La confrontation tant attendue dans l’affaire dite « Kocc Barma » a finalement eu lieu ce lundi au Tribunal de grande instance de Dakar. El Hadji Babacar Dioum, présenté comme étant l’homme derrière le pseudonyme « Kocc Barma », a été entendu par le doyen des juges dans le cadre des nombreuses plaintes déposées contre lui par plusieurs présumées victimes. À cette étape sensible de la procédure, les réponses de l’accusé étaient particulièrement scrutées.
Face au magistrat instructeur, El Hadji Babacar Dioum, assisté de ses avocats, a fermement nié être « Kocc Barma », selon les informations rapportées par L’Observateur. D’un ton catégorique, il a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. « Je ne suis pas Kocc Barma », a-t-il martelé dès l’ouverture de l’interrogatoire.
Il s’est décrit comme un simple hébergeur de sites web, déclarant que sa responsabilité ne saurait être engagée sur les contenus diffusés par les plateformes qu’il hébergeait. Une ligne de défense qui pourrait être au cœur de la stratégie de ses conseils, dans une affaire où les enjeux judiciaires et éthiques sont majeurs.
Pour rappel, plusieurs plaignants affirment avoir vu leurs images et vidéos diffusées sans leur consentement sur des sites notoirement associés à « Kocc Barma », connu pour ses contenus à caractère intime et sensationnaliste. L’affaire, qui a longtemps alimenté les réseaux sociaux et provoqué un tollé dans l’opinion publique, prend aujourd’hui un tournant judiciaire déterminant.
Par ailleurs, dans le cadre de la même instruction, une autre figure clé du dossier, El Hadji Assane Demba, interpellé récemment à l’aéroport international Blaise Diagne, doit également être auditionné dans les prochains jours. Une confrontation entre les deux hommes est prévue et pourrait s’avérer cruciale pour déterminer les responsabilités dans cette affaire tentaculaire.
Le doyen des juges devra désormais faire la lumière sur les connexions techniques, administratives et financières entre les deux individus, les sites incriminés et les contenus en cause. À ce stade, la justice semble vouloir avancer avec prudence mais détermination, dans un dossier qui soulève de nombreuses interrogations sur la protection de la vie privée, l’éthique numérique et les limites de la liberté d’expression en ligne.