Souveraineté et paix durable : le général Birame Diop appelle à une gouvernance stratégique des ressources africaines

À Dakar, ce jeudi, le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, a livré un message fort sur l’évolution des enjeux sécuritaires en Afrique de l’Ouest. Représentant le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à l’ouverture du troisième colloque international du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), le ministre a affirmé que la souveraineté sur les ressources naturelles et les frontières africaines constitue désormais « un instrument stratégique de paix durable », bien au-delà de la traditionnelle préoccupation d’intégrité territoriale.

Selon le général Diop, la gestion des ressources et des frontières n’est plus seulement un impératif de défense, mais un levier central de stabilité interne et d’harmonisation des relations entre États de la sous-région. Il a insisté sur le fait qu’une gouvernance souveraine, transparente et équitable de l’eau, de la terre ou de l’énergie est fondamentale pour prévenir les tensions, renforcer la cohésion nationale et bâtir la confiance, autant à l’intérieur des pays qu’à l’échelle régionale.

Le ministre a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye attache une importance particulière à ces enjeux dans une approche « résolument centrée sur l’humain ». Cette orientation, a-t-il expliqué, s’inscrit dans une vision plus large de transformation institutionnelle et sociale, en phase avec les aspirations des populations et les défis contemporains.

Le colloque du CHEDS, qui réunit officiers, diplomates, universitaires et experts venus de divers pays d’Afrique de l’Ouest, se penche précisément sur ces transformations. Placée sous le thème « Gagner la paix en Afrique de l’Ouest : pour une gouvernance souveraine des ressources et des frontières », la rencontre vise à réfléchir aux conditions d’une gestion stratégique et responsable des ressources naturelles, considérée comme un pilier essentiel de la stabilité durable.

Le général Diop a également salué l’engagement du professeur Abdoulaye Bathily, conférencier invité, dont la médiation entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO a contribué à réduire les tensions dans une région secouée par les crises politiques, sécuritaires et diplomatiques. Il a souligné que de telles initiatives démontrent l’importance de solutions endogènes basées sur le dialogue et la solidarité.

Dans son intervention, le ministre des Forces armées a par ailleurs insisté sur la nécessité d’investir massivement dans le numérique, l’innovation et le capital humain. Pour lui, la sécurité collective et la paix durable reposent autant sur la maîtrise des technologies stratégiques que sur la formation des citoyens et des institutions. Il a rappelé qu’« aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne peut relever seule les défis » multiformes auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée, qu’il s’agisse des menaces terroristes, des pressions migratoires, des rivalités économiques ou des conflits liés aux ressources.

Ziguinchor : Une Randonnée Pédestre pour une Paix Durable en Casamance

Le comité restreint de gestion du projet de désarmement de la faction Diakaye, dirigé par le gouverneur Mor Talla Tine, a organisé une randonnée pédestre à Ziguinchor, dédiée à la paix définitive en Casamance. Cette initiative, réalisée en partenariat avec l’USAID à travers ses projets ALIWILI 2 et le Catholic Relief Services, célèbre l’anniversaire de l’acte symbolique de dépôt des armes par environ 250 combattants de la faction Diakaye le 13 mai 2023 à Mongone, dans le département de Bignona.

Les participants, vêtus de blanc et portant des banderoles, ont parcouru les artères de la ville, marquant ainsi leur engagement en faveur de la paix durable en Casamance. La randonnée, intitulée « Diakhaye, un cas d’école », a été saluée par la population locale, y compris des jeunes, des femmes, des personnes âgées et des ex-combattants de Diakaye.

Le gouverneur Mor Talla Tine a souligné l’importance de cet événement dans la consolidation de la paix régionale. Il a appelé à l’unité et à la solidarité, exhortant les autres factions du MFDC à suivre l’exemple de Diakaye pour le bien-être collectif du Sénégal.

Les participants à la marche ont remis un mémorandum au gouverneur Mor Talla Tine, exprimant leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité en Casamance. Ils ont également plaidé en faveur de la poursuite des initiatives de développement économique et social dans la région.

La représentante de la société civile, Élie Sophie Sagna, a appelé les autorités à consolider les acquis du processus de paix en poursuivant la mise en œuvre des accords signés en mai 2023. Elle a souligné l’importance du désenclavement, de la construction d’infrastructures de base, de l’accès à l’eau et à l’électricité, et du soutien aux populations déplacées.

La jeunesse de Ziguinchor a exprimé sa joie et sa satisfaction face à cette marche pour la paix, témoignant de son désir ardent de mettre fin à des décennies de conflit et de construire un avenir meilleur pour la région.

La Casamance, marquée par des années de conflit, aspire désormais à une paix durable et à un développement économique et social. La remise des armes par la faction Diakaye en 2023 a été un pas significatif vers cet objectif, symbolisant l’espoir d’un avenir de paix et de prospérité pour la région.

Quitter la version mobile