À l’heure de passer le témoin après huit années à la tête de la Cour des comptes, le président sortant, Mamadou Faye, affiche sa satisfaction quant au travail accompli durant son mandat. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le magistrat financier a dressé le bilan d’une institution qu’il estime profondément transformée et renforcée sur les plans organisationnel, technique et institutionnel.
Selon lui, la Cour des comptes a connu une évolution significative au cours des dernières années, tant dans son fonctionnement interne que dans sa capacité à exercer efficacement ses missions de contrôle des finances publiques. Il souligne que de nombreuses réformes ont été engagées pour améliorer les performances de l’institution et accroître sa crédibilité auprès des partenaires nationaux et internationaux.
« La Cour des comptes d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Beaucoup de changements ont été faits pour le bon fonctionnement de la Cour et renforcer son efficacité », a-t-il affirmé, mettant en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance, d’organisation et de reconnaissance internationale.
Interpellé sur le débat qui a entouré ces derniers mois la question de la supposée « dette cachée », révélée à travers certains commentaires du rapport de la Cour, Mamadou Faye a choisi de rester fidèle à son devoir de réserve. Refusant d’alimenter une controverse aux fortes résonances politiques, il a insisté sur le caractère strictement technique du travail effectué par les magistrats de l’institution.
Le président sortant a rappelé que les conclusions du rapport reposent exclusivement sur les méthodes de calcul et les normes habituellement utilisées par la Cour des comptes. À ses yeux, les interprétations politiques qui ont suivi la publication du document ne relèvent pas de la responsabilité de l’institution.
« Vous ne verrez pas, dans une page du rapport où c’est mentionné dette cachée », a-t-il précisé, soulignant que les observations formulées dans le rapport doivent être lues à travers le prisme de l’analyse financière et comptable qui guide le travail de la Cour.
Concernant la transition à la tête de l’institution, Mamadou Faye a indiqué que le rapport général public de l’année 2024 a déjà été finalisé et transmis aux autorités compétentes. La publication officielle de ce document n’attend désormais que les procédures administratives requises.
Le magistrat a également profité de cette occasion pour exprimer sa confiance envers son successeur, Abdoul Madjid Guèye, appelé à prendre les rênes de la Cour des comptes dans un contexte marqué par des attentes croissantes en matière de transparence et de reddition des comptes.
Selon lui, le nouveau président dispose de tous les atouts nécessaires pour poursuivre la dynamique engagée et renforcer davantage l’institution. Il a salué son expérience, son professionnalisme et sa parfaite connaissance des rouages de la juridiction financière.
« Mon successeur a toutes les qualités requises pour occuper ce poste. Il a l’ancienneté, il a les compétences et le professionnalisme pour vraiment remplir ses fonctions et faire avancer cette Cour plus que je ne l’ai fait », a déclaré Mamadou Faye.