Assemblée nationale – Loi de Finances Rectificative 2025 : Me Aïssata Tall Sall charge le ministre des Finances

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, la présidente du groupe parlementaire “Liberté, Démocratie et Changement”, Me Aïssata Tall Sall, n’a pas mâché ses mots. Face au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a livré une critique rigoureuse de la stratégie budgétaire du gouvernement, pointant des incohérences dans les prévisions de recettes et la gestion des dépenses.

Prenant la parole devant l’hémicycle, Me Aïssata Tall Sall s’est inquiétée d’un écart jugé préoccupant entre les prévisions de la Loi de Finances initiale (LFI) et celles proposées dans la LFR 2025. Selon elle, l’État chercherait à combler un manque de 1 140 milliards FCFA, sans apporter de garanties solides quant aux sources de financement.

« Où trouvez-vous l’argent, Monsieur le ministre ? », a-t-elle lancé, dénonçant des mesures “peu fiables” pour combler le gap budgétaire.

La députée a aussi mis en lumière une contradiction apparente dans le discours du gouvernement : d’un côté, une promesse de rationalisation des dépenses, de l’autre, une hausse importante de la pression fiscale prévue pour atteindre 20 % d’ici 2025.

« Vous dites que c’est pour un taux de 0,5 % que vous avez accepté de doubler les dépenses du budget général. Ensuite, vous parlez de mobiliser les ressources… mais en quoi consiste cette mobilisation ? En une augmentation de la pression fiscale ! », s’est-elle insurgée.

Pour l’élue, cette hausse brutale pèserait lourdement sur les ménages et les entreprises dans un contexte économique déjà tendu.

Poursuivant son argumentaire, Me Aïssata Tall Sall a remis en cause la cohérence des projections macroéconomiques présentées par le ministère. Elle a notamment souligné une contradiction entre les prévisions du déficit budgétaire dans le Plan national de développement (annoncé à 3 % en 2025 puis en 2029) et celles de la LFR.

« Il y a un réel problème avec les chiffres. Je vous l’ai dit la dernière fois. Ces incohérences sapent la crédibilité des documents budgétaires que vous nous soumettez », a-t-elle martelé.

Au-delà de la critique technique, l’intervention de Me Aïssata Tall Sall sonne comme une mise en garde politique. À travers son ton ferme et sa connaissance des dossiers, elle appelle à une plus grande rigueur dans la gestion des finances publiques, tout en s’érigeant en vigie face à un exécutif qu’elle accuse de manquer de transparence et de cohérence.

Alors que le pays traverse une période de redressement économique post-crise et de transition politique, ces alertes ne manqueront pas de nourrir le débat parlementaire sur la viabilité de la trajectoire budgétaire du Sénégal.

Révision constitutionnelle : Me Aïssata Tall Sall défend le rôle du CESE et du HCCT

Lors de la séance plénière portant sur le projet de loi de révision de la Constitution, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, a pris position contre l’idée de supprimer le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT).

Dans son intervention, la parlementaire a exprimé ses interrogations face à une éventuelle décision gouvernementale visant à supprimer ces institutions. « Si le Président, si le Gouvernement pense que le Conseil économique, social et environnemental n’est pas nécessaire, doit-il aller sauver les patrons ? Car ce sont les patrons, ce sont les capitaines d’industrie, les travailleurs professionnels qui dialoguent avec le Président, le Gouvernement », a-t-elle déclaré.

Me Aïssata Tall Sall a également souligné l’importance de telles structures dans le paysage institutionnel des démocraties modernes. Selon elle, le CESE est une plateforme essentielle de dialogue, de discussion et de proposition entre les différents acteurs économiques, sociaux et territoriaux. « Sachez que dans toutes les démocraties du monde, vous trouverez une telle institution », a-t-elle martelé, insistant sur le rôle fondamental du CESE en tant que chambre de concertation.

Dans un contexte marqué par des débats sur l’efficacité et le coût des institutions, l’intervention de Me Aïssata Tall Sall met en lumière la nécessité de préserver ces instances comme espaces de collaboration entre l’État, les acteurs économiques et les collectivités. Reste à savoir si cet argument suffira à dissuader le gouvernement d’opérer des changements structurels majeurs.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°229 – du 22/07/2024

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