Migration clandestine depuis la Gambie : plus de 780 migrants ouest-africains interceptés après une série de naufrages meurtriers

La Gambie fait face à une crise migratoire majeure. Ces derniers jours, plus de 780 personnes originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali ont été interceptées alors qu’elles tentaient de rejoindre clandestinement l’Europe depuis les côtes gambiennes. Cette série d’interceptions survient quelques jours seulement après le naufrage tragique d’une pirogue qui a coûté la vie à au moins 31 personnes, tandis que de nombreux autres migrants restent portés disparus.

Selon Simon Lowe, porte-parole du Département de l’immigration gambien, trois opérations distinctes ont permis l’arrestation de 782 migrants présumés dans plusieurs localités du pays. Parmi eux, 233 sont originaires du Sénégal, 197 de Gambie, 176 de Guinée et 148 du Mali. Tous ont été remis en liberté sous caution, en attendant le traitement de leur situation par les autorités compétentes.

Les opérations ont débuté le 3 janvier, soit deux jours après le naufrage du bateau parti le soir du 31 décembre avec plus de 200 personnes à son bord, au large de la région de North Bank. Ce drame a profondément marqué le pays, déjà confronté à une recrudescence de tentatives de départ par la mer, utilisant la Gambie comme point de départ vers les îles Canaries. La marine nationale gambienne avait alors lancé une vaste opération de recherche dans la nuit, tandis que des équipes d’intervention spéciale ont été activées pour renforcer la surveillance et limiter les départs clandestins.

Les dangers de la route maritime sont encore accrus par le déplacement récent des points de départ vers le sud. En effet, les contrôles renforcés au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc ont conduit de nombreux migrants à quitter la Gambie et la Guinée, rallongeant considérablement le temps passé en mer et augmentant les risques de naufrage. Selon la Fondation Ebrima, plusieurs centaines de migrants originaires de villages sénégalais embarqués il y a plus d’un mois depuis les côtes gambiennes n’ont toujours pas donné signe de vie. Une autre pirogue transportant plus de 190 personnes, partie des côtes du nord de la Gambie le 17 novembre, a également sombré, laissant ses passagers disparus.

Le ministère gambien de l’Intérieur a exprimé sa vive inquiétude face à cette situation et a souligné que la Gambie observe une augmentation rapide du nombre de tentatives de migration maritime. Dans un communiqué, il rappelle l’urgence de mesures de sécurité renforcées et appelle à une coopération régionale pour limiter le drame humain lié à ces traversées périlleuses.

Cette situation illustre à nouveau les risques majeurs auxquels sont confrontés les migrants ouest-africains sur la route de l’Europe, et l’impérieuse nécessité pour les autorités de mieux encadrer les flux migratoires tout en développant des alternatives sûres pour ceux qui cherchent à quitter leur pays.

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