Crise sociale dans la santé : And Gueusseum-SATSUS décrète une grève de 72 heures et annonce une marche nationale

La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.

Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.

And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.

Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.

La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.

Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.

Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.

Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.

Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.

Ferraille au Sénégal : colère contre l’importation massive de fer chinois, les acteurs du secteur annoncent une marche nationale

La tension monte dans le secteur de la ferraille au Sénégal. Réunis à Pikine jeudi dernier, les membres de l’Association des ferrailleurs du Sénégal ont tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils jugent de plus en plus intenable. En ligne de mire : l’importation massive de billettes de fer en provenance de Chine, perçue comme une véritable menace pour l’avenir de l’industrie locale. Pour exprimer leur colère, ces acteurs du secteur prévoient d’organiser une marche nationale le 25 septembre 2025.

Selon leur président, les billettes de fer chinoises inondent le marché sénégalais, provoquant une concurrence déloyale à laquelle les ferrailleurs locaux ne peuvent faire face. « Cela entraîne des pertes importantes pour les ferrailleurs et menace leur survie », a-t-il affirmé, appelant les autorités à agir rapidement. Le collectif réclame un encadrement strict de ces importations à travers l’instauration de droits de douane, de quotas ou de barrières réglementaires, afin de préserver l’industrie nationale.

Parallèlement, les ferrailleurs demandent l’ouverture de l’exportation de l’aluminium et de la fonte, aujourd’hui soumise à restriction. Pour eux, cette ouverture devrait s’accompagner d’une évaluation régulière des capacités industrielles locales afin d’éviter toute perturbation du tissu économique national. « Si nécessaire, il faudra refermer cette exportation pour protéger l’industrie locale », ont-ils précisé, montrant ainsi qu’ils ne sont pas opposés à une régulation, mais souhaitent une gestion plus équilibrée et inclusive du secteur.

Autre revendication majeure : la mise en place d’un mécanisme de fixation des prix pour les matériaux collectés. Face aux fluctuations imprévisibles du marché international, les ferrailleurs sénégalais se retrouvent régulièrement dans une situation de précarité. Ils plaident donc pour un système de prix plancher ou de subventions ciblées afin de garantir la stabilité de leurs revenus et la viabilité de leurs activités.

À cette crise économique s’ajoute un problème de bons impayés, évoqué avec insistance par le président de l’association. Plusieurs ferrailleurs peinent à percevoir le paiement de leur marchandise livrée aux industries métallurgiques locales. Cette situation rappelle, selon lui, la crise de la filière arachidière, où de nombreux producteurs avaient été laissés pour compte. Il appelle ainsi l’État à intervenir rapidement, notamment par des prêts ou subventions en faveur des industries, pour leur permettre d’honorer leurs engagements envers les collecteurs de ferraille.

Les ferrailleurs redoutent une paralysie du tissu industriel local, notamment des petites et moyennes entreprises de transformation, si rien n’est fait pour freiner l’afflux de fer importé. À travers leur mobilisation prévue le 25 septembre, ils espèrent attirer l’attention du gouvernement sur les risques économiques, sociaux et stratégiques liés à la désorganisation du secteur.

Cette situation soulève également des questions sur la politique industrielle du Sénégal en matière de souveraineté économique. Alors que le pays cherche à se positionner comme un acteur majeur dans la transformation locale de ses ressources, la dépendance aux importations dans un secteur aussi stratégique que la métallurgie interpelle. L’appel lancé par les ferrailleurs ne porte donc pas seulement sur des revendications économiques, mais aussi sur un plaidoyer en faveur d’une industrie nationale forte, protégée et soutenue.

Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour répondre à ces préoccupations, à la veille d’un mouvement de protestation qui pourrait donner un écho plus large au ras-le-bol social latent dans plusieurs secteurs productifs.

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