Litige financier : La Poste-Burkina réclame plus de 7 milliards FCFA à Money Express devant la justice sénégalaise

Le Tribunal de commerce de Dakar a examiné pour la première fois le différend financier qui oppose La Poste-Burkina à la société de transfert d’argent Money Express. En jeu : une créance de plus de 7,1 milliards de francs CFA, que l’établissement public burkinabè réclame à son ancien partenaire commercial.

À l’origine de ce litige figure un contrat d’adhésion signé le 11 mai 2005 entre les deux entités. Ce partenariat autorisait à l’époque Sona-Post Burkina – devenue par la suite La Poste-Burkina – à exploiter le réseau de Money Express pour assurer des services de transfert d’argent, aussi bien pour ses clients que pour ses opérations à l’international.

Mais deux décennies plus tard, ce partenariat semble s’être soldé par un contentieux financier de grande ampleur. Dans son édition de ce lundi, le journal Libération rapporte que La Poste-Burkina revendique aujourd’hui une dette de 7,128 milliards FCFA à l’encontre de Money Express. Une procédure judiciaire a été engagée pour tenter de récupérer cette somme.

Dans cette optique, La Poste-Burkina a d’abord obtenu une ordonnance de saisie conservatoire, enregistrée sous le numéro 600/2025 en date du 15 mai 2025, afin de bloquer les comptes et avoirs de Money Express. Ces opérations de saisie ont été menées entre les 7 et 15 juillet derniers par l’huissier Me Adama Dia, basé à Dakar. Toutefois, cette démarche s’est révélée infructueuse : aucun actif significatif n’a été identifié.

Dans son assignation au tribunal, La Poste-Burkina explique que l’analyse des opérations menées laisse penser que Money Express SA ne disposerait plus de comptes bancaires actifs, ou alors que ces comptes sont clos ou présentent des soldes débiteurs. Une situation qui a poussé l’établissement public à changer de stratégie.

Estimant que la société est dans l’incapacité manifeste de faire face à ses engagements financiers, La Poste-Burkina demande désormais au Tribunal de commerce de Dakar de prononcer la cessation de paiement de Money Express. Elle sollicite également la nomination d’un juge-commissaire et d’un syndic, dans la perspective d’une éventuelle liquidation judiciaire de la société.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et une décision est attendue dans les prochaines semaines. Ce contentieux pourrait marquer un tournant dans les relations entre établissements publics africains et sociétés privées opérant dans le secteur stratégique des transferts d’argent.

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