Le dossier judiciaire autour de la pouponnière « Keur Yeurmandé » connaît un nouveau tournant. Après plusieurs mois d’instruction, le magistrat instructeur a décidé de renvoyer Ndella Madior Diouf et plusieurs de ses présumés complices en jugement correctionnel. Le procès se tiendra devant le tribunal correctionnel, signe que certaines charges initiales ont été requalifiées ou abandonnées.
Selon des informations obtenues par le quotidien Les Echos, le juge a estimé qu’il n’y avait pas matière à maintenir l’ensemble des infractions qui pesaient au départ sur la patronne de la pouponnière. Ce choix d’alléger la qualification pénale ne signifie toutefois pas que Ndella Madior Diouf est hors de cause, puisqu’elle reste poursuivie pour d’autres délits jugés sérieux.
Pour rappel, cette affaire a éclaté en décembre 2023 lorsque Ndella Madior Diouf avait été interpellée, puis écrouée. À l’époque, la liste des griefs dressés par les enquêteurs et le parquet était longue et particulièrement accablante : homicide involontaire, complicité d’homicide involontaire, traite de personnes, exercice illégal de la profession de médecine, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort d’enfants, obtention illicite de certificats aux fins d’inhumation, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et exploitation d’une pouponnière sans autorisation.
L’enquête avait été déclenchée après des signalements alarmants sur les conditions de prise en charge des nourrissons accueillis dans l’établissement. Les services de police et les autorités sanitaires avaient constaté plusieurs dysfonctionnements graves, aboutissant notamment à des décès de mineurs.
En attendant la fixation de la date d’audience, le renvoi devant le tribunal correctionnel marque une étape importante de cette procédure qui a suscité une vive émotion dans l’opinion publique. Le procès devra établir les responsabilités de chacun et déterminer les sanctions encourues.