Affaire Farba Ngom : Madiambal Diagne fustige le « manque de classe » de la ministre de la Justice

La sortie publique de la ministre de la Justice, Yassine Fall, au sujet de l’affaire impliquant le député Mouhamadou Ngom, dit Farba, continue de susciter de vives réactions dans le débat public. Mardi, sur le réseau social X, le journaliste Madiambal Diagne a vivement critiqué l’attitude de la garde des Sceaux, qu’il accuse de manquer de retenue et de porter atteinte aux droits fondamentaux d’un détenu.

Dans un message au ton sévère, le directeur du groupe Avenir Communication a dénoncé ce qu’il considère comme un « manque de classe » de la part d’une ministre de la Justice qui, selon lui, « fouine dans les caniveaux ». Pour Madiambal Diagne, la démarche de Yassine Fall va au-delà de la simple communication institutionnelle et pose un sérieux problème de respect de la vie privée. Il estime notamment qu’il s’agit d’une violation des données à caractère personnel, rappelant qu’un détenu, quel que soit le délit présumé, conserve le droit à la protection de sa vie privée et de sa dignité.

Cette réaction fait suite à une conférence de presse tenue le même jour à Dakar par la ministre de la Justice. À cette occasion, Yassine Fall a annoncé l’ouverture d’une enquête visant le député Farba Ngom pour des faits présumés de « trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public ». Cette décision intervient après la découverte de deux téléphones portables dans la cellule du parlementaire, actuellement en détention.

Devant la presse, la garde des Sceaux a dressé un tableau particulièrement accablant des soupçons pesant sur l’élu. Elle a accusé Mouhamadou Ngom de diffusion de procès-verbaux confidentiels, de partage de contenus à caractère pornographique et d’échanges portant sur des manœuvres politiques susceptibles, selon elle, de troubler l’ordre public. Des accusations graves, rendues publiques par la ministre elle-même, et qui ont immédiatement alimenté la controverse.

Pour les détracteurs de cette communication, à l’image de Madiambal Diagne, le problème ne réside pas uniquement dans l’ouverture de l’enquête, mais dans la manière dont l’exécutif, à travers la ministre de la Justice, expose des éléments sensibles relevant d’une procédure judiciaire en cours. Ils y voient un risque de confusion entre le rôle de l’autorité politique et celui de l’autorité judiciaire, ainsi qu’une atteinte potentielle au principe de la présomption d’innocence.

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