Justice : un budget 2026 en baisse, mais une ambition maintenue

Le projet de budget 2026 du ministère de la Justice a été examiné et adopté mercredi 19 novembre 2025. Présenté par la ministre Yassine Fall, il marque un retour à un niveau de financement plus classique après l’effort exceptionnel consenti l’année précédente. Pour l’exercice 2026, les crédits de paiement alloués au département sont fixés à 81 006 199 801 F CFA, soit une diminution de 16,79 milliards F CFA correspondant à une baisse d’environ 17 % par rapport aux 97 794 361 061 F CFA qui avaient été votés pour 2025.

Cette contraction du budget s’explique essentiellement par la non-reconduction des 20 milliards F CFA de transferts en capital mobilisés en 2025 pour le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires. Malgré cette baisse mécanique, la ministre Yassine Fall a assuré que les objectifs stratégiques du ministère restent inchangés et que les réformes engagées se poursuivront. Selon elle, l’ambition demeure de garantir un service public de la justice efficace, moderne et ancré dans les principes de transparence et de respect des droits humains.

Le budget 2026 sera structuré autour de plusieurs axes majeurs. Le ministère entend d’abord renforcer la présence judiciaire dans l’ensemble du pays afin de faciliter l’accès des citoyens aux services judiciaires et d’améliorer les conditions d’accueil dans les juridictions. La performance du fonctionnement interne des tribunaux constituera également un chantier prioritaire, avec un appui renforcé aux magistrats et aux personnels judiciaires pour fluidifier les procédures.

La ministre a également insisté sur la poursuite de l’humanisation des conditions de détention, un volet jugé essentiel pour la sécurité dans les établissements pénitentiaires et le respect des normes internationales. À cela s’ajoute un engagement fort en faveur de la réduction des délais de traitement des dossiers, un défi que le ministère souhaite relever en misant sur la transformation numérique pour renforcer la traçabilité, la gouvernance et l’efficacité administrative.

Par ailleurs, la consolidation des mécanismes de prévention des abus et l’accompagnement renforcé des personnes vulnérables figurent parmi les priorités de 2026. Le ministère mettra aussi l’accent sur la formation continue des acteurs judiciaires, indispensable pour accompagner la mise en œuvre des réformes et l’évolution des cadres juridiques.

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