La campagne de repeuplement du palmier à huile sauvage prend une nouvelle dimension dans la région de Kolda. Trois mille jeunes plants ont été réceptionnés dans le cadre d’un projet intégré consacré à l’autonomisation des femmes et à la restauration des écosystèmes. À travers cette initiative, les promoteurs entendent contribuer à la sauvegarde d’une variété dont la disparition progressive constitue une préoccupation pour les communautés locales, tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques dans le Fouladou.
Porté par AWSOFMAY, sous la houlette de ADIS Universel, le projet couvre un vaste périmètre. Il cible au total 710 villages du département de Kolda ainsi que la ville de Kolda. L’objectif est de favoriser la reconstitution du couvert végétal à travers la plantation de palmiers à huile sauvage, mais également de créer les conditions d’un développement durable de la filière au bénéfice des populations.
Au-delà de son importance écologique, le palmier à huile sauvage représente en effet une ressource économique non négligeable pour les communautés rurales. La production d’huile de palme constitue une activité traditionnelle en Casamance, notamment pour de nombreuses femmes qui interviennent dans la collecte, la transformation et la commercialisation. Dans un contexte marqué par une hausse des prix, le développement de cette filière apparaît comme une opportunité susceptible de renforcer les revenus des ménages.
En Casamance, le litre d’huile de palme se négocie actuellement entre 1 500 et 2 500 francs CFA. Une évolution qui nourrit l’espoir des bénéficiaires et des acteurs engagés dans la relance de la filière.
« Cette tendance haussière constitue une belle opportunité pour les communautés de cette contrée du Fouladou de s’enrichir dans le futur », a expliqué l’un des bénéficiaires, estimant que la reconstitution du parc de palmiers pourrait, à moyen terme, permettre aux populations de disposer d’une source supplémentaire de revenus.
L’initiative ne se limite donc pas à une opération de plantation. Elle s’inscrit dans une démarche visant à associer protection de l’environnement et développement économique local. La multiplication des plants doit permettre de reconstituer progressivement les peuplements de palmiers à huile sauvage, tout en favorisant l’émergence d’activités génératrices de revenus.
Cette dimension économique revêt une importance particulière pour les femmes des zones rurales. Traditionnellement impliquées dans la transformation et la commercialisation des produits issus du palmier, elles pourraient être parmi les principales bénéficiaires du développement de la filière. Le projet ambitionne ainsi de faire de la restauration des ressources naturelles un véritable levier d’autonomisation économique.
La campagne se poursuit également dans le département de Médina Yoro Foula. À l’occasion de l’étape organisée ce lundi 10 août, la coordonnatrice régionale du projet, Danielle Bassène, a annoncé une augmentation significative des objectifs pour la prochaine phase.
« Nous allons passer à l’échelle dès l’année prochaine avec l’ambition de distribuer 10 000 plants de palmiers à huile », a-t-elle annoncé.
Cette montée en puissance devrait permettre d’étendre davantage la couverture de la campagne et d’augmenter le nombre de communautés bénéficiaires. Elle traduit également la volonté des promoteurs d’inscrire l’initiative dans la durée, alors que les acteurs locaux alertent sur la disparition progressive du palmier à huile sauvage dans plusieurs zones de la Casamance.
À travers cette campagne de repeuplement, les initiateurs veulent ainsi apporter une réponse à un double enjeu : préserver une ressource naturelle menacée et valoriser son potentiel économique. La restauration des peuplements de palmiers pourrait, à terme, contribuer à renforcer le couvert végétal, soutenir les activités de transformation et améliorer les revenus des populations.