Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Mise en œuvre du marché carbone : les acteurs concernés appelés à s’impliquer fortement

La mise en œuvre du marché carbone au Sénégal suscite un appel à l’action et à l’engagement de la part des acteurs de l’environnement. Lors d’un atelier de validation du Manuel opérationnel pour la mise en œuvre des marchés carbone au Sénégal, la cheffe de la division changement climatique au ministère de l’Environnement et du Développement durable, Madeleine Diouf Sarr, a souligné l’importance d’une forte implication de tous les acteurs concernés.

Ce manuel opérationnel est conçu pour combler les lacunes dans l’architecture du marché carbone national. Son objectif est de clarifier les règles de fonctionnement du marché et de renforcer le portefeuille de projets environnementaux à l’échelle nationale. Selon Madeleine Sarr, cette initiative contribuera à promouvoir un développement sobre en carbone et résilient au climat, une priorité pour un pays comme le Sénégal, confronté aux effets néfastes du changement climatique.

L’appel à l’implication concerne tous les acteurs, qu’ils soient du secteur public, privé, de la société civile ou des collectivités locales. Il s’agit de garantir le succès du manuel et d’assurer une mise en œuvre efficace des politiques environnementales dans le pays. Cet engagement est crucial pour répondre aux objectifs nationaux de lutte contre le changement climatique et pour réaliser la Contribution déterminée au niveau national (CDN).

L’atelier de validation du manuel représente une étape importante dans le processus de mise en place de sources de financement appropriées pour la lutte contre le changement climatique. Il vise également à créer les conditions optimales pour une participation active au marché carbone par toutes les parties prenantes impliquées.

Pour Libasse Ba, président du comité national sur les changements climatiques, la participation du Sénégal aux marchés internationaux du carbone offre une opportunité majeure pour valoriser les actions du pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette participation peut non seulement contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi stimuler le développement économique et social du Sénégal.

La mise en œuvre du marché carbone au Sénégal représente un engagement majeur dans la lutte contre le changement climatique et offre des opportunités importantes pour le développement durable du pays.

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