L’ancien président sénégalais Macky Sall franchira une étape décisive dans sa quête du poste de Secrétaire général de Organisation des Nations Unies. Il est attendu le mardi 22 avril prochain à New York pour participer aux dialogues interactifs organisés au siège de l’organisation. Son audition se déroulera entre 15h et 18h, heure locale, dans la salle du Conseil de tutelle, devant les États membres ainsi que des représentants de la société civile internationale.
Ces auditions publiques s’inscrivent dans un calendrier précis arrêté au 1er avril 2026, qui prévoit le passage de quatre candidats sur deux journées. Le mardi 21 avril, la Chilienne Michelle Bachelet, ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’homme, et l’Argentin Rafael Mariano Grossi ouvriront la séquence. Le lendemain, la Costaricaine Rebeca Grynspan interviendra avant Macky Sall, qui clôturera cette série d’échanges très attendus.
Le format retenu est identique pour tous les prétendants. Chaque candidat dispose de trois heures pour convaincre. L’exercice débute par une déclaration introductive, suivie d’une session de questions-réponses avec les délégations étatiques et les acteurs de la société civile. Ce dispositif vise à mettre en lumière les visions stratégiques, les priorités politiques et la capacité de leadership des différents candidats dans un contexte international marqué par des crises multiples. Les auditions, retransmises publiquement, offrent ainsi une rare fenêtre de transparence dans un processus souvent perçu comme opaque.
Cependant, il convient de relativiser la portée institutionnelle de ces échanges. Les dialogues interactifs ne constituent ni un vote ni une étape formelle de sélection. Ils jouent avant tout un rôle d’éclairage, permettant aux États membres de mieux cerner les profils en lice et d’affiner leurs positions diplomatiques. En réalité, la désignation du Secrétaire général repose sur un mécanisme en deux temps. Le Conseil de sécurité des Nations unies formule d’abord une recommandation, dans un processus où le droit de veto des membres permanents demeure déterminant. Cette recommandation est ensuite entérinée par l’Assemblée générale, qui procède à la nomination officielle.
Pour Macky Sall, cette audition représente un moment charnière. Sa candidature, soutenue dans un premier temps par l’Union africaine au nom du principe de rotation géographique, s’inscrit dans une dynamique continentale visant à porter un Africain à la tête de l’organisation. Néanmoins, elle ne fait pas l’unanimité au Sénégal, où certains acteurs politiques remettent en question la légitimité de son ambition internationale au regard de son bilan national.