l’ouverture de nouvelles procédures ?

L’un des dossiers les plus sensibles reste celui des contrats pétroliers signés sous Macky Sall avec l’homme d’affaires australien Frank Timis. Ces contrats, attribués dans des conditions jugées opaques, ont soulevé des soupçons de favoritisme. L’affaire a pris une tournure politique avec la mise en cause d’Aliou Sall, frère cadet de l’ancien président, accusé d’avoir bénéficié de ces contrats de manière irrégulière. Avant d’accéder au pouvoir, Ousmane Sonko avait dénoncé un scandale d’État et promis une révision totale des contrats pétroliers signés sous Macky Sall. Mais un an après, aucune enquête majeure n’a été ouverte, et les questions de transparence sur les ressources naturelles du Sénégal restent en suspens. Pourquoi aucune action concrète n’a-t-elle été prise dans ce dossier ? Certains analystes évoquent la complexité des accords internationaux signés avec Frank Timis et d’autres partenaires, ce qui rendrait difficile une remise en cause immédiate. D’autres estiment que les blocages administratifs et politiques freinent l’avancement des enquêtes.

Si le gouvernement Sonko-Diomaye a initié certaines réformes dans la gouvernance publique, son bilan en matière de lutte contre la corruption reste pour l’instant mitigé. L’absence d’avancées sur ces grands scandales laisse planer le doute sur la réelle volonté politique de l’exécutif. Certains critiques affirment que les nouvelles autorités font face aux mêmes résistances que leurs prédécesseurs, tandis que d’autres pointent du doigt une priorité donnée à d’autres réformes. Ce qui est certain, c’est que les Sénégalais attendent des actes forts. La lutte contre la corruption était un engagement majeur de la campagne présidentielle, et son non-respect pourrait nuire à la crédibilité du gouvernement actuel.

Sory Kaba critique le régime de Diomaye Faye et accuse Ousmane Sonko de centraliser le pouvoir

Un an après l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, les critiques fusent de toutes parts. Sory Kaba, membre du parti Nouvelle Responsabilité, dirigé par l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a dressé un bilan très critique du gouvernement actuel. Invité ce dimanche 23 mars sur iRadio dans l’émission Jury du Dimanche (JDD), il a dénoncé le non-respect des engagements pris par le régime en matière de bourses sociales, d’agriculture et de réforme institutionnelle. Il a également pointé du doigt le rôle dominant d’Ousmane Sonko, qu’il accuse de concentrer tous les pouvoirs.

Pour Sory Kaba, l’actuel gouvernement peine à honorer ses engagements de campagne. Il estime que les citoyens attendent toujours des réformes promises, notamment sur la protection sociale et l’économie.

« Malheureusement, notre pays ne va pas bien. Il faut qu’ils se ressaisissent avant qu’il ne soit trop tard. Où en sont les bourses sociales qui devaient être payées conformément aux engagements de l’État ? Où est le développement agricole, alors que le budget voté pour ce secteur est bien inférieur aux ambitions annoncées ? Il a fallu que les étudiants aillent en grève pour que l’État réagisse sur la question des bourses, après plus de huit mois d’attente ! Malheureusement, nous ne voyons toujours rien de concret », a dénoncé Sory Kaba.

L’ancien Directeur général des Sénégalais de l’extérieur regrette également l’absence de grandes réformes institutionnelles et une gestion opaque des affaires publiques.

Mais au-delà des retards sur les engagements du gouvernement, Sory Kaba s’attaque directement à Ousmane Sonko, qu’il accuse de contrôler toutes les décisions politiques et économiques du pays.

« C’est le Premier ministre qui dit, qui fait, qui décide. Sans lui, aucun ministre n’existe. Il centralise tout, du budget aux passations de marchés, en passant par les nominations. Son avis est primordial avant toute décision. Que vous le vouliez ou non, c’est la réalité du pays aujourd’hui », a-t-il martelé.

Cette critique renforce l’idée selon laquelle Ousmane Sonko jouerait un rôle bien plus important que celui traditionnellement dévolu à un Premier ministre, reléguant le Président Bassirou Diomaye Faye à un second plan.

Malgré son bilan sévère, Sory Kaba tient à rassurer sur l’avenir politique du Sénégal. Il affirme que, contrairement aux prédictions de tensions sociales, l’opposition actuelle privilégie la voie démocratique et n’a pas l’intention de provoquer des troubles.

« Jusqu’en 2029, il n’y aura pas d’émeutes dans ce pays. Nous avons une opposition responsable », a-t-il assuré.

Ces déclarations illustrent les tensions croissantes entre l’opposition et le pouvoir en place, à l’approche du premier anniversaire du régime Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko. Alors que les critiques se multiplient, le gouvernement devra redoubler d’efforts pour répondre aux attentes des Sénégalais et éviter une montée de la contestation.

Proposition de loi sur l’amnistie : Cheikhna Keita dénonce les motivations du Pastef et s’oppose à la « diabolisation des forces de l’ordre »

La proposition de loi sur l’amnistie continue d’alimenter de vifs débats au sein de la classe politique sénégalaise. Cheikhna Keita, ancien commissaire de police et leader du Nouveau Front Force-Alternative, s’est fermement opposé à cette initiative lors d’une conférence de presse. Il accuse le Pastef de vouloir manipuler l’opinion publique en exonérant certains acteurs des violences politiques tout en pointant du doigt les forces de sécurité.

Cheikhna Keita a défendu avec vigueur les forces de défense et de sécurité, dénonçant une volonté manifeste de les isoler et de les rendre seules responsables des violences survenues ces dernières années.

« Il n’y a pas de crime ni de délit pour un agent des forces de l’ordre tant qu’il agit dans le cadre normal de sa mission. Nous avons toujours mené des enquêtes pour établir les circonstances d’usage de la force. Aujourd’hui, nous devons refuser qu’on incrimine uniquement les policiers en citant un nombre de 80 victimes, tout en exonérant d’autres acteurs sous prétexte de motifs politiques. »

Pour lui, le débat est biaisé depuis le départ. Il rappelle que les forces de l’ordre ont agi dans un contexte de troubles majeurs, souvent confrontées à des manifestations violentes où leur propre sécurité était menacée.

L’ancien commissaire a aussi dénoncé une lecture sélective des événements, estimant que l’opposition cherche à masquer certaines vérités :

« On ne cherche pas à comprendre l’origine des incidents. Qui a attaqué en premier ? Quelles étaient les circonstances exactes de chaque décès ? Ceux qui présentent ces chiffres comme des preuves de répression veulent nous tromper. Ils créent une situation qui les dégage de toute responsabilité, tout en enfermant les forces de l’ordre dans un rôle de bourreaux. »

Selon lui, la proposition de loi actuelle ne garantit pas une amnistie juste et équilibrée mais vise plutôt à absoudre certains acteurs politiques tout en maintenant une pression sur les forces de l’ordre.

Alors que le projet d’amnistie devait être un levier d’apaisement, il semble désormais être une source supplémentaire de tensions. Le Pastef et ses alliés insistent sur la nécessité de réhabiliter les militants poursuivis sous l’ancien régime, tandis que Cheikhna Keita et d’autres acteurs estiment que cette approche occulte les véritables responsabilités et stigmatise les forces de sécurité.

TAS sur l’amendement de la loi d’amnistie : « Cette modification prouve que Pastef a compris le rejet de sa manipulation par les Sénégalais »

La proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, portée par le député Amadou Ba, membre de Pastef, suscite débat dans le paysage politique. L’initiateur souhaite modifier certains aspects du texte à travers un amendement, qui a fait réagir son collègue député Thierno Alassane Sall.
Dans une publication sur son compte Facebook, le leader du parti La République des Valeurs considère cet amendement comme un rejet exprimé par les Sénégalais.

Voici l’intégralité de sa publication.


PASTEF ET LE FEUILLETON DE L’AMNISTIE : SUITE D’UNE HISTOIRE DE TROMPERIE

Nous avons pris connaissance de la nouvelle proposition de loi d’interprétation de la loi d’amnistie de PASTEF qui prend la forme d’un amendement. Dans un document de six pages, le régime PASTEF réécrit substantiellement le texte initial. Cette modification est le signe que PASTEF a compris le rejet de leur manipulation par les Sénégalais. En revanche, au lieu de se résoudre définitivement à réaliser la demande claire du peuple Sénégalais d’une abrogation totale de l’amnistie, PASTEF continue dans la tromperie à travers la nouvelle mouture de sa proposition.

Contrairement à ce qu’ils racontent dans les médias depuis deux jours, la nouvelle proposition de loi interprétative demeure dans le même esprit que l’ancienne : PASTEF veut une abrogation partielle de la loi d’amnistie. Leur « interprétation » s’inscrit dans cette logique en visant la modification du champ d’application de la loi d’amnistie. Leur faux débat sémantique sur la rétroactivité concerne alors également leur texte.

Nous y reviendrons dans les jours à venir dans une réponse détaillée à ce nouvel épisode du feuilleton de la tromperie.

Thierno Alassane Sall

ADULTÈRE : 39% des divorcées passent aux aveux

Une enquête réalisée par l’association « Touche pas à ma sœur » révèle que que sur un échantillon de 100 femmes divorcées, 39 avouent avoir trompé leur époux ou envisagé de le faire. Les raisons de ces écarts varient, allant de l’insatisfaction sexuelle aux difficultés financières, en passant par la nostalgie d’anciennes relations.

L’adultère, une des formes les plus connues d’infidélité conjugale, survient lorsqu’un des époux entretient une relation intime avec une personne extérieure au couple. Cet acte, profondément déstabilisant pour l’un des conjoints, viole l’obligation de fidélité inhérente au mariage. En droit, l’adultère peut être un motif de divorce pour faute, ce qui permet au conjoint trompé de réclamer une dissolution du mariage, en apportant des preuves devant le juge. Ces preuves peuvent inclure des SMS, des courriels, des photos, des enregistrements ou même des interactions sur des réseaux sociaux.
Les conséquences de l’infidélité ne s’arrêtent pas au divorce. Elles affectent aussi la gestion de la garde des enfants, car les tribunaux prennent en compte les comportements des parents dans la détermination de l’intérêt supérieur de l’enfant. Un parent fautif pourrait voir sa position affaiblie dans une bataille pour la garde si son comportement est jugé irresponsable ou négligent.
Une enquête menée par l’association « Touche pas à ma sœur » révèle que 39% des femmes divorcées ont avoué avoir trompé leur conjoint, ou envisagé de le faire. Cette statistique provient d’un échantillon de 100 femmes, parmi lesquelles certaines exercent des métiers comme la prostitution clandestine. Les raisons qui poussent à l’adultère sont multiples : des désirs non comblés, une insatisfaction sexuelle, une situation financière précaire, voire la nostalgie d’une ancienne relation.

TÉMOIGNAGES

Sylvie (nom d’emprunt), une jeune femme de 29 ans, explique que ses deux divorces sont le résultat de son activité de prostitution, qu’elle a poursuivie après ses mariages. Selon elle, ses ex-maris, anciens clients, lui avaient promis de l’aider à quitter ce milieu, mais aucune promesse n’a été tenue. Elle précise qu’elle n’a pas hésité à renouer des contacts avec ses anciens clients pour subvenir aux besoins de sa famille, se disant responsable de sa situation et assumant ses choix.

Aby (nom d’emprunt), une étudiante de 25 ans, raconte qu’elle a été accusée à tort d’infidélité. En effet, après avoir gardé une relation amicale avec son ex, certaines photos ont fini entre les mains de sa belle-mère, provoquant ainsi un divorce. Aby regrette cette situation et reste amoureuse de son ex-mari.

Aissatou (nom d’emprunt), commerçante de 32 ans, a elle-même demandé le divorce après avoir rencontré un professeur dans une salle de gymnastique. Elle explique que l’insatisfaction sexuelle et l’impuissance de son mari ont été les principaux moteurs de sa décision. Selon elle, un homme doit se soigner avant de se marier et de s’engager avec une femme. Aissatou souligne qu’elle a pris cette décision pour son bien-être et qu’elle considère cela comme un moindre mal.

ÉVOLUTION DES MŒURS

Si autrefois l’adultère était un sujet tabou, il semble que les mentalités évoluent lentement. L’infidélité reste une transgression des devoirs matrimoniaux, mais les mœurs sociales changent et permettent parfois à l’adultère d’être perçu sous un autre angle. L’évolution des pratiques et de la perception de la fidélité a permis à certains comportements, même ceux liés à des pratiques comme la prostitution, d’être plus souvent justifiés.
Les témoignages recueillis témoignent d’un constat inquiétant : l’insatisfaction dans le couple, qu’elle soit sexuelle, affective ou financière, reste une des principales causes de l’infidélité. Pourtant, au-delà de l’aspect moral de l’adultère, il est essentiel de noter que l’aspect juridique et les implications légales liées à l’infidélité ne sont jamais anodins. Il demeure primordial que les époux respectent les engagements pris lors du mariage pour maintenir l’équilibre du foyer et éviter les conséquences dramatiques qui peuvent en découler, non seulement pour les partenaires, mais aussi pour les enfants du couple.

Le Dakarois

Badara GADIAGA attaque Amadou Ba (Pastef)  » doumala bayi ngay … en direct »

Le chroniqueur Badara Gadiaga a violemment interpellé Amadou Ba, député du parti d’opposition Pastef, lors d’un débat en direct consacré à la controverse autour de la loi d’interprétation. Au cours de l’échange tendu, Gadiaga n’a pas mâché ses mots et a coupé sèchement la parole à l’élu : « Je ne te laisserai pas mentir en direct. »

Cette altercation verbale est survenue alors que les deux intervenants débattaient de l’application et des implications juridiques de cette loi controversée, souvent perçue par l’opposition comme un instrument politique servant à restreindre les libertés ou à protéger le pouvoir en place. Amadou Ba défendait la position de son parti sur le sujet, en dénonçant ce qu’il qualifie d’atteinte à l’État de droit, mais son argumentaire n’a visiblement pas convaincu Badara Gadiaga.

Connu pour son style incisif, le chroniqueur n’a pas hésité à contredire le député à plusieurs reprises, l’accusant de travestir les faits pour alimenter un discours politique alarmiste. « Il faut arrêter de jouer avec les mots pour manipuler l’opinion », a ajouté Gadiaga avec fermeté.

Débat explosif sur TFM : Badara Gadiaga et le député Amadou Ba s’affrontent sur la loi d’interprétation

Le débat Qg sur la TFM a pris une tournure explosive lors d’un échange tendu entre le chroniqueur Badara Gadiaga et le député Amadou du parti Pastef. Le débat portait sur la controverse entourant la loi d’interprétation, un texte juridique qui suscite actuellement des remous dans la sphère politique sénégalaise.

Badara Gadiaga accuse de mensonge

Au cours de l’émission, Badara Gadiaga n’a pas mâché ses mots, accusant le député Amadou d’être « un menteur à l’image de son leader ». Une déclaration qui a immédiatement enflammé le plateau. « Vous manipulez l’opinion avec des contre-vérités, exactement comme votre chef de parti », a lancé Gadiaga, sans détour, en dénonçant ce qu’il qualifie de « stratégie populiste » visant à semer le doute sur les institutions de l’État.

Badara GADIAGA à Amadou Ba (Pastef) : « Mane ma takh ngaine changé loi bi, sante na yalla »

Badara Gadiaga a récemment suscité la polémique en affirmant qu’il est à l’origine des amendements apportés par le député Amadou Ba, membre du Pastef, sur l’interprétation de la loi d’amnistie. Selon lui, son influence aurait été décisive dans la relecture et la révision de certains points-clés de ce texte controversé.

Cette déclaration intervient dans un climat politique tendu, marqué par des divergences autour de cette loi d’amnistie, perçue par certains comme une tentative de réhabilitation politique pour des figures de l’opposition condamnées par le passé.

Loi d’amnistie : Aliou SANE (y’en a marre) donne sa version

Aliou Sané, coordonnateur du mouvement citoyen Y’en a marre, s’est exprimé sur la polémique entourant l’interprétation de la loi d’amnistie par le gouvernement actuel.
il a ainsi rappelé que le mouvement avait, par le passé, échangé avec le parti Pastef, alors dans l’opposition, qui s’était engagé à abroger cette loi controversée. Cependant, selon Aliou Sané, une fois arrivé au pouvoir, le parti n’a pas tenu ses engagements et a opté pour une interprétation juridique de la loi, une démarche qu’il juge regrettable.

Le leader de Y’en a marre a exhorté le président Diomaye à respecter la parole donnée, soulignant l’importance de la cohérence entre les promesses faites en période d’opposition et les actes posés au pouvoir. Il a par ailleurs dénoncé le flou qui entoure la position officielle du chef de l’État sur cette question sensible.

Aliou Sané n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette interprétation de la loi d’« encore plus grave » que la loi dite du « quart bloquant », introduite par l’ancien président Abdoulaye Wade en 2011 pour verrouiller l’accès au pouvoir. Cette comparaison illustre l’inquiétude du mouvement face à ce qu’il considère comme une dérive politique susceptible de nuire à l’équilibre démocratique du pays.

Amadou BA (Pastef) donne les raisons de la loi d’interprétation

Amadou Ba, membre du parti Pastef et auteur de la loi d’interprétation liée à la loi d’amnistie, s’est exprimé pour clarifier les motivations derrière ce texte controversé. Selon lui, la loi initialement votée à l’Assemblée nationale couvrait déjà les crimes mentionnés, et l’objectif de cette nouvelle loi serait d’éliminer toute ambiguïté juridique.

Cependant, Amadou Ba a tenu à souligner un point essentiel : l’interprétation proposée ne vise pas à étendre l’amnistie aux crimes graves, tels que les actes de torture ou les meurtres. “Il est primordial que cette loi ne soit pas perçue comme un moyen de couvrir des violations graves des droits humains”, a-t-il déclaré.

Patronat de la presse vs Ministère de la Communication : un bras de fer sur la refonte des médias

Le secteur de la presse sénégalaise est secoué par un affrontement de taille entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication, dirigé par Alioune Sall. En cause, une refonte du paysage médiatique initiée par le gouvernement, qui entend assainir le secteur, améliorer les conditions de travail des journalistes et rendre plus transparente l’attribution de l’aide à la presse. Mais cette réforme est loin de faire l’unanimité et suscite une vive opposition du patronat des médias, qui y voit une tentative de mise sous tutelle de la presse privée.

Depuis l’arrivée de Pastef au pouvoir, le ministère de la Communication a mis en œuvre une série de réformes visant à réorganiser le secteur des médias. Parmi les mesures phares, on retrouve la mise en place d’un système d’agrément pour les entreprises de presse, une exigence de mise en conformité aux normes sociales pour bénéficier de l’aide publique et une volonté de rationaliser un paysage médiatique jugé pléthorique.

Pour Mamadou Ibra Kane, président du CDEPS, cette réforme ressemble à une attaque contre la presse privée. « Ils veulent tout simplement liquider les entreprises de presse sous prétexte de régulation. Tous les actes posés par le gouvernement vont dans ce sens », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Le principal point de discorde concerne l’application de l’article 94 du Code de la presse, qui impose une autorisation préalable pour opérer dans le secteur. Le ministère justifie cette démarche par la nécessité d’identifier les médias en activité et de garantir un cadre plus structuré. Mais pour le CDEPS, cette disposition est contraire à la Constitution, qui garantit la liberté d’entreprendre et d’exercer le métier de journaliste sans ingérence administrative.

Les tensions se sont exacerbées en raison d’un manque de concertation entre les parties prenantes. Selon le président du CDEPS, le ministère a agi de manière unilatérale. « Nous n’avons eu qu’une seule rencontre officielle en juillet. Il nous avait promis des consultations avant de lancer la plateforme d’enregistrement des médias, mais il a avancé seul », déplore-t-il.

De son côté, le ministère de la Communication, par la voix de son directeur Habibou Dia, rejette ces accusations. « Entre mai et août 2024, plusieurs consultations ont eu lieu avec le patronat de la presse, les syndicats de journalistes et les jeunes reporters. Nous avons tenu compte de leurs remarques. Dire qu’il n’y a pas eu de concertation est faux », rétorque-t-il.

Le ministère défend sa réforme en mettant en avant la nécessité de professionnaliser le secteur. « Il y a trop de médias qui ne respectent pas les normes sociales et fiscales. Notre objectif est d’assainir la presse, pas de la faire disparaître », assure Habibou Dia. Il reproche au patronat de vouloir préserver un statu quo qui favorise des pratiques précaires, notamment l’absence de contrats de travail et le non-paiement des impôts.

Mais du côté du CDEPS, on dénonce une volonté déguisée de contrôler la presse indépendante et de favoriser les médias proches du pouvoir. « Si l’objectif était réellement d’améliorer les conditions des journalistes, pourquoi ne pas commencer par appliquer la convention collective et mettre en place un fonds d’appui spécifique ? », s’interroge un éditeur de presse sous couvert d’anonymat.

À ce stade, aucun compromis ne semble en vue. Le CDEPS réclame une suspension du processus et une véritable concertation pour éviter ce qu’il considère comme une mise à mort des petits médias. De son côté, le ministère de la Communication affirme que la réforme ira jusqu’au bout, estimant qu’elle est indispensable pour garantir un secteur médiatique plus solide et mieux structuré.

LE PROCÈS DE LA FERMETURE DE SA BOULANGERIE FIXÉ AU 27 MARS : Baba Aïdara persiste : « la miche de pain peut coûter 100 F CFA »

Le 27 mars prochain, le tribunal de Saint-Louis se prononcera sur le procès concernant la fermeture de la boulangerie « Oumar Aïdara », appartenant au journaliste Baba Aïdara. Cette décision fait suite à un incident où Baba Aïdara et son employé, Mohamed Gueye, ont été arrêtés pour avoir opposé une résistance lors d’une action d’agents assermentés. Les deux hommes ont été accusés d’invectives, d’injures et de voies de fait. Toutefois, après intervention du directeur régional du Commerce de Saint-Louis, ils ont été libérés. Par lettre adressée au commissaire central, le directeur a requis la levée de la garde à vue de Baba Aïdara et Mohamed Gueye, conformément à la loi 2021-25 sur les prix et la protection du consommateur.
Après sa libération, Baba Aïdara s’est exprimé publiquement dans une vidéo où il a défendu sa position concernant le prix du pain. Il a affirmé que la miche de pain pouvait être vendue à 100 F CFA. Selon lui, cela est rendu possible grâce à la baisse de 4 000 F CFA du prix du sac de farine. Le journaliste et propriétaire de la boulangerie explique que cette décision de vendre le pain à 100 F CFA a été prise avant le début du Ramadan, en accord avec ses employés.
Baba Aïdara promet également de tenir une conférence de presse dans les prochains jours, où il dévoilera des stratégies pour permettre la vente du pain à ce prix.
Mais, malgré cet argumentaire, la direction régionale du Commerce a procédé à la fermeture de la boulangerie de Baba Aïdara en attendant la décision du tribunal. Ce dernier devra se prononcer le 27 mars sur la légalité de cette fermeture et les accusations portées contre le journaliste.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°427 – 22 ET 23/03/2025

🔴 INFIDÉLITÉ CONJUGALE : 39% DES DIVORCÉES SE LIVRENT SANS FILTRE !
🔴 LEVÉE D’IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE : MOUSTAPHA DIOP À L’AUTEL POUR TABASKI

🔴 QUALIF’ MONDIAL 2026 : PAPE THIAW : « L’OBJECTIF EST DE TERMINER 1er DU GROUPE »
🔴 ÉQUIPE NATIONALE : ILAY CAMARA REJOINT LA « TANIÈRE »

Explosion des litiges fonciers : Plus de 1 000 plaintes enregistrées en trois mois, selon la DSCOS

Le Colonel Amadou Ousmane Ba, patron de la Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DSCOS), a tiré la sonnette d’alarme sur la multiplication des conflits fonciers au Sénégal. Entre janvier et mars 2025, plus de 1 000 plaintes ont été déposées auprès de la DSCOS, illustrant l’ampleur du problème qui gangrène le pays.

Face à cette situation critique, le Colonel Ba n’a pas mâché ses mots : « Nous sommes submergés. Les citoyens vivent une insécurité juridique totale. » Il pointe du doigt les municipalités, accusées de procéder à des délibérations abusives, contribuant à la spéculation foncière et à l’augmentation des tensions entre populations et autorités locales.

Le phénomène est particulièrement préoccupant dans les zones en pleine expansion comme Tivaouane Peulh et Sangalkam, où les conflits fonciers explosent. En revanche, Dakar et Pikine, bénéficiant de titres fonciers bien définis, restent relativement épargnés.

Pour mettre un terme à ces abus, le Colonel Ba plaide pour une titrisation systématique des terres avant toute attribution par les communes. Selon lui, une telle mesure permettrait d’éviter les contestations et d’assurer une meilleure transparence dans la gestion foncière.

Le patron de la DSCOS a également lancé un avertissement clair à l’endroit des spéculateurs et des vendeurs illégaux de terres appartenant au domaine national. « Vendre ces terres, c’est risquer la prison », a-t-il martelé, rappelant que ces transactions sont passibles de sanctions pénales.

Dans ce contexte, la DSCOS annonce des contrôles renforcés afin de lutter contre ces pratiques et sécuriser la gestion foncière au Sénégal. Reste à savoir si ces mesures suffiront à freiner un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Affaire Moustapha Diop : Le maire de Louga rejette les accusations de Tabaski Ngom

Le maire de Louga, Moustapha Diop, est sorti de son silence pour répondre aux accusations de détournement de fonds portées contre lui par Tabaski Ngom. Devant la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale, il a catégoriquement nié toute implication dans ce qu’il considère comme une tentative de le discréditer.

Face aux députés, Moustapha Diop a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’incohérences majeures dans le dossier. « Comment est-on passé de 700 millions à 300 millions de francs CFA ? Où est la vérité ? » s’est-il interrogé. Selon lui, cette fluctuation dans les montants évoqués jette un sérieux doute sur la crédibilité de la plaignante et des accusations portées contre lui.

Se voulant ferme et confiant, le maire de Louga a assuré qu’il n’existe aucun document ni enregistrement prouvant son implication dans cette affaire. « Jusqu’à l’extinction du soleil, personne ne produira un document ou un enregistrement pour étayer ces accusations », a-t-il martelé, insistant sur le fait qu’il n’a jamais été impliqué dans un quelconque détournement.

Il a également précisé qu’il connaît la plaignante mais qu’aucun lien ne peut être établi entre lui et cette affaire. « Si je me tiens devant vous aujourd’hui, c’est parce que je n’ai rien à me reprocher« , a-t-il affirmé, rejetant toute responsabilité dans cette affaire qui secoue la sphère politique et judiciaire.

Pour l’édile de Louga, Tabaski Ngom chercherait à détourner l’attention de ses propres responsabilités. « Cette dame n’a aucune preuve contre moi. Elle veut juste me salir pour se disculper« , a-t-il dénoncé.

Alors que l’Assemblée nationale a voté la levée de son immunité parlementaire, Moustapha Diop se dit prêt à faire face à la justice pour rétablir son honneur. Son avenir politique dépendra désormais du dénouement de cette affaire qui suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique.

Affaire TF 1451/R : Les héritiers réclament justice et interpellent les autorités

Les héritiers du titre foncier TF 1451/R, une parcelle de plus de 258 hectares située dans la commune de Rufisque, ont une fois de plus interpellé les autorités sénégalaises pour exiger la restitution de leurs terres. Lors d’un rassemblement tenu ce jeudi, ils ont appelé le président de la République Bassirou Diomaye Faye, son Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que le ministre de la Justice Ousmane Diagne, à prendre des mesures concrètes pour faire appliquer une décision de justice en leur faveur.

Les héritiers rappellent que leur propriété a été inscrite au livre foncier de Rufisque le 4 février 1959. Cependant, après plusieurs décennies de litiges, la Cour d’Appel de Kaolack a tranché en leur faveur par un arrêté n°01/12 du 09 février 2012, ordonnant la radiation de l’inscription qui avait modifié le titre foncier et rendant caduques toutes les attributions foncières faites sur ce site après 1978.

Malgré cette décision judiciaire, les héritiers déplorent une occupation illégale de leur terre, notamment par la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM), qui aurait pris possession de 98 % de l’assiette foncière.

Selon Demba Anta Dia, porte-parole des héritiers, la situation est d’autant plus frustrante que la majorité des héritiers sont aujourd’hui délogés et vivent dans la précarité, notamment à Wakhinane Nimzatt, où leurs habitations sont menacées par l’érosion côtière. « Nous ne demandons que l’application stricte de la loi », a-t-il martelé.

Les héritiers dénoncent également des pratiques frauduleuses, où certains bénéficiaires de la SN-HLM continueraient à vendre des parcelles qui ne leur appartiennent pas, en toute impunité.

Pour les héritiers, la responsabilité de cette situation incombe principalement à la SN-HLM, mais aussi à l’État, qui a perdu son recours judiciaire dans cette affaire. « La justice a déjà tranché en notre faveur, mais nous constatons une incompréhension entre nous et certains acteurs de la SN-HLM », ont-ils déclaré.

Ils demandent ainsi à l’État de prendre ses responsabilités en faisant appliquer l’ordonnance du juge. Ils exigent notamment que la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (DESCOS), qui représente la force publique, intervienne pour garantir la restitution effective de leurs terres.

L’affaire du TF 1451/R est un litige foncier vieux de plusieurs décennies. Il trouve son origine en 1978, dans un conflit opposant les héritiers de feu Ousmane Mbengue, propriétaire du titre foncier, à Djily Mbaye, influent homme d’affaires et marabout décédé en 1991.

Le dossier a pris une dimension nationale lorsqu’en 2021, Ousmane Sonko avait dénoncé une prétendue spoliation foncière orchestrée par de hauts fonctionnaires de l’ancien régime.

Assemblée nationale : La levée de l’immunité parlementaire du député Moustapha Diop adoptée à une large majorité

L’Assemblée nationale du Sénégal a voté, ce jeudi 20 mars 2025, la levée de l’immunité parlementaire du député Moustapha Diop. Cette décision, prise à une large majorité de 128 voix pour, 3 contre et 10 abstentions, ouvre la voie à des poursuites judiciaires contre l’élu, conformément à la demande des juges d’instruction du Pôle judiciaire financier (PJF).

La procédure avait été initiée par la commission ad hoc chargée d’examiner la requête de la justice. Après un examen approfondi du dossier, ladite commission s’était prononcée en faveur de la levée de l’immunité parlementaire du député, estimant que les éléments avancés par les magistrats des premier et cinquième cabinets du PJF étaient sérieux, sincères et suffisamment étayés.

Ce rapport a ensuite été soumis à la plénière, qui a suivi la même dynamique. Lors des débats, le président de la commission des lois et le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ont exposé les motivations de la demande judiciaire, soulignant la nécessité de permettre à la justice de faire la lumière sur cette affaire.

Face à cette décision, le député Moustapha Diop a affirmé sans détour qu’il était prêt à répondre aux convocations des autorités judiciaires afin de défendre son honneur contre les accusations portées par Tabaski Ngom.

« Je suis un homme intègre et je n’ai rien à me reprocher. C’est pourquoi je me tiens à la disposition de la justice pour que toute la vérité éclate », a-t-il déclaré à l’issue du vote.

La séance plénière a été marquée par une participation active des députés, dont une majorité a jugé légitime de permettre à la justice de suivre son cours. Le gouvernement était représenté par le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ainsi que par le ministre du Travail, Abass Fall.

Cette levée d’immunité parlementaire ouvre ainsi un nouveau chapitre dans cette affaire, qui sera désormais instruite par le Pôle judiciaire financier.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°426 – 20/03/2025

🔴 PROPOSITION DE LOI INTERPRÉTATIVE DE L’AMNISTIE : AMADOU BA NE CONVAINC GUÈRE
🔴 LE FDR SUR LA LOI PORTANT RETRAIT DE LA GESTION DU FONCIER AUX ÉLUS LOCAUX : « UN MÉPRIS MANIFESTE DE LA VOLONTÉ DU PEUPLE »

🔴 COUPE DE LA LIGUE (4E J.) : ESSAMAYE ET SONACOS, NOUVEAUX PATRONS DE LEURS POULES
🔴 AMICAL U20 / STADE LAT DIOR DE THIÈS : LE SÉNÉGAL SANS PITIÉ FACE À LA RDC

Proposition de loi d’interprétation : Amadou Ba réclame justice pour les victimes des manifestations

Le député de Pastef, Amadou Ba, a pris position ce jeudi 20 mars 2025, en faveur de la proposition de loi d’interprétation de la loi d’amnistie, affirmant qu’elle vise à garantir que les responsables des crimes commis lors des manifestations politiques entre mars 2021 et février 2024 soient jugés et punis.

« Ils vont payer pour tous ces crimes, et c’est l’interprétation de la loi que nous avons proposée qui va le permettre. C’est pourquoi nous n’avons pas opté pour l’abrogation », a déclaré le parlementaire lors d’une conférence de presse.

Selon Amadou Ba, la proposition de loi d’interprétation ne vise pas à protéger les militants de son parti, mais plutôt à garantir le respect de l’État de droit et des engagements internationaux du Sénégal. Il estime que la loi d’amnistie, telle qu’elle a été adoptée, va à l’encontre des conventions internationales signées par le Sénégal, notamment celles qui interdisent la torture et les atteintes graves aux droits de l’homme.

« Notre pays a signé des conventions internationales contre la torture, et ces faits ne peuvent donc pas être amnistiés, car cela irait à l’encontre de notre propre Constitution », a-t-il souligné.

Il insiste sur le fait que les crimes graves, y compris les actes de torture et les assassinats présumés commis par certaines forces de sécurité lors des manifestations, ne peuvent être balayés d’un revers de main par une loi d’amnistie générale.

La loi d’amnistie adoptée stipule que toutes les infractions criminelles commises entre mars 2021 et février 2024 dans un contexte politique ou de manifestations sont effacées. Cette mesure a été vivement critiquée par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une tentative d’effacer des crimes graves sans justice pour les victimes.

Pour Amadou Ba, cette approche est une menace pour la crédibilité de la justice sénégalaise. Il dénonce une forme de discrimination dans l’application de la loi, qui permettrait à certains acteurs politiques ou sécuritaires d’échapper à la justice, alors que les victimes et leurs familles attendent toujours des réponses.

Face à cette situation, Amadou Ba et d’autres députés ont déposé une proposition de loi d’interprétation visant à préciser que l’amnistie ne peut pas couvrir les crimes graves, notamment la torture, les meurtres et les violations des droits humains.

« C’est pourquoi nous avons proposé l’interprétation de la loi afin que la justice puisse faire son travail », a-t-il précisé.

L’objectif de cette démarche est d’éviter l’impunité et de s’assurer que tous ceux qui ont commis des infractions graves soient jugés, quelles que soient leurs appartenances politiques ou institutionnelles.

Grands Domaines du Sénégal : 176 employés licenciés, le personnel dénonce une situation abusive

Les Grands Domaines du Sénégal (GDS), une entreprise majeure dans le secteur agro-industriel, se retrouvent une nouvelle fois au cœur d’une controverse après avoir procédé au licenciement de 176 employés. Cette décision a suscité une vague d’indignation, notamment de la part du délégué du personnel, Diène Ndiaye, qui qualifie cette mesure d’abusive et contraire au droit du travail.

D’après Diène Ndiaye, ces 176 licenciements concernent des employés en contrat à durée indéterminée (CDI) ainsi que des contractuels permanents. Il souligne que la direction des Grands Domaines du Sénégal a pris cette décision sans respecter les dispositions de l’article L62 du Code du travail, qui encadre strictement les procédures de licenciement collectif.

Mais au-delà de ces renvois, le syndicaliste pointe un fait encore plus préoccupant : l’entreprise remplacerait progressivement les contrats CDI par des contrats saisonniers. « C’est inadmissible et déplorable », s’indigne Diène Ndiaye, expliquant que cette manœuvre vise à précariser les travailleurs et réduire leurs droits sociaux et économiques.

Ce n’est pas la première fois que les Grands Domaines du Sénégal sont impliqués dans un conflit social majeur. En 2019, 64 employés avaient déjà été licenciés, un dossier qui est toujours en instance devant la Cour d’Appel.

Le délégué du personnel rappelle que cette affaire précédente n’a toujours pas été réglée et craint que cette nouvelle vague de licenciements aggrave la situation sociale des travailleurs, déjà fragilisés par l’inflation et le coût de la vie élevé.

Face à ce qu’il considère comme une violation flagrante des droits des travailleurs, Diène Ndiaye appelle les autorités étatiques à prendre des mesures immédiates pour stopper ces licenciements abusifs et contraindre GDS à respecter la législation en vigueur.

Il a également annoncé que les travailleurs entameront une bataille judiciaire afin de faire annuler ces licenciements et obtenir réparation. Selon lui, une telle situation ne peut pas rester sans réponse, surtout dans un contexte où le gouvernement sénégalais affiche sa volonté de promouvoir l’emploi et lutter contre la précarisation du travail.

Ce conflit aux Grands Domaines du Sénégal remet en question les conditions de travail dans le secteur agro-industriel et le respect du droit du travail au Sénégal. De nombreux syndicats suivent de près cette affaire, craignant qu’elle ne crée un précédent dangereux pour l’ensemble des travailleurs du pays.

Amnistie : Le colonel Sankoun Faty critique le projet de loi interprétative, accusant qu’il cible les FDS

Le projet de loi interprétative de la loi d’amnistie continue de susciter des réactions vives au sein de l’opinion publique. Après les opposants politiques, c’est au tour du colonel de gendarmerie à la retraite, Sankoun Faty, de dénoncer cette proposition de loi, qu’il juge particulièrement ciblée contre les forces de défense et de sécurité (FDS).

Dans une lettre ouverte adressée aux députés de la XVe législature, le colonel Faty estime que cette loi, loin d’être une simple mesure d’amnistie, cherche en réalité à punir les membres des FDS tout en protégeant les fauteurs de troubles. « Vous vous êtes trompés de cible », a-t-il lancé, soulignant que la proposition de loi, avec ses incohérences de fond et de forme, stigmatise les forces de défense et de sécurité, en particulier ceux chargés du maintien de l’ordre.

Le colonel Faty rappelle que la loi d’amnistie, dans sa forme actuelle, vise essentiellement les « casseurs » et ceux qui commettent des actes de violence, tout en accordant une forme de protection à ces derniers. Selon lui, cette loi favoriserait les auteurs d’actes de violence « quasi insurrectionnels » tels que l’incendie de biens publics, la destruction de fonds de commerce privés, et la perturbation de l’ordre public. Il souligne qu’il est paradoxal, dans un État de droit, de légitimer de tels actes tout en sanctionnant ceux qui œuvrent pour maintenir l’ordre dans le respect des lois.

Faty met également en lumière la discrimination que cette loi pourrait créer entre les personnes commettant des infractions pour des raisons politiques et celles, comme les membres des FDS, qui sont dans l’obligation d’agir en vertu de leur mission régalienne. Il dénonce une tentative de « partisannerie » législative, qui favoriserait certains citoyens au détriment de ceux qui sont chargés de faire respecter l’ordre.

Le colonel rappelle que les forces de défense et de sécurité, régies par des lois strictes telles que la loi 70-037 du 13 octobre 1970 et le décret 74-571 du 13 juin 1974, sont autorisées à recourir à une force extrême dans des situations de maintien de l’ordre, mais sous des conditions bien précises. En cas de faute, ces membres des FDS sont soumis à des sanctions sévères, tant disciplinaires que pénales.

Dans ce contexte, Faty estime qu’une telle initiative parlementaire est non seulement inutile, mais potentiellement nuisible, puisqu’elle viendrait ajouter une couche de confusion et de méfiance envers les forces de l’ordre, qui agissent dans le cadre de leur mission professionnelle.

Les critiques de Sankoun Faty soulignent un point central : la nécessité de respecter le rôle des forces de défense et de sécurité, tout en évitant d’instaurer des lois qui risquent de fragiliser leur légitimité et leur capacité à exercer leur mission de maintien de l’ordre. La question de la loi interprétative continue ainsi de diviser l’opinion, avec des appels à reconsidérer son contenu pour éviter toute discrimination entre citoyens, qu’ils soient acteurs de troubles ou garants de l’ordre public.

Saint-Louis : Baba Aïdara et Mohamed Guèye libérés sur ordre du directeur régional du Commerce

Le journaliste Baba Aïdara et le boulanger Mohamed Guèye, placés en garde à vue mercredi 19 mars 2025 sur instruction du directeur régional du Commerce de Saint-Louis, ont été libérés ce jeudi 20 mars. Ils étaient accusés d’opposition à l’action d’agents assermentés dans l’exercice de leurs fonctions, d’invectives, d’injures et de voies de fait.

La levée de leur garde à vue a été ordonnée par le directeur régional du Commerce, comme en témoigne un courrier adressé au commissariat central de Saint-Louis : « Conformément aux dispositions de l’article 107 de la loi 2021-25 du 12 avril 2021 sur les prix et la protection du consommateur, nous vous prions de bien vouloir procéder à la levée de la garde à vue des sieurs Baba Aïdara et Mohamed Guèye. »

Selon les informations, la police n’a fait qu’exécuter une demande de réquisition, et l’arrestation de Baba Aïdara, propriétaire et gérant de la boulangerie Oumar Aïdara, ainsi que de Mohamed Guèye, boulanger de profession, a été opérée par les agents du service du commerce, dans le cadre des dispositions de la loi 2021-25 relative aux prix et à la protection du consommateur.

Levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop : l’Assemblée se prononcera ce vendredi

Le dossier Tabaski Ngom, dans lequel le député Moustapha Diop est impliqué, prend un tournant décisif. Ce vendredi 21 mars 2025, les députés se réuniront en plénière pour examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du maire de Louga. L’Assemblée nationale, à travers un communiqué de presse, a annoncé que la Commission ad hoc, qui a auditionné l’ancien ministre, soumettra ses conclusions lors de cette séance cruciale.

L’ordre du jour de la séance plénière, prévue pour 15 heures, se concentrera sur l’examen de la demande concernant la levée de l’immunité parlementaire du député Moustapha Diop. La Commission ad hoc a été chargée de statuer sur cette affaire et ses conclusions seront soumises à l’Assemblée pour validation.

Dans cette affaire, Tabaski Ngom, inspectrice du Trésor et ancienne agente-comptable de l’APROSI, placée sous mandat de dépôt, est poursuivie pour détournement présumé de fonds publics. Elle aurait décaissé 700 millions de FCFA qu’elle aurait prêtés à Moustapha Diop pour financer sa campagne électorale lors des dernières élections législatives. Momath Ba, l’ancien Directeur général de l’APROSI, également cité dans l’affaire, a versé une caution de 90 millions de FCFA pour bénéficier d’un contrôle judiciaire.

Le député Moustapha Diop, pour la première fois, a pris la parole sur cette affaire dans une interview exclusive accordée à Jacob Post TV. Il a fermement démenti les accusations, précisant : « J’ai financé intégralement ma campagne électorale avec mes propres fonds. Tout l’argent que j’ai utilisé peut être retracé. Par conséquent, je n’ai rien à cacher. Si on demandait aux candidats de justifier leur financement, je serais le premier à le faire. »

Interprétation de la loi d’amnistie : le Pastef justifie sa démarche

En conférence de presse ce jeudi, le groupe parlementaire Pastef, conduit par son président Ayib Daffé et le vice-président Amadou Ba, a défendu la proposition d’interprétation de la loi d’amnistie. Un sujet qui suscite d’intenses débats depuis son introduction dans l’agenda parlementaire.

Alors que l’opposition critique une démarche jugée inopportune et potentiellement dangereuse, les députés du parti au pouvoir estiment nécessaire d’apporter des clarifications juridiques à cette loi pour assurer une application conforme aux normes internationales. Amadou Ba a insisté sur l’importance de cette initiative, affirmant que « cette interprétation vise à lever toute ambiguïté et à garantir une justice équitable pour tous ».

Selon Amadou Ba, la proposition d’interprétation de la loi d’amnistie ne vise pas à modifier son essence mais à en préciser la portée, notamment en ce qui concerne les bénéficiaires et les actes couverts. « L’objectif est de s’assurer que cette loi ne laisse place à aucune injustice et qu’elle ne soit pas instrumentalisée à des fins politiques », a-t-il déclaré.

Toutefois, l’opposition considère cette initiative comme une tentative du pouvoir de redéfinir à son avantage les effets de la loi d’amnistie. Des figures politiques et des observateurs juridiques alertent sur le risque de manipulation de la justice pour écarter certains adversaires ou, au contraire, protéger des alliés.

Amadou Ba a par ailleurs souligné que l’interprétation de la loi vise à l’aligner avec les principes du droit international, en particulier ceux relatifs aux droits de l’homme et à la justice transitionnelle. « Nous devons nous assurer que l’application de cette loi respecte les engagements internationaux du Sénégal », a-t-il ajouté.

Si le Pastef plaide pour une clarification juridique, les opposants au projet y voient une tentative de consolidation du pouvoir et une entrave à une amnistie jugée déjà suffisante dans son cadre initial. L’Assemblée nationale devra débattre dans les prochains jours de cette proposition, qui pourrait avoir des conséquences majeures sur la scène politique sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°425 – 20/03/2025

🔴 « [MOUSTAPHA BA] A ÉTÉ TUÉ DANS DES CONDITIONS TROUBLES », AVANCE LE PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT : QUE LE PROCUREUR S’AUTOSAISISSE « CI NJEKK » !
🔴 POURSUITES PÉNALES ET COUPURE DE SIGNAL DES TÉLÉS : LE FAUX CONTRE LA PRESSE

🔴 ÉQUIPE NATIONALE : BLANC-SEING DE LA FIFA À ASSANE DIAO ET YEHVANN DIOUF
🔴 COUPE DE LA LIGUE (4e J.) : DSC, PREMIER QUALIFIÉ POUR LES 8es !

Arrestation de Baba Aidara : le journaliste poursuivi pour concurrence déloyale après la vente de pain à bas prix

Le journaliste et entrepreneur Baba Aidara a été arrêté ce mercredi à Saint-Louis pour des faits de concurrence déloyale liés à l’exploitation de sa boulangerie. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il a expliqué les circonstances de son arrestation, affirmant qu’il s’agissait d’un acte de solidarité envers les habitants de son quartier.

Propriétaire d’une boulangerie à Saint-Louis depuis 2023, Baba Aidara a décidé de fixer le prix de la miche de pain à 100 francs CFA, soit la moitié du tarif habituellement pratiqué dans la ville, fixé à 200 francs CFA. Selon lui, cette décision faisait suite à la baisse du prix du sac de farine, passé de 22 000 à 16 000 francs CFA.

« Je suis à l’intérieur d’une voiture de la police. Mon seul tort, c’est que j’ai grandi dans un quartier pauvre. Et Dieu a fait que j’ai les moyens d’ouvrir une boulangerie à Saint-Louis. Je me suis dit qu’en tant que résident du quartier, je vais diminuer le prix du pain », a-t-il déclaré dans sa vidéo.

Son initiative visait à alléger les charges des ménages en cette période économique difficile. Toutefois, cette réduction drastique du prix du pain a suscité la colère de plusieurs boulangers locaux, qui y ont vu une concurrence déloyale menaçant l’équilibre du marché.

Les autorités ont rapidement réagi en procédant à l’arrestation du journaliste, l’accusant de ne pas respecter les règles établies par l’Union des boulangers. Ces derniers estiment que la tarification du pain doit suivre des normes précises pour éviter toute distorsion du marché.

Baba Aidara, de son côté, rejette toute intention de nuire à ses confrères boulangers. Il soutient que son action était motivée par un souci d’entraide et qu’il ne faisait qu’adapter son prix aux nouvelles réalités du coût des matières premières.

Affaire de trafic de migrants : le maire de Dionewar et ses complices en détention provisoire

L’affaire du trafic de migrants impliquant le maire de Dionewar, Lassana Sarr, prend une nouvelle tournure. Présentés ce mardi 18 mars 2025 devant le parquet financier après leur arrestation par la brigade de gendarmerie de Foundiougne, l’édile et ses six co-accusés ont bénéficié d’un retour de parquet ce mercredi 19 mars. Selon les informations rapportées par la RFM, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic de migrants, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie.

L’enquête a été déclenchée à la suite de l’interception d’une embarcation transportant 241 candidats à la migration irrégulière. Ces migrants, en quête d’une vie meilleure, tentaient de rallier clandestinement les côtes européennes dans des conditions extrêmement précaires. Alertées, les forces de sécurité sont intervenues pour secourir ces personnes, avant d’ouvrir une enquête sur le réseau qui organisait ces départs illégaux.

Les investigations ont rapidement conduit à l’arrestation du maire de Dionewar, soupçonné d’être un acteur clé dans l’organisation de ces voyages clandestins. Ses complices présumés, dont des passeurs et des logisticiens, auraient joué un rôle actif dans la mise en place de l’itinéraire et la collecte des fonds auprès des candidats au voyage.

D’après les premiers éléments de l’enquête, le réseau démantelé fonctionnait selon un mode opératoire bien rodé. Les migrants, souvent issus de milieux défavorisés, étaient approchés par des intermédiaires qui leur promettaient un passage sécurisé vers l’Europe moyennant des sommes conséquentes. Une fois le paiement effectué, ils étaient acheminés vers des points de départ discrets, notamment sur les côtes du Sine-Saloum, où des embarcations de fortune les attendaient.

Ce mode opératoire n’est pas sans rappeler les nombreuses tragédies qui ont endeuillé le Sénégal ces dernières années, avec des centaines de jeunes périssant en mer faute de conditions de voyage sécurisées.

L’implication d’un élu local dans une affaire aussi grave suscite l’indignation. Le maire de Dionewar, censé incarner l’autorité et la protection de ses administrés, se retrouve au cœur d’un scandale qui met en lumière la complexité du phénomène migratoire au Sénégal.

Les autorités judiciaires, conscientes de l’ampleur de l’affaire, ont promis d’aller au bout de l’enquête afin d’identifier l’ensemble des ramifications du réseau. Pour l’instant, la détention provisoire de Lassana Sarr et de ses complices permet aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations et de déterminer si d’autres personnalités ou structures sont impliquées.

Procès Ardo Gningue : le procureur requiert six mois de prison dont trois ferme, verdict attendu le 26 mars

L’activiste et chroniqueur Ardo Gningue a comparu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre aux accusations de « discours contraire aux bonnes mœurs ». Lors de l’audience, il a reconnu les faits qui lui sont reprochés et a tenté de s’expliquer devant le juge, affirmant qu’il s’agissait d’une erreur qu’il ne répétera plus.

Tout est parti d’un post publié sur Facebook, dans lequel il aurait utilisé un terme jugé inapproprié. Face aux magistrats, Ardo Gningue a soutenu que ses propos avaient été mal interprétés et qu’il n’avait jamais eu l’intention d’insulter ou de heurter qui que ce soit. Il a expliqué que sa publication était une réaction à des menaces dont il faisait l’objet sur les réseaux sociaux, notamment de la part de militants politiques qui l’auraient averti qu’il ne pourrait pas passer la Korité chez lui.

Le procureur, cependant, n’a pas été convaincu par ces explications. Il a fermement condamné le choix de mots de l’accusé et son comportement sur les réseaux sociaux, rappelant que les figures publiques se devaient d’adopter un langage responsable. Il a insisté sur le fait qu’Ardo Gningue ne pouvait ignorer la portée de ses propos et que son influence en tant que chroniqueur impliquait une responsabilité supplémentaire. Il a également souligné que l’usage de termes vulgaires ou insultants sur la place publique n’était pas acceptable, et qu’une sanction exemplaire était nécessaire pour éviter la banalisation de ce genre de comportements.

Estimant que de telles déclarations ne pouvaient rester impunies, le procureur a requis une peine de six mois de prison, dont trois mois ferme, contre Ardo Gningue. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra son verdict le 26 mars prochain. Ce procès relance une fois de plus le débat sur l’usage des réseaux sociaux et la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole.

Décès de Moustapha Bâ : le porte-parole du gouvernement évoque des « conditions troubles »

Lors de la journée de réflexion et de partage organisée par la Jeunesse patriotique sénégalaise (JPS) de Mbao, le ministre et porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarre, a tenu des propos forts sur plusieurs sujets d’actualité. Outre ses accusations contre l’ancien régime concernant un « maquillage des chiffres », il a fait une révélation troublante sur le décès de l’ex-ministre des Finances, Moustapha Bâ.

S’exprimant devant une audience attentive, le ministre a insisté sur la nécessité d’enquêter davantage sur les circonstances de la mort de Moustapha Bâ.

« Il a été tué dans des conditions troubles », a-t-il lâché, suscitant l’émoi et l’interrogation parmi les participants.

Selon lui, l’ancien ministre aurait disparu des radars plusieurs jours avant l’annonce de son décès.

« Il faut que l’on cherche à comprendre ce qui s’est passé avec le décès de Moustapha Bâ », a-t-il martelé.

Ces déclarations viennent raviver le débat autour d’une affaire déjà controversée, relançant les spéculations sur les circonstances exactes de la disparition de Moustapha Bâ.

Dans un autre registre, Amadou Moustapha Njekk Sarre a pointé du doigt la gestion économique de l’ancien gouvernement, dénonçant ce qu’il considère comme une falsification des données financières du pays.

« Ils ont menti sur les chiffres. Ils ont menti également aux partenaires. L’ancien ministre Moustapha Bâ était le premier à être reçu par le président de la République et par son Premier ministre pour leur dire que les chiffres n’étaient pas exacts. »

Des accusations lourdes qui, selon lui, démontrent une manipulation systématique des données économiques. Il a notamment dénoncé un écart significatif entre les chiffres annoncés et la réalité financière du pays.

« Est-ce que vous pouvez imaginer, dans des pays comme la France, l’Allemagne, la Corée, le Japon, la Chine ou les États-Unis, que des chiffres soient maquillés au point qu’on dise que le taux d’endettement est de 74 %, alors qu’il est de 99,67 % ? Est-il imaginable que dans ce pays, on nous dise que le déficit budgétaire est de 4,9 %, alors qu’il est de 12,3 % ? Ce pays, nous allons le redresser. »

Ces déclarations risquent d’intensifier le débat politique, surtout dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont devenues des exigences majeures de l’opinion publique.

CESSEZ-LE-FEU RWANDA-RDC / ACCROISSEMENT DE L’INFLUENCE DE KARIM WADE : La diplomatie sénégalaise sous Diomaye-Sonko traîne les pieds

Alors que Karim Wade s’impose discrètement comme un acteur clé de la médiation entre la RDC et le Rwanda, et que Macky Sall maintient son influence sur la scène internationale, la diplomatie sénégalaise sous Diomaye Faye et Ousmane Sonko vit des jours sombres. Entre revers au sein de la CEDEAO et manque de poids dans les arènes stratégiques, Dakar semble être en retrait face à une concurrence grandissante, avec l’avènement de deux nouveaux alliés : la Mauritanie et le Maroc.

Tandis que la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sont en proie à des tensions persistantes, un acteur discret mais influent émerge dans les coulisses. Karim Meïssa Wade, actuel responsable du Fonds souverain d’investissement du Qatar en Afrique et envoyé spécial de l’Émir du Qatar, joue un rôle déterminant dans l’apaisement des relations entre Kinshasa et Kigali. Son implication, bien que peu médiatisée, a été essentielle dans l’organisation d’une rencontre historique entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame sous l’égide du Qatar. Ce tête-à-tête permet de garder l’espoir vers la résolution du conflit dans l’est de la RDC, région minée par les violences armées.
Le Qatar, dont l’influence en Afrique ne cesse de croître, a stratégiquement investi au Rwanda, consolidant ainsi son rôle dans la médiation régionale. Qatar Airways détient aujourd’hui 60 % du Bugesera International Airport et 49 % des parts de RwandAir, en plus de divers projets immobiliers et hôteliers. Ces investissements s’inscrivent dans une politique d’expansion économique et diplomatique qui donne au pays du Golfe un levier puissant dans les affaires africaines.
Parallèlement, l’ancien président de la République, Macky Sall, est tout aussi influent que Wade Fils. Le prédécesseur du Président Diomaye continue de s’affirmer comme une figure incontournable sur la scène internationale. Il a participé dernièrement au « think tank » organisé par l’Atlantic Council sur les relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique, ainsi qu’à un « iftar » (repas de rupture du jeûne) organisé par le Roi Salmane de l’Arabie Saoudite. Présent dans de nombreux sommets de haut niveau, il s’impose comme un acteur majeur dans les relations diplomatiques du continent. Son expérience d’homme d’État font de lui un interlocuteur privilégié des grandes puissances.

MAUX DE LA DIPLOMATIE SÉNÉGALAISE

À l’inverse, la diplomatie sénégalaise sous le duo Diomaye Faye – Ousmane Sonko peine à s’imposer. La tentative du Président Faye de réconcilier la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est soldée par un échec, ces derniers confirmant leur départ de l’organisation régionale. La CEDEAO a finalement confié cette mission délicate au nouveau président ghanéen, John Dramani Mahama, marquant un revers symbolique pour Dakar. Un autre coup dur est venu du monde du sport, où Augustin Senghor n’a pas réussi à se faire élire au Conseil de la FIFA, malgré son CV impressionnant. Dans cet univers où le lobbying diplomatique est clé, le Sénégal semble manquer de poids face à ses concurrents.
Le voisin mauritanien, lui, a su tirer son épingle du jeu grâce au soutien du Maroc, décrochant pour la première fois un siège au sein de l’instance dirigeante du football mondial. Cette alliance entre Nouakchott et Rabat s’inscrit dans une stratégie plus large, avec le Maroc cherchant à renforcer son influence en Afrique de l’Ouest, notamment via le port de Dakhla Atlantique. La Mauritanie, de son côté, capitalise sur cette relation pour accélérer ses projets d’infrastructures et devenir un hub stratégique reliant l’Afrique subsaharienne aux marchés marocains et européens.
Dans un contexte où la diplomatie repose autant sur l’influence économique que sur les réseaux d’alliances, le Sénégal semble encore chercher sa place. Dakar peine à maintenir le niveau de leadership atteint sous Senghor, Diouf, Wade et Sall.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°424 – 19/03/2025

🔴 RÉSOLUTION DU CONFLIT RDC – RWANDA / KARIM WADE DANS LA COUR DES GRANDS : LE DUO AU SOMMET « CONFINÉ » DANS L’ORDINAIRE
🔴 « LA LOI INTERPRÉTATIVE EST PLUS DANGEREUSE QUE LE QUART BLOQUANT DE WADE » : « Y EN A MARRE » DIT NIET À LA PROPOSITION DE « PASTEF »

🔴 LUTTE / NOUVELLES MESURES : Le diktat du ministère des Sports
🔴 FSKDA / DÉTOURNEMENT ET CORRUPTION PRÉSUMÉS : Plusieurs dirigeants placés en garde à vue

Affaire Moustapha Diop : Le député-maire de Louga convoqué par la commission ad hoc de l’Assemblée nationale

Le député-maire de Louga et président du parti Farlu, Moustapha Diop, a été convoqué par la commission ad hoc de l’Assemblée nationale le 18 mars 2025 à 15 heures, dans le cadre de l’affaire l’opposant à Tabaski Ngom, une jeune inspectrice du Trésor. Celle-ci affirme lui avoir prêté la somme colossale de 700 millions de FCFA pour financer sa campagne lors des élections législatives. Face à la gravité des accusations, le Parlement a décidé de lever son immunité parlementaire afin de l’entendre officiellement.

Depuis le début du scandale, Moustapha Diop était resté silencieux, laissant les spéculations se multiplier. Cependant, lors d’une interview exclusive accordée à Jacob Post TV, il a pris la parole pour s’expliquer et rassurer ses partisans.

« Je remercie les militants et partisans du Parti Farlu. Je salue leur engagement et soutien dans cette affaire. Il y a une fille qui dit que je lui dois 700 millions de FCFA. Je voudrais à ce propos rassurer mes militantes et militants : dans cette affaire, je suis propre et je n’ai rien à me reprocher. Personne ne peut me poursuivre en justice parce que je lui dois. »

Ces déclarations montrent la volonté de Moustapha Diop de se défendre publiquement et de rétablir sa réputation, alors que l’affaire a suscité un vif débat sur l’intégrité des responsables politiques.

Interrogé sur l’utilisation présumée des 700 millions de FCFA pour financer sa campagne électorale, Moustapha Diop a démenti avec fermeté les accusations :

« J’ai financé intégralement ma campagne électorale avec mes propres fonds. Tout argent que j’ai utilisé peut être retracé. Par conséquent, je n’ai rien à cacher. Si on demandait aux candidats de justifier leur financement, je serais le premier à le faire. »

Ses propos semblent indiquer une transparence quant à l’origine de ses fonds de campagne. Toutefois, ils soulèvent également des questions sur la provenance d’une telle somme, alors même que la loi sénégalaise encadre strictement le financement des campagnes électorales.

De son côté, Tabaski Ngom affirme que le prêt de 700 millions de FCFA a été accordé à Moustapha Diop pour financer sa campagne, une transaction qui, selon elle, était basée sur un accord de confiance. Sa détermination à faire la lumière sur cette affaire a conduit à la levée de l’immunité parlementaire de Moustapha Diop et à sa convocation par la commission ad hoc.

Les prochaines étapes de cette procédure seront cruciales pour déterminer si les allégations de Tabaski Ngom sont fondées ou s’il s’agit, comme le soutient Moustapha Diop, d’une tentative de manipulation à son encontre.

Cette affaire ne se limite pas à un simple différend financier ; elle soulève des questions fondamentales sur la transparence des financements politiques et la responsabilité des élus. Dans un contexte où la lutte contre la corruption et la gestion éthique des fonds publics sont des préoccupations majeures, l’issue de cette affaire pourrait avoir un impact significatif sur la carrière politique de Moustapha Diop et sur la perception publique du parti Farlu.

Incarcération de Lat Diop : Un juge d’instruction ordonne une expertise médicale pour évaluer son état de santé

Dans le cadre de l’affaire judiciaire concernant Lat Diop, l’ex-ministre des Sports du Sénégal, un nouveau développement a fait surface avec des implications significatives pour la suite de la procédure. Lat Diop, actuellement incarcéré à la prison de Rebeuss, se trouve au cœur d’une investigation menée par le juge d’instruction financier en charge de son dossier. Selon des informations rapportées par Seneweb, ses avocats ont formulé une demande d’expertise médicale, soulignant des préoccupations concernant l’état de santé de leur client et son adéquation avec la détention en milieu carcéral.

La demande d’expertise médicale, bien qu’initialement rejetée par le procureur financier, a été approuvée par le juge instructeur. Ce dernier a pris la décision d’ordonner une évaluation médicale approfondie de l’état de santé de Lat Diop. Le dossier a ainsi été transmis à l’Ordre des médecins du Sénégal, qui désignera un médecin assermenté pour procéder à l’examen médical. L’objectif principal de cette expertise est de déterminer si la condition physique de Lat Diop permet sa détention dans un environnement carcéral ou si des mesures alternatives, telles que la mise en liberté provisoire ou une prise en charge médicale dans un établissement spécialisé, seraient nécessaires.

Lat Diop est actuellement détenu à la cellule 42 de la prison de Rebeuss, une prison qui, bien que centrale, n’est pas forcément équipée pour fournir des soins médicaux adaptés à des détenus ayant des conditions de santé particulières. Il est donc essentiel que l’expertise médicale précise si son état nécessite des soins spécifiques ou si une surveillance plus poussée est nécessaire.

Si l’expertise conclut que l’état de santé de Lat Diop n’est pas compatible avec la détention en milieu carcéral, cela pourrait entraîner sa mise en liberté provisoire. Dans ce cas, le tribunal pourrait permettre sa sortie de prison jusqu’à ce que des solutions de traitement appropriées soient mises en place. Cependant, dans l’éventualité où l’expertise médicale jugerait que son état ne nécessite pas de soins en dehors du cadre pénitentiaire, Lat Diop demeurerait en prison pour continuer à purger sa détention.

Si la condition de santé de l’ex-ministre des Sports justifie une prise en charge médicale spécifique, il pourrait être transféré au Pavillon spécial de l’Administration pénitentiaire à l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce pavillon est dédié à l’accueil des détenus nécessitant des soins plus intensifs ou spécialisés. Cette option permettrait à Lat Diop de bénéficier d’une surveillance médicale et d’un environnement plus adapté à ses besoins de santé.

Cette décision intervient dans un contexte où la question de la santé des détenus et de leur prise en charge en milieu carcéral est un sujet de débat public au Sénégal. Plusieurs observateurs estiment que des procédures comme celle ordonnée par le juge d’instruction sont essentielles pour garantir que les droits des détenus soient respectés, notamment en ce qui concerne leur droit à des soins de santé appropriés.

Lat Diop est l’une des personnalités politiques les plus médiatisées de ces dernières années, ce qui a attiré une attention particulière sur cette affaire. L’issue de cette procédure pourrait avoir des conséquences non seulement pour l’ex-ministre, mais aussi pour l’image du système judiciaire sénégalais, particulièrement dans le traitement des détenus ayant des problèmes de santé.

Dans tous les cas, l’expertise médicale devrait offrir des éléments clés pour éclairer la décision judiciaire et déterminer les mesures les plus appropriées pour garantir que Lat Diop reçoive les soins nécessaires tout en respectant la procédure judiciaire en cours.

Conseil interministériel sur l’état civil : le directeur de l’ANEC soulève la fraude documentaire et l’insuffisance de personnel

Lors de la réunion interministérielle sur l’état civil et la sécurité des documents officiels, tenue ce mardi, Aliou Ousmane Sall, le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), a fait un point sur les avancées et les défis relatifs à l’état civil au Sénégal. Dans son intervention, il a souligné que le pays a numérisé et indexé un total de 20 millions d’actes d’état civil dans le cadre d’un objectif global de 30 millions, marquant ainsi un progrès significatif dans le processus de modernisation du système.

Cependant, le directeur a également abordé la question préoccupante de la fraude documentaire. Selon lui, 1,72 % des demandes de cartes nationales d’identité sont rejetées chaque année en raison de la présentation de faux extraits de naissance, une situation qui souligne les difficultés liées à l’intégrité des documents d’état civil. Ce chiffre, rapporté par la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), met en lumière un fléau qui continue de nuire à la fiabilité du système d’état civil et à la sécurité des documents officiels.

Aliou Ousmane Sall a également attiré l’attention sur un autre problème majeur : l’insuffisance de personnel qualifié dans les centres d’état civil. Il a exprimé son inquiétude quant à la pénurie de ressources humaines compétentes pour faire face à la demande croissante de services d’état civil à travers le pays. En outre, il a déploré les faibles salaires des agents en charge de ces tâches, une situation qui compromet la qualité du service rendu aux citoyens.

Enfin, le directeur général de l’ANEC a évoqué les disparités régionales en matière d’enregistrement des actes civils. Il a particulièrement souligné que le taux d’enregistrement des mariages et des décès reste particulièrement faible dans certaines régions du pays, telles que Kolda, Sédhiou et Kaffrine. Ces zones, selon M. Sall, connaissent un accès limité aux services d’état civil, exacerbant ainsi les inégalités territoriales et entravant le bon fonctionnement du système.

Le conseil interministériel a ainsi permis de dresser un bilan des défis actuels, tout en ouvrant la voie à des discussions sur des solutions pour renforcer l’efficacité du système d’état civil et garantir l’intégrité des documents officiels.

Y’en a marre exige l’abrogation totale de la loi d’amnistie et met en garde contre un recul démocratique

Le mouvement citoyen Y’en a marre a lancé un appel fort ce mardi 18 mars lors d’une conférence de presse à Dakar, exprimant son rejet catégorique de la loi d’amnistie adoptée par la 14e législature. Le collectif exige non seulement son abrogation totale, mais met également en garde l’État contre ce qu’il considère comme une menace sérieuse pour la démocratie sénégalaise.

Pour Thiat, membre fondateur et porte-parole de Y’en a marre, cette loi est une trahison des principes de justice et d’équité. Il a dénoncé le caractère « sélectif » de l’amnistie qui, selon lui, profite à certains acteurs politiques tout en ignorant les véritables victimes des crises passées.

« On ne peut pas tourner la page sans l’avoir lue », a-t-il lancé avec fermeté, estimant qu’une réconciliation nationale ne peut se faire sans justice et sans vérité.

Le mouvement accuse les autorités d’instrumentaliser cette loi pour protéger leurs alliés politiques, au détriment de l’État de droit et des principes démocratiques.

Y’en a marre ne compte pas se limiter à des déclarations publiques. Le collectif a annoncé qu’une série d’actions citoyennes est en cours de préparation pour contester cette loi controversée. Il invite toutes les forces vives de la nation — syndicats, associations de la société civile et citoyens — à se joindre à ce combat.

« L’amnistie ne doit pas être une porte ouverte à l’oubli, mais un rappel que la justice doit être au cœur de la République », a martelé Thiat.

Cette prise de position intervient dans un climat politique marqué par une défiance croissante à l’égard de la classe dirigeante, accusée de privilégier ses intérêts au détriment de ceux du peuple. Pour Y’en a marre, accepter cette loi d’amnistie sans la remettre en question serait un retour en arrière dangereux pour la démocratie sénégalaise.

Y’en A Marre s’oppose fermement à la proposition de loi d’Amadou Bâ sur l’amnistie : « Plus dangereuse que le Quart Bloquant de Wade »

Le mouvement citoyen Y’en A Marre a exprimé ce mardi sa ferme opposition à la proposition de loi d’amnistie présentée par le député Amadou Bâ, membre de Pastef. Lors d’une conférence de presse, les membres du mouvement ont vivement critiqué cette initiative parlementaire, qualifiant cette interprétation de « plus dangereuse que le quart bloquant » tenté par l’ancien président Abdoulaye Wade.

La proposition d’Amadou Bâ vise à réinterpréter la loi d’amnistie adoptée par la 14e législature, un texte qui avait déjà suscité de vives polémiques lors de son adoption. Cette loi d’amnistie, initialement perçue comme un acte de réconciliation nationale, est aujourd’hui considérée par certains comme un outil permettant d’absoudre des personnalités politiques impliquées dans des affaires judiciaires.

Pour Thiat, porte-parole de Y’en A Marre, la proposition d’Amadou Bâ est une tentative déguisée d’imposer l’impunité à travers un texte flou et permissif. « Cette loi est plus dangereuse que le « quart bloquant » du président Wade », a-t-il déclaré. Rappelons que le « quart bloquant » était une réforme constitutionnelle controversée visant à imposer un seuil de 25 % des voix pour l’élection d’un ticket présidentiel, avant d’être finalement abandonnée face à une forte mobilisation populaire.

« Ce n’est ni du Jub, ni du Jubeul, encore moins du Jubënti », a fustigé Thiat, en référence aux valeurs de droiture et de transparence souvent mises en avant par les défenseurs de la bonne gouvernance. Pour Y’en A Marre, cette proposition de loi est une menace pour la démocratie sénégalaise, risquant de légitimer des dérives autoritaires et de compromettre la quête de justice et d’équité.

Le mouvement citoyen, connu pour ses mobilisations historiques contre le régime de Wade et son engagement dans la sensibilisation civique, ne compte pas se limiter à des dénonciations verbales. Thiat a annoncé des actions de terrain pour exiger l’abrogation totale de la loi d’amnistie et empêcher toute tentative de réinterprétation qui nuirait à la justice.

La prise de position de Y’en A Marre intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la question de l’amnistie. Si certains estiment qu’une telle mesure peut favoriser la réconciliation nationale, d’autres y voient une manière déguisée de blanchir des personnalités politiques dont les agissements ont été largement critiqués.

Des associations de défense des droits de l’Homme ont également exprimé leurs inquiétudes face à cette proposition de loi. Cependant, du côté de certains membres de la majorité, on soutient que cette réinterprétation permettrait de tourner la page des conflits politiques passés et d’ouvrir une nouvelle ère de stabilité.

Face à la détermination de Y’en A Marre, un bras de fer semble se dessiner entre le mouvement citoyen et certains acteurs politiques. L’issue de ce débat dépendra en grande partie de la mobilisation populaire et de la capacité des différents acteurs à trouver un terrain d’entente pour préserver les acquis démocratiques du pays.

Dans ce contexte tendu, la proposition de loi d’Amadou Bâ apparaît comme un test pour la vitalité de la démocratie sénégalaise et la solidité des institutions. Reste à savoir si le mouvement Y’en A Marre parviendra à fédérer suffisamment d’acteurs pour contrer cette initiative ou si celle-ci finira par passer, malgré les contestations.

Escroquerie de près de 100 millions FCFA : l’homme d’affaires Boris St. Gbegnon face à la justice financière

L’affaire fait grand bruit dans les milieux économiques et judiciaires. Boris St. Gbegnon, homme d’affaires influent établi au Sénégal, a été déféré devant le parquet judiciaire financier pour une affaire d’escroquerie et de blanchiment de capitaux portant sur près de 100 millions de FCFA. Les faits, révélés par L’Observateur, mettent en lumière une escroquerie savamment orchestrée au détriment de l’homme d’affaires français Iv. Kabalane.

Tout commence par une relation d’amitié nouée en France entre Boris St. Gbegnon et Iv. Kabalane, alors étudiants. Les deux hommes gardent de solides liens au fil des années. Une proximité qui va, plus tard, servir de levier à un montage frauduleux. Installé au Sénégal, Boris crée deux entreprises : Al Amine Logistiques, spécialisée dans le transit, et Nob Prestation, axée sur les systèmes informatiques. Face à des difficultés financières, il se tourne vers son vieil ami pour solliciter un appui financier.

En juin 2024, Boris demande un premier prêt de 100 000 euros à Kabalane, soit environ 65,6 millions FCFA. Pour rassurer ce dernier, il évoque l’intervention d’un notaire, Me Grégory Piraud, censé encadrer la transaction, et met en hypothèque un appartement situé à Castres (France). Convaincu, Iv. Kabalane effectue le virement le 25 juin 2024, avec la promesse d’un remboursement au plus tard le 6 janvier 2025.

Le 4 novembre 2024, Boris revient à la charge avec une nouvelle demande : 48 200 euros supplémentaires (environ 31,6 millions FCFA). Pour crédibiliser la requête, il envoie à son ami un mail prétendument signé du même notaire. Sauf qu’il s’agit d’une adresse falsifiée – gregory.piraud@notaires-de-france.com – très proche de l’originale, un détail que Kabalane ne remarque pas. Le virement est exécuté, portant le montant total soutiré à 148 200 euros, soit près de 97 millions FCFA.

Lorsque l’échéance de remboursement arrive en janvier 2025, Boris disparaît des radars. Devant les multiples tentatives infructueuses pour le joindre, Kabalane entame des démarches judiciaires en France. Il découvre alors que le bien immobilier mis en garantie avait déjà été hypothéqué auprès du Crédit Agricole, et qu’il avait également été proposé à d’autres créanciers. Pire encore, le mail du notaire était un faux, sans aucun cachet ni contact téléphonique.

Une plainte est parallèlement déposée au Sénégal par le mandataire d’Iv. Kabalane, N. Wehbeh. La Division des investigations criminelles (DIC) est saisie de l’affaire. L’enquête aboutit à l’arrestation de Boris St. Gbegnon. En garde à vue, ce dernier admet avoir reçu les fonds et reconnaît les faits. Il tente néanmoins de se défendre en affirmant que son ami était au courant de l’état de l’hypothèque.

Le 7 mars 2025, Boris St. Gbegnon a été présenté au parquet judiciaire financier pour les chefs d’accusation de faux et usage de faux, escroquerie et blanchiment de capitaux. L’affaire pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochains jours, tant les ramifications de cette escroquerie paraissent multiples.

CENSURE NUMÉRIQUE À L’ÈRE DU « NEW DEAL TECHNOLOGIQUE » : Le paradoxe d’un pouvoir qui musèle la presse

La liberté de la presse est en péril au Sénégal. Après la coupure du signal de plusieurs chaînes de télévision sur le bouquet de la Télévision numérique terrestre (TNT), c’est désormais la presse numérique qui est dans le viseur du Gouvernement. Ce qui suscite une vive inquiétude quant à l’avenir du pluralisme médiatique.
La Société de Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA) justifie la suspension de certaines chaînes par des arriérés de paiement, estimés à cinq cent soixante-dix-sept (577) millions de francs CFA. Selon Aminata Sarr, directrice de la structure, il ne s’agit pas d’une coupure mais d’une « réduction technique de la bande passante » imposée par un partenaire technique. Une explication balayée d’un revers de main par Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), qui dénonce une décision arbitraire et illégale. Il rappelle que seul le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a la prérogative de prendre une telle mesure après notification des chaînes concernées.
Alors que la presse traditionnelle peine déjà à survivre face aux défis économiques, le ministère de la Communication a décidé d’imposer une obligation d’impression aux journaux numériques, sous couvert du respect du « dépôt légal » qui, pourtant, pourrait se faire en ligne.
Cette posture est paradoxale à l’ère du numérique, d’autant plus que le gouvernement vante en parallèle son ambition de modernisation à travers un « New Deal Technologique ». Cet énième durcissement soudain des nouveaux tenants du pouvoir ressemble à une tentative de musellement de la presse.
Les restrictions en cascade à l’encontre de la presse interrogent sur la volonté réelle du duo Diomaye-Sonko. Loin d’être de simples ajustements techniques ou administratifs, ces décisions s’apparentent à une stratégie visant à contrôler l’information et à limiter les voix dissidentes. Dans un contexte où le rôle de la presse est plus que jamais essentiel, cette série de mesures répressives met en danger un des piliers fondamentaux de la démocratie sénégalaise.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°423 – 18/03/2025

🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DES JOURNAUX NUMÉRIQUES APRÈS COUPURE DU SIGNAL DE PLUSIEURS TÉLÉS : L’EXTINCTION MÉDIATIQUE CONTINUE
🔴 EXCLUSION D’ÉLÈVES VOILÉES À L’ÉCOLE SAINT GABRIEL DE THIÈS : LE VOILE : PÊCHÉ OU DROIT ?

🔴 INTÉGRATION DE JEUNES JOUEURS EN ÉQUIPE NATIONALE : DU SANG NEUF DANS LA « TANIÈRE »
🔴 LIGUE 1 (18E J.) : JARAAF DE RETOUR AU SOMMET

Lutte contre le paludisme : Le Sénégal et la Gambie mutualisent leurs actions

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, le Sénégal et la Gambie ont décidé de renforcer leur coopération afin d’éradiquer cette maladie à l’horizon 2030. Un atelier de trois jours, organisé à Kaolack, a réuni des techniciens des deux pays pour élaborer des stratégies communes de lutte, avec un focus particulier sur la distribution de moustiquaires imprégnées.

Alioune Thiongane, le coordonnateur national du Programme de lutte contre le paludisme (PNLP) du Sénégal, a détaillé les actions prévues dans les zones transfrontalières des deux pays. Une vaste campagne de distribution de moustiquaires imprégnées est prévue, touchant environ huit régions des deux nations. Au Sénégal, les régions ciblées comprennent l’ensemble des cinq régions du Sud-Ouest, ainsi que Matam, Kaolack, et Kaffrine. En tout, près de 7 millions de personnes seront couvertes, dont plus de 200 000 résidents des zones frontalières avec la Gambie, répartis sur 33 districts et près de 800 points de prestation de services.

Le coordinateur du PNLP a souligné l’importance d’une « distribution synchronisée » dans les zones transfrontalières, particulièrement celles géographiquement reliées entre le Sénégal et la Gambie. Cette approche vise à maximiser l’impact de la campagne et à renforcer l’efficacité des efforts conjoints pour lutter contre le paludisme dans cette région.

L’objectif partagé entre le Sénégal et la Gambie est d’éradiquer le paludisme d’ici 2030, un défi ambitieux qui nécessite une coordination étroite entre les deux pays. Thiongane a insisté sur la nécessité de mutualiser les actions et de travailler en synergie pour atteindre cet objectif stratégique de santé publique.

Mamadou Habib Camara, l’adjoint au gouverneur de Kaolack chargé du développement, a salué cette initiative de coopération entre les deux pays. Il a souligné que cet atelier de validation de la cartographie de distribution des moustiquaires imprégnées représente un acte majeur de coopération sanitaire, d’autant plus que le paludisme ne connaît pas de frontières et touche directement les populations des deux pays.

Cette collaboration entre le Sénégal et la Gambie marque une étape importante dans la lutte contre le paludisme, avec des actions concrètes et synchronisées pour protéger les populations des zones les plus exposées. La mutualisation des efforts et la volonté politique des deux pays montrent un engagement fort à éliminer ce fléau et à garantir une meilleure santé pour leurs citoyens d’ici 2030.

Expulsion des ressortissants ouest-africains en Mauritanie : L’ONG Otra Africa dénonce et appelle à la retenue

L’ONG Otra Africa, présidée par Souleymane Diallo, a exprimé son inquiétude face aux rafles ciblées et aux conditions inhumaines imposées aux ressortissants ouest-africains, notamment sénégalais, maliens et guinéens, en Mauritanie. Dans une déclaration publiée dimanche, l’ONG a fermement condamné les agissements des autorités mauritaniennes et appelé à une action immédiate pour mettre fin à ces pratiques.

Le président de l’ONG, Souleymane Diallo, a souligné que l’organisation avait été alertée par les ressortissants sénégalais vivant en Mauritanie, qui rapportent des interpellations ciblées. « Nous avons été interpellés par nos compatriotes sénégalais vivant en Mauritanie concernant des rafles sélectives qui semblent viser particulièrement des ressortissants ouest-africains, notamment des Sénégalais, des Maliens et des Guinéens », a déclaré Souleymane Diallo. Il a insisté sur le caractère « sélectif » et « orienté » de ces opérations, qui ont semble-t-il pris pour cible une communauté ouest-africaine spécifique.

L’ONG a déploré les conditions de détention décrites par les victimes, soulignant que les interpellations se faisaient dans des conditions « inhumaines ». Cette situation a conduit Otra Africa à dénoncer vigoureusement la politique de répression menée par les autorités mauritaniennes et à rappeler la nécessité du respect des droits de l’homme.

En plus de la condamnation des pratiques en cours, l’ONG a rappelé les principes fondamentaux de la Convention de Genève, qui prévoit des garanties de protection pour les ressortissants étrangers. Selon l’ONG, dès qu’une personne est arrêtée en vertu d’une expulsion, les autorités consulaires du pays d’origine doivent être informées de son arrestation. Cela permettrait à l’ambassade de fournir une assistance juridique et de garantir le respect des procédures d’expulsion.

Souleymane Diallo a souligné que la Mauritanie, en agissant ainsi, avait failli dans ses obligations internationales. « Le non-respect des procédures légales et des conventions internationales met en péril la sécurité et le bien-être des ressortissants étrangers », a ajouté Diallo.

La situation des ressortissants étrangers en Mauritanie n’est cependant qu’une partie d’un problème plus vaste, qui, selon l’ONG, concerne toute la région. Diallo a attiré l’attention sur la montée des tensions avec le Mali, où les ressortissants mauritaniens sont également la cible de représailles. Cette dynamique pourrait se traduire par une escalade de violence dans la région, avec des populations de plus en plus désespérées. L’ONG a mis en garde contre une réaction violente des communautés concernées.

« Si cette situation perdure et que les tensions ne sont pas apaisées, nous risquons de voir des ressortissants décider de faire justice eux-mêmes, jusqu’à barricader et attaquer des ressortissants mauritaniens dans les zones frontalières. Cela pourrait entraîner une spirale de violences incontrôlables », a prévenu Souleymane Diallo.

L’ONG Otra Africa a lancé un appel pressant aux autorités mauritaniennes afin qu’elles mettent fin à ces pratiques et respectent les droits humains fondamentaux des ressortissants étrangers vivant sur leur territoire. Diallo a souligné que la violence des forces de sécurité, qui seraient responsables de certaines des interpellations, est particulièrement inquiétante.

« Si cela venait de la population, il serait possible de comprendre qu’il y a des éléments incontrôlables, mais il se trouve que ce sont des forces de sécurité qui sont responsables de ces actions. C’est là que nous interpellons le gouvernement mauritanien pour qu’il prenne ses responsabilités », a-t-il conclu.

L’ONG Otra Africa appelle à une cessation immédiate des rafles ciblées et à une prise en charge des ressortissants ouest-africains dans le respect des droits humains. Elle insiste sur la nécessité de faire preuve de retenue et de respecter les engagements internationaux pour éviter une aggravation des tensions régionales. La Mauritanie est désormais sous pression pour mettre un terme à cette crise et garantir que ses pratiques soient en conformité avec les normes internationales de traitement des étrangers.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°422 – 17/03/2025

🔴 FUITE DE GAZ AU LARGE DU SÉNÉGAL ET DE LA MAURITANIE : UN DANGER POUR L’ÉCOSYSTÈME MARIN
🔴 GESTION « CATASTROPHIQUE » DES MÉDIAS : LA FACIS ATTAQUE LE MINISTÈRE

🔴 LIGUE 1 / DÉFAITE DE L’OM : LE PSG FILE VERS LE TITRE
🔴 LIGUE 1 (18e J) / TOMBEUR DE L’AS PIKINE : L’AJEL S’EMPARE DE LA 3e PLACE

Immigration clandestine : le maire de Dionewar arrêté pour son implication présumée

Lansana Sarr, maire de Dionewar, a été arrêté et placé en garde à vue samedi dernier à la brigade de gendarmerie de Foundiougne. Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur l’organisation d’un voyage clandestin de migrants, une affaire qui fait grand bruit au Sénégal.

L’élu local est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans la planification et l’exécution de ce voyage illégal, dont le but était de rallier l’Europe par la mer. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait facilité le départ d’une pirogue remplie de migrants, une opération qui a été stoppée par les autorités.

L’opération de sauvetage a eu lieu dans la localité de Bassar, dans la commune de Bassoul, où la pirogue a été repérée et interceptée par les forces de sécurité. À bord, 241 migrants, dont une majorité de Sénégalais, tentaient de rejoindre les côtes espagnoles, notamment les îles Canaries, principal point d’entrée pour les migrants ouest-africains en quête d’un avenir meilleur en Europe.

Parmi ces migrants, 111 Sénégalais ont déjà été libérés, tandis que les autorités poursuivent les démarches pour identifier et traiter les dossiers des ressortissants étrangers qui se trouvaient également à bord.

Les enquêteurs tentent désormais de démêler les implications exactes du maire de Dionewar dans cette affaire. Son rôle précis, le niveau d’implication d’éventuels complices et l’existence d’un réseau organisé de passeurs font partie des axes d’investigation.

Les autorités cherchent à retracer la chaîne logistique qui a permis la mise en place de ce voyage clandestin, notamment en identifiant les financements, les facilitateurs et les circuits de recrutement des candidats à l’émigration irrégulière.

Ce nouvel épisode illustre une fois de plus la persistance du phénomène de l’immigration clandestine au Sénégal, malgré les risques encourus par les migrants. La route maritime vers l’Europe est extrêmement dangereuse, avec des centaines de morts chaque année.

Les autorités sénégalaises, en coopération avec des partenaires européens, tentent de renforcer les contrôles côtiers et de lutter contre les réseaux de passeurs qui exploitent la détresse économique des jeunes. Cependant, la complicité d’acteurs locaux, y compris des élus, complique la tâche des forces de l’ordre.

Affaire impliquant Khardiata TANDIAN : l’ASEPEX se désengage et clarifie sa position

L’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX) a tenu à apporter des clarifications sur l’affaire impliquant Khardiata TANDIAN, dont le nom a récemment été cité dans des informations relayées par plusieurs médias et sur les réseaux sociaux. À travers un communiqué officiel publié ce dimanche, l’agence a pris ses distances avec cette affaire en précisant que la personne concernée ne fait plus partie de son personnel depuis décembre 2022.

L’ASEPEX affirme ainsi qu’elle ne saurait être tenue responsable des actes reprochés à Khardiata TANDIAN, ceux-ci ayant été commis après son départ de l’institution. L’agence insiste sur le fait que toute tentative de l’associer à cette affaire est une confusion qu’elle souhaite dissiper avec fermeté. Cette mise au point vise à éviter que son image et sa crédibilité ne soient affectées par des allégations qui ne la concernent en aucun cas.

Cette réaction intervient après la diffusion d’informations laissant entendre que cette ancienne employée aurait été impliquée dans des transactions jugées irrégulières avec une structure étatique, ce qui a suscité des interrogations sur un éventuel lien avec l’ASEPEX. Pour l’agence, il est essentiel de rappeler que ses actions et engagements restent conformes aux principes de transparence et de bonne gouvernance, des valeurs qu’elle dit défendre dans l’exercice de sa mission de promotion des exportations sénégalaises.

L’ASEPEX profite de cette occasion pour souligner son rôle stratégique dans le développement économique du Sénégal, en accompagnant les entreprises locales dans leur accès aux marchés internationaux. Elle réaffirme sa volonté de préserver son intégrité et sa réputation, tout en appelant à la prudence face aux informations susceptibles d’altérer son image.

Enfin, l’agence assure qu’elle reste ouverte aux médias et au public pour toute demande d’explication supplémentaire, dans un souci de clarté et de transparence. Cette déclaration vise non seulement à mettre fin aux rumeurs, mais aussi à protéger l’ASEPEX contre toute tentative d’amalgame pouvant nuire à son action et à son positionnement sur la scène économique nationale et internationale.

Économie : Hamidou Anne éclaire sur le rebasing envisagé par le nouveau régime au Sénégal

Le Sénégal s’apprête à opérer un changement significatif dans l’évaluation de son économie. Dans les mois à venir, une augmentation du PIB, une baisse du ratio de la dette et une réduction du déficit budgétaire devraient être annoncées par les nouvelles autorités. Ce phénomène, appelé rebasing, suscite de nombreuses interrogations. Hamidou Anne, essayiste et récent membre de l’Alliance pour la République (APR), apporte des éclaircissements sur cette réforme et ses implications.

Le rebasing consiste à actualiser l’année de référence utilisée pour calculer les principaux agrégats macroéconomiques, afin de mieux refléter la structure actuelle de l’économie. Cette réforme vise notamment à intégrer des secteurs émergents comme le numérique et le commerce en ligne, tout en révisant l’impact des secteurs traditionnels.

« Il s’agit de rebâtir une nouvelle économie en prenant en compte des secteurs stratégiques émergents, tout en ajustant le poids de certaines activités jugées moins productives », explique Hamidou Anne dans une interview accordée à Public.sn.

Selon lui, cette révision permettra une mise à jour du PIB, qui pourrait augmenter de 30 %, passant de 18 000 milliards à environ 24 000 milliards de francs CFA. Par conséquent, le ratio de la dette, actuellement estimé à plus de 99 % du PIB selon les nouvelles autorités, devrait mécaniquement diminuer pour avoisiner les 70 %.

Si cette réforme est portée aujourd’hui par le duo Diomaye-Sonko, Hamidou Anne rappelle qu’elle a été initiée dès 2023 par l’ancien régime sous la supervision de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). « Il ne reste plus que la publication du rapport », précise-t-il.

Le Sénégal n’en est d’ailleurs pas à son premier rebasing. En 2018, une mise à jour basée sur l’année 2014 avait déjà entraîné une hausse du PIB de près de 30 %. Sous Macky Sall, l’année de référence utilisée pour le calcul remontait à 1999. Cette pratique, recommandée par les Nations Unies, est courante à l’échelle internationale et a déjà été appliquée par plusieurs pays de l’UEMOA.

Distribution de Ndogou et Appel à la Justice : La Section Féminine de Lat Diop en Première Ligne

La section féminine de Lat Diop a organisé une vaste opération de distribution de Ndogou, marquant ainsi la cinquième édition de cette initiative solidaire durant le mois béni de Ramadan. Mais cette année, au-delà du geste humanitaire, cet événement a pris une tournure particulière : il s’est transformé en une mobilisation en faveur de leur leader, Lat Diop, incarcéré depuis six mois dans une affaire de corruption impliquant Mouhamed Dieng de 1xBet.

Cette initiative a permis d’apporter une aide concrète à de nombreuses familles en situation de précarité, mais aussi aux détenus de la Maison d’Arrêt et de Correction de Rebeuss, où est emprisonné Lat Diop. En distribuant des repas, les militantes ont voulu rappeler les valeurs de partage du Ramadan, tout en attirant l’attention sur le sort de leur leader.

Selon ses proches, Lat Diop souffre de problèmes de santé qui nécessitent un suivi médical régulier, ce qui complique encore plus sa détention. « Son incarcération met en danger sa santé. Il a besoin d’un suivi médical rigoureux, mais les autorités refusent de lui accorder la liberté provisoire malgré les demandes de ses avocats », dénonce une militante présente à l’événement.

Les militantes de la section féminine de Lat Diop ne comptent pas en rester là. Elles appellent les autorités judiciaires à reconsidérer la situation de leur leader et à faire preuve de clémence, en particulier en ce mois sacré. « En ce mois de pardon et de solidarité, nous demandons aux guides religieux, à la société civile et aux autorités de se pencher sur le cas de Lat Diop et d’agir avant qu’il ne soit trop tard », a plaidé une autre membre de la section.

Les avocats de Lat Diop ont déjà déposé deux demandes de liberté provisoire, toutes deux rejetées. Un refus qui renforce la détermination de ses partisans à se faire entendre. Pour eux, cette détention prolongée est une injustice qui doit être corrigée. « Nous ne lâcherons pas. Tant qu’il restera derrière les barreaux, nous continuerons à nous battre pour sa libération », a insisté une responsable du mouvement.

Au-delà de la simple distribution de Ndogou, cette mobilisation traduit la volonté des militants de Lat Diop de faire pression sur les décideurs. Ils comptent multiplier les actions de sensibilisation et les manifestations pacifiques pour obtenir gain de cause.

Interprétation de la loi d’amnistie : Badara Gadiaga dénonce une “injustice” et un “aveu de culpabilité”

La proposition de loi n°2024-09 du 13 mars 2024, visant à interpréter la portée de la loi d’amnistie, suscite un vif débat au sein de l’espace politique et médiatique sénégalais. Portée par le député de Pastef, Amadou Bâ, cette initiative vise à clarifier les infractions bénéficiant de l’amnistie en précisant que seuls les faits “exclusivement motivés par des raisons politiques” seraient concernés, notamment ceux liés aux manifestations et aux actes de communication.

Toutefois, cette interprétation suscite des critiques acerbes, notamment de la part du chroniqueur Badara Gadiaga, qui dénonce une volonté de “légaliser l’injustice” et de protéger certains acteurs au détriment d’autres.

Invité sur le plateau de Jakaarlo Bi ce vendredi, Badara Gadiaga n’a pas mâché ses mots. Selon lui, cette loi pose un grave problème d’équité et pourrait renforcer un sentiment d’impunité :

« J’ai toujours décrié cette loi qui ne fait qu’encourager l’injustice. Je ne peux comprendre que des gens soient fautifs, causent beaucoup de dégâts et portent préjudice à des familles, et que la justice ne puisse pas être rendue. C’est totalement injuste. »

Pour le chroniqueur, l’exposé des motifs de la proposition de loi trahit une volonté de protéger un groupe spécifique de personnes tout en écartant d’autres :

« C’est extrêmement grave de dire dans l’exposé des motifs de la proposition de loi : ‘des faits ayant exclusivement des motivations politiques’. Cela ressemble plutôt à un aveu de culpabilité. »

En d’autres termes, il estime que cette interprétation pourrait être utilisée pour exonérer certains individus tout en maintenant d’autres sous le coup de poursuites judiciaires.

Badara Gadiaga est allé plus loin dans son analyse en mettant en cause le rôle joué par Ousmane Sonko dans les événements ayant conduit à l’amnistie. Pour lui, l’actuel Premier ministre ne peut pas se dédouaner de sa responsabilité politique dans la situation actuelle.

« Ousmane Sonko est le premier qui doit répondre de cette situation à travers ses discours politiques. »

Le chroniqueur estime qu’au lieu de chercher à interpréter la loi pour protéger certains acteurs, il serait plus juste d’abroger purement et simplement la loi d’amnistie afin de permettre à la justice de faire son travail.

Depuis son adoption, la loi d’amnistie a toujours divisé l’opinion publique. Certains y voient un moyen d’apaiser les tensions politiques et de favoriser la réconciliation nationale, tandis que d’autres dénoncent une tentative d’effacement de faits graves, notamment les violences ayant marqué les manifestations de 2021 à 2024.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°421 – 15 ET 16/03/2025

🔴 CAMPAGNE DE RECENSEMENT IMMOBILIER PAR LES IMPÔTS ET DOMAINES : UNE TAXE DE TROP ?
🔴 JUGEMENT PAR DÉFAUT « INJUSTE » SUR LE BUDGET DE GESTION DES INONDATIONS : DR CHEIKH DIENG EXIGE UN AUDIT

🔴 LUTTE / DISPARITION DU CHAMPION MAME NDIAMBANE : LES ARÈNES DANS LE CHAGRIN
🔴 « JE NE SUIS PAS L’AUTEUR DE CE POST » : SOUMANO CHARGE SON COMMUNITY MANAGER

Khardiatou Tandia et le scandale du FAISE : Une nouvelle affaire de faux documents

L’affaire de la lettre de recommandation attribuée au Premier ministre en faveur de Khardiatou Tandia, révélée hier par la presse, a pris une tournure judiciaire après la découverte d’un cas présumé de faux et usage de faux en écriture publique. Ce scandale met en lumière le degré d’audace et d’ingéniosité dont certains individus font preuve pour obtenir des privilèges indus.

Au cœur de cette affaire, Khardiatou Tandia est accusée d’avoir présenté un faux courrier confidentiel attribué au Premier ministre, dans le but d’obtenir des avantages au sein du Fonds d’appui aux initiatives des Sénégalais de l’étranger (FAISE). Ce document, minutieusement fabriqué avec un cachet, une numérotation et une signature crédibles, recommandait son intégration avec des privilèges spéciaux, la présentant comme une proche collaboratrice du chef du gouvernement.

La tentative de fraude n’a toutefois pas échappé aux autorités. Après vérification, il s’est avéré que le document était un faux. L’affaire a alors été confiée à la Division des investigations criminelles (DIC), qui a rapidement procédé à l’arrestation de Khardiatou Tandia ainsi que de son présumé complice, Chérif Zeynil Abidin Sy. Les deux suspects sont désormais entre les mains du procureur et risquent des poursuites pour faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que pour complicité.

Ce n’est pas la première fois que Khardiatou Tandia se retrouve mêlée à une affaire de falsification de documents. En 2022, son nom était déjà cité dans un dossier de falsification de documents à l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX), impliquant l’obtention de visas à l’aide de passeports de service falsifiés.

Cette affaire pose une question essentielle : comment une personne avec un tel passif a-t-elle pu se retrouver à nouveau impliquée dans des fonctions administratives ? Ce scandale relance le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de vérification des documents officiels afin d’éviter que de telles fraudes ne se reproduisent.

Alors que l’enquête suit son cours, cette affaire vient rappeler l’urgence d’une vigilance accrue face aux tentatives de manipulation et d’usurpation au sein des institutions publiques.

Ziguinchor : Un individu arrêté avec 26 boulettes de cocaïne lors d’un contrôle policier

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, la police nationale, à travers le commissariat central de Ziguinchor, a mené une opération réussie aboutissant à l’arrestation d’un individu en possession de 26 boulettes de cocaïne. Cette intervention, dirigée par le commissaire Ameth Tidiane Thiam, marque une nouvelle avancée dans la lutte contre la circulation des stupéfiants au Sénégal.

L’arrestation a eu lieu à l’entrée de la ville de Ziguinchor, lors d’un contrôle de routine mené par les forces de l’ordre. Les policiers ont repéré un individu, identifié sous les initiales S.J, dont le comportement suspect a attiré leur attention. Après une fouille corporelle, les agents ont découvert sur lui 26 boulettes de cocaïne soigneusement dissimulées.

Interrogé sur la provenance de la drogue, S.J a affirmé qu’il agissait sous les ordres de son grand-frère. Ce dernier lui aurait confié la mission de remettre la marchandise à un individu à Dakar, qui devait ensuite assurer son acheminement vers l’étranger. Cette déclaration laisse penser à l’existence d’un réseau structuré de trafic de drogue, dont l’enquête tentera d’identifier les ramifications.

Suite à son interpellation, S.J a été placé en garde à vue pour trafic de drogue et association de malfaiteurs. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur de ce réseau et d’identifier d’éventuels complices impliqués dans la chaîne de distribution de la cocaïne.

Dans un communiqué officiel, le commissaire Mamadou Diouf, chef de la Division communication de la police, a réaffirmé l’engagement des forces de l’ordre à lutter sans relâche contre le trafic de drogue. Il a également insisté sur la nécessité d’intensifier les opérations de surveillance et de contrôle afin de garantir la sécurité des populations face à ce fléau.

AIBD : Mansour Faye interdit d’embarquer pour la deuxième fois, il dénonce une restriction arbitraire

Le maire de Saint-Louis et ancien ministre, Mansour Faye, a de nouveau été empêché de quitter le Sénégal alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la Côte d’Ivoire ce vendredi 14 mars 2025. L’incident, survenu aux environs de 16 h 30 à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), soulève des interrogations, d’autant plus qu’il s’agit de la deuxième interdiction en quelques jours.

D’après les déclarations de Mansour Faye, tout semblait normal jusqu’à son passage au contrôle de police, alors qu’il avait en main son billet et sa carte d’embarquement. C’est à ce moment qu’un agent lui a signifié qu’il ne pouvait pas poursuivre son voyage. Face à son insistance, le chef de brigade lui aurait répondu qu’il s’agissait d’« instructions venues d’en haut », sans pour autant donner plus de précisions sur l’origine et la nature de ces ordres.

Surpris et frustré par cette situation, l’ancien ministre a immédiatement cherché à obtenir des explications en se rendant au Commissariat spécial de l’aéroport. Là encore, il n’a pu obtenir de réponse claire. Selon lui, l’adjoint du commissaire, qui l’a reçu, lui a simplement indiqué que le commissaire titulaire était indisponible, sans fournir d’éclaircissements sur cette interdiction de voyager.

Ce n’est pas la première fois que Mansour Faye est confronté à un tel refus. Il y a quelques jours, alors qu’il devait se rendre à Djeddah, en Arabie Saoudite, il avait déjà été interdit d’embarquer dans des circonstances similaires. Cette nouvelle restriction renforce donc ses soupçons sur une volonté politique de l’empêcher de voyager.

Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook, il a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte à sa liberté de circulation. « C’est un abus de pouvoir manifeste. Aucun citoyen sénégalais ne devrait être empêché de voyager sans motif valable. » Il s’est également interrogé sur les véritables raisons de ces interdictions et sur l’identité de ceux qui en sont à l’origine.

Mansour Faye affirme qu’il n’est sous le coup d’aucune interdiction judiciaire ou administrative. Il n’a reçu aucune notification officielle l’empêchant de quitter le territoire. Cette absence de justification alimente son incompréhension et celle de ses proches.

Selon certains observateurs, cette situation pourrait être liée à son appartenance à l’ancien régime de Macky Sall et à son influence politique. Proche de l’ancien président et beau-frère de ce dernier, il reste une figure importante de la coalition déchue, ce qui pourrait expliquer les restrictions dont il fait l’objet.

Face à cette situation, Mansour Faye a annoncé qu’il comptait saisir les autorités compétentes et explorer toutes les voies de recours possibles. « Je vais demander des explications auprès des instances concernées. Si on veut m’empêcher de voyager, il faut qu’on me donne des raisons claires et légales », a-t-il martelé.

Migration irrégulière : plus de 300 migrants interceptés sur une pirogue au large de Joal

Les forces de sécurité sénégalaises ont procédé à une importante interception d’embarcation ce vendredi après-midi, mettant un coup d’arrêt à une tentative d’émigration irrégulière. Peu après la prière de 14 heures, la brigade des Douanes de Fimela a appréhendé une pirogue transportant plus de 300 migrants au large de Joal.

Selon les informations rapportées par Le Soleil Digital, les passagers ont été débarqués sur les côtes avant d’être conduits à la gendarmerie de Joal pour une opération de recensement et d’identification. Parmi eux figurent de nombreux Sénégalais, mais aussi des ressortissants d’autres pays de la sous-région, confirmant ainsi que les côtes sénégalaises restent un point de départ stratégique pour l’émigration clandestine vers l’Europe, notamment vers l’Espagne via les îles Canaries.

L’opération menée par les Douanes s’inscrit dans un contexte de recrudescence des départs clandestins, malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les risques accrus liés à ces traversées périlleuses. Le phénomène de la migration irrégulière connaît un regain d’intensité ces derniers mois, notamment en raison des difficultés économiques et du chômage touchant une grande partie de la jeunesse sénégalaise.

Les autorités rappellent que ces voyages clandestins, souvent organisés par des réseaux de passeurs, exposent les candidats à de nombreux dangers, allant des naufrages en haute mer aux violences et arnaques orchestrées par les trafiquants d’êtres humains. La coopération entre les forces de sécurité et les partenaires internationaux reste donc primordiale pour tenter d’endiguer ce phénomène.

En attendant les suites judiciaires et administratives pour ces migrants interceptés, l’État sénégalais continue de multiplier les efforts pour proposer des alternatives économiques et des solutions d’insertion professionnelle à la jeunesse, afin de réduire l’attrait de ces traversées illégales aux conséquences souvent dramatiques.

Tentative d’infiltration au Faise : Khardiatou Tandia et son complice déférés au parquet

Khardiatou Tandia, une femme déjà impliquée par le passé dans un scandale de trafic de passeports de service sous l’ancien régime de Macky Sall, se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs judiciaires. Elle a été déférée au parquet ce vendredi, après avoir tenté de s’introduire frauduleusement au Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (Faise), en usant de faux documents.

Selon des sources judiciaires, Khardiatou Tandia s’est présentée au siège du Faise munie d’une lettre recommandée qu’elle attribuait au Premier ministre Ousmane Sonko. Ce document, selon elle, attestait de sa nomination en tant que directrice de l’Appui à l’investissement et aux projets. Toutefois, cette démarche a rapidement éveillé les soupçons du nouveau directeur général du Faise, Khoureychi Thiam, qui a alerté les autorités.

La Division des Investigations Criminelles (DIC) est alors intervenue et a procédé à l’interpellation de Khardiatou Tandia ainsi que de son complice, Chérif Zeynil Abidin Sy. Après enquête, les deux individus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Khardiatou Tandia n’en est pas à son premier démêlé avec la justice. Sous l’administration précédente, elle avait déjà été citée dans une affaire de trafic de passeports de service à l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asapex). Cet antécédent jette une lumière encore plus sombre sur ses récentes manœuvres frauduleuses.

Après leur garde à vue, les deux prévenus ont été présentés au procureur de la République pour répondre des chefs d’accusation de faux et usage de faux, ainsi que de tentative d’escroquerie. Selon des sources proches du dossier, ils risquent des sanctions sévères en cas de condamnation.

L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions, notamment sur la nécessité de renforcer la vigilance face aux tentatives d’infiltration frauduleuses dans l’administration publique. L’issue judiciaire de cette affaire sera scrutée de près dans les jours à venir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°420 – 14/03/2025

🔴 BAISSE DES COURS MONDIAUX DES MATIÈRES PREMIÈRES : MAIS… DÉTRESSE SANS CESSE !
🔴 CANDIDATURE D’AMADOU HOTT À LA BAD : ENTRE ESPOIR ET DÉFIS

🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / CLÔTURE DES 8es DE FINALE : TROIS GÉANTS DE LA LIGUE 1 À TERRE !
🔴 ALIOU CISSÉ SUR SON CHOIX DE LA LIBYE : « JE NE SUIS PAS UN AVENTURIER »

Le FDR dénonce la « persécution et l’emprisonnement des opposants politiques, par l’Etat-Sonko »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a publié un communiqué ce jeudi 13 mars dans lequel il attaque vigoureusement le régime de l’actuel président, qualifié par l’opposition de « l’Etat de Sonko ». Dans ce communiqué, le FDR dénonce la persécution systématique des opposants politiques, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et les mesures économiques jugées irresponsables par le gouvernement de Pastef. Le FDR déclare que cette situation plonge le Sénégal dans une crise profonde, tant sur le plan politique qu’économique et social.

Le communiqué indique qu’un an après l’arrivée au pouvoir de Pastef, le pays connaît des développements inquiétants. Les opposants au pouvoir sont de plus en plus persécutés, et l’instrumentalisation de la justice, devenue monnaie courante, sape les fondements de l’Etat de droit et de l’égalité des citoyens devant la loi. Selon le FDR, l’ère de l’Etat de droit semble révolue, et les libertés individuelles sont mises à mal, avec des poursuites judiciaires qui semblent avoir des motivations politiques plutôt que juridiques. L’exemple de l’affaire de Farba Ngom est évoqué pour illustrer cette dérive, mais le FDR soulève aussi le cas d’autres députés de l’opposition risquant de perdre leur immunité parlementaire, sans qu’aucune accusation solide ne soit présentée devant l’Assemblée nationale.

Le communiqué critique également la répression croissante des activistes et des militants politiques, qui se multiplient en raison de leur opposition au gouvernement. Des personnalités publiques, comme l’ex-ministre Mansour Faye, se sont récemment vues interdire de voyager, une décision prise sans recours à la justice ni enquête officielle. Cette situation, selon le FDR, reflète une tentative délibérée d’étouffer la contestation et de museler toute voix dissidente.

Face à cette situation qu’il qualifie de persécution politique et de vengeance, le FDR appelle à une série de mesures urgentes. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République exige la fin immédiate du harcèlement des opposants et la mise en place de véritables concertations politiques, respectueuses des traditions démocratiques du Sénégal. De plus, le FDR réclame l’annulation des mesures antisociales adoptées par le gouvernement, telles que les hausses des prix du carburant et d’autres produits essentiels, qu’il considère comme une tentative d’imposer les conséquences de la mauvaise gestion gouvernementale à la population. Le FDR met également en lumière les licenciements massifs dans divers secteurs de l’économie, qu’il appelle à stopper sans condition.

Par ailleurs, le FDR demande le retrait de la loi interprétative de la loi d’amnistie, qu’il juge comme une tentative supplémentaire de manipulation politique. Le communiqué se termine par un appel à la mobilisation collective pour défendre la démocratie et éviter que le pays ne sombre dans le chaos, soulignant la nécessité d’un sursaut national pour protéger les valeurs républicaines du Sénégal.

Ainsi, le FDR se positionne comme un acteur majeur de la résistance politique, dénonçant les dérives autoritaires du pouvoir en place et appelant à la préservation des principes démocratiques pour garantir un avenir stable et juste pour le Sénégal.

Saisie de 2,5 kg de chanvre indien à Fass Delorme : l’OCRTIS frappe encore

L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) continue sa lutte contre le trafic de drogue. Ce lundi 10 mars 2025, les éléments de la Division Opérationnelle ont réalisé une nouvelle saisie de 2,5 kg de chanvre indien à Fass Delorme, un quartier connu pour être un point névralgique du commerce illégal de stupéfiants.

Cette opération survient après une première saisie réalisée au cours du week-end, confirmant la vigilance accrue des forces de l’ordre face à l’expansion du trafic de drogue dans la capitale. Selon les informations de la police nationale, un individu a été interpellé lors de cette intervention. Il serait impliqué dans un réseau de distribution et fait actuellement l’objet d’une enquête approfondie.

Les autorités restent déterminées à intensifier la traque des trafiquants et à démanteler les circuits de distribution. Cette saisie s’inscrit dans une série d’opérations visant à assainir les quartiers touchés par le commerce de stupéfiants, qui représente un danger pour la jeunesse et la sécurité publique.

L’enquête suit son cours afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter la chaîne d’approvisionnement. L’OCRTIS réitère son engagement à lutter sans relâche contre le trafic illicite de drogue et appelle à une collaboration citoyenne pour dénoncer toute activité suspecte liée à ce fléau.

Scandale foncier à Guédiawaye : la DIC enquête sur des attributions illégales de parcelles

Un nouveau scandale foncier éclabousse la ville de Guédiawaye, mettant en lumière des irrégularités graves dans l’attribution de parcelles sur un terrain destiné à la construction du Tribunal de grande instance. La Division des Investigations Criminelles (DIC) a été saisie du dossier et mène une enquête approfondie pour identifier les responsables de ces fraudes foncières.

L’affaire a été révélée à la suite d’un audit technique mené par un Comité d’audit foncier, qui a détecté d’importantes anomalies dans l’attribution de baux sur un terrain censé être réservé à un projet d’infrastructure judiciaire. Selon les conclusions de l’audit, plusieurs parcelles ont été attribuées de manière frauduleuse à des individus qui n’étaient pas autorisés à en bénéficier, en violation flagrante des règles foncières en vigueur.

Le terrain en question, qui devait être protégé contre toute exploitation privée, a fait l’objet de transactions opaques, impliquant possiblement des fonctionnaires de l’administration foncière, des promoteurs immobiliers et certains bénéficiaires de ces attributions illicites.

Face à la gravité des faits, le gouvernement sénégalais a pris des mesures immédiates pour clarifier la situation et sanctionner les responsables impliqués. Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a décidé d’activer la DIC pour démêler l’affaire et identifier les acteurs de cette fraude foncière.

Selon des sources proches du dossier, plusieurs individus sont dans le collimateur des enquêteurs, notamment des agents administratifs chargés de la gestion des terres, des intermédiaires et certains bénéficiaires de ces parcelles. Les autorités envisagent l’annulation pure et simple des attributions irrégulières et la récupération des terrains concernés.

D’après le quotidien national Le Soleil, ce dossier pourrait ne représenter que la partie émergée de l’iceberg. Des sources proches de l’enquête laissent entendre que ce type d’irrégularités pourrait concerner d’autres terrains publics, y compris ceux destinés à la construction d’infrastructures essentielles.

Conscient de l’ampleur du problème, le gouvernement envisage d’étendre ses contrôles à d’autres sites fonciers à travers le pays, afin de détecter et prévenir de nouvelles fraudes. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de restaurer la transparence et l’intégrité dans la gestion des terres publiques, un secteur régulièrement entaché par des affaires de corruption et de spéculation foncière.

Ce nouveau scandale relance le débat sur la gestion du foncier au Sénégal, un domaine souvent critiqué pour son opacité et la récurrence des fraudes. De nombreux experts estiment qu’une réforme profonde s’impose pour encadrer l’attribution des terres et garantir une meilleure transparence.

Le gouvernement pourrait ainsi être amené à renforcer les mécanismes de contrôle et de traçabilité des baux fonciers, tout en mettant en place des sanctions plus sévères contre les auteurs de fraudes. Pour l’heure, l’enquête suit son cours et pourrait aboutir à des poursuites judiciaires contre les principaux responsables de cette affaire.

Charte pour la paix : l’ONG 3D et le COSCE s’engagent pour une gouvernance démocratique inclusive et pacifique

Face aux tensions politiques et aux violences électorales qui ont marqué les récents scrutins au Sénégal, l’ONG 3D (Démocratie – Droits humains – Développement) et le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE) ont organisé, ce jeudi 12 mars 2025, un atelier de pré-validation de la Charte pour la Paix. Cet événement, qui a réuni plusieurs acteurs de la société civile ainsi que la Direction générale des élections (DGE), vise à promouvoir une gouvernance démocratique fondée sur la concertation et le rejet de la violence.

L’atelier, tenu à Dakar, a permis aux organisations participantes d’échanger sur les moyens de garantir des élections apaisées et d’ancrer la paix dans le processus démocratique sénégalais. L’objectif principal de cette charte est d’impliquer tous les acteurs – institutions, partis politiques, société civile et citoyens – dans une dynamique de prévention des crises électorales, souvent sources de violences et d’instabilité.

Le Professeur Babacar Gueye, président du COSCE, a insisté sur la nécessité de rendre la paix irréversible au Sénégal, soulignant que la stabilité démocratique ne doit pas être considérée comme acquise. « Nous sortons d’un cycle électoral marqué par des violences et des tensions. Nous avons pu surmonter ces difficultés, mais cela ne signifie pas que la paix est acquise définitivement. Ce que nous voulons, c’est faire en sorte que la paix soit irréversible, et cela passe par un renforcement de notre démocratie et l’ancrage progressif d’une culture de la paix », a-t-il affirmé.

L’initiative a également reçu le soutien des autorités électorales, représentées par Vincent Désiré Mendy, conseiller technique du Directeur général des élections (DGE), Biram Sène. M. Mendy a souligné que la paix ne doit pas être seulement un objectif en période électorale, mais un enjeu permanent de la gouvernance démocratique. « Souvent, on pense que la paix ne concerne que les élections. Ce n’est pas le cas. La paix est une quête perpétuelle, aussi bien en période électorale que dans les périodes ordinaires », a-t-il rappelé.

Il a également précisé que la DGE adhérait pleinement à l’initiative de la charte et qu’elle était prête à travailler avec tous les acteurs impliqués afin de créer un cadre de concertation et de dialogue permanent. « Les violences électorales ne sont qu’une facette du problème. Il est nécessaire d’anticiper, d’impliquer toutes les parties prenantes et d’adopter une démarche inclusive pour garantir un climat politique sain », a-t-il ajouté.

L’atelier a également bénéficié du soutien du Royaume-Uni, représenté par William Mathieu, chef du service politique à l’ambassade britannique à Dakar. Ce dernier a rappelé l’importance de la société civile sénégalaise dans le renforcement de la gouvernance démocratique et a réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni à accompagner le Sénégal dans cette voie.

« La démocratie et la bonne gouvernance sont une priorité commune au Royaume-Uni et au Sénégal. La société civile sénégalaise joue un rôle central dans ce processus, et nous soutenons pleinement cette initiative du COSCE », a déclaré M. Mathieu.

Malgré sa réputation de stabilité politique en Afrique de l’Ouest, le Sénégal a connu plusieurs crises électorales marquées par des violences, parfois meurtrières. Ces tensions, souvent alimentées par des contestations de résultats ou des soupçons de manipulation du processus électoral, ont révélé la fragilité du cadre démocratique et l’urgence de mettre en place des mécanismes de prévention des conflits.

Les émeutes de mars 2021 et les manifestations liées aux élections législatives de 2022 ont laissé des traces profondes dans la société sénégalaise, accentuant la défiance entre les citoyens, les autorités et les forces de l’ordre. Ces événements ont montré qu’un cadre institutionnel solide ne suffit pas à garantir la paix : il faut également un engagement collectif, une culture du dialogue et une volonté politique ferme pour désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.

Avec cette Charte pour la Paix, l’ONG 3D et le COSCE espèrent poser les bases d’une cohabitation démocratique apaisée, où les différends politiques se règlent par le dialogue plutôt que par la confrontation. La charte prévoit notamment des engagements clairs pour les partis politiques, les forces de sécurité, les institutions électorales et les citoyens afin de garantir un climat politique serein.

L’étape suivante consistera à finaliser et adopter officiellement la charte, en impliquant d’autres acteurs clés comme les partis politiques, les autorités étatiques et les leaders religieux et coutumiers. Cette démarche devrait aboutir à la mise en place d’un cadre de suivi pour veiller à l’application des principes édictés dans la charte et assurer un climat de paix durable au Sénégal.

AFFAIRE SWEET BEAUTÉ : « Touche pas à ma sœur » exige la vérité !

Estimant que l’affaire Sweet Beauté repose sur une « machination politique » aux répercussions dramatiques, l’association « Touche pas à ma sœur » exhorte à la réouverture de l’enquête. Dans un communiqué incisif, elle dénonce les dérives d’un système ayant sacrifié des vies et brisé des destins au nom de règlements de comptes politiques.

L’association « Touche pas à ma sœur » monte au créneau pour demander la réouverture de l’enquête dans l’affaire Sweet Beauté, qu’elle qualifie de « complot politique ». Son président, Ismaila Kamby, dénonce une manipulation d’État ayant conduit à des violences, des pertes humaines et des destructions économiques, plongeant le Sénégal dans le chaos.
Dans un communiqué, l’association exprime son soutien à Ndèye Khady Ndiaye, au moment des faits propriétaire de Sweet Beauté, qui a été condamnée dans cette affaire malgré ses dénégations constantes. « Nous partageons sa tristesse et sa douleur. Sa démarche est à saluer et à encourager », peut-on lire.
Mais au-delà du sort de l’entrepreneuse, l’organisation réclame que justice soit faite en identifiant et en poursuivant les auteurs présumés de ce qu’elle considère comme une machination politique qui visait à éliminer l’opposant d’alors, Ousmane Sonko.
À en croire « Touche pas à ma sœur », ce dossier a servi de prétexte à une vaste répression qui a coûté la vie à plusieurs personnes, entraîné des violences sexuelles et précipité de nombreux travailleurs dans le chômage. À cet effet, l’association fustige le comportement des responsables politiques et administratifs de l’ancien régime, les accusant d’avoir sacrifié le peuple sénégalais sur l’« autel des règlements de comptes politiques ». Elle estime que ces « comploteurs » présumés ne doivent pas échapper à la justice et demande un procès pour établir les responsabilités.
La note souligne également la posture fragile d’Adji Sarr, victime de manipulations. « C’est une sœur, une personne vulnérable qui ignorait dans quel gouffre elle s’engouffrait », avance l’association, affirmant que si elle avait mesuré l’ampleur des conséquences de cette affaire, elle n’aurait pas accepté d’y prendre part.
Enfin, « Touche pas à ma sœur » met en garde contre l’impunité et s’insurge contre la transhumance politique qui, selon elle, ne doit pas devenir un moyen d’échapper aux responsabilités. « Quoi qu’il advienne, toute personne impliquée, directement ou indirectement, devra répondre de ses actes pour le repos des âmes », conclut le communiqué, appelant à ce que lumière soit faite sur cette affaire qui continue de diviser l’opinion.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°419 – 13/03/2025

🔴 AFFAIRE SWEET BEAUTÉ : UNE ASSOCIATION EXIGE LA RÉOUVERTURE DE L’ENQUÊTE
🔴 PROPOSITION DE LOI INTERPRÉTATIVE DE PASTEF SUR L’AMNISTIE : LE FC/BIGNONA DÉNONCE UNE « DÉMARCHE POLITICIENNE »

🔴 BEACH SOCCER : AL SEYNI NDIAYE NOMMÉ AMBASSADEUR MONDIAL
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL (8ES) : JARAAF, GF, WALLY DAAN ET RS YOFF DÉROULENT

Loi d’amnistie : Le Forum Civil de Bignona s’insurge contre la proposition de loi interprétative

Le débat sur l’abrogation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024 continue d’animer la scène politique sénégalaise. Alors que le gouvernement et une partie de la majorité cherchent à en proposer une interprétation, la section locale du Forum Civil de Bignona monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « subterfuge politique » visant à maintenir l’impunité des auteurs de violences politiques.

Dans un communiqué signé par son coordonnateur, Abdoulaye Diallo, le Forum Civil de Bignona a fermement rejeté la proposition de loi interprétative soumise par PASTEF/Les Patriotes. Pour l’organisation, ce texte constitue une tentative de détournement du véritable enjeu : l’abrogation pure et simple de la loi d’amnistie.

« Il n’est pas demandé au pouvoir en place d’organiser une séance d’explication, de précision et de clarification parlementaire autour de la loi 2024-09. C’est une démarche politicienne qui perpétue et renforce l’impunité », affirme le Forum Civil.

L’organisation estime que la loi d’amnistie ne souffre d’aucune ambiguïté et que toute tentative de l’interpréter ne servirait qu’à protéger certains acteurs politiques tout en renforçant le sentiment d’injustice des familles des victimes.

Le Forum Civil de Bignona rappelle que plusieurs centaines de familles de victimes des violences politiques de ces dernières années attendent toujours que justice soit faite. Selon l’organisation, la loi d’amnistie, en exonérant de poursuites les auteurs de crimes et délits à caractère politique, empêche la manifestation de la vérité et nourrit un climat d’impunité préjudiciable à la paix sociale.

« L’initiateur de cette proposition de loi et ses souteneurs sont dans une posture de prolonger la douleur, le désespoir et la souffrance des victimes », insiste le Forum Civil.

À leurs yeux, le texte actuellement en vigueur fait obstacle aux principes fondamentaux de la justice, en empêchant les juridictions de statuer sur des crimes et délits qui ont profondément marqué le pays.

Face à cette situation, le Forum Civil de Bignona appelle le gouvernement et l’Assemblée nationale à abandonner tout projet d’interprétation de la loi et à se concentrer sur son abrogation pure et simple.

L’organisation en appelle également aux autres sections du Forum Civil et aux acteurs de la société civile à se mobiliser pour empêcher ce qu’elle considère comme une tentative de légalisation de l’impunité.

Alors que le débat continue de diviser l’opinion, l’Assemblée nationale devra faire un choix décisif : céder à la pression des organisations citoyennes et de l’opposition en abrogeant la loi, ou persister dans la voie de l’interprétation en assumant le risque d’un rejet populaire.

MÉPRIS DE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ENVOYÉE À JEAN MICHEL SÈNE : Saidou Kane promet de passer à la vitesse supérieure

Malgré la sommation interpellative de Saidou Kane, administrateur d’AEE Power Sénégal, Jean Michel Sène, directeur général de l’ASER (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale), maintient son silence face aux accusations de falsification qu’il a publiquement formulées lors d’une émission sur Walfadjri. D’après des sources du dakarois.sn, M. Kane estimant que cette attitude porte atteinte à son honneur et à la réputation de son entreprise, ne va pas abandonner si facilement les poursuites.

Selon des sources du dakarois.sn, le directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, persiste à ne pas répondre à la sommation interpellative formulée par l’administrateur d’AEE Power Sénégal, Saidou Kane. Ce dernier lui reproche des propos tenus le 2 septembre 2024 dans les locaux de la Radio-Télévision Walfadjri ; des déclarations qu’il juge de nature à nuire à sa réputation ainsi qu’à celle de son entreprise.
À la suite de ces affirmations, la société AEE Power Sénégal, dirigée par Saidou Kane, a adressé une sommation interpellative non seulement à Jean Michel Sène, mais également à la Radio-Télévision Walfadjri ainsi qu’à la journaliste Khady Sylla.
Lors de son intervention sur ce média, le directeur général de l’ASER n’a pas hésité à accuser publiquement Saidou Kane de falsification. Une allégation que ce dernier considère comme une atteinte grave à son honneur. Soucieux de rétablir la vérité et de défendre son intégrité, l’homme d’affaires a mandaté ses avocats afin qu’ils soumettent à Jean Michel Sène une série de huit questions, visant à clarifier sa position sur plusieurs points essentiels. Il s’agit notamment de savoir si l’ASER reconnaît être liée contractuellement à AEE Power EPC par un contrat de marché signé le 23 février 2024 et si elle admet avoir délivré un satisfecit à AEE Power Sénégal sous la forme d’une attestation officielle en date du même jour. La sommation vise également à confirmer l’existence d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023 entre l’ASER, AEE Power EPC et AEE Power Sénégal, ainsi qu’à obtenir des précisions sur la prise en compte de la décision n°062/ARCOP/CRD/SUS rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ; laquelle ordonnait la suspension de la résiliation du contrat entre AEE Power EPC et la société requérante.
En outre, les avocats de Saidou Kane cherchent à établir si l’ASER reconnaît que, conformément à l’article 48 du Code des Marchés Publics, AEE Power Sénégal ne peut être considéré ni comme un simple prestataire ni comme un sous-traitant, mais plutôt comme un co-contractant. Une autre question essentielle porte sur la connaissance, par l’ASER, des obligations financières incombant à la partie non sénégalaise du projet, en vertu de l’article 83 du Code des Marchés Publics.
Enfin, la sommation demande à Jean Michel Sène s’il est conscient que la résiliation des contrats liant AEE Power EPC à AEE Power Sénégal pourrait rendre caduque la garantie souveraine de l’État du Sénégal, entraînant, de facto, la résiliation du contrat de marché du 23 février 2024.
Toutefois, depuis fin octobre 2024, le directeur général de l’ASER et ses services se murent dans un silence que Saidou Kane et son entourage perçoivent comme un mépris manifeste. En guise de réponse aux huit questions, ils se sont contentés d’éluder le sujet par des formules vagues telles que « je transmettrai au DG » ou encore « je transmettrai à qui de droit », sans apporter la moindre clarification.
AEE Power Sénégal, initiateur du projet d’électrification (selon la banque Santander) dans plusieurs régions dont Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou, estime que les accusations publiques portées par Jean Michel Sène nuisent gravement à sa crédibilité. Face à cette situation, Saidou Kane ne semble pas disposé à en rester là et promet de passer à la vitesse supérieure pour obtenir réparation du préjudice subi.


La Dakaroise

SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : La banque Santander tranche en faveur d’AEE POWER SÉNÉGAL et appelle à une médiation

Le scandale présumé de l’« ASER-GATE » connaît un nouveau rebondissement avec l’intervention de la banque Santander. Dans une correspondance adressée aux autorités sénégalaises, l’institution bancaire confirme la suspension temporaire du financement du projet d’électrification rurale, tout en préconisant une médiation entre les parties prenantes. Par ailleurs, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, attestant son rôle d’initiateur du projet.

À en croire le journal Libération du 11 octobre 2024, un courrier adressé à la direction générale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) par l’Agence espagnole de crédit à l’exportation (Cesce) a démenti avoir suspendu le financement du projet d’AEE Power Espagne, contrairement aux éléments contenus dans la décision de l’Autorité de régulation des marchés publics (Arcop). Pourtant, dans une lettre du 26 décembre 2024 adressée au ministre secrétaire général du gouvernement, Al Aminou Lo, le directeur exécutif de la banque Santander, Antonio Sala, a confirmé que, « conjointement avec l’Agence de Crédit à l’Exportation Espagnole (CESCE), [la suspension temporaire] du financement [a été décidée] jusqu’à ce que le conflit entre les parties soit résolu de manière satisfaisante, conformément à la législation sénégalaise des marchés publics ».
Dans ce contexte, la banque espagnole insiste sur la nécessité d’une rencontre diligentée par le Gouvernement entre l’Aser, l’Arcop, AEE Power Sénégal et AEE Power EPC afin de négocier et parvenir à un accord. D’après l’institution financière, cette discussion permettra de débloquer le litige en cours et la situation actuelle. La banque Santander, principal bailleur du projet d’électrification de plus de 1 500 villages dans les régions de Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda, propose ainsi une médiation du gouvernement pour faciliter ces discussions et aboutir à une solution pérenne.
La banque Santander ne s’arrête pas là. Dans la même missive, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, précisant : « il convient de noter, comme précisé lors de l’audience que vous avez bien voulu nous accorder, que la participation de notre banque à ce projet est le résultat des efforts déployés par le représentant légal de AEE POWER SENEGAL S.A., qui est un partenaire privilégié de notre banque à travers des projets au Sénégal et dans la sous-région, qui se déroulent de manière satisfaisante et dans les délais impartis. » Ce passage de la lettre vient confirmer le rôle d’initiateur du projet joué par l’entreprise de Saidou Kane.
Et pourtant, malgré ces précisions, les autorités sénégalaises semblent ignorer les allégations de la banque espagnole, qui a décidé, pour le moment, de bloquer les décaissements en attendant qu’un accord à l’amiable soit trouvé.

ÉPISODES JUDICIAIRES

Le 21 novembre 2024, la Cour suprême, saisie par l’Aser pour annuler la suspension des travaux imposée par l’Arcop, a débouté l’ASER et ordonné le maintien de l’arrêt du projet d’électrification rurale.
Face à cette décision, les services de Jean-Michel Sène ont introduit une demande de rétractation. À la surprise générale, à quelques tours d’horloge du procès, un changement inattendu de la composition de la Cour suprême en charge du dossier est intervenu. Ce remaniement a alimenté les spéculations. Nombreux étaient ceux qui ne furent pas étonnés lorsque, sous cette nouvelle composition, la Cour suprême a rejeté la demande de suspension du projet de l’Arcop, donnant ainsi le feu vert à l’Aser qui refuse jusqu’à présent de fournir à l’Arcop la documentation demandée.
Le juge des Référés a justifié ce revirement du 21 février 2025 par « l’intérêt public », bien que, lors de l’audience, l’Avocat général, s’alignant sur la position d’AEE Power Sénégal, ait estimé qu’aucune circonstance nouvelle ne justifiait une rétractation et que l’urgence invoquée par l’Aser n’était pas fondée.

La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°418 – 12/03/2025

🔴 MÉPRIS DE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ENVOYÉE À L’ASER : AEE POWER SENEGAL NE LÂCHE PAS L’AFFAIRE
🔴 AMNISTIE / TAS SUR LA PROPOSITION DE LOI INTERPRÉTATIVE DE « PASTEF » : UNE « FARCE » !

🔴 BUDGET DES JOJ 2026 : UN MILLIARD DE FRANCS CFA SUR LA TABLE
🔴 SÉLECTIONNEUR DE LA LIBYE : CISSÉ ENRÔLE DABO DANS SON STAFF

Loi d’amnistie : la bataille des interprétations

Le débat autour de la loi d’amnistie de 2024 connaît un nouveau rebondissement. PASTEF a déposé une proposition de loi interprétative visant à préciser les contours de l’amnistie accordée aux faits « à motivation politique ». Mais cette initiative suscite une vive opposition, notamment de la part du député Thierno Alassane Sall, qui dénonce une « farce » législative destinée à protéger les militants de PASTEF tout en excluant d’autres acteurs du champ de l’amnistie.
Selon le texte de PASTEF, la loi d’amnistie reste pleinement en vigueur, mais seuls les actes commis pour des raisons exclusivement politiques seront concernés. Cette interprétation, selon Thierno Alassane Sall, ouvre la porte à de nombreuses dérives. Il cite notamment l’exemple de l’incendie criminel du « Bus de Yarakh » : si ses auteurs prouvent qu’ils agissaient dans un cadre politique, ils ne pourraient être poursuivis. Cette lecture, selon lui, transformerait l’amnistie en un « passe-droit » pour les militants de PASTEF impliqués dans des violences.

L’un des points les plus controversés concerne la notion de « motivation politique ». Comment la prouver ? Qui décide si un acte relève de l’amnistie ou non ? Le texte de PASTEF ne fournit pas de réponse claire. Pour Thierno Alassane Sall, cela risque de plonger la justice dans un imbroglio : les juges devront-ils sonder les intentions des prévenus ? Comment distinguer un manifestant engagé d’un simple opportuniste infiltré dans un mouvement politique ? Autant de questions qui, selon lui, rendent l’interprétation plus floue que la loi d’amnistie elle-même.

L’autre critique majeure concerne l’exclusion des forces de l’ordre du périmètre de l’amnistie. Un militant politique ayant commis un crime pourrait se justifier par une motivation politique et bénéficier de l’amnistie, tandis qu’un gendarme, dans le cadre d’une opération de maintien de l’ordre, n’aurait pas cette possibilité. Pour Thierno Alassane Sall, cette asymétrie révèle une volonté de PASTEF de protéger ses partisans tout en exposant les autres à des poursuites judiciaires.

Derrière cette querelle d’interprétation, c’est bien une bataille politique qui se joue. Pour l’opposition à PASTEF, cette proposition de loi vise à consolider l’impunité de ses militants. Pour PASTEF, elle cherche à éviter que des manifestants injustement poursuivis ne soient assimilés à des criminels de droit commun.
Dans un climat politique déjà polarisé, ce débat pourrait relancer les tensions. L’Assemblée nationale se retrouve face à une question cruciale : faut-il revoir les contours de l’amnistie ou s’en tenir au texte initial ? Une chose est sûre, l’issue de cette bataille d’interprétations aura des conséquences majeures sur la justice et la stabilité du pays.

L’activiste Ardo Gningue placé sous mandat de dépôt et jugé en flagrant délit

L’activiste Ardo Gningue a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 11 mars après avoir été déféré par la Division spéciale de Cybersécurité. Il est accusé d’avoir tenu des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, ce qui a conduit à son arrestation. L’infraction a été qualifiée d’incitation à la haine et à la violence, d’où la décision des autorités de l’incarcérer.

Ardo Gningue, connu pour ses prises de position publiques, sera jugé en flagrant délit ce jeudi 13 mars. Lors de sa comparution, il sera assisté de ses avocats, Maîtres Antoine Mbengue et El Hadji Oumar Youm, qui plaideront sa cause devant le tribunal.

Cette affaire suscite déjà un vif débat, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et le traitement réservé aux activistes dans le pays. L’attente autour de son procès reste forte, avec des observateurs et des membres de la société civile qui suivent de près les développements de l’affaire.

Des députés sénégalais exigent la réciprocité des cartes de séjour pour la Mauritanie

L’examen du projet de loi autorisant le président sénégalais à ratifier une convention entre le Sénégal et le Maroc sur l’assistance aux détenus et le transfèrement des personnes condamnées a été l’occasion pour plusieurs députés d’aborder un autre sujet brûlant : la situation des Sénégalais vivant en Mauritanie. Ces derniers font face à des obstacles administratifs et à des pratiques jugées discriminatoires en matière de délivrance des cartes de séjour, alors que les Mauritaniens vivant au Sénégal en sont exemptés.

Le député Tahirou Sarr a soulevé une incohérence qui, selon lui, nuit aux Sénégalais établis dans certains pays de la sous-région, en particulier en Mauritanie. Il a dénoncé une situation où les étrangers, qu’ils soient Gabonais, Marocains ou Mauritaniens, bénéficient d’un accès libre à la résidence au Sénégal, tandis que les Sénégalais doivent payer des sommes importantes pour obtenir des titres de séjour à l’étranger.

« Comment justifier que des milliers d’étrangers vivent gratuitement au Sénégal, alors que dans leurs pays, nos compatriotes doivent payer des frais exorbitants pour obtenir des cartes de séjour ? » s’est-il indigné.

Selon lui, le Sénégal doit adopter une politique de réciprocité en matière de séjour des étrangers, afin de garantir une équité entre ses ressortissants et ceux des pays partenaires.

Cette demande de réciprocité a également été portée par les députés de Pastef, notamment Guy Marius Sagna et Babacar Ndiaye, qui ont appelé la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, à prendre des mesures concrètes pour corriger cette inégalité.

« Il est temps que le Sénégal se montre ferme et exige la même équité pour ses ressortissants à l’étranger », ont-ils déclaré.

Guy Marius Sagna, connu pour ses prises de position en faveur des droits des Sénégalais de l’extérieur, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de revoir sa politique migratoire et de renforcer la protection de ses citoyens vivant à l’étranger. Il a également dénoncé les tracasseries administratives et les discriminations dont seraient victimes certains Sénégalais en Mauritanie.

Cette interpellation intervient dans un contexte où les relations entre le Sénégal et la Mauritanie sont régulièrement marquées par des tensions sur la question migratoire. Des cas de refoulements, de harcèlement administratif et de restrictions imposées aux Sénégalais vivant en Mauritanie ont été signalés à plusieurs reprises par des organisations de défense des droits de l’homme.

En parallèle, le Sénégal est souvent critiqué pour son manque de fermeté dans la défense des intérêts de ses ressortissants à l’étranger, notamment en Afrique de l’Ouest et du Nord. Pour les parlementaires favorables à la réciprocité, cette mesure pourrait inciter certains pays à revoir leur politique envers les Sénégalais.

La ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, ne s’est pas encore officiellement prononcée sur cette revendication des députés. Toutefois, cette interpellation pourrait conduire le gouvernement sénégalais à engager des discussions diplomatiques avec la Mauritanie afin d’améliorer les conditions de séjour des Sénégalais dans ce pays.

340 détenus sénégalais au Maroc : 38 souhaitent purger leur peine au Sénégal, selon la ministre Yassine Fall

La ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, a apporté des précisions sur la situation des Sénégalais emprisonnés au Maroc et les démarches entreprises pour leur éventuel transfert vers le Sénégal.

Selon la ministre, 340 Sénégalais sont actuellement incarcérés dans différentes prisons marocaines. Parmi eux, 172 se trouvent à Dakhla et 168 autres à Laâyoune. Ces détenus purgent des peines allant de 2 à 12 ans pour divers délits, notamment le trafic de migrants, les escroqueries et les vols. La forte présence de ressortissants sénégalais dans ces prisons s’explique en grande partie par les tentatives de migration irrégulière à travers le territoire marocain, souvent utilisé comme point de passage vers l’Europe.

Les consulats sénégalais au Maroc jouent un rôle crucial dans le suivi de ces prisonniers. Ils assurent leur recensement et veillent à ce qu’ils bénéficient d’un accompagnement administratif et juridique. Selon Yassine Fall, plusieurs détenus reçoivent l’aide des services consulaires pour obtenir une assistance juridique ou pour maintenir un contact avec leurs familles restées au Sénégal.

La Convention entre le Sénégal et le Maroc sur l’assistance aux détenus et le transfèrement des personnes condamnées a été signée le 17 décembre 2004 à Rabat. Ce texte permet aux Sénégalais emprisonnés au Maroc de demander à terminer leur peine au Sénégal, sous certaines conditions.

Le transfert d’un détenu vers son pays d’origine n’est pas automatique. Il repose sur une démarche volontaire : chaque prisonnier concerné doit exprimer son souhait de rentrer au Sénégal. La ministre a précisé que ce choix est souvent influencé par des facteurs personnels et sociaux. Certains détenus préfèrent purger leur peine au Maroc en raison des conditions de détention jugées parfois meilleures qu’au Sénégal, tandis que d’autres souhaitent se rapprocher de leur famille.

Actuellement, 38 détenus ont formellement demandé à être rapatriés pour finir leur peine dans leur pays natal. Une fois la demande acceptée, les frais de transfert sont pris en charge par l’État sénégalais, en accord avec les autorités marocaines.

Les modalités précises de ces transferts sont en cours de négociation entre le ministère de la Justice du Sénégal, son homologue marocain et les services consulaires des deux pays. Selon Yassine Fall, ces discussions visent à définir le cadre logistique et administratif pour le rapatriement des détenus. Le ministère de l’Intérieur du Sénégal est également impliqué, notamment pour s’assurer que les détenus transférés soient bien pris en charge à leur arrivée.

Outre les démarches administratives, une autre préoccupation majeure concerne les conditions de détention au Sénégal. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà alerté sur la surpopulation carcérale et l’état préoccupant de certaines prisons sénégalaises. Dans ce contexte, les autorités doivent garantir que les détenus transférés puissent bénéficier de conditions de détention conformes aux standards internationaux.

Le gouvernement sénégalais reste engagé dans la gestion de ce dossier, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la protection des ressortissants sénégalais vivant à l’étranger. Yassine Fall a assuré que le ministère des Affaires étrangères suivait attentivement la situation des détenus au Maroc et dans d’autres pays.

La députée Saye Cissé interpelle le Président de l’Assemblée nationale sur les « insulteurs » de la diaspora

Lors des débats à l’Assemblée nationale sur la ratification de la convention entre le Sénégal et le Maroc, la députée Saye Cissé a interpellé le Président de l’institution, El Malick Ndiaye, sur la question des Sénégalais établis à l’étranger qui insultent les institutions du pays.

Pour la parlementaire, la ratification de cette convention ne devrait pas se limiter aux détenus, mais aussi s’intéresser aux Sénégalais de la diaspora qui, selon elle, passent leur temps à attaquer les autorités.

« Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, je vous demande : que prévoit le gouvernement pour les Sénégalais établis dans la diaspora qui passent leur journée à insulter les institutions ? Il faut que leurs actes soient également punis. »

Même si la députée n’a cité aucun nom, cette sortie relance le débat sur certains influenceurs et activistes sénégalais basés à l’étranger. Des figures comme Mollah Morgun, Adamo ou Tounkara sont souvent pointées du doigt pour leurs propos critiques, voire insultants, envers les autorités sénégalaises.

Cette déclaration de Saye Cissé pose ainsi la question d’une éventuelle extension des sanctions à ces acteurs de la diaspora et de la possibilité pour l’État sénégalais d’agir juridiquement contre eux, même hors du territoire national.

Maroc-Sénégal : Me Aissata Tall Sall défend la ratification et dénonce les rumeurs sur Macky Sall

Lors de l’examen du projet de loi autorisant le Président Bassirou Diomaye Faye à ratifier une convention entre le Sénégal et le Maroc, Me Aissata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Walu Sénégal, a tenu à clarifier les enjeux de ce texte. Tout en soutenant la ratification, elle a démenti les rumeurs impliquant l’ancien président Macky Sall dans cette affaire.

Dès le début de son intervention, Me Aissata Tall Sall a affirmé son soutien à la ratification de cette convention, insistant sur son utilité. « Nous ne la refuserons pas, car nous en connaissons l’importance et le sens », a-t-elle déclaré. S’appuyant sur son expérience en tant qu’avocate ayant plaidé au Maroc, elle a expliqué : « J’ai visité la prison marocaine. C’est une prison moderne, modèle. Mais être détenu à l’étranger, c’est souffrir doublement. C’est pourquoi je voterai cette convention. »

La députée a ensuite soulevé des questions sur le moment choisi pour cette ratification. « Pourquoi ne l’avons-nous pas ratifiée plus tôt ? » a-t-elle demandé. Elle a mis en avant la différence entre les relations internationales, régies par le droit, et la diplomatie, qui joue un rôle clé dans le choix de ratifier ou non une convention.

Selon elle, la ratification dépend aussi des intérêts en jeu. « Combien de Sénégalais étaient concernés à l’époque où nous aurions pu ratifier cette convention ? Était-ce dans notre intérêt à ce moment-là ? » s’est-elle interrogée.

Me Aissata Tall Sall a ensuite dénoncé les rumeurs qui ont placé Macky Sall au cœur de cette affaire, rejetant les spéculations sur un lien entre l’ancien président et la convention. « Pourquoi subitement tout le monde parle de Macky Sall dans cette discussion ? », s’est-elle étonnée.

Elle a fustigé les « soi-disant juristes » qui ont propagé ces rumeurs, les comparant aux médecins du Malade Imaginaire de Molière : « Ils ne connaissent rien au droit et ont affirmé que cette loi concernait Macky Sall. Et tout le monde s’est mis à épiloguer… »

Saluant l’intervention de Fatou Diop Cissé, présidente de la Commission, qui a clarifié que Macky Sall n’était « en rien concerné », elle a dénoncé les fausses informations circulant sur son séjour au Maroc.

« De rumeur en rumeur, on a prétendu que ce n’est pas Macky Sall qui a choisi de quitter le Maroc, mais que le roi lui aurait demandé de partir. » Elle a rappelé que le peuple marocain avait témoigné son attachement à l’ex-président en peignant son portrait sur un mur.

Dénonçant le rôle néfaste des fausses informations, Me Aissata Tall Sall a lancé : « La rumeur n’a jamais donné à manger, jamais signé un contrat de travail, jamais rendu heureux. » Elle a appelé à mettre un terme aux polémiques inutiles.

Enfin, elle a défendu la décision de Macky Sall de s’installer au Maroc après son départ du pouvoir : « Il a choisi de vivre au Maroc, c’est sa liberté. Il avait dit qu’il ne voulait pas déranger le nouveau pouvoir et qu’il resterait en Afrique. Il a tenu parole. »

Elle conclut sur un appel au réalisme : « Il est temps de tourner la page et de nous concentrer sur l’essentiel. »

Assemblée nationale : Moustapha Diop bientôt privé de son immunité ?

Les membres de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains de l’Assemblée nationale sont convoqués ce mercredi 12 mars 2025 à 11 heures pour une réunion décisive. À l’ordre du jour : l’examen d’un projet de résolution visant à mettre en place une commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire du député Moustapha Diop.

Cette réunion se déroulera dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment de l’Assemblée nationale sous la présidence de M. Abdoulaye Tall. La mise en place d’une commission ad hoc est une procédure essentielle avant toute décision sur la levée d’immunité d’un parlementaire.

Si la commission voit le jour, Moustapha Diop pourrait perdre sa protection parlementaire et être exposé à des poursuites judiciaires. L’issue des débats de ce mercredi sera donc déterminante pour la suite de cette affaire.

VICE-PRÉSIDENT CHARGÉ DES QUESTIONS DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ PUBLIQUE DE PASTEF : Le Colonel Kébé dans l’attente d’une nomination

Le colonel de l’armée à la retraite semble toujours s’emmurer dans son coin. C’est le moins qu’on puisse dire car le vice-président chargé des questions de défense et de sécurité publique de Pastef n’a toujours bénéficié d’un décret de nomination au même titre que d’autres vice-présidents devenus ministres. Seuls le président de la République et le Premier ministre peuvent édifier et donner des réponses à des interrogations qui se posent. 

« Tu es une chance unique pour le Sénégal et l’Afrique ». C’est le message du Colonel à la retraite de l’armée Abdourahim Kébé adressé au Premier Ministre en 2023, lorsqu’Ousmane Sonko était tout puissant opposant qui tenait tête au régime de Macky Sall alors que le politique était dans une tourmente juridico-politique sans précédent. Selon l’officier à la retraite, « opposant d’un nouveau type, homme de ton époque, vision claire en bandoulière, tu as montré que le courage et la détermination d’un leader ne sauraient être douteux » avait-il soutenu à ces moments de braise du président de Pastef qui était persécuté de toute part. Face à ces faits, contre l’inspecteur des impôts et domaines radiée, jugés « machiavélisme d’un pouvoir sans scrupule morale, qui fonctionne par la ruse, la roublardise, la perfidie et la mauvaise foi, » il a dit haut et fort qu’Ousmane Sonko « oppose constance, foi et endurance ». Une posture politique qui a convaincu le retraité à s’affilier et à épouser la philosophie de la philosophie de Pastef incarnée par Sonko. « Homme de foi et de labeur, tu es aussi un homme de vérité. Cette vérité dont William Shakespear disait qu’“elle triomphe toujours mais sa victoire est lente et difficile. Comme les déesses antiques, elle prend son temps. Le temps [de Dieu] n’est pas celui des hommes » témoigne le Colonel qui avait pris l’histoire en témoin.

Et il a fallu une année pour que l’histoire lui donna raison car les sénégalais ont confié leur pouvoir au président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le candidat de Ousmane Sonko qui s’est vu tailler le costume de premier ministre. Sonko n’est pas devenu Chef de l’Etat mais est devenu Chef de l’Administration sénégalaise.

Mais auparavant, il a été copté par le président du Parti Pastef pour occuper un poste stratégique dans la nouvelle réorganisation du parti en 2022. C’est ainsi qu’à l’image des Constitutionnalistes Ngouda Mboup et Salif Sané sans oublier l’ancien DG de l’ONAS, le colonel à la retraite s’est vu confier le poste stratégique de la défense et de la sécurité publique. Il est en charge de la sureté du parti. 

Ce qui intrigue même dans les réseaux sociaux, l’officier qui a défendu mordicus et dans tous les cieux le président de Pastef ne bénéficie toujours pas de décret de nomination. Avec son bag round et son expérience, certains s’attendaient à le voir bénéficier des premiers décrets de nomination du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Il faut rappeler aussi même s’il continuait à exercer « la grande muette » au sein du parti, le colonel à la retraite à fait montre de ses stratégies pour mener à bon port le Pastef au pouvoir.

Fait-il parti des grands oubliés de la mouvance présidentielle ? En tout cas, dans les réseaux sociaux, la question se pose et l’homme fait toujours la grande muette. Certaines indiscrétions le voyaient déjà aux manettes des Forces Armées avant la formation du gouvernement. Mais le premier ministre malgré une proximité qu’on lui prêté avec le colonel à la retraite, aurait préféré le général des Armées et ancien CEMGA Birame Diop au poste. Ensuite, on le voyait au pays de l’Oncle Sam pour diriger la représentation diplomatique du Sénégal à Washington comme ambassadeur du Sénégal car une partie de sa famille s’y trouve, là aussi, le poste est confié à M. Aidara.

Leader incontournable dans la ville tricentenaire de Saint-Louis du Sénégal, le colonel Abdourahim KÉBÉ est-il victime de sa réserve et ou de son mutisme militaire ? D’autres questions se posent et se murmurent dans sa ville et parmi des proches.

En tout état de cause, des questions fusent de partout sur son absence. Et seul le président de la République et le Premier ministre peuvent édifier et répondre à ces questionnements.

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