Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.

Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.

Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.

Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.

Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.

Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses

Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.

Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.

Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.

Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.

En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.

En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.

Pape Malick Ndour retourne au ministère des Finances et du Budget après son mandat à la tête du ministère de la Jeunesse

Après dix-huit mois à diriger le ministère de la Jeunesse, Pape Malick Ndour a transmis le flambeau à Khady Diène Gaye lors d’une passation de service vendredi dernier. Cette transition a été l’occasion pour Ndour de révéler son prochain poste.

D’après les informations rapportées par Wal Fadjri Quotidien, Ndour va retourner au ministère des Finances et du Budget, plus précisément à la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). Cette décision fait suite à son impressionnante performance en tant que titulaire d’un master 2 en Recherche en économie monétaire, financière et bancaire obtenu à l’UCAD (Faseg), qui aurait attiré l’attention de l’ancien président Macky Sall.

Ndour avait déjà occupé le poste de coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) avant d’être nommé ministre de la Jeunesse. Cette nouvelle nomination marque un retour aux racines professionnelles de Ndour, mettant en valeur son expertise dans le domaine économique et financier.

« Il ne fait pas partie de cette race de politiciens professionnels », a déclaré Ndour en passant le témoin à Khady Diène Gaye. Cette remarque souligne son engagement envers le service public et son approche axée sur les compétences et la performance.

Cette transition pacifique et professionnelle souligne l’importance de la continuité et de la stabilité dans l’administration publique. Alors que Ndour s’apprête à relever de nouveaux défis au sein de la DPEE, sa contribution à la jeunesse et au développement du pays restera un héritage important de son passage au ministère de la Jeunesse.

Ainsi, le retour de Ndour à ses fonctions antérieures dans le domaine économique et financier marque un nouveau chapitre dans sa carrière au service de son pays, mettant en lumière son engagement envers l’excellence et le service public.

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