Le Mouvement Nittou Degg Valeurs réclame le démantèlement des réseaux homosexuels au Sénégal

Dakar, 2 mars 2026 – Le mouvement sénégalais Nittou Degg Valeurs a tenu ce lundi une conférence de presse à Dakar pour exprimer sa position sur la question de l’homosexualité dans le pays. Selon ses responsables, il s’agit d’une « position non négociable » qui s’inscrit dans une logique de protection des valeurs religieuses et ancestrales sénégalaises.

Le mouvement a annoncé qu’il exigeait « le démantèlement de tous les réseaux homosexuels et lesbiennes » et la condamnation des personnes impliquées. Pour ses porte-paroles, cette exigence ne relève pas de la haine envers autrui, mais de la défense du socle religieux et moral du Sénégal, qu’il s’agisse des principes islamiques ou chrétiens, ainsi que des valeurs traditionnelles transmises de génération en génération.

Nittou Degg Valeurs a justifié sa démarche en affirmant qu’il s’agit d’une « question de salubrité publique » face aux « tentatives insidieuses de normalisation » de l’homosexualité dans le pays. Le mouvement a également annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique le même jour pour protester contre ce qu’il considère comme « l’effritement des mœurs et de l’identité sénégalaises » et pour demander la criminalisation effective de l’homosexualité.

Cette prise de position survient dans un contexte particulièrement tendu au Sénégal. Ces derniers jours, une trentaine de personnes, y compris certaines personnalités publiques, ont été interpellées dans le cadre d’un présumé scandale homosexuel et d’une transmission volontaire du VIH/Sida. Par ailleurs, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à durcir les sanctions pénales contre les homosexuels, marquant un revirement par rapport à ses promesses de campagne. Lors de celles-ci, il avait en effet indiqué son intention de criminaliser la pratique, mais sans détailler la portée des sanctions.

Cette nouvelle initiative met le Sénégal au centre d’un débat national sensible sur les droits humains, la morale publique et l’équilibre entre traditions religieuses et libertés individuelles, un sujet qui divise profondément l’opinion publique.

Le pays se retrouve ainsi confronté à une polarisation accrue entre partisans d’une stricte application des valeurs religieuses et traditionnelles, et ceux qui plaident pour le respect des droits et libertés fondamentales, dans un contexte où la question de l’homosexualité reste fortement stigmatisée.

Quitter la version mobile