Le Dakarois Quotidien N°635 – 22/12/2025
Le Dakarois Sports N°635 – 22/12/2025
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En pleine tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel solennel et sans ambiguïté en faveur du retour définitif de la paix dans le sud du Sénégal. Ce dimanche matin, en visite à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de consolider les acquis du processus de paix et d’y associer toutes les parties encore réticentes.
S’exprimant devant la maire de la commune, des autorités administratives et locales, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la stabilité demeure la condition essentielle du développement durable de la Casamance. « La paix vaut tous les sacrifices, elle vaut tous les efforts », a-t-il affirmé, soulignant que le développement économique, social et infrastructurel de la région ne saurait se faire durablement sans la fin totale des violences.
Face aux témoignages recueillis auprès des populations locales, marqués par des décennies de souffrances, de déplacements forcés et de traumatismes, le Président a directement interpellé les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) encore en rébellion. Dans un ton à la fois ferme et conciliant, il a tendu la main aux combattants, les invitant à rejoindre la dynamique engagée par l’État avec certaines factions du mouvement.
« Je profite de cette prise de parole pour appeler tous mes frères et sœurs, pour ne pas dire mes cousins qui sont dans la rébellion, à rejoindre le processus de paix qui est engagé avec des factions avec lesquelles nous avons déjà des résultats encourageants », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant sa volonté d’aboutir à une paix globale et inclusive.
Le chef de l’État a également insisté sur l’importance de la réconciliation nationale, au-delà du simple dépôt des armes. Selon lui, il est impératif de « travailler à la réconciliation des cœurs et des esprits », afin d’éviter que les divergences, politiques ou communautaires, ne dégénèrent à nouveau en conflits ouverts. Il a rappelé que les blessures laissées par des années de conflit armé sont profondes et nécessitent un effort collectif pour être refermées durablement.
Évoquant les lourds dégâts humains, psychologiques et matériels causés par cette crise prolongée, le Président a souligné l’urgence d’une paix définitive. « La Casamance a trop souffert, avec elle le Sénégal », a-t-il insisté, renouvelant son appel à ses « cousins, frères et sœurs » engagés dans la rébellion.
Bassirou Diomaye Faye a enfin assuré que l’État du Sénégal restera pleinement engagé pour accompagner toute volonté sincère de paix exprimée sur le terrain. Il a promis de répondre aux aspirations des populations casamançaises en faveur d’un désarmement total, mais aussi d’une réconciliation franche, durable et définitive, fondée sur la justice, la réparation et le développement inclusif de la région.
La visite du Médiateur de la République, Demba Kandji, ce jeudi à Ziguinchor, a donné une tournure particulière au débat sur la paix en Casamance. Ce déplacement dans le sud du pays, destiné à recueillir les doléances des populations locales, a mis en lumière des frustrations croissantes liées à la lenteur de la mise en œuvre des accords de paix signés entre l’État du Sénégal et certaines factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
Parmi les voix les plus attendues lors de cette rencontre figurait celle de Fatoma Coly, ex-chef rebelle de la base de Diakaye. Sa présence symbolique et ses déclarations fermes ont attiré l’attention. S’exprimant devant les autorités locales et le Médiateur, il a dénoncé ce qu’il qualifie de manque total de suivi des accords de paix signés le 13 mai 2023 à Mongone, dans la commune de Djinaky. Ces accords, qui devaient poser les bases d’un retour à la stabilité dans la région, restent, selon lui, lettre morte.
« L’État du Sénégal n’a pas respecté les engagements que nous avons paraphés. Depuis la signature des accords, nous n’avons constaté aucun acte concret de leur mise en œuvre », a-t-il déclaré avec amertume. Fatoma Coly, aujourd’hui engagé dans une dynamique de paix, a exprimé le sentiment d’abandon ressenti par les 255 ex-combattants de sa base qui ont déposé les armes dans le cadre du processus de réconciliation. Ces anciens rebelles, selon lui, attendent toujours les financements promis par l’État pour leur permettre de s’insérer dans la vie civile à travers des projets agricoles et des opérations d’acquisition foncière. « Nous sommes tous déçus. On continue toujours d’attendre », a-t-il ajouté, appelant le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko à poser un acte fort pour rétablir la confiance.
Le Médiateur de la République, interpellé sur ces déclarations, a rappelé l’essence de sa mission, à savoir la transmission des plaintes des citoyens vers les institutions de l’État. « Ma venue à Ziguinchor est motivée par un devoir de reddition. J’ai pour rôle d’écouter et de porter les préoccupations des populations auprès de l’administration. Ce que je fais en toute responsabilité », a expliqué Demba Kandji. Il a indiqué que son institution reçoit en moyenne 400 dossiers par an, avec un taux de résolution de 50 à 60 %, les litiges fonciers représentant la part la plus importante des réclamations.
Le cas de la Casamance semble illustrer les limites actuelles de l’action publique face aux enjeux post-conflit. Alors que les accords de paix ont été salués comme une avancée majeure dans le processus de pacification de cette région meurtrie par des décennies d’instabilité, leur non-application effective menace aujourd’hui de raviver les tensions. La mobilisation des anciens rebelles, désormais engagés pour la paix, montre que la volonté de tourner la page est réelle sur le terrain. Mais leur patience s’épuise face à l’inertie institutionnelle.
Lors du Conseil des ministres de ce mercredi 26 février 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a mis en avant l’accord de paix signé à Bissau le 23 février dernier, marquant une avancée majeure vers la stabilisation définitive de la Casamance. Il a salué les efforts du gouvernement et exprimé sa gratitude envers le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, pour son rôle clé dans la médiation.
Après plusieurs décennies de conflit, l’accord signé à Bissau ouvre la voie à une réconciliation durable et à la fin des hostilités. Le chef de l’État a également félicité le Premier ministre Ousmane Sonko pour son implication active dans le processus de négociation et la recherche de solutions durables en faveur de la paix.
Dans son allocution, le président Faye a réaffirmé son engagement à accompagner la relance économique et sociale de la Casamance. Il a évoqué le « Plan Diomaye pour la Casamance », un programme intégré visant à transformer la région en un pôle économique dynamique et prospère.
Une série d’agressions nocturnes a semé la terreur à Kafountine, particulièrement chez les femmes. Douze femmes ont été gravement blessées et une femme enceinte, Awa Cissé, a été assassinée dans la nuit du 28 juin 2024. Ces agressions d’une violence inouïe ont poussé les organisations féminines de Ziguinchor à réagir avec force.
Dans une déclaration commune, les organisations féminines ont annoncé l’organisation d’une marche de protestation à Kafountine le samedi 13 juillet. Lors d’une conférence de presse, Ndèye Marie Diédhiou, présidente de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance, a rappelé que depuis le début de l’année 2024, douze cas de violences physiques et sexuelles ciblant uniquement des femmes ont été signalés dans cette commune balnéaire.
Elle a souligné que les sévices infligés étaient si graves que les survivantes ont dû être évacuées à Ziguinchor ou à Dakar pour recevoir des soins médicaux.
Les malfaiteurs, agissant en pleine nuit, s’introduisent dans les chambres des femmes pour les mutiler et les vider de leur sang. Ce modus operandi cruel et calculé a soulevé l’indignation et la peur au sein de la communauté. Les organisations féminines de Ziguinchor ont dénoncé ces violences et ont interpellé les autorités locales et nationales pour une réaction rapide et efficace.
Le dernier incident, qui a coûté la vie à Awa Cissé, une mère de trois enfants et enceinte, a eu lieu dans le quartier de Nafacounda. Cette attaque brutale a choqué la communauté et a renforcé la détermination des organisations de la société civile à demander justice.
Ndèye Marie Diédhiou a exhorté la population à rester vigilante et à faire preuve de civisme pour assurer la protection de tous. Elle attend une réponse ferme du gouvernement et des autorités judiciaires « à la hauteur des menaces ». La présidente a insisté sur le fait que les auteurs de ces actes ignobles doivent être traqués, arrêtés et traduits en justice pour que les enfants d’Awa Cissé puissent obtenir justice et réparation.
Ces actes de barbarie ont mobilisé la société civile et renforcé la détermination des organisations féminines à lutter contre les violences faites aux femmes. La marche prévue à Kafountine sera un moment crucial pour montrer la solidarité et la résistance face à cette vague de violence inacceptable.
La situation à Kafountine appelle à une réaction immédiate et décisive des autorités pour garantir la sécurité des femmes et instaurer un climat de paix et de justice dans la région.