Bakel : sensibilisation des orpailleurs pour une exploitation minière plus responsable

Un atelier d’échanges et de sensibilisation s’est tenu récemment à Bakel, dans la région de Tambacounda, à l’initiative du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Cette rencontre, rapportée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), avait pour objectif de mieux encadrer l’activité des orpailleurs du département et de promouvoir une exploitation minière durable et respectueuse des normes en vigueur.

Le directeur régional de l’Énergie et des Mines, Diéry Abdoul Diallo, a expliqué que les discussions ont porté sur la réglementation en vigueur, avec une volonté affirmée de sensibiliser les acteurs locaux et d’échanger avec les services techniques ainsi que les collectivités territoriales. « L’idée est de parvenir à des recommandations concrètes pour que l’exploitation artisanale et semi-mécanisée des ressources se fasse de manière responsable et durable », a-t-il déclaré.

Cet atelier s’inscrivait dans le cadre des journées portes ouvertes initiées par le ministre Birame Souleye Diop, placées sous le thème : « Vers une exploitation responsable et durable des ressources minérales pour un développement inclusif au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le préfet de Bakel, Daouda Sène, en présence de plusieurs autorités administratives, locales, de chefs de service et bien sûr des orpailleurs concernés.

Les échanges ont abordé plusieurs aspects essentiels, notamment le code minier, les modalités d’exploitation semi-mécanisée et la nécessité de formaliser les orpailleurs pour mieux organiser leur activité. Diéry Abdoul Diallo a salué la création d’un cadre de concertation qui permet d’anticiper et de résoudre les difficultés récurrentes dans l’exploitation artisanale. Parmi les propositions issues de la rencontre figurent l’augmentation du nombre de couloirs d’orpaillage et l’ouverture de carrières publiques dans les arrondissements et communes afin d’offrir aux exploitants davantage de possibilités légales d’activité.

La question du désenclavement des zones minières a également été soulevée. Les participants ont insisté sur l’importance de construire des pistes rurales et d’améliorer la couverture téléphonique afin de renforcer la sécurité sur les sites. L’ouverture de comptoirs d’achat directement au niveau des zones d’orpaillage a également été évoquée comme un moyen de mieux encadrer la filière et d’éviter les pratiques informelles.

Pour le directeur régional, la formalisation des orpailleurs est un passage obligé si l’État veut mieux contrôler la chaîne de valeur. Cela permettrait de suivre la production, de connaître les lieux de vente de l’or et de créer des centres de traitement intégrés capables de limiter les pollutions environnementales liées à l’exploitation artisanale.

Il a rappelé que le département de Bakel présente déjà une avance notable par rapport à d’autres zones minières du pays. La majorité des exploitants y sont organisés en groupements d’intérêt économique (GIE), et la zone concentre plus de 90 % des titres miniers de la région de Tambacounda. « Ces échanges sont indispensables pour améliorer la gouvernance de nos ressources minières et assurer que leur exploitation profite réellement aux communautés locales », a conclu M. Diallo.

Diaguiri – Kédougou : Deux jeunes orpailleurs périssent dans un éboulement tragique

Un dramatique accident s’est produit dans le village de Diaguiri, situé dans la commune de Dimboli, sur l’axe Kédougou – Bembo. Deux jeunes hommes, âgés de 25 ans et originaires du Mali et de la Guinée, ont perdu la vie dans un éboulement alors qu’ils étaient en pleine activité d’orpaillage artisanal.

L’incident, survenu jeudi vers 19h, a eu lieu lorsque les deux orpailleurs se trouvaient à l’intérieur de tranchées sur un site aurifère. Les autorités locales ont été rapidement alertées, et les éléments de la brigade de gendarmerie territoriale de Kédougou sont intervenus sur place pour effectuer les premières constatations.

Les corps des victimes ont été transportés à la morgue de l’hôpital régional Amath Dansokho de Kédougou, où une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances exactes de ce drame. L’accident rappelle les risques accrus auxquels sont confrontés les orpailleurs, particulièrement en période d’hivernage, où les sols détrempés augmentent les dangers d’éboulement.

Dans cette région riche en ressources aurifères, de nombreux sites d’orpaillage, parfois abandonnés, continuent d’être exploités par des orpailleurs clandestins. Cette exploitation illégale, souvent effectuée dans des conditions précaires, contribue à des accidents fréquents, comme celui de Diaguiri.

Cet énième drame relance le débat sur la sécurisation des sites d’orpaillage et les mesures à mettre en place pour protéger les orpailleurs, en particulier ceux opérant en dehors du cadre légal. Malgré les efforts des autorités locales et des forces de sécurité pour réguler cette activité, les accidents restent fréquents, souvent dus à des conditions de travail dangereuses et à l’absence de contrôles rigoureux sur les sites non autorisés.

L’accident de Diaguiri est une tragédie qui illustre la dure réalité des orpailleurs en Afrique de l’Ouest, en particulier dans les zones reculées comme Kédougou, où l’orpaillage artisanal reste une des principales activités économiques pour des milliers de personnes, malgré les risques.

4o

Quitter la version mobile