L’Union des Panafricanistes Sénégalais dénonce le discours “humiliant” du Premier ministre Ousmane Sonko au Salon de l’Investissement

L’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) a exprimé une vive indignation à la suite du discours prononcé mardi 7 octobre 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de la cérémonie officielle du Salon de l’Investissement FII Sénégal 2025, qui s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio. La manifestation a réuni, entre autres, le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, et a été l’occasion de présenter les ambitions du Sénégal en matière d’investissement et de coopération régionale. Le communiqué de l’UPS, parvenu à Ledakarois, qualifie les propos du Premier ministre de “profondément inopportuns et humiliants”, considérant qu’ils portent atteinte à la dignité des institutions et ternissent l’image du Sénégal sur la scène internationale.

Au cours de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour les dirigeants ouest-africains de faire preuve de courage politique, particulièrement sur les questions monétaires et économiques régionales. Il a affirmé que les réformes indispensables à la stabilité et à la prospérité de la région étaient connues depuis longtemps, mais qu’elles n’avaient jamais été mises en œuvre faute de volonté. Selon lui, il était urgent que les autorités assument pleinement leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires afin d’engager des transformations effectives. “Sans cela, elles continueront à gouverner sans jamais transformer”, a-t-il déclaré, appelant à une action décisive pour que les politiques adoptées produisent des résultats concrets pour les populations.

Pour l’UPS, ce ton et ces déclarations ont été perçus comme une atteinte à la dignité des chefs d’État présents, constituant une forme d’humiliation publique, d’autant plus qu’elles ont été prononcées devant deux présidents africains et de nombreux partenaires internationaux. Dans son communiqué, le mouvement souligne qu’un Premier ministre, quelle que soit sa popularité ou son influence, ne doit pas adopter un ton qui frôle le mépris envers le président de la République ou envers un chef d’État frère. Selon l’organisation, de tels propos fragilisent l’image diplomatique du Sénégal et portent atteinte aux symboles africains de solidarité, de cohésion et de respect mutuel entre dirigeants.

L’UPS a rappelé que le panafricanisme véritable repose sur le respect mutuel, l’humilité et la responsabilité, et qu’il ne peut s’exprimer par des critiques publiques ou des humiliations à l’égard des institutions et des chefs d’État africains. Le mouvement estime que la parole publique doit rester mesurée, surtout lorsqu’elle émane de représentants de l’État, qui ont la responsabilité de préserver la crédibilité et l’honneur des institutions qu’ils incarnent.

Dans sa déclaration, l’organisation appelle à un sursaut républicain et à un retour à la retenue dans l’expression des membres du gouvernement, en soulignant que la dignité des institutions nationales et africaines doit demeurer inviolable. L’UPS plaide pour un respect strict des codes diplomatiques et des conventions de courtoisie entre dirigeants africains afin de renforcer l’image du Sénégal et de promouvoir l’unité et la coopération panafricaine. Elle conclut en invitant l’État sénégalais à s’assurer que les interventions publiques, en particulier lors de rencontres internationales, respectent les principes de civilité et de responsabilité qui fondent la crédibilité et la réputation du pays sur le plan continental et international.

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