Kaolack – Hépatites virales hors du système intégré : And Xeek dénonce une injustice sanitaire

Au Sénégal, des milliers de personnes vivant avec l’hépatite B et C sont confrontées à une menace silencieuse mais potentiellement mortelle : la rupture prolongée des médicaments indispensables à leur survie. Une situation que l’association And Xeek Hépatite qualifie d’« urgence sanitaire ignorée », pointant du doigt l’inaction des pouvoirs publics.

Alors que les hépatites virales figurent parmi les principales causes de cirrhose et de cancer du foie, les patients concernés se retrouvent aujourd’hui sans traitement, sans alternatives et sans visibilité. Pour l’association And Xeek Hépatite, ce manque d’approvisionnement traduit une faible considération institutionnelle pour une maladie pourtant largement répandue dans le pays.

Prenant la parole ce dimanche face à la presse à Kaolack, Talla Mané, secrétaire général de l’association, a vivement dénoncé cette situation.

« Interrompre un traitement contre l’hépatite, c’est exposer le patient à des complications irréversibles, parfois mortelles. Pourtant, rien n’est fait pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments », a-t-il regretté.

L’association s’indigne surtout du fait que les hépatites B et C ne soient toujours pas intégrées dans le système national des maladies intégrées, contrairement à d’autres pathologies chroniques bénéficiant d’un suivi et d’un financement plus structurés. Une exclusion qui, selon And Xeek Hépatite, entretient les inégalités d’accès aux soins et condamne les patients à une prise en charge fragmentée.

Face à ce qu’elle considère comme une défaillance du système de santé, le président de l’association, Médoune Koné, par ailleurs vice-président national du Réseau des Associations de Lutte Contre les Hépatites (RALCH), en étroite collaboration avec l’Alliance Nationale Contre le Sida (ANCS), appelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à reconnaître l’hépatite comme une priorité sanitaire nationale.

L’association plaide pour une intégration immédiate des hépatites virales dans les programmes de santé publique, afin de garantir la continuité des traitements, renforcer la prévention et réduire la mortalité liée à ces maladies, notamment chez les jeunes.

Abordant la situation épidémiologique à Kaolack, Médoune Koné a souligné que les derniers bilans sanitaires régionaux révèlent une prévalence très élevée de l’hépatite B parmi les personnes consultantes. Il a également rappelé que, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des milliers de personnes meurent chaque année des complications chroniques liées à l’hépatite B, notamment des cirrhoses et des cancers du foie.

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