La République de Guinée vient de franchir une nouvelle étape dans la gestion de son espace pastoral. À travers un communiqué rendu public, le ministère de l’Élevage a annoncé des mesures fermes concernant la transhumance transfrontalière. Le ministre Félix Lamah a exigé le départ immédiat de tous les troupeaux étrangers encore présents sur le territoire national, malgré la suspension officielle de la transhumance et la date limite de sortie fixée au 2 mai 2025.
Selon le communiqué, de nombreux éleveurs transhumants étrangers auraient ignoré cette échéance, maintenant leurs bêtes sur le sol guinéen en violation des directives gouvernementales. Une situation jugée inacceptable par les autorités, qui entendent désormais faire respecter la loi dans toute sa rigueur. Le ministre a instruit les Forces de Défense et de Sécurité de mener, dans les zones concernées, des opérations de déguerpissement afin de retirer sans délai les troupeaux non autorisés.
Le ministère a averti que toute personne refusant de se conformer à la mesure s’exposerait à des sanctions sévères prévues par le code pastoral et le code pénal guinéen. Le suivi et l’application de cette décision impliquent plusieurs départements : la Défense nationale, la Sécurité et la Protection civile, l’Administration du Territoire et la Décentralisation, ainsi que les ministères de l’Environnement, du Développement durable, de l’Agriculture et de l’Élevage. Les services déconcentrés de ces institutions sont appelés à veiller à l’exécution rigoureuse des consignes sur l’ensemble du territoire.
Les fédérations régionales de la filière bétail-viande ont également été associées à la mise en œuvre du dispositif. Leur rôle sera d’appuyer les autorités locales dans le contrôle et la régulation des flux de bétail, afin de garantir le respect strict des limites fixées par la réglementation nationale.
Pour le gouvernement guinéen, cette décision vise plusieurs objectifs majeurs : préserver les ressources pastorales nationales, limiter les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, et renforcer la gestion durable du cheptel. Elle participe aussi d’une volonté plus large de consolider la souveraineté territoriale du pays et de promouvoir la sécurité alimentaire à travers une meilleure maîtrise de l’exploitation des pâturages.