En visite ce lundi à Kaolack, au cœur du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle de la commercialisation de l’arachide, une filière longtemps fragilisée par des dysfonctionnements structurels et des pratiques spéculatives.
Face aux producteurs, le chef du gouvernement a tenu un discours de rupture, dénonçant sans détour des comportements qu’il juge préjudiciables aux paysans. « Nous ne pouvons pas accepter que certains achètent l’arachide à 250 francs le kilo pour la revendre à la Sonacos à 305 francs », a-t-il martelé, qualifiant ces pratiques de « malhonnêteté ».
Dans cette dynamique de régulation, Ousmane Sonko a annoncé une mesure forte : l’augmentation de la capacité d’achat de la Sonacos, qui passera de 250 000 à 450 000 tonnes d’arachides. Selon lui, cette décision vise à sécuriser l’écoulement des récoltes et à réduire la dépendance des producteurs vis-à-vis des intermédiaires.
Malgré un contexte budgétaire contraignant, hérité des exercices précédents, le Premier ministre a assuré que l’État mobilisera entre 50 et 75 milliards de francs CFA supplémentaires pour soutenir la Sonacos. Un signal fort envoyé au monde rural, souvent confronté à l’instabilité et à l’incertitude des marchés.
Reconnaissant des « défaillances dans les services de l’État », Ousmane Sonko a expliqué sa présence sur le terrain par une volonté d’écoute et de co-construction de solutions avec les acteurs de la filière. Des programmes concertés avec les producteurs sont ainsi annoncés, dans l’objectif d’assainir durablement la commercialisation de l’arachide.
Au-delà des chiffres, cette visite marque une inflexion dans la gestion de la filière arachidière, avec un État qui entend désormais jouer pleinement son rôle de régulateur, protéger les producteurs et mettre fin aux pratiques spéculatives qui minent le secteur.


