Polémique autour du rapport de la Cour des comptes : Aïssata Tall Sall monte au créneau

L’ancienne ministre de la Justice, Me Aïssata Tall Sall, a vivement critiqué le dernier rapport de la Cour des comptes lors d’un point de presse de l’Alliance pour la République (APR). Rejetant en bloc ce document, elle a dénoncé aussi bien sa forme, son contenu que son objectif, estimant qu’il s’agit d’un réquisitoire dirigé contre l’ancien président Macky Sall et son régime.

Prenant la parole en deuxième position lors de la conférence de presse, Me Aïssata Tall Sall n’a pas mâché ses mots. Selon elle, ce rapport est biaisé et semble avoir été conçu dans le but de discréditer l’ancien chef de l’État. « Nous le rejetons trois fois : d’abord sur la forme, ensuite sur le fond et enfin sur la finalité », a-t-elle martelé.

Sur la forme, l’ancienne garde des Sceaux s’interroge sur l’absence de signature sur le document, alors que le nom du président de la Cour des comptes y est mentionné. « C’est à croire qu’ils ont peur d’assumer leurs affirmations », a-t-elle ironisé.

Sur le fond, elle rappelle que la Cour des comptes avait déjà certifié certaines données contenues dans le rapport, avant de faire volte-face. « Pourquoi revenir sur un travail qu’elle a déjà validé ? », s’interroge-t-elle.

Enfin, sur la finalité, Me Aïssata Tall Sall voit dans ce rapport une volonté manifeste de jeter le régime de Macky Sall « à la vindicte populaire ». Elle estime que dans le contexte actuel, ce document a été utilisé comme un « prétexte » pour attaquer l’ancien pouvoir.

Me Aïssata Tall Sall regrette que la Cour des comptes, qu’elle jugeait autrefois « beaucoup plus sérieuse », en soit arrivée à ce stade. Selon elle, ce rapport controversé ternit l’image de l’institution et met en péril sa crédibilité. « C’est la première fois que la Cour des comptes produit un rapport tant contesté. Avec ce rapport, elle s’est tiré une balle dans le pied », a-t-elle déclaré.

Malgré cette polémique, l’ancienne ministre a tenu à défendre Macky Sall, qu’elle qualifie d’« homme à la parole rare et aux actes incontestables ». Elle rappelle que c’est sous sa présidence que la Cour des comptes a été renforcée, ce qui, selon elle, prouve qu’il n’avait rien à cacher.

Guy Marius Sagna monte au créneau : 17 initiatives parlementaires pour défendre les populations et protéger l’environnement

Le député Guy Marius Sagna, connu pour son engagement en faveur des droits des populations sénégalaises, a déposé 17 initiatives parlementaires, dont une proposition de création d’une commission d’enquête et 16 questions écrites adressées au gouvernement. Ces actions visent à alerter sur plusieurs enjeux majeurs, notamment les conséquences de l’exploitation du zircon par l’entreprise Eramet à Lompoul.

Le député de Pastef a proposé la mise en place d’une commission d’enquête pour évaluer les impacts environnementaux et sociaux liés à l’exploitation du zircon dans le désert de Lompoul. Parmi les préoccupations soulevées, il dénonce la destruction de ce site naturel emblématique, la surexploitation des ressources en eau et les violations des droits des populations locales.
En parallèle, il a demandé un moratoire sur l’exploitation du zircon et la réalisation d’une évaluation des préjudices causés aux habitants et à l’environnement.

Au-delà de l’affaire du zircon, Guy Marius Sagna s’est également exprimé sur d’autres problématiques urgentes :

  • Rémunérations des policiers : Il déplore les montants jugés insuffisants versés aux agents lors des récentes manœuvres nationales.
  • Crise à l’hôpital Albert Royer : Le député a attiré l’attention sur les dysfonctionnements affectant ce centre hospitalier dédié aux enfants.
  • Problèmes au Cadastre de Diourbel : Les difficultés administratives dans cette institution figurent également parmi ses préoccupations.
  • Retards de salaires : Il s’est insurgé contre les retards dans le paiement des salaires des contractuels du Ministère de la Santé, qui impactent directement les conditions de vie des agents concernés.
  • Accès à l’eau et infrastructures : Plusieurs localités du pays continuent de souffrir d’un accès limité à l’eau potable et de déficits en infrastructures essentielles.

À travers ces initiatives, Guy Marius Sagna appelle à une gestion plus équitable et transparente des ressources naturelles et des services publics. Son combat reflète une volonté de défendre les intérêts des Sénégalais, en mettant en avant des solutions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie.

En déposant ces initiatives parlementaires, le député interpelle directement le gouvernement sur ses responsabilités. Sa démarche témoigne d’un engagement ferme pour une justice sociale et environnementale. Reste à voir si ces propositions trouveront un écho favorable auprès des autorités compétentes.

La controverse autour de la liste des médias conformes au Code de la presse : le CDEPS monte au créneau

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a exprimé son indignation ce mardi lors d’un point de presse tenu à la Maison de la Presse. Au cœur de la polémique : la publication récente par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique d’une liste de médias considérés comme conformes au Code de la presse, un acte dénoncé comme unilatéral et excluant par le CDEPS.

Mamoudou Ibra Kane, président du CDEPS, n’a pas mâché ses mots : « Cette liste, publiée sans concertation, trahit l’objectif initial du Code de la presse. Il ne s’agit pas de créer des divisions artificielles, mais de professionnaliser et structurer notre secteur. »

Adopté en 2017 après plusieurs années de consultations, le Code de la presse avait pour but de renforcer les normes professionnelles tout en garantissant les droits fondamentaux des journalistes. Cependant, la publication de cette liste est perçue par de nombreux acteurs du secteur comme une manœuvre qui pourrait marginaliser certains médias, accentuant les tensions dans un environnement déjà confronté à des défis économiques et politiques.

Cette décision intervient à un moment où la presse sénégalaise se trouve sous pression. Les journalistes dénoncent régulièrement des entraves à leur liberté, allant des pressions politiques aux difficultés financières en passant par un manque de soutien structurel. Selon le CDEPS, la liste publiée par le ministère pourrait aggraver ces difficultés, notamment en remettant en question la légitimité de certains organes de presse.

L’affaire relance une question essentielle : quel rôle l’État doit-il jouer dans la régulation du secteur médiatique ? Si un encadrement est nécessaire pour garantir le respect des normes professionnelles, beaucoup craignent que cela ne serve de prétexte pour un contrôle politique.

Le CDEPS appelle à une révision inclusive de la démarche. « Nous ne sommes pas opposés à la régulation, mais celle-ci doit se faire dans un esprit de concertation et non d’exclusion », a ajouté Mamoudou Ibra Kane.

Face aux critiques, le ministère de la Communication est désormais invité à justifier sa démarche et à proposer une voie de dialogue. La crise actuelle pourrait être l’occasion de réévaluer les mécanismes de mise en œuvre du Code de la presse afin de renforcer une presse sénégalaise libre, professionnelle et résiliente.

Dans un secteur où les défis sont nombreux, la concertation et la transparence restent les clés pour restaurer la confiance des acteurs et garantir l’avenir d’une presse forte et indépendante au Sénégal.

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