Attaque jihadiste à Bamako : Une menace grandissante pour la sécurité malienne

La capitale malienne, Bamako, a été le théâtre, ce mardi, d’une attaque de grande envergure revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Cet assaut marque un tournant inquiétant pour le pays, alors que la capitale avait été relativement épargnée par la violence jihadiste ces dernières années, malgré la multiplication des attaques dans d’autres régions du Mali. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rapidement condamné ces événements, dénonçant une escalade de la violence jihadiste dans la région.

L’attaque a ciblé plusieurs points stratégiques, dont l’école de gendarmerie et l’aéroport militaire de Bamako, perturbant brièvement l’ordre dans la capitale. Les jihadistes ont même pris temporairement le contrôle d’une partie de l’aéroport, remettant en cause la stabilité sécuritaire que la junte militaire malienne prétendait avoir restaurée. Selon des sources officielles, l’assaut a causé des « pertes en vies humaines » parmi les élèves gendarmes, tandis que les forces maliennes, appuyées par des alliés russes du groupe Wagner, ont réussi à repousser les assaillants.

Cependant, les bilans de cette attaque restent flous. Alors que le gouvernement parle de pertes limitées, le GSIM revendique un bilan beaucoup plus lourd, évoquant des centaines de morts et de blessés parmi les forces maliennes et leurs alliés. Le groupe affirme également avoir détruit six avions militaires, information difficile à vérifier dans un contexte où l’accès à l’information est contrôlé par le régime militaire.

Cette attaque représente un revers majeur pour le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, qui avait récemment assuré que la situation sécuritaire au Mali s’était améliorée, en grande partie grâce à ses partenariats militaires avec la Russie. Le GSIM semble vouloir contredire ces affirmations en démontrant sa capacité à frapper au cœur de la capitale. L’incertitude persiste quant aux dégâts exacts subis, bien que des vidéos diffusées par le GSIM montrent ses combattants déambulant dans l’aéroport présidentiel et incendiant un avion officiel.

Face à ces événements, la CEDEAO a exprimé une « condamnation ferme » des attaques, soulignant la gravité de la situation sécuritaire dans la région sahélienne. Cette réaction intervient dans un contexte de tension avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays qui ont rompu leurs relations avec l’organisation en janvier dernier. Ces nations, toutes dirigées par des militaires après des coups d’État, accusent la CEDEAO de ne pas avoir su les soutenir dans leur lutte contre la menace jihadiste et de défendre les intérêts de l’ancienne puissance coloniale, la France.

Le gouvernement malien, de son côté, a minimisé l’ampleur des attaques, affirmant que la situation était désormais sous contrôle et que l’aéroport international Modibo-Keïta avait rouvert dès mardi après-midi. Cependant, la persistance des tirs tout au long de la journée de mardi et le flou entourant le bilan réel de l’attaque laissent planer des doutes sur la maîtrise effective de la situation par les autorités.

L’attaque intervient au lendemain de l’anniversaire de l’Alliance des États du Sahel, une organisation fondée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour contrer la menace terroriste. Le colonel Assimi Goïta avait, la veille de l’assaut, affirmé que cette alliance avait « considérablement affaibli » les groupes terroristes dans la région. Pourtant, l’audace du GSIM à Bamako semble indiquer que la menace jihadiste reste vivace et capable de frapper là où elle le souhaite, y compris dans la capitale.

Ce nouvel épisode met à mal la rhétorique de la junte malienne, qui assurait avoir renversé la tendance en matière de sécurité grâce à ses nouveaux partenariats internationaux, notamment avec la Russie et les mercenaires du groupe Wagner. Le GSIM, de son côté, cherche non seulement à revendiquer des succès militaires, mais aussi à se présenter comme un protecteur des populations locales, accusant la junte et ses alliés russes de commettre des exactions contre les civils musulmans.

Alors que la situation à Bamako semble revenir à la normale, avec la réouverture progressive de certaines routes et la reprise des activités autour de la gendarmerie, les conséquences à long terme de cette attaque restent incertaines. Le Mali, déjà en proie à une instabilité chronique, se trouve une nouvelle fois confronté à une menace jihadiste qui défie ses efforts pour restaurer l’ordre et la sécurité.

La question reste de savoir si cet événement marquera un tournant dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, ou s’il s’agit d’un épisode isolé dans une guerre qui semble sans fin.

La frontière mauritano-malienne sous tension : l’armée mauritanienne prête à défendre son territoire

Le porte-parole du gouvernement mauritanien, Nani Ould Chrouga, a exprimé jeudi des préoccupations quant à l’instabilité croissante le long de la frontière avec le Mali. Il a souligné les nombreux mouvements entre les groupes armés et l’armée malienne, mettant en lumière une situation potentiellement dangereuse pour la sécurité régionale.

L’armée mauritanienne, a-t-il affirmé, est entièrement préparée à défendre l’intégrité territoriale du pays, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Cette déclaration intervient après des attaques répétées contre des civils mauritaniens en territoire malien, ce qui a suscité une réaction ferme des autorités mauritaniennes.

Le gouvernement mauritanien suit la procédure internationale en matière d’incidents transfrontaliers, tout en soulignant sa détermination à protéger ses citoyens à l’étranger. Des démarches diplomatiques ont été entreprises, notamment la convocation de l’ambassadeur malien à Nouakchott pour protester contre les attaques contre des civils mauritaniens.

Le ministre mauritanien de la Défense s’est également rendu à Bamako pour discuter de solutions avec les autorités maliennes, soulignant l’importance de préserver les liens entre les deux pays. Toutefois, la gestion des frontières reste un défi, en particulier dans les zones où les frontières géographiques et démographiques se chevauchent.

Actuellement, le chef de l’état-major mauritanien des armées visite les unités déployées le long de la frontière avec le Mali, témoignant de l’importance accordée par les autorités à la surveillance et à la sécurité de cette zone sensible.

Face à une situation volatile et en évolution constante, la Mauritanie affirme sa détermination à protéger son territoire et ses citoyens, tout en cherchant des solutions diplomatiques pour apaiser les tensions le long de sa frontière avec le Mali.

L’Union africaine exhorte la junte militaire malienne à finaliser la transition politique

L’Union africaine (UA) a lancé samedi un appel pressant à la junte militaire au Mali pour qu’elle élabore une feuille de route visant à finaliser le processus de transition politique dans le pays. Cette intervention survient alors que les perspectives d’élections, qui devaient marquer le retour à un gouvernement civil, ont été reportées indéfiniment.

Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, nommé par les colonels qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020, a indiqué jeudi que des élections ne seraient organisées qu’une fois que la situation sécuritaire du pays serait stabilisée.

Cette déclaration fait suite aux critiques adressées aux militaires pour leur non-respect des engagements pris, notamment l’organisation d’élections présidentielles en février et le transfert du pouvoir à un gouvernement civil d’ici le 26 mars.

Avant cette annonce, les autorités maliennes avaient également suspendu les partis politiques et les associations à caractère politique, une décision vivement critiquée par l’UA. Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa « vive inquiétude » face à cette suspension, appelant les autorités de transition à reconsidérer cette décision et à travailler sur une feuille de route claire pour achever la transition.

Moussa Faki Mahamat a souligné que cette suspension « risque d’entraver la mise en œuvre d’un processus de transition inclusive » au Mali. Il a également réaffirmé la volonté de l’UA de collaborer avec les autorités de transition et toutes les parties prenantes maliennes pour rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays.

Il convient de rappeler que l’UA avait suspendu le Mali de ses institutions en juin 2021.

Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire, politique et humanitaire, aggravée par la propagation jihadiste. Les militaires au pouvoir depuis 2020 ont effectué un réalignement stratégique en rompant l’alliance avec la France, ancienne puissance dominante, pour se tourner vers la Russie sur les plans militaire et politique.

« Attaque en Mauritanie : Bilan tragique de l’incursion de l’armée malienne et de Wagner »

Une incursion menée par des soldats de l’armée malienne et des mercenaires russes du groupe Wagner sur le territoire mauritanien, le dimanche 7 avril, a laissé un lourd bilan humain, avec trois civils blessés par balles, selon des sources de RFI. L’opération, réalisée dans le cadre d’une lutte antiterroriste, s’est déroulée dans le village de Madallah, près de Fassala, dans la région du Hodh El Chargui, au sud-est de la Mauritanie.

L’objectif de cette incursion était de traquer des membres de la Katiba Macina du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans), affiliée à al-Qaïda. Selon des témoins locaux, les soldats maliens et les mercenaires russes ont franchi la frontière mauritanienne avant 10 heures du matin et ont immédiatement ouvert le feu dans le village de Madallah.

Trois jeunes civils circulant à moto ont été blessés lors de l’attaque, tandis que des habitations ont également été touchées par les tirs. Quatre individus ont été arrêtés et interrogés par les forces maliennes et Wagner avant d’être relâchés. Les autorités mauritaniennes ont ensuite dépêché des soldats sur place pour rassurer les habitants et les inciter à éviter cette zone frontalière à risque.

Une source sécuritaire malienne a confirmé que l’objectif de l’opération était de neutraliser des terroristes et qu’un nombre indéterminé de jihadistes auraient été tués au cours de l’opération. Cependant, les détails sur les pertes du côté mauritanien restent flous.

Cette incursion souligne les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de la région du Sahel, où les groupes terroristes opèrent librement à travers les frontières poreuses. La présence de mercenaires étrangers dans ces opérations soulève également des préoccupations quant à la coordination et à la transparence des efforts antiterroristes dans la région.

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