Nouveau programme avec le FMI : comment négocier en position de faiblesse Par Mamadou Sy Tounkara

Le Fonds monétaire international (FMI) a attendu en vain les preuves promises par le gouvernement sénégalais sur la supposée « dette cachée ». Un an après, aucune pièce tangible n’a été produite. Rien ne nous a été donné non plus, à nous citoyens, même pas le bulletin statistique de la dette, encore moins le rapport du cabinet Forvis-Mazars. De guerre lasse, le Fonds a fini par classer cette affaire dans la catégorie « politique-fiction ». Ce tournant est lourd de conséquences : désormais, les discussions entre le Sénégal et le FMI s’ouvrent dans un contexte de crédibilité affaiblie.


La fin d’un récit politique
Pendant des mois, le débat public s’est focalisé sur la « dette cachée », avec des accusations spectaculaires, des déclarations enflammées et une bataille de communication aux résonances politiques. Mais le temps a joué contre ceux qui ont brandi ces accusations sans preuves. Le FMI, qui a une mémoire longue, n’oublie pas qu’il a été publiquement accusé d’avoir été floué ou fermé les yeux sur des pratiques comptables frauduleuses.
Aujourd’hui, le vocabulaire a changé. Le gouvernement comme le FMI parlent désormais de « misreporting », c’est-à-dire de déclarations erronées — une formulation bien moins explosive que dette cachée, « hidden debt ». Mais la trace de la polémique demeure, et elle pèsera sur la table des négociations.


Une position de faiblesse assumée… ou subie
Négocier avec le FMI est déjà difficile en temps normal. Le faire après une telle séquence revient à entrer dans la pièce avec un désavantage stratégique.
Le Sénégal a besoin de financement, le FMI détient une partie des clés de cet accès, et la confiance a été entamée. Dans ces conditions, le rapport de force penche naturellement en faveur du Fonds, qui saura imposer ses conditions — sous couvert de rigueur macroéconomique.
Le FMI ne négocie pas comme un partenaire politique
Le FMI n’est pas une organisation humanitaire. C’est une institution financière, dont la mission est de garantir la stabilité macroéconomique et de sécuriser les flux de remboursement. Dans son logiciel, il n’y a qu’un levier principal : l’ajustement.


Cela signifie concrètement :
• des réductions de subventions sur les produits de base, l’énergie et les carburants,
• un resserrement des filets sociaux, souvent considérés comme des dépenses « inefficaces »,
• une accélération des réformes structurelles avec des coûts sociaux à court terme.
Ce n’est ni une surprise ni une injustice : c’est simplement la logique de l’institution.
Reprendre l’initiative
Être en position de faiblesse ne signifie pas être sans leviers. Pour ne pas subir un programme « prêt-à-porter » taillé par Washington, le Sénégal doit reprendre l’initiative. Cela suppose :
• une communication claire et transparente sur l’état réel des finances publiques,
• une stratégie de négociation articulée autour de priorités sociales intangibles,
• une mobilisation diplomatique auprès des bailleurs non-FMI pour élargir la marge de manœuvre,
• et surtout, une posture politique ferme et crédible.
Car l’austérité imposée d’en haut n’a jamais permis de construire une économie durable. Elle génère frustrations et conflits sociaux.


Le choix de la dignité économique
Le Sénégal n’a pas intérêt à s’enfermer dans une posture de confrontation, mais il n’a pas non plus intérêt à céder sur l’essentiel. Le remboursement de la dette restera une obligation, mais il ne doit pas devenir une obsession qui écrase la souveraineté économique.
Il est temps que le pays négocie en adulte, avec lucidité, discipline et vision stratégique. La dignité économique ne se proclame pas : elle se défend à la table des négociations.
La dette cachée n’a jamais existé. La confiance, elle, s’est bel et bien effritée.
La bataille qui s’ouvre avec le FMI ne sera pas idéologique, mais technique et politique. Et c’est là que se jouera une partie de la souveraineté économique du Sénégal pour la génération à venir.


Mamadou Sy Tounkara

Cybersécurité : Mamadou Sy Tounkara rentre chez lui après son audition

Le chroniqueur politique Mamadou Sy Tounkara a finalement regagné son domicile après avoir été entendu ce mardi par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). L’information a été confirmée par son avocat, Me El Hadji Diouf, qui s’est félicité de la libération de son client à l’issue de plusieurs heures d’audition.

Selon Me Diouf, cette convocation s’inscrivait dans le cadre d’une enquête ouverte sur la diffusion présumée d’une fausse nouvelle concernant la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Le chroniqueur, connu pour ses prises de position tranchées et ses analyses souvent polémiques sur la vie politique nationale, avait récemment commenté ce sujet sensible dans une publication qui a suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux.

L’affaire intervient dans un contexte où la régulation de l’espace numérique reste au cœur des préoccupations des autorités sénégalaises. La Division spéciale de la cybersécurité, placée sous l’autorité de la Police nationale, est régulièrement saisie pour enquêter sur des affaires de cybercriminalité, allant des arnaques en ligne aux publications jugées attentatoires à l’ordre public. Le dossier concernant Tounkara relance ainsi le débat sur la frontière entre liberté d’expression, responsabilité des chroniqueurs publics et lutte contre la désinformation.

Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été annoncée. Mais selon son avocat, Mamadou Sy Tounkara « reste disponible pour répondre à toute convocation des enquêteurs » et entend continuer son travail d’analyste politique. De leur côté, ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et rappellent que la liberté d’expression est protégée par la Constitution.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°544 – 26/08/2025

🔴 ÉLECTION D’ABASS FALL À LA MAIRIE DE DAKAR : « QUI A TRAHI ? » S’INTERROGE BOUGANE
🔴 MAMADOU SY TOUNKARA CONVOQUÉ À LA DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ : UNE CHASSE AUX VOIX DISCORDANTES ?

🔴 ÉLECTION D’ABDOULAYE FALL À LA TÊTE DE LA FSF : MADY TOURÉ DÉPOSE UN RECOURS
🔴 PHASES NATIONALES 2025 (8ES) : CAMPEMENT GUINGUINÉO SURCLASSE BOKK JOM

Le Sénégal, prison à ciel ouvert pour Mansour Faye, par Mamadou Sy Tounkara

Mansour Faye, ancien ministre de la République du Sénégal et beau-frère de l’ancien Président Macky Sall, est interdit de sortie du territoire sénégalais malgré une ordonnance de la Cour suprême le rétablissant dans ses droits constitutionnels d’aller et venir comme bon lui semble. Une grande première!

Le Sénégal est, ainsi, une prison à ciel ouvert pour lui.

Que lui reproche t-on? Rien! Il n’y a aucune enquête ni poursuite judiciaire connue à son encontre.

Qui l’empêche de sortir? Une « autorité supérieure », lui dit la Police aux frontières. Cette autorité supérieure ne peut être que le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre ou le président de la République.

Y a t-il un complot contre lui? Vraisemblablement, oui.

A quelle fin? Faire mal à l’ancien régime et, in fine, à l’ancien Président Macky Sall, ennemi juré.

Cette interdiction de sortie du territoire entérine les propos du Premier ministre : « le gatsa-gatsa est de retour ». Il n’était jamais parti nulle part.

Il serait intéressant de connaître l’avis des universitaires, des défenseurs de Droits de l’Homme et de la société civile qui étaient si virulents à l’encontre du pouvoir de Macky Sall, meilleur président en Afrique ces dix dernières années.

L’Etat de droit, c’est quand l’Etat respecte le Droit, se plie aux lois et règlements en vigueur, s’en tient aux décisions de justice.

La haine et la méchanceté ne sont pas bonnes conseillères pour n’importe quel régime, passager par essence.

Mamadou Sy Tounkara

Comment faire plus et mieux que Macky Sall (par Mamadou Sy Tounkara)

Pendant les douze années de l’ère Macky Sall, le Sénégal a connu des avancées spectaculaires dans nombre de domaines. Notre taux de croissance a été stable à une moyenne de 5%. Notre Produit intérieur brut (PIB) est passé de 10.000 à 16.0000 milliards FCFA (+60%) entre 2012 et 2023, alors que le budget national a bondi de 2.400 à 7.000 milliards FCFA (+291%).

Dans le même temps, les Investissements directs étrangers (IDE) ont été quasiment décuplés, passant de 166 à 1560 milliards FCFA (+939%). Nous sommes tout proches de l’accès universel à l’eau potable et à l’électricité (95% tous les deux) alors qu’on en était à 30% et 56 % respectivement en 2011. Plus de mille milliards ont été investis dans l’assainissement. 

Les infrastructures ont été particulièrement bien servies. Pistes, routes, autoroutes, aéroports, gares, ponts, avions, trains, bus, stades, écoles, universités, mosquées, hôpitaux sont là, achevés, palpables, mesurables. Notre Bus Rapid Transit (BRT) a même été élu « Meilleur Projet en Afrique en 2024 »; Notre Train Express Régional (TER) hybride est unique au monde; une ville nouvelle fonctionnelle (Diamniadio) est sortie de terre. Tous les salaires des fonctionnaires et toutes les pensions de retraite ont été revalorisés. Sur le plan culturel, le cinéma (enveloppe du FOPICA doublée), les cultures urbaines et les industries créatives ont été bien servis. Les investissements dans la revivification de l’apprentissage du Coran, 10 milliards pour ériger 64 Daara modernes, et la modernisation des cités religieuses sont aussi notables. Il y a maintenant une Journée nationale du Daara ayant comme point d’orgue le concours international de récital du Coran doté du Grand prix du président de la République, depuis 2022. 

Les Forces de défense et de sécurité ont été équipées comme jamais auparavant, avec un clin d’œil appuyé aux sapeurs-pompiers qui peuvent prépositionner camions, voitures et motos d’intervention rapide en cas d’accident ou de sinistre. Sur le plan social, hormis les appuis spéciaux, ponctuels ou exceptionnels, les « Bourses familiales » ont permis de réduire la pauvreté monétaire de 42 à 37%; le « Plan Sésame » pour les personnes du troisième âge et la Couverture médicale universelle pour les 0-5 ans consacrent la gratuité des soins médicaux pour ces deux catégories vulnérables. Toutes ces réalisations, agrégées bout à bout, font du Sénégal le pays qui a le plus et le mieux progressé en Afrique ces dix dernières années. Nous sommes classés parmi les 20 pays qui ont le mieux performé dans le monde en 2023 et deuxième en Afrique pour la croissance projetée en 2024. Qui dit mieux? Il sera difficile de faire plus et mieux que Macky Sall sur l’économie, le social et les infrastructures pendant les dix prochaines années. Difficile mais pas impossible. Il y a de grandes marges de progression sur la Jeunesse, l’Emploi et la Citoyenneté. 

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