Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

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