SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : La banque Santander tranche en faveur d’AEE POWER SÉNÉGAL et appelle à une médiation

Le scandale présumé de l’« ASER-GATE » connaît un nouveau rebondissement avec l’intervention de la banque Santander. Dans une correspondance adressée aux autorités sénégalaises, l’institution bancaire confirme la suspension temporaire du financement du projet d’électrification rurale, tout en préconisant une médiation entre les parties prenantes. Par ailleurs, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, attestant son rôle d’initiateur du projet.

À en croire le journal Libération du 11 octobre 2024, un courrier adressé à la direction générale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) par l’Agence espagnole de crédit à l’exportation (Cesce) a démenti avoir suspendu le financement du projet d’AEE Power Espagne, contrairement aux éléments contenus dans la décision de l’Autorité de régulation des marchés publics (Arcop). Pourtant, dans une lettre du 26 décembre 2024 adressée au ministre secrétaire général du gouvernement, Al Aminou Lo, le directeur exécutif de la banque Santander, Antonio Sala, a confirmé que, « conjointement avec l’Agence de Crédit à l’Exportation Espagnole (CESCE), [la suspension temporaire] du financement [a été décidée] jusqu’à ce que le conflit entre les parties soit résolu de manière satisfaisante, conformément à la législation sénégalaise des marchés publics ».
Dans ce contexte, la banque espagnole insiste sur la nécessité d’une rencontre diligentée par le Gouvernement entre l’Aser, l’Arcop, AEE Power Sénégal et AEE Power EPC afin de négocier et parvenir à un accord. D’après l’institution financière, cette discussion permettra de débloquer le litige en cours et la situation actuelle. La banque Santander, principal bailleur du projet d’électrification de plus de 1 500 villages dans les régions de Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda, propose ainsi une médiation du gouvernement pour faciliter ces discussions et aboutir à une solution pérenne.
La banque Santander ne s’arrête pas là. Dans la même missive, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, précisant : « il convient de noter, comme précisé lors de l’audience que vous avez bien voulu nous accorder, que la participation de notre banque à ce projet est le résultat des efforts déployés par le représentant légal de AEE POWER SENEGAL S.A., qui est un partenaire privilégié de notre banque à travers des projets au Sénégal et dans la sous-région, qui se déroulent de manière satisfaisante et dans les délais impartis. » Ce passage de la lettre vient confirmer le rôle d’initiateur du projet joué par l’entreprise de Saidou Kane.
Et pourtant, malgré ces précisions, les autorités sénégalaises semblent ignorer les allégations de la banque espagnole, qui a décidé, pour le moment, de bloquer les décaissements en attendant qu’un accord à l’amiable soit trouvé.

ÉPISODES JUDICIAIRES

Le 21 novembre 2024, la Cour suprême, saisie par l’Aser pour annuler la suspension des travaux imposée par l’Arcop, a débouté l’ASER et ordonné le maintien de l’arrêt du projet d’électrification rurale.
Face à cette décision, les services de Jean-Michel Sène ont introduit une demande de rétractation. À la surprise générale, à quelques tours d’horloge du procès, un changement inattendu de la composition de la Cour suprême en charge du dossier est intervenu. Ce remaniement a alimenté les spéculations. Nombreux étaient ceux qui ne furent pas étonnés lorsque, sous cette nouvelle composition, la Cour suprême a rejeté la demande de suspension du projet de l’Arcop, donnant ainsi le feu vert à l’Aser qui refuse jusqu’à présent de fournir à l’Arcop la documentation demandée.
Le juge des Référés a justifié ce revirement du 21 février 2025 par « l’intérêt public », bien que, lors de l’audience, l’Avocat général, s’alignant sur la position d’AEE Power Sénégal, ait estimé qu’aucune circonstance nouvelle ne justifiait une rétractation et que l’urgence invoquée par l’Aser n’était pas fondée.

La Dakaroise

Conflit en RDC : le président Diomaye Faye propose sa médiation

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, s’engage activement dans la recherche d’une solution au conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un contexte de tensions accrues, marquées par l’avancée des rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise aux abords de Goma, le chef de l’État sénégalais a pris l’initiative de contacter ses homologues congolais et rwandais pour favoriser un dialogue constructif.

Sur son compte X (anciennement Twitter), le président Diomaye Faye a révélé avoir eu des « entretiens téléphoniques fructueux » avec ses homologues Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda). Il a insisté sur l’importance d’explorer les pistes d’un dialogue franc pour parvenir à une paix durable dans la région.

Le président sénégalais a également souligné que « le Sénégal reste engagé en faveur de la stabilité et de la sécurité en Afrique et dans le monde ». Cette déclaration s’inscrit dans une tradition diplomatique où Dakar a souvent joué un rôle de médiateur sur le continent.

Le conflit à l’Est de la RDC est une crise majeure qui implique des acteurs locaux et internationaux. Depuis plusieurs années, la région du Kivu est le théâtre d’affrontements entre les forces congolaises et les rebelles du M23, accusés d’être soutenus par Kigali. Cette situation a conduit à une montée des tensions entre Kinshasa et Kigali, suscitant des inquiétudes sur un risque d’escalade régionale.

Face à cette crise, plusieurs tentatives de médiation ont déjà été entreprises, notamment par l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’Est, mais sans parvenir à une désescalade durable.

L’initiative du président Diomaye Faye marque une volonté de Dakar de s’impliquer davantage dans les dossiers de paix et de sécurité sur le continent. Toutefois, la réussite de cette médiation dépendra de la volonté des parties en conflit à s’engager sincèrement dans un processus de dialogue.

Si le Sénégal n’a pas d’intérêts directs dans cette crise, son rôle neutre pourrait être un atout pour favoriser des discussions équilibrées. Reste à savoir si cette tentative de médiation pourra aboutir à des avancées concrètes dans la résolution de ce conflit complexe.

En affichant son engagement diplomatique, le président sénégalais inscrit son mandat dans une approche proactive de la politique africaine. Sa démarche pourrait également renforcer la position du Sénégal sur la scène internationale comme un acteur clé dans la gestion des crises africaines.

Sénégal : Une médiation cruciale pour l’avenir économique et géopolitique

La situation géopolitique en Afrique de l’Ouest connaît un nouveau tournant décisif. Le professeur Abdoulaye Bathily, déjà connu pour ses interventions en Libye, est de nouveau sollicité pour une mission de médiation délicate entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative est portée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a déclaré : « J’ai pu convaincre le professeur Abdoulaye Bathily d’être mon Envoyé spécial, pas seulement sur cette mission de médiation dans laquelle la CEDEAO m’a impliqué, mais aussi sur d’autres pour lesquelles j’aurai besoin de son expérience, de sa respectabilité et de sa stature. »

Les enjeux pour le Sénégal sont colossaux. Le dernier rapport de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, intitulé « Perspectives de développement en Afrique de l’Ouest : Renforcer la résilience face aux chocs récurrents », met en lumière les risques économiques pour le pays en cas d’échec de cette médiation. En effet, les exportations sénégalaises vers la région sahélienne pourraient être gravement affectées si le Burkina Faso, le Mali et le Niger mettent en œuvre leur décision de quitter la CEDEAO.

L’impact potentiel de ces ruptures économiques est alarmant. Le rapport souligne également un autre risque majeur : le retard dans la production de pétrole à partir des nouveaux champs, ce qui pourrait considérablement diminuer les perspectives de croissance économique du Sénégal. À cela s’ajoute la hausse persistante des prix du pétrole brut, qui bien que bénéfique en termes de recettes, menace sérieusement le secteur en raison de l’augmentation des coûts de production.

Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations des raffineries russes suite aux attaques ukrainiennes exacerbent cette situation déjà fragile. Ces événements mondiaux ont un impact direct et négatif sur les économies d’Afrique de l’Ouest, aggravant les incertitudes économiques auxquelles le Sénégal doit faire face.

Face à ces défis, la mission de médiation du professeur Abdoulaye Bathily revêt une importance capitale. Sa capacité à naviguer dans ce contexte complexe et à trouver des solutions diplomatiques pourrait être déterminante pour l’avenir économique et politique du Sénégal et de la région. Le succès de cette mission pourrait non seulement stabiliser les relations entre la CEDEAO et l’AES, mais aussi renforcer la résilience économique du Sénégal face aux chocs externes récurrents.

La communauté internationale et les observateurs régionaux suivront de près cette médiation, dont les résultats auront des répercussions profondes sur la stabilité et la prospérité de l’Afrique de l’Ouest.

Pape Alé Niang : Un médiateur clé entre pouvoir et opposition au Sénégal

Depuis sa nomination en tant que directeur général de la RTS (Radiodiffusion Télévision Sénégalaise), Pape Alé Niang semble avoir pris une nouvelle mission à cœur : celle de faciliter le dialogue entre le pouvoir et l’opposition, dans un contexte marqué par des relations parfois tendues.

Selon les révélations de la revue quotidienne « Confidentielle Dakar », Pape Alé Niang s’est engagé activement en tant que médiateur discret mais efficace, cherchant à atténuer les frictions politiques pour le bien-être supérieur du pays. Sa démarche se manifeste notamment par des rencontres stratégiques, comme celle récente avec l’ancien Premier ministre et figure de l’opposition, Amadou Bâ, chez lui aux Almadies. Cette rencontre, sollicitée par Amadou Bâ lui-même, a duré plus d’une heure, marquant un pas significatif vers des relations plus constructives entre les parties.

Bien que Pape Alé Niang ait été emprisonné à plusieurs reprises sous l’administration de Macky Sall, il a adopté une approche résolument non rancunière, privilégiant la résolution des conflits par le dialogue plutôt que par la confrontation. Sa position de médiateur informel est perçue comme cruciale pour prévenir les tensions futures entre le nouveau régime et l’opposition, jouant ainsi un rôle similaire à celui de son mentor regretté, Babacar Touré, figure emblématique du journalisme sénégalais.

Outre ses efforts de médiation politique, Pape Alé Niang a également exprimé des préoccupations concernant la liberté de la presse au Sénégal, en conseillant aux nouvelles autorités de trouver des solutions équitables aux défis liés aux impôts dans ce secteur vital pour la démocratie.

En conclusion, Pape Alé Niang incarne un nouveau chapitre de sa carrière en tant que pacificateur et facilitateur de la gouvernance apaisée, cherchant à construire des ponts là où d’autres pourraient ériger des murs. Son engagement en faveur de la réconciliation et du dialogue continuera probablement de façonner le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.

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