La Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) – FIPU JOTNA a tenu, ce samedi, une conférence de presse à la Chambre de commerce de Kaolack afin d’évaluer les promesses formulées par le Premier ministre, Ousmane Sonko, lors de sa récente visite dans la capitale du Saloum, relativement à la campagne arachidière en cours.
Face aux médias, le coordonnateur de la plateforme, Bassirou Ba, entouré de responsables paysans et d’acteurs du monde rural, a apporté des clarifications et rectifications sur certains engagements annoncés par le chef du gouvernement. Selon la PPS–FIPU JOTNA, plusieurs déclarations officielles ne reflètent pas fidèlement la réalité vécue par les producteurs sur le terrain.
« Les paysans continuent de faire face à de nombreuses difficultés. Les annonces faites à Kaolack ne correspondent pas entièrement aux conditions réelles dans les zones de production », a déclaré Bassirou Ba. Il a notamment pointé les problèmes persistants liés à l’accès aux semences certifiées, à la disponibilité des intrants agricoles, à la fixation des prix et à l’écoulement de la production.
La plateforme estime que la campagne arachidière demeure marquée par des retards importants, des insuffisances logistiques et une faible prise en compte des préoccupations paysannes, malgré les assurances données par les autorités. Les conférenciers ont également attiré l’attention sur la situation économique jugée préoccupante des producteurs dans plusieurs régions du pays, notamment à Kaolack, Kaffrine, Fatick, Tambacounda, Kolda, Sédhiou, Touba et Thiès.
Un accent particulier a été mis sur la problématique de la commercialisation. « Nous avons travaillé toute l’année. Nos greniers sont pleins, mais les acheteurs manquent. Sans l’ouverture des frontières, nos arachides risquent de pourrir ou d’être vendues à vil prix », a déploré Bassirou Ba.
Pour la PPS–FIPU JOTNA, le marché intérieur ne peut, à lui seul, absorber l’ensemble de la production nationale. L’exportation vers des pays voisins tels que la Gambie, la Guinée et le Mali est perçue comme une alternative indispensable pour garantir des revenus décents aux producteurs et limiter les pertes post-récolte.
Au-delà de l’ouverture des frontières, les organisations paysannes réclament un accompagnement plus soutenu de l’État, notamment à travers la fixation de prix planchers rémunérateurs, la facilitation du transport et la sécurisation des circuits de commercialisation. Elles redoutent qu’en l’absence de mesures urgentes, de nombreux producteurs ne soient contraints de vendre à perte.
« Les paysans vivent une réalité bien différente de celle affichée par les images des nouveaux véhicules flambant neufs récemment attribués aux députés. Un contraste saisissant qui suscite colère, indignation et sentiment d’abandon dans le monde rural », a dénoncé M. Ba.
À travers cette sortie médiatique, la Plateforme des Paysans du Sénégal entend interpeller les autorités et appeler à un dialogue sincère, inclusif et permanent avec les organisations paysannes, afin de garantir une campagne arachidière viable, équitable et durable.
Dans un contexte de tensions croissantes autour de la campagne arachidière 2026, la PPS–FIPU JOTNA a également annoncé que ses membres envisagent d’exposer leurs arachides dans les rues des villes et villages dans les prochains jours. Cette initiative se veut une manifestation symbolique visant à attirer l’attention des autorités sur leurs préoccupations et à faire pression pour l’adoption de solutions concrètes.