L’affaire Jérôme Bandiaky, plus connu sous le surnom de « Sniper », a pris une dimension inattendue avec son inculpation, hier, par le juge du 3ᵉ cabinet. L’ancien agent de sécurité a été mis en examen pour assassinat dans le dossier portant sur la disparition et la mort présumée de l’adjudant-chef Didier Badji et du sergent Fulbert Sambou. À ces charges lourdes s’ajoutent des accusations de séquestration, de menaces de mort et de viol.
L’annonce a été confirmée par son avocat, Me Djiby Diallo, qui n’a pas caché sa surprise face à cette décision judiciaire. Selon lui, son client n’a jamais été entendu sur ces nouveaux faits, ni par la police ni par la gendarmerie. « C’est incompréhensible. Mon client n’a jamais été interrogé pour cette affaire. Nous allons chercher à comprendre ce qui justifie une telle inculpation », a déclaré le conseil, précisant qu’il compte rencontrer le juge dès ce lundi pour obtenir des éclaircissements.
L’avocat s’interroge également sur les raisons pour lesquelles le magistrat précédemment en charge du dossier n’avait pas retenu ces graves accusations contre Bandiaky. « Le dossier était suivi par un autre juge. Aucun élément n’avait été évoqué dans ce sens. Pourquoi maintenant ? », se demande Me Diallo, faisant planer le doute sur l’émergence soudaine de ces nouveaux chefs d’inculpation.
Avant cette évolution spectaculaire, Jérôme Bandiaky faisait déjà face à plusieurs poursuites. Il était notamment mis en cause pour détention illégale d’armes et de munitions, obtention d’avantages indus et escroquerie au service. Sur ces points, il avait toujours affirmé son innocence. Il soutenait notamment que l’appartement de fonction évoqué dans le dossier lui avait été attribué par Aminata Touré, alors Première ministre, dans le cadre de ses missions de sécurité rapprochée.
La nouvelle inculpation liée aux cas de Didier Badji et Fulbert Sambou risque de bouleverser l’ensemble du dossier et d’ouvrir une séquence judiciaire particulièrement sensible, dans une affaire qui avait déjà suscité de fortes réactions au sein de l’opinion publique. Alors que de nombreuses zones d’ombre persistent autour de la disparition des deux militaires, la mise en cause de « Sniper » pourrait relancer les investigations et offrir un tournant décisif dans ce dossier complexe.