« De faux intellectuels » : Macron attaque Kemi Seba, Nathalie Yamb et d’autres figures panafricanistes

Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France, organisée ce 8 janvier 2025 à Paris. Le président français s’en est violemment pris aux figures du panafricanisme, qu’il qualifie de « faux intellectuels », les accusant de servir les intérêts de puissances étrangères, notamment la Russie.

Dans son allocution, le chef de l’État français a critiqué la montée d’un discours panafricaniste qu’il juge dévoyé et influencé par des puissances impérialistes contemporaines. Selon lui, ces figures dites panafricanistes manipulent la jeunesse africaine en jouant sur les frustrations héritées du colonialisme. Emmanuel Macron a dénoncé la présence d’activistes qu’il accuse de diffuser un discours postcolonial tout en étant à la solde d’autres puissances étrangères. Il a également pointé du doigt l’influence grandissante des réseaux sociaux dans la propagation de ce discours.

Sans les nommer explicitement, Emmanuel Macron a fait référence à des figures très médiatisées du panafricanisme comme Kemi Seba, Nathalie Yamb ou encore Franklin Nyamsi. Ces derniers sont connus pour leur opposition farouche à la présence française en Afrique et pour leurs prises de position en faveur d’un rapprochement avec la Russie et la Chine.

Kemi Seba, activiste et président de l’ONG Urgences Panafricanistes, milite depuis plusieurs années pour le retrait des bases militaires françaises et la fin du franc CFA, qu’il considère comme une monnaie néocoloniale. Nathalie Yamb, surnommée « la dame de Sotchi », est une activiste suisse-camerounaise connue pour ses discours critiques envers la politique française en Afrique. Franklin Nyamsi, professeur et conseiller politique, est un autre fervent opposant à l’impérialisme occidental, particulièrement à l’influence française en Afrique.

Les propos de Macron ne sont pas passés inaperçus. Sur les réseaux sociaux, plusieurs voix se sont déjà élevées pour dénoncer une tentative de diabolisation des figures panafricanistes. Kemi Seba, souvent prompt à réagir, a partagé un message sur son compte Twitter affirmant : « Quand un empire tremble, il accuse ses opposants d’être manipulés par d’autres puissances. Notre lutte est légitime. L’Afrique ne veut plus être la marionnette de quiconque. » De son côté, Nathalie Yamb a répondu avec ironie : « Apparemment, être traité de faux intellectuel par Macron est devenu un badge d’honneur. Merci pour la reconnaissance. »

Cette sortie d’Emmanuel Macron intervient dans un contexte où la France est de plus en plus contestée sur le continent africain. Plusieurs pays ont récemment exigé le retrait des bases militaires françaises, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La présence française est perçue par une partie croissante de la population comme une forme d’impérialisme déguisé.

En revanche, la Russie, par le biais de son groupe paramilitaire Wagner, gagne du terrain sur le continent. Moscou s’appuie sur des figures panafricanistes pour renforcer son influence en Afrique, notamment à travers des discours anti-occidentaux.

Le discours de Macron révèle une fracture croissante entre la jeunesse africaine et l’ancienne puissance coloniale. Les nouvelles générations semblent aspirer à plus d’indépendance dans leurs choix politiques et économiques, en rejetant le modèle néocolonial incarné, selon elles, par la France.

Si Macron s’est voulu ferme dans son discours, certains analystes estiment que ses propos risquent d’accentuer le rejet de la France en Afrique. En qualifiant des figures populaires de « faux intellectuels », le président français pourrait renforcer leur aura et les placer davantage en position de martyrs face à une France accusée d’être sourde aux aspirations des Africains.

Kemi Seba et ses Liens Supposés avec le Groupe Wagner : Retour sur une Mise en Garde à Vue en France

Cette semaine, la figure controversée du panafricanisme, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a été placée en garde à vue par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en France. L’activiste béninois de 42 ans, qui milite activement contre les influences néocoloniales et en faveur de l’émancipation des peuples africains, est accusé de liens présumés avec le groupe paramilitaire russe Wagner.

Kemi Seba a été entendu pendant 48 heures dans le cadre d’une enquête pour « intelligences avec une puissance étrangère ». L’avocat de Seba, Juan Branco, a vivement dénoncé cette garde à vue, estimant qu’elle vise à intimider l’activiste, connu pour ses positions anti-françaises et ses critiques virulentes du franc CFA. L’enquête se poursuit, bien que Kemi Seba ait été libéré mercredi sans poursuite immédiate.

Les soupçons qui pèsent sur Kemi Seba ne sont pas nouveaux. En mars 2023, les révélations issues des Wagner Leaks, diffusées par plusieurs médias internationaux, ont mis en lumière de possibles connexions entre Seba et l’oligarque russe Evgueni Prigojine, fondateur du groupe Wagner. Selon ces fuites, des financements et des orientations auraient été fournis par Wagner pour soutenir certaines actions de Seba en Afrique entre 2018 et 2019. Ces informations ont ravivé l’intérêt des services de renseignement français, d’autant plus que Wagner est accusé d’interventions déstabilisatrices en Afrique, notamment au Mali et en Centrafrique.

Ancien leader de la Tribu Ka, un groupe dissous par le gouvernement français en 2006 pour antisémitisme et incitation à la haine raciale, Kemi Seba s’est imposé comme une figure radicale du panafricanisme. Il a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale et a perdu sa nationalité française en juillet 2023, un épisode qui a renforcé son image de martyr auprès de ses partisans.

À la tête du mouvement Urgences Panafricanistes, Kemi Seba est aujourd’hui suivi par une large audience sur les réseaux sociaux. En août dernier, il a obtenu un passeport diplomatique du Niger, en tant que conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani, chef de la junte militaire au pouvoir à Niamey. Ce nouveau rôle conforte sa position d’acteur influent en Afrique de l’Ouest, tout en le plaçant au cœur des dynamiques politiques régionales.

Les récentes accusations contre Kemi Seba s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions croissantes entre certains États africains et la France. Seba a notamment organisé plusieurs manifestations contre le franc CFA, qu’il qualifie de « monnaie de la servitude ». Ces actions lui ont valu des expulsions successives de pays comme le Sénégal, la Guinée ou encore la Côte d’Ivoire.

L’activiste s’est fait le porte-voix d’une nouvelle vague panafricaine, plus radicale, prônant une rupture nette avec la France. Cette posture, bien que populaire auprès d’une partie de la jeunesse africaine, inquiète les autorités françaises, qui surveillent de près ses activités et son influence croissante sur le continent.

Les enquêtes en cours et les accusations portées contre Kemi Seba témoignent de la méfiance croissante des autorités françaises à son égard, dans un contexte où les ingérences étrangères, notamment russes, deviennent une préoccupation sécuritaire majeure. Si aucune poursuite n’a encore été engagée, cette garde à vue marque une nouvelle étape dans la surveillance des figures panafricaines critiquant la présence française en Afrique.

L’avenir dira si Kemi Seba parviendra à surmonter ces accusations ou s’il devra affronter des conséquences judiciaires plus lourdes dans les mois à venir.

Kemi Seba, Activiste Panafricain, Émet des Réserves sur le Coup d’État au Gabon

Kemi Seba, figure de proue du mouvement panafricain et fervent défenseur de la souveraineté africaine, a récemment exprimé des réserves concernant le coup d’État survenu au Gabon et son leader, le général Oligui Nguéma.

Habituellement connu pour ses positions radicales contre la Françafrique et son soutien aux mouvements anti-impérialistes en Afrique, Kemi Seba adopte une approche nuancée à l’égard du récent événement au Gabon. Selon lui, ce coup d’État n’a pas marqué une rupture significative avec les schémas traditionnels de la Françafrique.

Seba souligne que le général Oligui Nguéma, bien qu’ayant pris les rênes du pouvoir au Gabon, demeure étroitement lié à l’ancienne famille dirigeante du pays, laissant ainsi entendre que les relations avec les puissances occidentales pourraient persister. Il exprime également des doutes quant aux véritables intentions du général, malgré les références faites à des figures anti-impérialistes telles que Jerry Rawlings.

Toutefois, Seba reconnaît que le président gabonais semble avoir la volonté de réformer certaines institutions et de corriger les problèmes internes du pays. Cette concession suggère une approbation prudente des efforts de Nguéma en vue d’un changement, bien que Seba maintienne une vigilance critique envers les acteurs politiques africains et leurs liens avec les intérêts étrangers.

Les déclarations de Kemi Seba illustrent la complexité des relations politiques en Afrique et mettent en lumière les différentes perspectives sur les récents événements politiques dans la région. En fin de compte, son analyse souligne l’importance d’un examen minutieux des développements politiques en Afrique et de la nécessité de préserver la souveraineté et l’indépendance des nations africaines.

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