Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a défendu ce mercredi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, dans un climat marqué par des débats soutenus avec les députés. À l’issue de sa présentation, le budget a été adopté à une large majorité. Le ministre l’a qualifié de « volontariste et réaliste », estimant qu’il s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformation structurelle portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. L’accent est mis sur le renforcement de la sécurité publique, la réorganisation de l’espace urbain et la modernisation de la sécurité civile.
L’un des points centraux de son intervention a porté sur les opérations de désencombrement menées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays. Bamba Cissé a rappelé qu’il s’agit d’actions conduites sur instruction des plus hautes autorités, destinées à rétablir l’ordre dans les espaces publics. Il a dénoncé le « laxisme » et l’« incivisme » qui, selon lui, ont permis la normalisation de pratiques illégales, notamment l’occupation anarchique des trottoirs et chaussées. Le ministre a évoqué la loi de 1967 interdisant ces pratiques, affirmant que son application ne souffrirait plus d’aucune ambiguïté. « Les trottoirs sont réservés aux piétons, la chaussée aux véhicules et les marchés aux commerçants », a-t-il martelé, ajoutant que ces opérations se poursuivront dans la durée afin de provoquer un véritable « déclic citoyen » autour des valeurs d’ordre, de discipline et de respect des règles.
Abordant l’impact économique du désordre urbain, Bamba Cissé a mis en lumière le lien direct entre encombrement, insécurité et pertes financières importantes. Il a révélé qu’environ 903 milliards de francs CFA sont perdus chaque année par l’État à cause des embouteillages, aggravés par l’occupation irrégulière de la voie publique. Pour garantir la durabilité des mesures engagées, le ministère mobilise d’importants moyens, notamment le déploiement de brigades de gendarmerie chargées de maintenir le retour à l’ordre et d’éviter toute réinstallation illégale.
Le ministre a ensuite détaillé les ambitions de son département en matière de sécurité civile, annonçant un vaste programme de construction de 186 casernes de sapeurs-pompiers d’ici 2035. Ce projet marque selon lui un tournant majeur dans la modernisation des infrastructures d’intervention d’urgence, soutenant l’objectif de rapprocher les services de secours des populations sur l’ensemble du territoire. Il a également insisté sur la lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité, indiquant la réactivation de l’inspection interne de la Police. Cette démarche est présentée comme une déclinaison concrète de la philosophie du « Jub, Jubal, Jubanti » que le nouveau régime ambitionne d’inscrire durablement dans la gouvernance publique.
La question de la sécurité aux frontières a également occupé une part importante des discussions. Face aux menaces transfrontalières et aux risques liés au terrorisme djihadiste, le ministre a annoncé la création d’unités spécialisées de patrouilles. Ces unités auront pour mission de renforcer la vigilance, de surveiller les zones sensibles et de prévenir toute infiltration susceptible de mettre en péril la stabilité nationale.
Sur le plan électoral, Bamba Cissé a informé les députés que les préparatifs des élections territoriales de 2027 débuteront dès 2026. Il a toutefois signalé que le budget initialement prévu pour cette phase préparatoire, estimé à 1,016 milliard de francs CFA, reste insuffisant, plaidant pour une revalorisation afin d’assurer une organisation transparente et efficace du processus.
Le volet médiatique a également suscité des échanges nourris. Le ministre a défendu l’interpellation récente de journalistes ayant accordé une tribune à une personne recherchée sous mandat d’arrêt international. Selon lui, cette démarche constitue une « violation manifeste de la loi », rappelant que la sécurité nationale ne saurait être compromise sous le prétexte de liberté éditoriale.
Abordant finalement la problématique de la mendicité, Bamba Cissé a affirmé que la législation en vigueur sera désormais appliquée avec rigueur. Il a précisé que les étrangers impliqués dans des situations d’infraction feront systématiquement l’objet de mesures d’expulsion, dans le cadre d’une politique de restauration de l’ordre public et de lutte contre l’exploitation humaine.
En clôturant la séance, le ministre des Finances et du Budget a confirmé une augmentation de 7,63 % du budget alloué au ministère de l’Intérieur entre 2025 et 2026, reconnaissant le rôle crucial de ce département dans la préservation de la sécurité nationale. Avec cette hausse, le gouvernement entend renforcer davantage les moyens opérationnels et stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des réformes engagées.