Tabaski 2025 : l’État bloque temporairement les ventes d’oignons des agrobusiness pour sauver les petits producteurs

À l’approche de la Tabaski, le ministère du Commerce a décidé de suspendre temporairement les ventes d’oignons et de pommes de terre par les grandes exploitations agricoles. Une mesure exceptionnelle, annoncée par le directeur général des marchés à travers une lettre circulaire, qui vise à soulager les petits producteurs durement touchés par la saturation du marché.

Du 22 mai au 15 juin 2025, les sociétés d’agrobusiness sont invitées à cesser leurs ventes, afin de laisser le champ libre aux exploitants les plus vulnérables. Ces derniers, qui disposent rarement de moyens de stockage ou de logistique performants, peinent à écouler leurs produits dans un marché inondé et déstabilisé.

« Cette situation traduit l’importance des stocks disponibles et en souffrance au niveau des petits producteurs », souligne la note adressée aux opérateurs économiques. En clair, l’abondance actuelle de l’offre – amplifiée par les volumes massifs des grandes structures – a provoqué une chute brutale des prix à la production, aggravant les pertes post-récolte pour les producteurs familiaux.

Cette fenêtre de commercialisation exclusive intervient à un moment stratégique. La Tabaski, prévue fin juin, entraîne une forte demande sur les marchés, notamment en oignons, ingrédient central dans la préparation des plats traditionnels. Pour les producteurs locaux, il s’agit d’un des rares pics de l’année où les ventes peuvent générer un revenu significatif.

Le directeur général des marchés a appelé à la solidarité des acteurs de la filière, saluant l’effort collectif nécessaire pour soutenir durablement la production locale. « J’attache du prix au respect de cette mesure et vous remercie de votre compréhension et engagement à cette démarche de solidarité économique », conclut-il dans sa circulaire.

Gel des importations d’oignons à partir du 25 janvier 2025 : une mesure pour soutenir la production locale

Dans une lettre circulaire conjointe du Directeur Général de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) et du Ministère de l’Industrie et du Commerce, il a été annoncé un gel des importations d’oignons à compter du 25 janvier 2025. Cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts de régulation des marchés agricoles et de promotion de la production locale, un objectif stratégique visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire et à protéger les producteurs nationaux.

La mesure fait suite à une réunion du comité de pilotage des accords de gel des importations tenue le lundi 20 janvier 2025 à l’ARM. Lors de cette rencontre, les participants ont examiné la situation de la production nationale et analysé les perspectives pour l’année en cours. Selon les données fournies par les services techniques et les associations de producteurs, les premières récoltes d’oignons locaux devraient arriver sur le marché dès le mois de février 2025.

Cette planification vise à éviter une concurrence déloyale entre les importations et les récoltes locales, un problème souvent signalé par les producteurs nationaux, notamment pendant les périodes de récolte.

Pour rappel, la dernière levée de gel des importations d’oignons, annoncée dans une lettre circulaire du 23 septembre 2024, avait permis l’importation d’oignons jusqu’au 31 décembre 2024. Toutefois, en prévision des fêtes religieuses importantes telles que l’Appel des Layènes, Kazu Rajab et Porokhane, ainsi que de la disponibilité des récoltes locales en février, le gel a été décidé à partir du 25 janvier 2025.

Cette régulation, selon les autorités, vise à garantir un équilibre entre l’offre et la demande tout en limitant les fluctuations excessives des prix sur le marché.

Les producteurs locaux saluent cette initiative, qui leur offre une meilleure visibilité pour écouler leurs récoltes sans être pénalisés par des prix bas liés à la concurrence des importations. Cependant, des préoccupations subsistent du côté des consommateurs, qui redoutent une augmentation temporaire des prix avant l’arrivée des récoltes locales.

Cette décision s’inscrit dans une vision plus large de promotion de l’agriculture nationale. En soutenant les producteurs locaux, le gouvernement vise non seulement à réduire la dépendance aux importations, mais également à encourager des pratiques agricoles durables et à stimuler l’économie rurale.

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