Affaire Madiambal Diagne : le ministère de l’Intérieur annonce un mandat d’arrêt international et relève deux hauts responsables de la sécurité

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a publié, ce vendredi 26 septembre 2025, un communiqué officiel confirmant la fuite du journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne. L’homme de presse, visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par une autorité judiciaire, a quitté le Sénégal dans la nuit du 23 au 24 septembre via l’aéroport international Blaise Diagne. Les circonstances de ce départ, malgré les instructions de vigilance adressées aux services de sécurité, restent encore inexpliquées.

Selon le communiqué, des consignes strictes avaient pourtant été données pour empêcher le voyage de l’intéressé, mais celui-ci a réussi à embarquer à bord d’un vol sans que les mesures d’opposition ne soient appliquées. Face à cette situation jugée grave, une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les conditions exactes de la sortie de Madiambal Diagne et d’identifier d’éventuelles complicités ou manquements.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministre de l’Intérieur a pris une décision conservatoire en relevant de leurs fonctions les responsables de deux structures directement concernées : le chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et celui du Commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne. Le communiqué précise que si des responsabilités sont établies, des sanctions appropriées seront appliquées contre les agents fautifs.

En parallèle, le ministère indique que le président du Collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier a émis, ce vendredi même, un mandat d’arrêt international à l’encontre de Madiambal Diagne. Cette décision ouvre la voie à une coopération avec les autorités étrangères pour localiser, interpeller et, le cas échéant, extrader le journaliste afin qu’il réponde devant la justice sénégalaise.

Le texte insiste également sur les principes fondamentaux qui doivent encadrer ce dossier sensible. Le ministère rappelle son attachement au respect des décisions judiciaires, à la transparence dans la gestion des affaires publiques et à la présomption d’innocence, soulignant qu’aucune condamnation ne peut être retenue sans un jugement définitif.

L’affaire Madiambal Diagne, déjà au centre de l’attention en raison des soupçons portant sur des transactions financières estimées à plusieurs milliards de francs CFA, prend désormais une dimension plus large avec l’émission d’un mandat d’arrêt international et la mise en cause de responsables sécuritaires. Elle met en lumière les failles dans le dispositif de contrôle aux frontières et place les autorités face à un double défi : retrouver le fugitif et restaurer la confiance dans l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

Affaire Premier Bet : deux mandats d’amener décernés, un mandat d’arrêt international en vue

L’affaire Premier Bet connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon les révélations du journal Libération, le juge du 3e cabinet financier a officiellement activé la Division des investigations criminelles (DIC) pour l’exécution de deux mandats d’amener émis contre Joris Dutel et Frank Attal, deux figures centrales dans ce dossier de blanchiment de capitaux présumé.

Ces derniers sont cités dans une procédure lourde de conséquences, déclenchée à la suite du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce document avait mis en lumière de sérieux soupçons de fraude fiscale, de blanchiment d’argent, de conflits d’intérêts et d’abus de biens sociaux au sein de Premier Bet Sénégal, société détenue par le groupe Editec.

Déjà impliqué dans une autre affaire de fraude fiscale en cours devant le même cabinet, Joris Dutel fait l’objet d’un placement sous bracelet électronique. C’est justement ce dispositif qui l’a contraint à anticiper la mesure du juge. Il s’est donc présenté de lui-même devant le magistrat instructeur, accompagné de ses avocats, arguant de son impossibilité matérielle de fuir le territoire en raison du contrôle judiciaire strict auquel il est soumis. Son inculpation dans le dossier Premier Bet est d’ores et déjà prévue pour la semaine prochaine.

En revanche, la situation est bien différente pour Frank Attal. Les vérifications menées par la police judiciaire ont confirmé qu’il n’a plus foulé le sol sénégalais depuis octobre 2019. Cette absence prolongée pourrait précipiter l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, une option désormais à l’étude dans les bureaux du juge en charge du dossier.

Le parquet financier avait saisi la justice à la suite du rapport accablant de la Centif, demandant l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment de capitaux à travers des pratiques de conflits d’intérêts, de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux. Le dossier est depuis entre les mains du juge du 3e cabinet, qui accélère visiblement la cadence des procédures.

Ce développement marque un durcissement dans la gestion de ce dossier emblématique, alors que les montages financiers et les pratiques de gestion de Premier Bet sont désormais scrutés sous l’angle de la criminalité économique organisée. Reste à savoir si la coopération judiciaire internationale permettra de mettre la main sur Frank Attal, dont le rôle semble aussi déterminant que celui de Dutel dans cette affaire aux ramifications transnationales.

Mandat d’arrêt international émis contre Habib Yérim Sow et Yigo Faly Thiam : deux hommes d’affaires sénégalais parmi les fugitifs les plus recherchés au Bénin

Le ministère de la Justice et de la Législation de la République du Bénin a récemment émis un mandat d’arrêt international contre l’homme d’affaires sénégalais Habib Yérim Sow et son collaborateur Yigo Faly Thiam. Ces derniers occupent respectivement la troisième et la deuxième place sur la liste des fugitifs les plus recherchés par les autorités béninoises.

Les deux hommes ont été jugés le 23 décembre 2021 par le tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou pour une série de graves infractions financières. Les accusations portées contre eux incluent l’escroquerie, la surévaluation frauduleuse d’apports en nature ainsi que le non-établissement d’états financiers, des pratiques qui ont causé des préjudices économiques significatifs. Reconnaissant leur culpabilité, le tribunal les a condamnés à une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme.

Après des mois d’enquêtes et de procédures judiciaires complexes, les autorités béninoises ont confirmé cette condamnation, accompagnée de l’émission du mandat d’arrêt international. Ce développement met en lumière l’importance de cette affaire, qui reflète la volonté du Bénin de lutter fermement contre les crimes économiques et financiers.

Les faits reprochés à Habib Yérim Sow et Yigo Faly Thiam ne se limitent pas à des violations mineures. Les autorités béninoises ont souligné l’impact considérable de leurs actions sur l’économie nationale et les investisseurs. Les deux hommes d’affaires sont accusés d’avoir participé à des pratiques frauduleuses dans des transactions complexes, sapant ainsi la confiance dans les institutions financières locales.

En occupant des places élevées sur la liste des fugitifs du Bénin, Habib Yérim Sow et Yigo Faly Thiam sont devenus des cibles prioritaires pour les autorités béninoises. Grâce à ce mandat d’arrêt international, les deux hommes sont désormais sous le radar des agences de police à travers le monde, en collaboration avec Interpol et d’autres organismes internationaux.

Ce mandat d’arrêt et la médiatisation de cette affaire montrent la détermination du Bénin à combattre les délits économiques, quel que soit le statut des personnes impliquées. Les autorités espèrent ainsi envoyer un signal fort, affirmant que les crimes économiques ne resteront pas impunis.

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