Passation de service au ministère de l’Enseignement supérieur : Boubacar Camara prend les rênes d’un secteur en pleine mutation

La passation de service entre le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, et son prédécesseur, Daouda Ngom, s’est tenue ce jeudi matin dans une atmosphère empreinte de sobriété et de responsabilité. Cette cérémonie officielle marque le transfert des charges à la tête d’un département stratégique pour l’avenir du Sénégal, au cœur des politiques de formation, de recherche scientifique et d’innovation.

Organisée en présence des principaux responsables administratifs du ministère, des directeurs généraux, des recteurs d’université ainsi que de plusieurs acteurs du monde académique, la rencontre a symbolisé la continuité de l’action publique dans un secteur confronté à de nombreux défis. Le passage de témoin intervient dans un contexte où l’enseignement supérieur sénégalais est engagé dans d’importantes réformes visant à améliorer la qualité de la formation, renforcer la gouvernance des établissements et mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

À cette occasion, Daouda Ngom a exprimé sa gratitude envers les collaborateurs qui l’ont accompagné durant son mandat. Il a salué le travail accompli par les différentes structures du ministère et rappelé les efforts consentis pour faire avancer plusieurs dossiers relatifs à l’amélioration des infrastructures universitaires, au développement de la recherche et à l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur. L’ancien ministre a également souhaité plein succès à son successeur dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

Prenant officiellement ses fonctions, Boubacar Camara a mesuré l’ampleur de la mission qui lui est confiée. Le nouveau ministre hérite d’un département dont les enjeux sont nombreux et complexes. Parmi les dossiers prioritaires figurent la gestion des effectifs croissants dans les universités publiques, la question de l’orientation des nouveaux bacheliers, l’amélioration des conditions d’apprentissage et de vie des étudiants, ainsi que le renforcement des capacités de recherche et d’innovation.

Le secteur de l’enseignement supérieur demeure en effet confronté à des défis structurels importants. La massification des effectifs universitaires continue de peser sur les capacités d’accueil des établissements, tandis que les attentes des étudiants et des enseignants restent fortes en matière d’infrastructures, d’équipements pédagogiques et de financement de la recherche. À cela s’ajoutent les exigences liées à la modernisation des formations et à l’adaptation des cursus aux besoins d’une économie en constante évolution.

Le nouveau ministre devra également poursuivre les efforts engagés pour renforcer l’employabilité des diplômés, encourager l’innovation technologique et promouvoir les partenariations entre les universités, les centres de recherche et le secteur privé. Ces orientations s’inscrivent dans la volonté des autorités de faire de l’enseignement supérieur un levier majeur de transformation économique et sociale.

Enseignement supérieur : le SAES dénonce la situation universitaire

Le Bureau national (BN) du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a publié un communiqué en date du 23 novembre 2024, à la suite d’une réunion tenue le 22 novembre à Dakar, où plusieurs points préoccupants concernant la situation universitaire ont été abordés. Le syndicat a exprimé son mécontentement face à une série de problèmes persistants dans le secteur, qui affectent tant les enseignants que les étudiants.

Le SAES commence par dénoncer le non-respect des engagements pris par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) lors de ses précédentes tournées dans les universités publiques. En effet, malgré les promesses faites, de nombreuses universités continuent de rencontrer des perturbations dans leurs activités pédagogiques, ce qui nuit au bon déroulement des enseignements et des programmes académiques. Le syndicat met ainsi en évidence les conséquences immédiates de ce manquement sur le terrain, notamment dans la gestion des cours et de l’administration universitaire.

Le SAES a également déploré le renvoi à une date indéterminée des mesures annoncées lors du séminaire sur la stabilisation du calendrier académique, qui visait à mettre fin aux perturbations récurrentes dans les universités. Cette situation renforce l’incertitude et complique davantage l’organisation des activités universitaires, déjà fragilisée par des grèves passées et des retards dans les calendriers. Le syndicat estime qu’il est désormais impossible d’avoir une année académique stable si les engagements du gouvernement restent sans suite.

L’une des critiques majeures du SAES porte également sur la violation des textes législatifs. Le syndicat pointe du doigt la violation flagrante de l’article 3 de la loi n° 2015-26 relative aux universités publiques, ainsi que de l’article 2 du décret n° 2016-1805, qui régit l’orientation des bacheliers. En effet, des quotas de bacheliers largement supérieurs à ceux définis par les instances académiques des universités ont été envoyés dans ces établissements, sans mesures d’accompagnement adéquates, ce qui a entraîné une surcharge dans les infrastructures universitaires et perturbé l’organisation pédagogique. Ce problème d’orientation massive des bacheliers, sans préparation préalable des établissements, aggrave la situation des universités, déjà confrontées à un manque de ressources matérielles et humaines.

Par ailleurs, le SAES fait état de retards récurrents dans le paiement des salaires des enseignants-chercheurs et chercheurs dans les universités publiques. Selon le syndicat, le non-versement des cotisations prélevées sur les salaires des enseignants au Fonds National de Retraite (FNR) constitue un autre problème majeur. Ces retards dans le paiement des salaires et l’absence de financement des cotisations de retraite affectent non seulement les conditions de travail des enseignants, mais aussi leur bien-être et leur sécurité financière.

Le SAES revient également sur le non-respect du protocole d’accord signé avec le gouvernement le 6 janvier 2023, notamment en ce qui concerne la question de la pension de réversion pour les enseignants-chercheurs et chercheurs décédés. Bien qu’un décret adopté en février 2024 ait été censé résoudre cette problématique, il semble avoir disparu dans les « méandres de l’administration », sans explication claire. La nouvelle version du décret, qui avait été promise par le MESRI, n’a toujours pas été signée, et le syndicat n’a pas été informé des raisons qui empêchent sa mise en œuvre.

Le SAES constate que ces problèmes non résolus, combinés à l’absence de solutions durables aux difficultés rencontrées par le secteur, mettent en péril la stabilité de l’enseignement supérieur. L’absence de nouvelles infrastructures pédagogiques et sociales, le déficit d’enseignants et les budgets insuffisants restent des obstacles majeurs pour le bon déroulement de l’année académique. Ces lacunes compromettent sérieusement l’avenir de l’enseignement supérieur, malgré les efforts des chercheurs et enseignants-chercheurs, qui se battent pour offrir un enseignement de qualité dans des conditions difficiles.

Lors de sa rencontre avec la délégation du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS) le 21 novembre 2024, le SAES a réaffirmé sa volonté d’apporter une contribution constructive à la pacification de l’espace universitaire. Le syndicat a exprimé son ouverture à des discussions, mais a précisé que certaines questions, comme celle de la réversion des pensions aux ayants droit des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés, ne sont pas négociables. Le SAES considère cette question comme une question de justice et d’équité, essentielle à l’intégrité du système universitaire et à la dignité des travailleurs du secteur.

En conclusion, le SAES appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes et urgentes pour résoudre la crise dans l’enseignement supérieur et à garantir une stabilité pour l’année académique en cours. Le syndicat exige que des solutions soient trouvées pour améliorer les conditions de travail des enseignants, réguler l’orientation des bacheliers et résoudre les questions financières et administratives qui entravent le bon fonctionnement des universités publiques.

Fary Seye désigné Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Dans le cadre des récentes nominations lors du Conseil des ministres du 15 mai 2024, Monsieur Fary Seye, Administrateur civil principal, s’est vu confier le poste de Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Son matricule de solde est le numéro 510 493/F.

Cette nomination témoigne de la volonté du gouvernement sénégalais de renforcer le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, des domaines cruciaux pour le développement socio-économique du pays. Fort de son expérience en administration civile, Monsieur Seye apporte une expertise précieuse pour la coordination des activités du ministère et la mise en œuvre de politiques visant à promouvoir l’excellence académique et la recherche scientifique.

Sa mission consistera notamment à œuvrer pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur, la promotion de la recherche scientifique et technologique, ainsi que le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans le domaine de l’éducation. Il devra également veiller à renforcer les liens entre les universités, les centres de recherche et le secteur privé, afin de favoriser la valorisation des résultats de la recherche et leur transfert vers le marché.

Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation exprime sa confiance en Monsieur Fary Seye pour mener à bien cette mission stratégique et contribuer à l’avancement du système éducatif et scientifique du Sénégal. Sa nomination reflète l’engagement continu du gouvernement à investir dans l’éducation et l’innovation en tant que leviers essentiels pour la croissance et le progrès du pays.

Décès de l’étudiant Alpha Yoro Tounkara à l’UGB : Réaction du ministère de l’enseignement supérieur

Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a été plongé dans la tristesse suite au décès tragique de M. Alpha Yéro TOUNKARA, étudiant en Licence 2 à l’UFR Lettres et Sciences Humaines de l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Le jeune homme a perdu la vie lors des manifestations survenues le vendredi 09 février 2024 à Saint-Louis.

Dans une déclaration empreinte de profonde émotion, le Ministre Pr Moussa Baldé ainsi que les Recteurs des Universités, les Directeurs et tout le personnel du ministère ont exprimé leurs condoléances les plus sincères à la famille éplorée ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire touchée par cette perte tragique.

Face à cette situation difficile, le Ministre en charge de l’Enseignement supérieur appelle fermement tous les acteurs de la communauté universitaire à privilégier le dialogue et la concertation. Il met en avant l’importance capitale de préserver la paix et la sécurité au sein des établissements d’enseignement supérieur du Sénégal.

L’invitation au dialogue vise à éviter toute escalade de violence et à favoriser un environnement propice à l’épanouissement académique et personnel des étudiants ainsi qu’au bon fonctionnement des universités sénégalaises.

« En cette période de deuil, il est primordial que chacun fasse preuve de responsabilité et de respect mutuel », a déclaré le Ministre, assurant que toutes les mesures nécessaires seront prises pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame et pour garantir que de telles tragédies ne se reproduisent pas.

En conclusion, le Ministre et l’ensemble du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont renouvelé leurs condoléances attristées à la famille endeuillée et à la communauté universitaire. Ils ont appelé à l’unité et à la solidarité dans cette épreuve et ont réaffirmé leur engagement à travailler ensemble pour préserver la paix et la stabilité au sein des institutions d’enseignement supérieur du Sénégal.

Quitter la version mobile