Répartition du FADP : le CDEPS et l’APPEL annoncent une plainte à l’OFNAC pour « détournements » et dénoncent une gestion opaque

La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.

Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.

Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.

Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.

Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.

Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.

En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.

Affaire des véhicules de la RTS1 : Idrissa Fall Cissé saisit l’OFNAC et appelle à la transparence dans la gestion publique

Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.

Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.

Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.

Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.

À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.

OFNAC nouvelle ère : l’épreuve de la grande corruption à l’aune du dossier QVS

Après leur prestation de serment le lundi 22 décembre dernier devant la Cour d’Appel du Tribunal de Grande Instance de Dakar, le président Moustapha Kâ et les onze membres composant la nouvelle équipe de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ont officiellement pris service. Cette entrée en fonction s’est matérialisée par la traditionnelle cérémonie de passation de témoin avec l’équipe sortante dirigée par Serigne Bassirou Guèye, marquant ainsi le début d’un nouveau chapitre pour cette institution stratégique de l’architecture de gouvernance publique.

La mission qui attend la nouvelle équipe est d’autant plus déterminante qu’elle intervient dans un contexte juridique renouvelé. L’OFNAC hérite en effet de la loi n°2024-06 du 9 février 2024, modifiant la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, laquelle élargit considérablement son périmètre de compétences. Désormais, l’Office peut se saisir d’office ou être saisi par tout citoyen, toute structure publique ou privée, mener des enquêtes approfondies, recourir à des techniques spéciales d’investigation et accéder à l’ensemble des informations nécessaires avant de transmettre ses rapports au procureur de la République. Cette montée en puissance confère à l’OFNAC un rôle central dans la lutte contre la grande corruption, notamment dans ses ramifications locales et administratives.

C’est précisément au moment où ce nouvel Office se met en place qu’un dossier emblématique, aux relents persistants de grande corruption, semble toucher à son épilogue. Il s’agit de l’affaire QVS, une société détenue par des hommes d’affaires hollandais qui, depuis son apparition sur la scène publique sénégalaise, est accusée de se maintenir dans une illégalité flagrante. Selon le journal Le Témoin, QVS aurait défié de manière ostentatoire les décisions des juridictions nationales, bénéficiant de complicités internes, décrites comme des « nègres de service » tapis dans l’ombre et manœuvrant au cœur même de l’administration.

La dernière décision de justice rendue à la veille de Noël, largement relayée par la presse, a pourtant semblé sans équivoque. Elle met définitivement un terme aux prétentions de QVS sur le site litigieux, tranche en faveur de la Société Nouvelle Ville (SNV) et assortit l’injonction de libération d’une astreinte de 500 000 francs CFA par jour de retard. Si cette décision peut apparaître comme un « happy end » judiciaire, elle soulève néanmoins de lourdes interrogations politiques et institutionnelles, en premier lieu pour l’OFNAC.

Comment expliquer, en effet, qu’une société ne disposant ni de titre de propriété ni de permis de construire ait pu, pendant aussi longtemps, défier ouvertement la justice sénégalaise sans être inquiétée ? Pour rappel, QVS s’est installée illégalement sur un site régulièrement attribué à la Société Nouvelle Ville par décret d’utilité publique. Une mesure d’expulsion avait été prononcée dès le 4 mai 2023, puis confirmée par une décision de justice définitive rendue le 31 août 2023. À l’issue de ce délai, l’entreprise était tenue de libérer les lieux. La Cour des comptes, dans son rapport définitif 2019-2021 sur l’audit de la performance de la Direction des Eaux, Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols, avait d’ailleurs déjà dénoncé cette occupation irrégulière.

Malgré l’épuisement de toutes les voies de recours devant les juridictions compétentes, et en dépit d’un mandatement délivré par le Procureur général pour procéder à l’expulsion de QVS, y compris par la force publique si nécessaire, l’exécution de la décision a constamment été entravée. À chaque échéance, des manœuvres obscures ont permis de retarder ou d’annuler l’opération. Plus grave encore, la Gendarmerie nationale, pourtant saisie par voie d’huissier avec un mandatement en bonne et due forme, est accusée d’avoir fermé les yeux, freinée par les tentacules d’une mafia qui gangrènerait l’administration.

Ce dossier illustre de manière éclatante les mécanismes de la grande corruption, laquelle implique souvent des décideurs politiques et de hauts fonctionnaires capables de manipuler les lois et les politiques publiques à des fins personnelles, sans considération pour les dommages causés à l’intérêt général. Les préjudices subis par la Société Nouvelle Ville depuis l’occupation illégale de ses terres sont aujourd’hui qualifiés de colossaux, tant sur le plan économique que sur celui de la crédibilité de l’État de droit.

À l’heure où le discours officiel se réclame des principes de « jub, jubbaal, jubanti », l’OFNAC apparaît plus que jamais comme un outil central de la politique de transparence et de reddition des comptes. L’affaire QVS constitue, à ce titre, un véritable test de crédibilité pour la nouvelle équipe dirigée par Moustapha Kâ. Laisser passer une telle forfaiture reviendrait à consacrer l’impunité de réseaux puissants et à affaiblir durablement la confiance des citoyens dans les institutions. C’est pourquoi, au-delà de son apparente conclusion judiciaire, ce dossier appelle une action résolue de l’OFNAC, afin que la lutte contre la grande corruption cesse d’être un slogan et devienne une réalité tangible pour tous.

Prestation de serment : Abdoulaye Ba aux nouveaux membres de l’OFNAC : « Vous n’avez pas le droit d’échouer »

La Cour d’appel de Dakar a vécu ce lundi un moment de grande solennité avec la prestation de serment des douze nouveaux membres de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). La cérémonie, riche en symboles et en émotion, a été l’occasion de rappeler l’importance cruciale de l’intégrité et de l’efficacité dans la lutte contre un fléau qui continue de peser sur le Sénégal.

Présidée par Abdoulaye Ba, Premier président de la Cour d’appel de Dakar, en présence du Procureur général Mbacké Fall et du bâtonnier Me Aly Fall, la séance a officiellement marqué l’entrée en fonction de ces nouveaux responsables chargés de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour le Premier président, la prestation de serment ne se limite pas à une formalité protocolaire. Selon Me Abdoulaye Ba, il s’agit avant tout d’un engagement sacré envers la nation et ses citoyens. Il a rappelé le cadre législatif régissant l’OFNAC, notamment l’article 13-6 de la loi créatrice de l’organe et la loi 2025-12 du 03 septembre 2025, ainsi que les engagements internationaux du Sénégal, à travers la Convention de Mérida et les instruments de l’Union Africaine.

Au cours de son allocution, Abdoulaye Ba a insisté sur la responsabilité immense qui repose désormais sur les épaules de ces membres : « En prêtant serment, vous affirmez votre volonté d’exercer en toute circonstance vos fonctions avec indépendance, impartialité, loyauté et discrétion. » Il a souligné que la mission qui leur est confiée dépasse la simple application de la loi : elle consiste à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et à s’assurer que les deniers publics sont gérés avec probité.

La diversité et l’expertise des nouveaux membres ont également été mises en avant. La sélection, rigoureuse et basée sur un appel à candidatures, a permis de constituer un collège composé de magistrats, de professeurs agrégés, d’administrateurs civils, d’experts en suivi-évaluation et de représentants de la société civile. Fort de cette richesse de profils, le Premier président de la Cour n’a laissé aucun doute sur ses attentes : « Vous n’avez pas le droit d’échouer. » Il a encouragé les nouveaux promus à s’appuyer sur l’excellence, la sagesse et l’expérience pour remplir pleinement leur mission de prévention et de lutte contre la corruption, tout en respectant la présomption d’innocence.

Le Procureur général Mbacké Fall a, pour sa part, dressé un bilan lucide de la lutte contre la prévarication des ressources publiques. S’il a reconnu la volonté politique affichée depuis plus d’une décennie, il a souligné que les résultats restent insuffisants face à l’ampleur de l’enrichissement illicite et de la corruption dans le pays. Selon lui, le maillon faible du système réside dans l’absence d’un suivi et d’une évaluation rigoureux des politiques publiques. Il a rappelé que la prévention constitue la mission prioritaire de l’OFNAC, conformément à l’article 3-1 de la loi, tandis que la répression doit être exercée avec vigilance, notamment pour éviter le favoritisme et les pratiques de saucissonnage dans l’attribution des marchés publics. Le Procureur a également mis en avant le rôle de l’OFNAC dans la recommandation de réformes législatives, une prérogative essentielle pour renforcer l’efficacité institutionnelle.

La cérémonie a atteint son apogée lors de l’acte solennel de prestation de serment. Main droite levée, les douze membres ont juré d’exercer leurs fonctions avec indépendance, impartialité et loyauté, tout en respectant le secret des délibérations. Cette entrée officielle en fonction marque pour eux le début d’une mission lourde de responsabilités : restaurer la confiance des citoyens, prévenir les dérives et assurer une gestion transparente des ressources publiques.

En sortant de la salle d’audience, il était clair que l’OFNAC, avec ces nouveaux membres, entend incarner un véritable rempart contre la corruption et devenir un acteur incontournable de la transparence au Sénégal. La nation, quant à elle, observe avec espoir et exigence.

Affaire Softcare–ARP : SOS Consommateurs saisit la justice et l’OFNAC pour faire toute la lumière

L’affaire dite Softcare–Agence de régulation pharmaceutique (ARP) continue de susciter de vives inquiétudes et s’oriente désormais vers un bras de fer judiciaire. L’association SOS Consommateurs, par la voix de son président Me Massokhna Kane, a annoncé le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République ainsi qu’auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), afin que des enquêtes approfondies soient ouvertes sur ce dossier aux ramifications potentiellement graves.

S’exprimant sur les ondes de Sud FM, l’avocat a justifié cette démarche par la gravité des faits révélés ces dernières semaines, notamment à la suite des déclarations d’un inspecteur pharmacien assermenté. Selon Me Massokhna Kane, les éléments portés à la connaissance du public ne peuvent plus être traités comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais relèvent désormais du pénal.

« Avec les déclarations extrêmement graves qui ont été faites, nous avons décidé d’aller au-delà des premières démarches. En plus des plaintes déjà déposées auprès des procureurs de Mbour et de Thiès, nous allons saisir l’OFNAC pour permettre une enquête beaucoup plus poussée », a-t-il affirmé.

Le président de SOS Consommateurs rappelle que son organisation avait, dans un premier temps, alerté les autorités administratives compétentes, notamment le ministère du Commerce. Toutefois, face à l’ampleur présumée des faits, l’association estime qu’une enquête judiciaire indépendante est aujourd’hui indispensable pour situer toutes les responsabilités.

Au cœur de cette affaire figurent de lourdes accusations portant sur la fabrication et la mise sur le marché de produits pharmaceutiques à partir de matières premières périmées. Une situation que Me Kane juge particulièrement alarmante, évoquant un risque sanitaire majeur pour les populations. « Quand une société pharmaceutique, pendant près de deux ans, fabrique des produits avec des matières premières périmées, le préjudice est immense. On est clairement face à une mise en danger manifeste de la vie des citoyens », a-t-il dénoncé.

Pour SOS Consommateurs, cette affaire ne saurait se limiter à des sanctions disciplinaires ou administratives. L’organisation exige que toute la lumière soit faite, aussi bien sur les pratiques de l’entreprise mise en cause que sur le rôle éventuel de certains agents ou responsables au sein de l’ARP. La saisine de l’OFNAC vise précisément à examiner d’éventuels faits de corruption, de complaisance ou de manquements graves à l’éthique publique.

« Lorsqu’on parle de corruption à un niveau aussi sérieux, impliquant un secteur aussi sensible que celui du médicament, il est impératif que toutes les conséquences de droit soient tirées », a insisté Me Massokhna Kane, appelant les autorités judiciaires à agir avec diligence et fermeté.

Cette initiative de SOS Consommateurs intervient dans un climat déjà tendu au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique, marqué notamment par le déclenchement d’une grève de 72 heures par la section SAMES-ARP, qui réclame elle aussi la vérité sur l’affaire Softcare. Autant d’éléments qui traduisent la profondeur de la crise et la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’apporter des réponses claires, crédibles et transparentes.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°617 – 28/11/2025

🔴 EMBALÓ AU SÉNÉGAL APRÈS MOULT TRACTATIONS : DAKAR AU CENTRE DES ENJEUX
🔴 NOUVELLES TÊTES À L’OFNAC : MOUSTAPHA KA ET BIRAHIME SECK ASSURENT LA PRÉSIDENCE

🔴 COUPE DU MONDE FÉMININE DE HANDBALL : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE À LA HONGRIE
🔴 LIGUE EUROPA : L’OL PREND LA TÊTE DU CLASSEMENT

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Réforme de l’OFNAC : Abdoulaye Tall insiste sur l’engagement de transparence et d’efficacité institutionnelle

L’Assemblée nationale du Sénégal a ouvert récemment une session extraordinaire consacrée à l’examen de plusieurs projets de loi essentiels pour la gouvernance du pays, parmi lesquels figure la réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Cette session s’intéresse également à la protection des lanceurs d’alerte, à la déclaration de patrimoine et à l’accès à l’information, des thématiques centrales pour renforcer la transparence et la redevabilité des institutions publiques.

En marge de ces travaux parlementaires, le député Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois, a tenu à rappeler l’importance de la réforme de l’OFNAC et à replacer cette initiative dans le cadre des engagements pris par le gouvernement lors de la campagne électorale. Selon lui, cette réforme constitue une promesse faite aux Sénégalais pour renforcer l’efficacité et la neutralité des institutions chargées de la lutte contre la corruption. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une démarche ciblant des personnalités particulières, notamment Serigne Bassirou Guèye, actuel président de l’OFNAC. « Nous ne sommes pas dans des débats personnalisés. Nous sommes au-dessus de la mêlée et nous travaillons pour le peuple sénégalais », a-t-il souligné, affirmant que l’objectif de cette réforme est strictement institutionnel.

Abdoulaye Tall a également précisé que la réforme de l’OFNAC s’inscrit dans une logique similaire à celle de l’Inspection générale d’État (IGE) et de la Cour des comptes. Ces réformes visent à garantir que ces institutions puissent fonctionner en toute impartialité et avec une réelle indépendance, afin de jouer un rôle central dans la gestion économique du pays et dans le contrôle des pratiques administratives et financières. Le député a insisté sur le fait que disposer d’institutions fortes et crédibles est indispensable pour instaurer un dialogue constructif entre l’État et ses institutions, tout en renforçant la lutte contre la corruption à tous les niveaux.

Pour Abdoulaye Tall, la réforme de l’OFNAC ne relève pas seulement d’une démarche technique, mais traduit une volonté politique claire de consolidation de la gouvernance et de la transparence au Sénégal. Selon lui, ces mesures permettront de créer un cadre institutionnel robuste, capable d’accompagner durablement le développement économique et social du pays.

Un nouvel OFNAC en gestation : vers une autorité plus indépendante et puissante

Le gouvernement sénégalais prépare une réforme majeure de son dispositif de lutte contre la corruption, avec la création annoncée d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Ce projet de loi, déjà transmis à l’Assemblée nationale, vise à doter le pays d’un organe renforcé, autonome et en phase avec les normes internationales.

Le texte propose de remplacer la structure actuelle, instituée par la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, par une nouvelle autorité dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Selon l’exposé des motifs, le but est de créer un OFNAC “efficace, indépendant et crédible”, capable de mieux prévenir, détecter et poursuivre les actes de corruption sur l’ensemble du territoire national.

Le futur OFNAC sera une autorité administrative indépendante, avec des prérogatives élargies. Il sera habilité à sensibiliser et éduquer sur les enjeux de la corruption, mais également à saisir directement les juridictions compétentes lorsqu’il détecte des infractions. Il aura pour mission de mener des enquêtes, de procéder à des vérifications, et de transmettre les dossiers au procureur de la République ou à l’Autorité nationale de poursuite.

L’Office pourra également engager des audits sur les pratiques de gouvernance publique, surveiller les déclarations de patrimoine et exercer un contrôle sur les marchés publics. Cette approche vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à réduire les risques de malversations.

Le président de l’OFNAC sera nommé par décret pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Il travaillera avec un conseil d’orientation regroupant des représentants de l’État, de la société civile, des organisations professionnelles et du secteur privé. Ce conseil aura pour mission de garantir que l’action de l’OFNAC reste cohérente avec les objectifs nationaux en matière de bonne gouvernance.

Autre nouveauté majeure, les agents de l’OFNAC disposeront du statut d’officiers de police judiciaire, leur permettant de mener des enquêtes de manière autonome. Les modalités d’exercice de ces prérogatives seront précisées par décret.

La transparence est également au cœur de ce projet de loi. L’OFNAC devra publier chaque année un rapport public sur l’état de la corruption au Sénégal, accompagné de recommandations concrètes pour améliorer la situation.

Enfin, le projet introduit un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte. Les personnes qui signalent de bonne foi des faits de corruption bénéficieront d’une protection contre les représailles. Un fonds d’assistance sera mis en place pour leur offrir un soutien juridique et social, afin de garantir qu’elles puissent jouer leur rôle sans subir de pression.

Ce projet de loi, s’il est adopté, abrogera la loi de 2012 et instaurera un nouveau cadre institutionnel pour la lutte contre la corruption au Sénégal. Il marque une volonté politique de rompre avec les insuffisances du passé, mais sa mise en œuvre et son efficacité dépendront des garanties réelles d’indépendance et de moyens qui lui seront effectivement accordés par l’État.

Le Bureau de l’Assemblée convoqué le 6 août : Serigne Bassirou Guèye et l’OFNAC dans le viseur de l’Exécutif

Le Bureau de l’Assemblée nationale se réunira le mercredi 6 août 2025 pour examiner un dossier explosif : le projet de loi portant sur la dissolution de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dirigé par l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Cette réunion, convoquée à 11h00 dans la salle Marie Joséphine Mboup du nouveau siège parlementaire, intervient dans un contexte de réformes accélérées autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Créé en 2012 dans un souci de moralisation de la vie publique, l’OFNAC est aujourd’hui au cœur d’une volonté politique de refondation des mécanismes de lutte contre la corruption. L’institution, souvent critiquée pour son inefficacité ou sa politisation selon les camps, pourrait disparaître au profit d’un nouvel organe ou d’un dispositif repensé. À l’origine de cette secousse institutionnelle : l’adoption en Conseil des ministres, le 30 juillet dernier, de quatre projets de loi relatifs à la gouvernance publique, parmi lesquels figure celui réformant ou supprimant l’OFNAC.

Le gouvernement veut aller vite. Le calendrier parlementaire initial, qui prévoyait une reprise des travaux en octobre avec l’ouverture de la session ordinaire, a été mis entre parenthèses. L’Exécutif souhaite une adoption rapide de ses textes et pousse pour la convocation d’une session extraordinaire, seule voie permettant d’examiner les projets de loi en dehors des périodes régulières.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a signé une note en ce sens dès le 31 juillet. Officiellement, la réunion du Bureau est convoquée « à titre d’information », mais plusieurs sources parlementaires citées par L’Observateur confirment que l’objectif est bien de déclencher formellement cette session extraordinaire. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée, une telle session peut être convoquée soit par le Président de la République, soit à l’initiative d’un cinquième des députés. Elle ne peut excéder quinze jours et prend fin dès que l’ordre du jour est épuisé.

La réforme de l’OFNAC ne vient pas seule. Trois autres projets de loi sont prêts à être soumis aux députés : l’un sur la déclaration de patrimoine, un autre sur l’accès à l’information publique, et un dernier sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte. Ces textes visent, selon le gouvernement, à renforcer les bases juridiques d’une gouvernance plus transparente et plus responsable, dans un pays encore marqué par les révélations sur la mauvaise gestion des deniers publics sous le régime précédent.

Mais cette volonté de réforme soulève aussi des interrogations politiques. Le sort du magistrat Serigne Bassirou Guèye, nommé à la tête de l’OFNAC en août 2022, pourrait se jouer dans les prochains jours. Ancien procureur de la République, son passage à la tête du parquet sous Macky Sall avait suscité de nombreuses controverses, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’opposition. Sa mise à l’écart pourrait ainsi symboliser une rupture plus nette avec les pratiques de l’ancien pouvoir.

Dans les rangs de l’opposition, certains s’interrogent sur les motivations profondes de cette réforme. Est-elle dictée par le souci réel d’efficacité institutionnelle ou s’agit-il d’une volonté d’écarter un homme perçu comme proche de l’ancien régime ? Le débat promet d’être houleux à l’Assemblée, où les équilibres politiques restent mouvants, et où chaque vote compte.

Ziguinchor : L’Ofnac enquête sur un présumé détournement de fonds impliquant des agents de la mairie

La ville de Ziguinchor, capitale naturelle de la région sud du Sénégal, est secouée par une affaire de présumé détournement de fonds publics au sein de sa mairie. Ce scandale naissant, qui touche directement la perception municipale, a suscité l’intérêt de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), qui a immédiatement dépêché une mission sur place pour mener l’enquête.

À l’origine de cette alerte : une dénonciation documentée qui a mis en lumière des soupçons persistants sur la gestion des recettes municipales. Si au départ, les faits rapportés semblaient relever de simples irrégularités administratives, les auditions en cours révèlent des indices de plus en plus inquiétants. Contrairement aux spéculations sur un audit global de la gestion municipale, la mission de l’Ofnac s’attache exclusivement à une enquête ciblée, portant sur un groupe d’agents de la perception municipale, en collaboration présumée avec des employés de la mairie.

D’après des informations publiées par le journal L’Observateur, les agents mis en cause sont soupçonnés d’avoir élaboré un système de falsification de documents comptables pour détourner des fonds publics. L’enquête mettrait en lumière des pratiques telles que la perception illégale de recettes municipales, l’usage de fausses écritures, de reçus trafiqués et de documents réécrits, destinés à dissimuler les sommes réellement encaissées.

Depuis l’arrivée de la mission de l’Ofnac à Ziguinchor, plusieurs auditions ont été engagées dans la plus grande discrétion. Les enquêteurs s’emploient à recouper les témoignages, à analyser les pièces comptables saisies et à identifier les flux financiers suspects. S’il n’existe encore aucune mise en cause officielle, des sources proches du dossier évoquent de « sérieuses présomptions de détournement de deniers publics », justifiant la poursuite active des investigations.

Dans un contexte national marqué par une volonté politique affichée de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la gouvernance locale à Ziguinchor. En attendant les résultats définitifs de l’enquête, la population et les observateurs restent dans l’expectative, tandis que les autorités locales pourraient être contraintes de réagir rapidement pour préserver la crédibilité de l’institution municipale.

OFNAC : les membres désormais désignés par appel à candidature, annonce Sidy Alpha Ndiaye

Le vent de réformes dans la gouvernance publique continue de souffler au Sénégal. L’une des nouveautés majeures annoncées par le professeur Sidy Alpha Ndiaye, ministre-conseiller juridique et directeur de cabinet adjoint du président de la République, concerne l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Désormais, les membres de cette structure stratégique dans la lutte contre la corruption seront nommés à la suite d’un appel à candidature.

C’est au cours de l’émission Point de Vue, diffusée sur la RTS, que le professeur Sidy Alpha Ndiaye a dévoilé cette orientation nouvelle. Selon lui, un décret est actuellement en cours de finalisation pour encadrer ce mode de sélection dans le secteur public et parapublic. Il s’agit, selon ses mots, d’un outil de « gouvernance inclusive » visant à garantir plus de transparence, d’équité et de méritocratie dans les nominations à des fonctions stratégiques.

L’appel à candidature n’est pas une innovation isolée. Le ministre-conseiller a rappelé qu’un tel processus a déjà été utilisé pour désigner la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Il a également évoqué la récente nomination des membres du collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), qui s’est aussi faite sur cette base.

Ces exemples montrent, selon lui, que l’État sénégalais s’engage progressivement à institutionnaliser un système de recrutement fondé sur des critères objectifs et ouverts, rompant avec la logique des nominations politiques ou de convenance.

Pour Sidy Alpha Ndiaye, cette dynamique traduit une vision plus large portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, celle d’une démarche participative et ouverte dans la gestion de l’État. « Il aurait pu décider seul, fort de sa majorité. Il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Parce que les règles du jeu politique sont des règles qui s’imposent à tout le monde », a-t-il souligné, saluant la volonté du président de partager la responsabilité des décisions avec l’ensemble des acteurs institutionnels et citoyens.

Cette réforme intervient dans un contexte où l’exigence de transparence est plus forte que jamais au Sénégal, en particulier sur les questions de lutte contre la corruption, la fraude et le népotisme. L’OFNAC, en tant qu’instrument-clé de cette lutte, est appelée à jouer un rôle central dans la moralisation de la vie publique. La nomination des membres par appel à candidature pourrait renforcer son crédit, son indépendance et son efficacité, selon plusieurs analystes.

Assemblée nationale : Sonko dévoile quatre projets de loi pour renforcer la transparence

Lors de la séance plénière consacrée aux questions d’actualité au gouvernement, ce lundi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a levé le voile sur une série de réformes législatives majeures. Il a annoncé l’introduction imminente de quatre projets de loi, tous centrés sur la transparence, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Le chef du gouvernement a précisé que ces textes concerneront la réforme de l’OFNAC (Office national de lutte contre la fraude et la corruption), la protection des lanceurs d’alerte, l’accès à l’information administrative et la déclaration de patrimoine. « Nous allons dans le sens de la bonne gouvernance. Dans les prochains jours, nous soumettrons à l’Assemblée un ensemble de projets de loi : la réforme de l’OFNAC, un projet de loi pour les lanceurs d’alerte, un autre sur l’accès à l’information, et enfin un projet de loi sur la déclaration de patrimoine », a-t-il énuméré, affirmant ainsi la volonté du gouvernement de refonder la relation entre les citoyens et l’État.

Profitant de sa tribune, Ousmane Sonko a également répondu à ses détracteurs, notamment dans les rangs de l’opposition. Il a accusé certains responsables politiques de détourner le débat public de ses objectifs fondamentaux pour l’enliser dans des affrontements stériles. « Il n’y a pas matière à s’opposer. Nous avons fait des choix stratégiques pour assurer la souveraineté économique du pays. Mais certains préfèrent plonger le débat dans des querelles de personnes. La haine ne peut être un moteur politique. Je suis politiquement indestructible », a-t-il lancé, visiblement agacé par les attaques répétées.

Tout en réaffirmant son ouverture au dialogue, le Premier ministre a appelé à une opposition républicaine, tournée vers les préoccupations des populations. « Parlez-nous d’agriculture, d’élevage, de programmes, d’objectifs. Nous sommes ouverts au débat contradictoire, mais nous ne nous laisserons pas entraîner dans des débats stériles et personnels », a-t-il conclu, dans un ton mêlant fermeté et appel à la responsabilité.

Ces annonces marquent une nouvelle étape dans la mise en œuvre des engagements de la nouvelle équipe gouvernementale, portée par une vision de rupture avec les pratiques du passé. Le Parlement est désormais attendu pour examiner ces textes, dont l’adoption pourrait constituer un tournant dans la gouvernance publique au Sénégal.

Affaire du compte de 1000 milliards : Ardo Gningue saisit l’OFNAC

L’affaire du supposé compte bancaire contenant 1000 milliards de francs CFA continue d’alimenter le débat public au Sénégal. Après l’annonce fracassante du Premier ministre Ousmane Sonko, de nombreuses voix se sont élevées pour demander des clarifications sur cette révélation, jugée aussi intrigante qu’inquiétante. Malgré la publication d’un rapport d’audit très médiatisé, une partie de l’opinion publique demeure sceptique et exige davantage de transparence.

C’est dans ce contexte que l’activiste Ardo Gningue est passé à l’action. Selon le journal L’AS, il a officiellement déposé une plainte auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Son objectif : pousser les autorités compétentes à ouvrir une enquête approfondie afin d’établir la véracité des faits et, le cas échéant, identifier les responsables d’une éventuelle irrégularité.

L’initiative de Ardo Gningue intervient dans un climat où la lutte contre la corruption et la transparence dans la gestion des finances publiques sont des sujets de premier plan. En s’adressant à l’OFNAC, il espère que la lumière sera faite sur ce dossier qui suscite de nombreuses interrogations. Il exhorte ainsi l’institution à user de tous les moyens à sa disposition pour mener une enquête indépendante et rigoureuse.

Cette plainte pourrait constituer un tournant dans cette affaire. Si l’OFNAC décide de l’instruire, une enquête officielle pourrait être ouverte pour déterminer l’existence ou non de ce fameux compte, son origine et son éventuelle utilisation.

L’affaire des 1000 milliards de francs CFA a un impact non seulement financier mais aussi politique. Elle soulève des questions cruciales sur la gestion des ressources publiques, la transparence et la responsabilité des dirigeants. L’intervention de l’OFNAC, si elle se concrétise, pourrait non seulement apporter des réponses aux nombreuses questions soulevées, mais aussi renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de contrôle.

En attendant une réaction officielle de l’OFNAC, cette plainte relance les débats et met davantage de pression sur les autorités pour qu’elles clarifient une situation qui, jusque-là, demeure floue. Reste à savoir si cette initiative aboutira à des révélations majeures ou si elle sera classée sans suite, alimentant ainsi les suspicions et spéculations déjà nombreuses autour de ce compte controversé.

Lutte contre la corruption dans l’administration du travail : l’OFNAC lance une cartographie des vulnérabilités

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), en partenariat avec le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions ainsi que l’agence allemande de coopération internationale (GIZ), a organisé, ce jeudi, un atelier dédié à la cartographie des vulnérabilités à la corruption dans l’administration du travail. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Doleel Admin » visant à renforcer la transparence et l’intégrité dans ce secteur clé de l’économie sénégalaise.

Lors de cette rencontre, Serigne Bassirou Guèye, président de l’OFNAC, a dressé un état des lieux préoccupant de la corruption dans l’administration du travail. Selon lui, cette pratique nuit gravement à l’accès équitable aux opportunités d’emploi, affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions et entrave le respect des droits des travailleurs.

« Les pratiques de favoritisme, le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics et les abus de pouvoir dans le traitement des litiges sociaux figurent parmi les principaux défis auxquels ce secteur est confronté », a-t-il déclaré.

Une étude menée par l’OFNAC en 2016 a révélé que 42 % des Sénégalais considèrent le secteur du travail comme l’un des plus exposés aux risques de corruption. De plus, 57 % des employés du secteur public et 69 % de ceux du secteur privé estiment que la corruption y est fréquente. Ces chiffres démontrent l’urgence de mettre en place des mécanismes efficaces pour lutter contre ce fléau.

La cartographie des vulnérabilités est une approche stratégique qui permet d’identifier les zones à risque et de proposer des solutions adaptées. « Cette initiative est un pas essentiel vers une gouvernance transparente et une administration plus équitable », a souligné Serigne Bassirou Guèye.

Le ministre du Travail, Abass Fall, a salué cette démarche proactive qui vise à anticiper plutôt qu’à réagir face aux pratiques frauduleuses. « Il est primordial d’identifier les failles du système pour mettre en place des mécanismes de prévention efficaces », a-t-il affirmé.

À l’issue de l’atelier, un comité d’experts sera mis en place afin d’analyser les résultats de cette cartographie et de formuler des recommandations concrètes. Parmi les mesures envisagées figurent la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation, le renforcement des contrôles internes et la sensibilisation des agents publics et des employeurs privés aux enjeux de la transparence.

Le ministre Abass Fall a rappelé que la lutte contre la corruption ne peut être efficace sans une mobilisation collective. « La transparence et l’intégrité doivent être au cœur des réformes du secteur du travail. Tous les acteurs, des travailleurs aux employeurs en passant par les syndicats et les autorités de régulation, doivent être impliqués », a-t-il insisté.

En intégrant des outils modernes de surveillance et en renforçant les mécanismes de contrôle, l’OFNAC et ses partenaires espèrent faire de cette initiative un modèle pouvant être étendu à d’autres secteurs sensibles de l’administration publique.

Kaolack : L’OFNAC et ses partenaires élaborent des stratégies pour lutter contre la corruption

L’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC), en collaboration avec ses partenaires, poursuit ses efforts pour renforcer la sensibilisation et la prévention contre la corruption. Parmi ces partenaires figure l’Association des Femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO), une organisation engagée dans le développement, avec laquelle l’OFNAC a signé une convention de partenariat en 2021.

Un partenariat stratégique avec l’AFAO
« L’AFAO, par sa structure et sa représentativité à l’échelle nationale et africaine, joue un rôle crucial en tant que relais dans nos efforts de sensibilisation, de promotion des valeurs éthiques et de transparence », a expliqué Sydi Massaly, chef du Bureau veille stratégique du département prévention de l’OFNAC. Selon lui, l’AFAO s’adresse particulièrement aux femmes et aux jeunes, des cibles clés pour diffuser les messages de lutte contre la corruption.

Ce partenariat s’inscrit dans le cadre des activités de la Quinzaine nationale de lutte contre la corruption. Lancée par l’OFNAC depuis 2015, cette initiative s’articule autour de la Journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée chaque 9 décembre conformément à la Convention des Nations Unies contre la corruption, que le Sénégal a ratifiée en 2005. Pendant cette quinzaine, des actions de sensibilisation sont menées dans plusieurs régions, y compris Kaolack, où un forum a été organisé ce samedi par l’AFAO en collaboration avec l’OFNAC.

Un combat renforcé par des études et une stratégie nationale
« En 2016, une étude sur le coût et la perception de la corruption au Sénégal a révélé l’ampleur démesurée de ce fléau et ses conséquences graves sur la société », a rappelé Sydi Massaly. En réponse, l’OFNAC a élaboré une Stratégie nationale de lutte contre la corruption en collaboration avec le gouvernement du Sénégal. Ce document cadre constitue un outil essentiel pour combattre la corruption à tous les niveaux, qu’ils soient sociaux ou professionnels.

Cette stratégie met l’accent sur l’implication de tous les acteurs : la société civile, le secteur privé et la population. « C’est cette mobilisation collective qui nous permettra d’éradiquer la corruption », a conclu Sydi Massaly, soulignant l’importance des actions locales et régionales pour amplifier l’impact des initiatives nationales.

À travers ces efforts concertés, l’OFNAC et ses partenaires ambitionnent de renforcer les valeurs d’intégrité et d’éthique dans la société sénégalaise.

Kaolack : Journée internationale de lutte contre la corruption – L’OFNAC et l’AFAO sensibilisent la communauté sur les impacts de la corruption

La lutte contre la corruption est essentielle pour l’avenir de près d’un quart de la population mondiale. C’est dans ce cadre que l’Association des Femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO), en collaboration avec l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC), a organisé un forum de sensibilisation à Kaolack à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption (édition 2024-2025).

Mobilisation de l’AFAO pour l’autonomisation économique et la lutte contre les inégalités
Créée en 2005, l’AFAO est une organisation féminine de la société civile qui regroupe des femmes de 16 pays d’Afrique de l’Ouest. Selon Madame Sanokho Khady Mbaye Guèye, présidente régionale de l’AFAO à Kaolack, l’organisation vise à :

  • Mobiliser les femmes pour leur participation aux processus régionaux de prise de décision en matière d’intégration économique.
  • Contribuer à l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers la transformation de produits locaux. À Kaolack, l’AFAO a mis en place une unité de transformation bien équipée.
  • Réduire les inégalités entre les sexes dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques aux niveaux sous-régional et régional.

Sensibiliser femmes et jeunes contre les impacts de la corruption
« Nous sommes réunis ce samedi pour sensibiliser la communauté, en particulier les jeunes et les femmes, sur les impacts négatifs de la corruption, » a déclaré Madame Sanokho. « La corruption freine considérablement le développement économique, décourage les investissements étrangers et met les petites entreprises en difficulté face aux coûts initiaux liés à ce fléau. »

Cette 15e édition de la Journée mondiale de lutte contre la corruption a réuni près de 200 participants à Kaolack. Les organisateurs espèrent que les jeunes et les femmes présents relayeront les messages dans leurs communautés respectives afin de contribuer à l’éradication de ce phénomène. « Cela nécessite un changement de comportement et une meilleure compréhension des textes sur la corruption, » a ajouté Madame Sanokho.

Le rôle clé des femmes et des jeunes dans la lutte contre la corruption
Madame Adji B. Fall, chargée des plaidoyers au niveau de l’AFAO nationale, a insisté sur l’importance du rôle des femmes et des jeunes :
« Les jeunes peuvent rester dans leurs localités et s’investir dans des activités économiques transparentes. Quant aux femmes, qui sont des piliers des foyers, elles peuvent intégrer des messages de sensibilisation lors de leurs rencontres périodiques. »

Elle a salué l’initiative conjointe de l’OFNAC et de l’AFAO, soulignant que « cette collaboration est d’un intérêt capital pour engager les communautés dans une lutte durable contre la corruption. »

La journée a été marquée par des échanges constructifs et des recommandations pour une sensibilisation élargie et un plaidoyer efficace, dans le but de renforcer la résilience des communautés face à ce fléau mondial.

OFNAC : le nombre de dossiers ouverts presque doublé entre 2023 et 2024

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a enregistré une augmentation marquante du nombre de dossiers ouverts, passant de 42 affaires en 2023 à 88 en 2024, a révélé le commandant Omar Sène, chef du Bureau des investigations, lors d’un panel organisé à Dakar. Cette tendance pourrait se confirmer avec une projection atteignant les 100 dossiers avant la fin de l’année.

Selon le commandant Sène, cette progression reflète le dynamisme de l’OFNAC dans son rôle de lutte contre la corruption. En 2024, le nombre de convocations a également bondi, passant de 102 en 2023 à 252 cette année. Quant aux demandes de concours, elles sont passées de 127 à 181 sur la même période.

Ces chiffres traduisent une intensification des activités de l’office, malgré les contraintes imposées par la pandémie de COVID-19 qui avait ralenti les procédures en 2020 et 2021.

Malgré ces progrès, certains défis demeurent. Le commandant Sène a souligné que l’impact de la pandémie avait affecté la capacité de l’assemblée des membres à se réunir, entraînant parfois des classements sans suite. Toutefois, l’OFNAC a maintenu une dynamique de croissance, avec des projets en cours ayant progressé de 76 en 2020 à 98 en 2023.

En 2023, l’office a finalisé 12 accords, chiffre stable par rapport aux années précédentes, mais une augmentation est attendue d’ici fin 2024.

L’OFNAC, en collaboration avec la société civile et des partenaires comme Amnesty International Sénégal, continue de renforcer ses actions. Ces partenariats permettent d’organiser des formations et des campagnes de sensibilisation, tout en renforçant les capacités d’investigation de l’institution.

Le commandant Sène s’est montré optimiste sur l’évolution des résultats pour 2024, affirmant que les efforts en cours visent à consolider la transparence et l’intégrité au sein des institutions publiques et privées au Sénégal.

Déclaration de Patrimoine : L’OFNAC déclare la conformité des membres du gouvernement et des directeurs généraux

Serigne Bassirou Guèye, président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), a confirmé ce mardi que tous les membres du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, ainsi que plusieurs directeurs généraux, ont respecté leurs obligations en matière de déclaration de patrimoine. Cette annonce a été faite lors d’un atelier de vulgarisation des réformes législatives récentes, organisé pour les professionnels des médias.

Le président Guèye a souligné que cette déclaration de patrimoine est une exigence légale et éthique, visant à garantir une gestion transparente et responsable des affaires publiques. Il a rappelé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait également rempli cette obligation, et que sa déclaration avait été rendue publique récemment, affirmant l’engagement de l’État en faveur de la transparence.
“Le Premier ministre et l’ensemble des ministres ont fait leur déclaration de patrimoine ainsi que certains directeurs généraux,” a affirmé Serigne Bassirou Guèye. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des réformes introduites par les nouveaux textes législatifs modifiant la loi portant création de l’Ofnac et la loi sur la déclaration de patrimoine. Ces modifications ont pour objectif de renforcer la confiance des citoyens envers leurs institutions en promouvant une culture de responsabilité et de probité parmi les responsables publics.
L’atelier de vulgarisation a permis de présenter en détail les changements apportés aux lois régissant l’Ofnac et la déclaration de patrimoine. Les modifications incluent l’élargissement du champ d’application des lois, le renforcement des mécanismes de contrôle, et une amélioration générale de la transparence dans la déclaration des biens des acteurs publics.
Serigne Bassirou Guèye a souligné l’importance du rôle des médias dans cette dynamique. Il a encouragé les journalistes à diffuser largement les informations relatives à la déclaration de patrimoine et à sensibiliser le public sur l’importance de la lutte contre la corruption. “Les médias ont un rôle crucial à jouer dans la promotion de la transparence et de l’intégrité au sein de la société,” a conclu M. Guèye.
L’Ofnac continue de collaborer étroitement avec tous les acteurs concernés pour veiller au respect des nouvelles dispositions légales et à la prévention de la corruption.

LE PROJET DE LA CENTRALE À GAZ DU CAP-DES-BICHES : Une réussite en péril face aux manœuvres politiciennes

Le projet de construction de la centrale à gaz au Cap des Biches, piloté par West African Energy (WAE), est en bonne voie avec des travaux achevés à 95% pour le cycle simple et 84% pour le cycle combiné. Ce projet ambitieux, dont le coût total est estimé à 283 milliards de francs CFA, est un tournant majeur pour le secteur énergétique du Sénégal et de la sous-région. Malgré les avancées significatives, des intérêts partisans et personnels semblent menacer cette réalisation.

Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la Présidentielle 2024, des voix discordantes se sont élevées contre l’ambitieux projet de la centrale à gaz initié par WAE, un groupe d’investisseurs sénégalais, ayant obtenud un finacement totalement sur fonds privés. Il se trouve que le patron d’Akilee, Amadou Ly, paraît ne s’être pas encore remis de l’annulation de contrat de 187 milliards avec la SENELEC. Ce membre de la coalition « Diomaye President » ferait son possible, selon une source, pour saboter le partenariat liant WAE à la SENELEC. Par ailleurs, M. Ly est cité par un rapport de l’OFNAC qui a atterri sur la table du procureur après enquête. Quelles sont réellement ses motivations ? Voudrait-il se positionner comme Directeur général de la SENELEC ?

D’un autre côté, il y a des détracteurs de Samuel Sarr qui aimeraient voir capoter ce projet sans savoir que celui-ci a décidé de quitter la Direction de WAE car sollicité par quatre (04) pays africains.

UN CHEF-D’OEUVRE PRIVÉ DE GRANDE ENVERGURE

La centrale à gaz du Cap des Biches est entièrement financée par des fonds privés. WAE, en tant qu’initiateur du projet, a su mobiliser des ressources substantielles en collaboration avec des institutions financières de premier plan telles que l’African Finance Corporation (AFC), Afrexim Bank et la Islamic Corporation for the Development of the Private Sector (ICD). Ces soutiens financiers internationaux témoignent de la solidité et du potentiel du projet, qui ne bénéficie d’aucun financement public.

Le choix de la solution privée pour ce projet a permis de contourner les complexités et les lenteurs administratives souvent associées aux financements publics, garantissant ainsi une plus grande autonomie et une efficacité accrue dans la réalisation du projet.

RESPECT DES NORMES

Le projet de la centrale à gaz est strictement conforme aux normes réglementaires et techniques. La Commission de Régulation du Secteur de l’Energie (CRSE) a délivré un avis favorable à l’octroi d’une licence de production et de vente d’électricité à WAE, après une analyse rigoureuse du dossier et des consultations publiques. Aucun des avis soumis durant la période de consultation publique n’a remis en cause l’octroi de la licence, soulignant la transparence et la légitimité du processus.

La centrale, qui sera dotée d’une capacité de 366 MW, est conçue pour fonctionner à la fois au gaz naturel et au naphta. Elle comprendra deux turbines à gaz et une turbine à vapeur en cycle combiné, ce qui permettra une efficacité énergétique optimale et une meilleure stabilité du réseau électrique.

IMPACT SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL

Outre ses bénéfices techniques, le projet a des retombées positives significatives sur l’économie locale. La construction de la centrale a généré des emplois importants, avec un quota prévu de 40% pour les postes nécessitant des qualifications spécifiques et 100% pour les postes non qualifiés. Cette création d’emplois est cruciale dans une région où le taux de chômage est élevé, offrant des opportunités économiques locales et contribuant à la réduction des inégalités.

D’un point de vue environnemental, le projet utilise du gaz domestique plutôt que du fioul lourd, ce qui contribuera à une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre. Cette approche s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Sénégal en matière de développement durable et d’engagements climatiques internationaux.

AVANCÉES REMARQUABLES

Les turbines à gaz sont entièrement installées et les tests de mise en service sont en cours. Les équipements nécessaires à la centrale, dont la Turbine à Gaz n°2 (TAG 12), sont prêts pour le premier allumage. WAE a également signé un contrat de fourniture de combustible avec PETROSEN TRADING & SERVICES S.A., assurant l’approvisionnement en naphta et en gasoil pour la centrale. Des études sont en cours pour la mise en place d’un FSRU (Floating Storage and Regasification Unit) pour l’alimentation en gaz naturel liquéfié (GNL), afin de garantir un approvisionnement stable et continu.

Malgré les nombreux défis et les tentatives de sabotage, le projet de la centrale à gaz au Cap des Biches reste une réalisation exemplaire qui illustre le potentiel du secteur privé sénégalais dans le développement des infrastructures énergétiques. Les attaques visant à perturber ce projet ne doivent pas masquer les succès déjà obtenus et les bénéfices futurs pour la région. La réussite de ce projet est essentielle non seulement pour satisfaire la demande énergétique croissante, mais aussi pour stimuler l’économie locale et contribuer aux objectifs environnementaux du Sénégal.

Le Dakarois

PERSONNES ÉPINGLÉES PAR LES RAPPORTS DE L’OFNAC : Pape Alé Niang réclame l’ouverture d’instruction judiciaires

Le journaliste Pape Alé Niang, figure de proue de l’investigation au Sénégal, a appelé, mercredi, à travers un tweet, à l’ouverture d’instructions judiciaires suite à la publication des rapports des corps de contrôle. Dans son message, il a exprimé une forte demande pour que les rapports de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) ne se limitent pas à une simple divulgation publique mais soient suivis de procédures judiciaires rigoureuses.

« Les 45 rapports de l’OFNAC qui dorment dans les tiroirs du procureur doivent aller en instructions. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une simple publication. Les personnes qui ont été épinglées doivent faire face à la justice pour apporter toutes les réponses nécessaires », a affirmé Pape Alé Niang dans son tweet.

Cette déclaration fait écho à une préoccupation majeure sur l’efficacité des mesures anti-corruption dans le pays. Le fait que ces rapports demeurent sans suite judiciaire compromet les efforts de transparence et de lutte contre la corruption.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a récemment ordonné la publication des rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État et de l’OFNAC couvrant les cinq dernières années. Cette initiative vise à renforcer la transparence et à rassurer l’opinion publique sur l’engagement des autorités à lutter contre les pratiques illicites.

Cependant, la publication de ces documents ne constitue qu’une première étape. Pape Alé Niang et plusieurs acteurs de la société civile insistent sur la nécessité d’une mise en œuvre concrète des recommandations contenues dans ces rapports par le biais de poursuites judiciaires. Ils estiment que seules des actions en justice permettront de sanctionner les responsables et de dissuader les comportements corrompus.

Dans la continuité de sa politique de transparence, le président Bassirou Diomaye Faye a également donné des directives pour l’organisation annuelle de missions de contrôle dans les institutions constitutionnelles. Cette mesure vise à instaurer une surveillance régulière et rigoureuse, afin de prévenir les dérives et de maintenir une gestion saine et exemplaire des ressources publiques.

L’appel de Pape Alé Niang résonne comme un rappel crucial de la nécessité de ne pas se limiter à la publication des rapports mais de poursuivre les personnes épinglées. La crédibilité des institutions de contrôle et de justice en dépend. La balle est désormais dans le camp des autorités judiciaires qui doivent prendre des mesures concrètes pour traduire ces recommandations en actions tangibles et restaurer ainsi la confiance des citoyens dans le système judiciaire et la gouvernance du pays.

Renforcement des pouvoirs de l’Ofnac pour lutter contre la corruption

La récente loi accorde à l’Ofnac de nouveaux pouvoirs, dont la garde à vue et le gel d’avoirs, marquant une étape cruciale dans la lutte contre la corruption au Sénégal.

Lors de la célébration de la Journée africaine de lutte contre la corruption, Serigne Bassirou Guèye a souligné l’importance de ces nouvelles mesures, affirmant que « le ton a été bien donné par le gouvernement, le PM et tous les ministres ».

Il a également invité les hauts responsables, y compris les directeurs généraux, à suivre l’exemple du Premier ministre et des ministres en déclarant leur patrimoine. Cette initiative vise à renforcer la transparence et la responsabilité au sein des institutions publiques.

Déjà mis en œuvre par le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement, ce geste symbolise un engagement ferme envers la lutte contre la corruption, tel que confirmé lors du récent Conseil des ministres présidé par Ousmane Sonko.

Cette nouvelle législation renforce la capacité de l’Ofnac à enquêter et à prendre des mesures concrètes contre les actes de corruption, marquant ainsi une avancée significative dans la gestion des affaires publiques au Sénégal.

Sidy Alpha Ndiaye salue la publication des rapports de la Cour des Comptes et de l’Ofnac pour renforcer la démocratie au Sénégal

Le Professeur Sidy Alpha Ndiaye a récemment exprimé son approbation à l’égard de la diffusion des rapports de la Cour des comptes et de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), soulignant leur rôle crucial dans la revitalisation de la démocratie sénégalaise. Selon lui, la publication de ces rapports représente un exemple de ré-enchantement de la démocratie, mettant en lumière l’impact significatif de ces documents sur la transparence gouvernementale.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Ige) a également été évoquée par le Professeur Ndiaye, qui a salué les efforts du président de la République pour une séparation efficace avec la présidence, renforçant ainsi l’objectivité de l’institution. Il a souligné que le Président est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une gestion transparente des affaires publiques. Concernant la Cour des comptes, le Professeur a souligné que le rôle du ministère de la Justice sera crucial pour garantir la reddition des comptes, en conformité avec les principes de justice.

En outre, le Professeur Ndiaye a salué la possibilité d’une initiative judiciaire en réponse aux rapports, reflétant ainsi les attentes des citoyens qui ont expressément soutenu ces mesures lors des élections du 24 mars. « C’est bien là l’attente des masses populaires qui veulent une vraie redevabilité dans la gestion des affaires d’État », a-t-il conclu.

Cette déclaration souligne l’importance des rapports de la Cour des comptes et de l’Ofnac dans le renforcement de la gouvernance et de la démocratie au Sénégal, tout en mettant en avant l’engagement du gouvernement à répondre aux préoccupations des citoyens et à assurer la transparence dans la gestion des affaires publiques.

La Cour des Comptes du Sénégal publie 45 rapports suite aux directives présidentielles

Dans un élan de transparence encouragé par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, la Cour des Comptes du Sénégal a publié quarante-cinq rapports particuliers couvrant les années 2021, 2022 et 2023. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), qui avait précédemment pris des mesures similaires en réponse aux instructions du président.

Ces rapports, désormais disponibles au public, visent à offrir une transparence accrue sur la gestion des affaires publiques et à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Cependant, la publication a rencontré un obstacle technique, le site Internet de la Cour des Comptes étant actuellement hors service en raison d’un dysfonctionnement. Cela a temporairement empêché les citoyens et les intéressés d’accéder aux documents.

Les rapports de la Cour des Comptes sont cruciaux pour le contrôle de la gestion financière des institutions publiques et visent à identifier les éventuelles anomalies ou irrégularités. Leur publication est vue comme un pas important vers une gouvernance plus ouverte et responsable.

Les autorités travaillent activement à résoudre les problèmes techniques pour rendre le site à nouveau accessible, assurant que l’intégrité des données n’est pas compromise. La situation soulève des questions sur la capacité des infrastructures numériques du gouvernement à gérer un volume élevé de trafic ou de données, soulignant la nécessité d’investissements continus dans les technologies de l’information pour soutenir les efforts de transparence.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a exprimé son engagement à poursuivre les réformes nécessaires pour assurer une gestion efficace et transparente des ressources publiques, en ligne avec sa vision de renforcer l’État de droit et la démocratie au Sénégal. La publication de ces rapports est un exemple concret de cette volonté de gouvernance, même si le chemin vers une transparence totale est semé d’embûches techniques et administratives.

Résumé du Rapport d’Enquête n°02/2023 : Affaire Contrat SENELEC-AKILEE

Le rapport d’enquête numéro 02/2023 concerne des allégations sérieuses d’infractions financières et administratives impliquant la Société nationale d’électricité (SENELEC) et l’entreprise AKILEE. L’affaire a attiré l’attention du public et des autorités en raison de la gravité des accusations, notamment:

Escroquerie et Tentative d’Escroquerie sur les Deniers Publics: L’enquête révèle des tentatives d’escroquerie affectant directement les finances publiques. Ces actions étaient apparemment conçues pour manipuler des contrats au détriment de SENELEC et à l’avantage d’AKILEE ou d’autres entités.

Détournement de Deniers Publics et Complicité: Des fonds publics auraient été illicitement détournés dans le cadre du contrat entre SENELEC et AKILEE. Le rapport pointe du doigt non seulement les acteurs directs mais aussi ceux qui ont facilité ou couvert ces agissements.

Comptable de Fait et Complicité: Certaines personnes auraient agi en qualité de comptables de fait, gérant des fonds publics sans en avoir la charge légale, avec la complicité d’autres agents ou cadres de SENELEC et AKILEE.

Violation des Dispositions du Code des Marchés Publics: L’enquête indique que le contrat a été attribué en violation des normes légales régissant les marchés publics, ce qui soulève des questions sur la régularité des procédures de passation et d’exécution du contrat.

Fraude Fiscale: Il est également mentionné que des actes de fraude fiscale ont été commis, impliquant la sous-déclaration de revenus ou d’autres manœuvres pour échapper aux obligations fiscales légitimes.

Le rapport recommande des actions judiciaires contre les individus et les entités impliqués, ainsi que des réformes pour renforcer la transparence et la gouvernance dans la gestion des contrats publics. Des mesures correctives sont également suggérées pour récupérer les fonds perdus et prévenir de futures occurrences de telles infractions.

Cette affaire met en lumière des défis significatifs dans la gestion des entreprises publiques et la protection des deniers publics contre les abus. Elle appelle à une vigilance accrue, à des contrôles plus stricts et à une responsabilité renforcée pour tous les acteurs impliqués dans la gestion des ressources publiques. La réaction des autorités à ce rapport sera cruciale pour restaurer la confiance du public dans les institutions étatiques et le marché des marchés publics.

RAPPORT 2022 DE L’OFNAC : Mame Mbaye Niang et les accusations de gestion défaillante

L’ancien responsable du Programme de Développement Agricole et de la Chaîne de Valeur (Prodac), Mame Mbaye Niang, se retrouve encore au cœur d’une polémique à la suite des révélations faites par l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC).

Le rapport annuel de l’OFNAC pour l’année 2022, rendu public, hier, a mis en lumière des irrégularités présumées dans la gestion du Prodac sous sa direction.

L’OFNAC a qualifié ces lacunes de « faute de gestion », une terminologie qui précise les erreurs ou les négligences présumées dans la gestion des biens publics.

En effet, on parle de « faute de gestion » lorsque la personne chargée de gérer des biens, des fonds ou des affaires commet des erreurs ou des décisions en violation des règles. Cela peut impliquer des actions qui contreviennent aux Droit, aux procédures ou aux obligations légales, entraînant des conséquences préjudiciables telles que des pertes financières, des dommages matériels ou des litiges. En résumé, il s’agit d’une mauvaise gestion qui compromet les intérêts ou les ressources dont cette personne a la responsabilité.

En réalité, dans la pratique, la définition exacte d’une faute de gestion n’est pas codifiée dans la loi, mais est laissée à l’appréciation des juges lorsqu’une affaire est présentée devant eux. Autrement dit, la manière dont Mame Mbaye Niang a dirigé le PRODAC serait évaluée en fonction du discernement des juges si l’affaire devait être jugée devant les tribunaux.

En l’espèce, ces accusations de « faute de gestion » dans le cadre PRODAC, n’ayant pas été portées en justice jusqu’à présent, restent une question en suspens.

Si l’affaire n’a pas été portée devant les tribunaux, il peut y avoir diverses raisons à cela, notamment des décisions des autorités compétentes, des développements ultérieurs dans l’enquête, de manque ou d’inexistences de preuve.

En l’absence de procédure judiciaire en cours, il peut être difficile de tirer des conclusions définitives. Les conclusions de l’OFNAC, portant sur d’autres affaires telles la spoliation foncière et des détournements présumés, sont disponibles sur son site officiel depuis hier, jeudi. Plusieurs de ces dossiers sensibles ont été transmis au parquet pour une enquête approfondie.

VOTRE QUOTIDIEN DU JOUR : LA UNE des Quotidiens du Vendredi 26 Avril 2024

Le Dakarois Quotidien N°162 – du 26/04/24
Le Dakarois Quotidien N°162 – du 26/04/24

Rapport d’Activité 2022 de l’OFNAC : Renforcer la Lutte contre la corruption

L’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) est fier de publier son rapport d’activités pour l’année 2022. Dans un contexte où la lutte contre la corruption est plus urgente que jamais, ce document détaille les efforts intensifiés de l’organisation pour combattre la fraude et promouvoir l’intégrité, la transparence et la bonne gouvernance au Sénégal. Ce rapport met en avant les défis rencontrés, les avancées réalisées et les stratégies adoptées pour renforcer cette lutte cruciale, tout en soulignant les actions de sensibilisation et les recommandations pour l’avenir.

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Le Dakarois Quotidien N°160 – du 24/04/24 – ANNULATION DES CONTRATS MINIERS : Les conséquences désastreuses pour le Sénégal

🔴 ANNULATION DES CONTRATS MINIERS : Les conséquences désastreuses pour le Sénégal
🔴 Réforme potentielle de l’OFNAC : Le retour de Nafi Ngom Keïta ?

Réforme potentielle de l’OFNAC : Le retour de Nafi Ngom Keïta ?

Quatre mois seulement après une modification législative ayant renforcé ses pouvoirs, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) au Sénégal pourrait connaître une nouvelle réforme significative sous l’égide du Président Bassirou Diomaye Faye. Cette perspective de réforme vient avec une proposition inattendue : le retour de Nafi Ngom Keïta à la tête de l’institution.

L’OFNAC, établi en 2012 sous la présidence de Macky Sall, avait pour mission initiale de renforcer les efforts de transparence et de lutte contre la corruption au Sénégal. Nafi Ngom Keïta, une Inspectrice générale d’État respectée, avait été nommée à la tête de cette nouvelle entité, où elle avait gagné une réputation pour son intégrité et son engagement envers la lutte anti-corruption.

Le Président Diomaye Faye, semble-t-il, cherche à revigorer cette institution clé en invitant Keïta à reprendre son ancien poste. Cette proposition, faite lors d’une audience privée, souligne la volonté du président de redonner un nouvel élan à l’OFNAC, peut-être en réaction aux critiques sur son efficacité ou sa portée sous le régime précédent.

Les détails de la réforme proposée par le Président Faye ne sont pas encore publics, mais l’initiative indique une volonté de renforcer les mécanismes de contrôle et de lutte contre la corruption. Le retour de Keïta pourrait symboliser un désir de restaurer ou de renforcer la crédibilité de l’OFNAC, compte tenu de son historique et de sa stature dans le domaine de la gouvernance et de la transparence.

La proposition a suscité diverses réactions dans l’opinion publique et les médias. Pour beaucoup, le retour potentiel de Keïta serait vu comme une « revanche » après son départ de l’OFNAC, qui avait été perçu par certains comme politiquement motivé. Cependant, l’acceptation de cette offre par Keïta reste incertaine, et les implications de sa décision sont l’objet de nombreuses spéculations.

La réforme de l’OFNAC et le potentiel retour de Nafi Ngom Keïta à sa tête sont des développements qui pourraient avoir des répercussions significatives sur la lutte contre la corruption au Sénégal. Si Keïta accepte la proposition, cela pourrait marquer un tournant important pour l’OFNAC et signaler un engagement renouvelé envers des pratiques de gouvernance transparentes et efficaces sous la présidence de Diomaye Faye. Le suivi de cette affaire sera crucial pour comprendre les directions futures de la politique anti-corruption du Sénégal.

PUBLICATION DES RAPPORTS DE L’OFNAC : Quel impact sur le quotidien des Sénégalais ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a commandé la publication des rapports, datant de 2019 à 2023, des corps de contrôle dont l’OFNAC. Lequel a émis une première livraison jeudi dernier. La mise à la disposition du public de ce genre de rapports n’est pourtant pas une première au Sénégal. Des enquêtes des corps de contrôle concernant des cas de corruption et d’enrichissement illicite ont déjà été publiées et cela, sans suite judiciaire ni répercussion économique sur le quotidien des Sénégalais. D’où la nécessité de réfléchir sur cette interrogation : le Gouvernement utilise-t-il cette commande de rapports des organes de contrôle pour dissimuler certaines carences ?

Dans un contexte où de nombreux Sénégalais se plaignent de la hausse constante du coût de la vie et de la pression économique croissante, le Gouvernement du Sénégal fait face à des critiques sévères de certains observateurs quant à sa capacité à répondre aux besoins de la population. Il est même tentant de penser que la publication des rapports sur des affaires financières présumées pourrait être une tentative pour détourner l’attention de probables échecs du Gouvernement dans la réduction du coût de la vie.
Au cours des dernières années, le Sénégal a été le théâtre de plusieurs affaires financières médiatisées impliquant des personnalités politiques, des hommes d’affaires influents et des fonctionnaires gouvernementaux. Ces affaires, souvent caractérisées par des allégations de détournement de fonds publics, de fraude et de corruption, ont suscité l’indignation de nombreux Sénégalais et alimenté les appels à une action plus vigoureuse contre la corruption. Toutefois, il n’y a pas eu de poursuites judiciaires concernant ces dossiers dans lesquels la gestion nébuleuse de certaines personnalités a été mise en exergue par les rapports des corps de contrôle que sont l’OFNAC (l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption, l’IGE (I’Inspection Générale d’État) et la CC ( la Cour des Comptes).
En guise d’exemple, l’OFNAC, depuis sa création en décembre 2012, a joué un rôle crucial dans la surveillance et la prévention des pratiques corruptives au sein des institutions publiques. Cependant, malgré la publication régulière de rapports mettant en lumière des cas de corruption présumée, il est souvent constaté qu’aucune poursuite judiciaire n’est engagée contre les personnes impliquées. Cette situation soulève des interrogations quant à l’efficacité réelle de l’OFNAC dans la lutte contre la corruption.
Au fil des années, l’OFNAC a produit une série de rapports détaillant des cas de corruption présumée dans divers secteurs de l’administration publique y compris dans les domaines de la santé, de l’éducation, des marchés publics et de la gouvernance locale. Ces rapports sont le fruit d’enquêtes approfondies menées par l’OFNAC, souvent en collaboration avec d’autres organes de contrôle et des institutions internationales.
Nonobstant la clarté des preuves présentées dans ces rapports et les recommandations formulées par l’OFNAC, il est fréquent de constater l’absence de poursuites judiciaires à l’encontre des personnes citées dans les actes de corruption présumée.
C’est pourquoi, la sincérité de la démarche du nouveau Gouvernement, demandant la publication des rapports de l’OFNAC, l’IGE et de la CC est mise en doute. Cet acte suggère que cela pourrait être motivé par des considérations politiques plutôt que par un véritable engagement à lutter contre la corruption.
Cette stratégie , en réalité, soulève des questions sur son efficacité réelle dans la lutte contre la corruption et sur son impact sur les conditions de vie des Sénégalais ordinaires. Alors que les poursuites judiciaires peuvent parfois révéler des cas de corruption légitimes et contribuer à promouvoir la transparence et la responsabilité, elles ne suffisent pas à résoudre les problèmes économiques sous-jacents qui affectent la vie quotidienne des citoyens.
En effet, en lançant des enquêtes et des poursuites sur des affaires financières présumées, le Gouvernement chercherait, peut-être, à détourner l’attention du public des préoccupations économiques pressantes. L’une des raisons pour lesquelles les Sénégalais ont évacué le régime précédent, est bien la cherté de la vie, impliquant celles du loyer, de l’électricité et des denrées de première nécessité.
C’est pourquoi, face à la pression croissante de la population pour une action concrète visant à réduire le coût de la vie et à améliorer les conditions économiques, le Gouvernement devrait se concentrer sur des politiques et des initiatives qui répondent directement aux besoins urgents de la population. Cela inclut des mesures visant à stimuler la croissance économique, à créer des emplois, à améliorer l’accès aux services sociaux de base et à promouvoir la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
En fin de compte, la lutte contre la corruption et la réduction du coût de la vie sont des objectifs interdépendants qui nécessitent une approche holistique et une volonté politique forte.
Plutôt que de se contenter de poursuites judiciaires spectaculaires, le Gouvernement du Sénégal devrait plutôt s’engager dans des réformes économiques et sociales significatives qui répondent aux besoins réels de la population et renforcent la confiance aux institutions publiques et judiciaires.
D’autre part, le Gouvernement devrait également éclairer l’opinion sur le champ d’application de la dernière loi d’amnistie. Le texte du projet de loi adopté à l’Assemblée nationale, mars dernier, dispose que l’amnistie s’étend à « tous les faits susceptibles de revêtir la qualification d’infraction criminelle ou correctionnelle, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, tant au Sénégal qu’à l’étranger, se rapportant à des manifestations ou ayant des motivations politiques, y compris celles faites par tous supports de communication, que leurs auteurs aient été jugés ou non ».

Penda THIAM, journaliste et coordinatrice du GRAND PANEL QUOTIDIEN

Transparence et Transformation : Le Chef de l’État ordonne la publication des rapports de Contrôle des cinq (5) dernières années

Lors du deuxième Conseil des ministres présidé ce mercredi 17 avril 2024, le président de la République a pris une décision significative en ordonnant la publication des rapports de la Cour des comptes, de l’Inspection générale d’État (IGE) et de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) des cinq dernières années (2019, 2020, 2021, 2022 et 2023).

Cette décision marque un engagement fort en faveur de la transparence et de la reddition des comptes dans la gestion des affaires publiques. La publication de ces rapports permettra aux citoyens de mieux comprendre et d’évaluer la gestion des ressources publiques au cours des dernières années, renforçant ainsi la confiance dans les institutions et la gouvernance du pays.

Par ailleurs, le Chef de l’État a également abordé la question de la transformation de l’Administration publique. Il a rappelé les principes partagés du « JUB, JUBAL, JUBANTI », visant à moderniser et à rendre plus efficace l’administration au service des Sénégalais et des intérêts nationaux.

Ces principes, qui prônent l’efficacité (JUB), la transparence (JUBAL) et l’intégrité (JUBANTI), sont essentiels pour instaurer une gouvernance publique responsable et orientée vers les résultats. En adoptant ces valeurs, le gouvernement s’engage à promouvoir une culture de performance et de responsabilité dans toutes ses actions.

En réaffirmant son engagement en faveur de la transparence et de la modernisation de l’administration, le président de la République démontre sa volonté de répondre aux attentes des citoyens et de promouvoir un développement durable et inclusif pour tous les Sénégalais.

OFNAC : les deux changements qui énervent les magistrats…

La récente loi étendant les prérogatives de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) suscite des vives réactions chez les magistrats, qui expriment leur mécontentement face à deux dispositions en particulier.

Tout d’abord, selon les informations relayées par « Seneweb » qui cite « Source A », les magistrats sont préoccupés par la possibilité accordée au président de l’OFNAC de placer en garde à vue des individus mis en cause. Cette mesure soulève des interrogations quant à une éventuelle confusion des rôles entre le président de l’OFNAC et le procureur de la République. En effet, la garde à vue est considérée comme une mesure privative de liberté relevant traditionnellement de la compétence du procureur.

Un autre point de friction concerne l’obligation désormais imposée aux présidents des hautes juridictions de déclarer leur patrimoine à l’OFNAC. Cette disposition est perçue comme un contournement des juridictions existantes et suscite une vive opposition de la part des magistrats.

Face à ces deux changements, les juges entendent exprimer leur désaccord. Selon les informations fournies par le journal, ils envisagent de transmettre un « avis technique » à l’autorité compétente afin de faire valoir leurs préoccupations et leurs objections.

Cette réaction des magistrats met en lumière les tensions et les désaccords persistants autour de l’extension des pouvoirs de l’OFNAC, ainsi que les préoccupations quant à la préservation de l’indépendance et du fonctionnement harmonieux des différentes institutions judiciaires au Sénégal.

Nouvelle loi renforçant l’OFNAC : Approbation de la société civile avec appel à l’indépendance

Une nouvelle loi modifiant et renforçant les pouvoirs de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) a été votée récemment, suscitant l’approbation de la société civile sénégalaise. Toutefois, celle-ci émet un appel à ce que l’OFNAC demeure indépendant des jeux politiques.

Les membres de la société civile ont salué les nouvelles dispositions de la loi, les considérant comme un pas important dans la lutte contre la corruption. Le Pr Babacar Gueye a souligné le travail de la société civile dans l’élaboration de cette loi, mettant en avant le rôle accru que l’OFNAC pourra désormais jouer grâce à ces changements législatifs. Moundiaye Cissé de l’ONG 3D a également exprimé sa satisfaction quant aux pouvoirs renforcés de l’office, affirmant que cela le rendra plus efficace dans sa mission de lutte contre la corruption. De son côté, Djibril Gningue de Pacte a insisté sur l’importance de la prévention et de la répression de la corruption.

La nouvelle loi accorde à l’OFNAC des pouvoirs accrus en matière d’investigations, de saisine et de médiation. Parmi les nouvelles dispositions, l’OFNAC est désormais habilitée à placer en garde à vue des individus présumés coupables d’enrichissement illicite. De plus, le président de l’OFNAC peut désormais adresser directement des instructions aux enquêteurs assermentés ainsi qu’aux officiers de police judiciaires et assimilés.

Malgré cette avancée dans la lutte contre la corruption, les membres de la société civile mettent en garde contre toute instrumentalisation de l’OFNAC à des fins politiques. Ils appellent à ce que l’office demeure impartial et indépendant, loin des luttes politiques partisanes. Cette recommandation vise à garantir que l’OFNAC exerce ses fonctions de manière équitable et transparente, sans être influencé par des considérations politiques.

Renforcement de la transparence : Les nouvelles dispositions sur la Déclaration de Patrimoine

Hier, l’Assemblée nationale a adopté les lois n°22/2023 et n°23/2023, modifiant respectivement la création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) et la loi relative à la déclaration de patrimoine. Les changements présentent un engagement accru envers la transparence et visent à répondre au « besoin légitime d’information des citoyens sur la situation et le comportement des dirigeants publics », selon le ministre des Finances et du Budget, Mamadou Moustapha Ba.

L’une des nouveautés majeures réside dans la publication régulière de la liste des assujettis, incluant également les défaillants. Cette initiative vise à informer les citoyens sur la situation financière des dirigeants publics, renforçant ainsi la confiance dans le processus démocratique.

Les assujettis défaillants ne sont pas épargnés, car des mesures coercitives sont désormais prévues pour les déclarations incomplètes, frauduleuses ou inexactes. Les sanctions potentielles incluent l’interdiction d’accéder à une fonction publique, des amendes substantielles, voire des peines privatives de liberté. Ces sanctions sévères cherchent à dissuader les auteurs de fausses déclarations ou de dissimulation de patrimoine.

Une autre évolution notable est l’élargissement de la liste des assujettis. Le nouveau dispositif prend en compte non seulement le pouvoir de décision mais également l’influence que certains acteurs peuvent exercer. Cela vise à assurer une surveillance plus étroite de ceux qui ont un impact significatif sur les décisions publiques.

En résumé, ces modifications législatives marquent une étape importante vers une gouvernance plus transparente et responsable. Elles renforcent la lutte contre la fraude et la corruption en garantissant que les dirigeants publics sont tenus responsables de la divulgation précise de leur patrimoine.

Réformes à l’OFNAC au Sénégal : Renforcement de la lutte contre la fraude et la corruption

Les députés sénégalais ont récemment apporté des modifications significatives à la loi portant création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), ainsi qu’à celle relative à la déclaration de patrimoine. Ces réformes interviennent après huit années d’application des dispositions initiales et visent à améliorer l’efficacité du dispositif anti-corruption du pays.

Les principaux points de ces réformes comprennent une extension du champ d’assujettissement, touchant désormais certaines catégories d’agents publics occupant des postes de responsabilité. Cette modification vise à garantir une meilleure couverture des acteurs publics susceptibles d’être impliqués dans des actes de corruption ou de fraude.

Les contrôles effectués par l’OFNAC ont également été précisés pour assurer une application plus claire et efficace des dispositions. De plus, la mise à jour régulière des déclarations de patrimoine est désormais obligatoire.

En ce qui concerne la transparence, la réforme prévoit la publication régulière de la liste des assujettis en règle et de ceux en défaut. Cette mesure vise à informer le public sur la situation patrimoniale des dirigeants publics et à renforcer la confiance dans le processus anti-corruption.

Il est important de noter que ces nouvelles dispositions ne s’appliquent pas au président de la République, dont le régime de déclaration de patrimoine est régi par l’article 37 de la Constitution sénégalaise. De même, les magistrats de la Cour des comptes continueront de déclarer leur patrimoine conformément aux dispositions spécifiques de la loi organique portant statut des magistrats de la Cour des comptes.

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