Affaire du terrain du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao, Abdoulaye Sy et Cie placés sous bracelet électronique

Le dossier explosif relatif à l’assiette fiscale du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, continue de faire tomber des têtes. Après l’inculpation de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, de nouvelles personnalités viennent d’être mises en cause par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Selon les informations du journal Libération dans son édition du mardi 17 juin, Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, a été inculpé pour corruption présumée et placé sous bracelet électronique. Une mesure identique a été prononcée contre Abdoulaye Sy, ex-directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de la Justice, ainsi que contre d’anciens responsables des bureaux des Domaines et du Cadastre de Guédiawaye.

Toujours dans le cadre de cette affaire, un mandat d’amener a été émis contre Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous le régime de Macky Sall, actuellement à l’étranger. Sa traque a été confiée à la Direction de l’Investigation Criminelle (DIC), chargée de son interpellation.

Pour rappel, deux autres mis en cause — l’entrepreneur Cheikh Guèye et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice — avaient été initialement placés sous mandat de dépôt avant de bénéficier eux aussi d’un placement sous bracelet électronique.

Justice – Affaire du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye : les accusateurs d’Ismaïla Madior Fall incarcérés, l’ancien ministre convoqué ce mardi

L’enquête judiciaire sur les soupçons de corruption dans le cadre de la construction du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure inattendue. Ce lundi 19 mai 2025, deux figures clés du dossier, Cheikh Guèye, promoteur immobilier à la tête de la société Technologie Consulting Service (TCS), et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice, ont été placés sous mandat de dépôt.

Les deux hommes, qui accusaient l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall d’avoir sollicité un pot-de-vin, sont désormais poursuivis pour des faits graves : escroquerie sur les deniers publics, corruption, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Ils ont été déférés au parquet de Pikine après avoir été entendus par les enquêteurs de la Brigade des affaires générales (BAG).

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux mis en cause seraient au cœur d’un système de détournement structuré autour du marché public du nouveau palais de justice. Les enquêteurs parlent d’une véritable « mafia foncière » ayant mis en place un circuit parallèle de financements occultes, avec des implications supposées à plusieurs niveaux du ministère.

Cheikh Guèye avait lui-même déclenché l’affaire en accusant Ismaïla Madior Fall d’avoir exigé une somme de 250 millions de francs CFA en échange de l’attribution du marché public. Il affirmait avoir déjà versé 50 millions FCFA à l’ancien ministre avant que la somme ne lui soit restituée, selon ses dires. Une version aujourd’hui mise en doute par les enquêteurs, qui suspectent une tentative de manipulation de l’opinion et des institutions judiciaires.

Pendant ce temps, Ismaïla Madior Fall, mis en cause dans ces déclarations, est attendu ce mardi 20 mai devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice pour une audition officielle. Son passage est très attendu, tant les implications politiques et judiciaires de ce dossier sont lourdes.

L’ancien garde des Sceaux, qui a nié en bloc toutes les accusations depuis leur révélation, entend livrer sa version des faits et pourrait bénéficier d’un regain de crédibilité suite à l’incarcération de ses accusateurs. Reste à savoir si de nouveaux éléments seront versés au dossier à l’issue de son audition.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la sensibilité et la complexité des grands projets d’infrastructures publiques, notamment en matière de transparence dans les marchés publics. Le chantier du palais de justice de Pikine-Guédiawaye, censé améliorer l’accès à la justice dans cette zone densément peuplée de la banlieue dakaroise, est aujourd’hui au centre d’une tempête politico-judiciaire.

Corruption foncière autour du projet de palais de justice de Pikine/Guédiawaye : révélations, dénégations et premières auditions

Dans une affaire de corruption aux ramifications multiples, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est dans le viseur de la Haute cour de justice, soupçonné d’avoir perçu un pot-de-vin dans le cadre du projet de construction du palais de justice de Pikine/Guédiawaye. L’affaire, révélée par L’Observateur, implique également deux anciens directeurs des Domaines, Mame Boye Diao et Mamadou Guèye, auditionnés récemment à la Division des investigations criminelles (DIC).

Un projet au cœur des soupçons

Tout commence en 2020, lorsqu’un terrain de 2 hectares, 85 ares et 14 centiares est affecté au ministère de la Justice pour accueillir un complexe judiciaire incluant un Centre de casiers judiciaires, un Centre médico-social, un Centre de surveillance de bracelets électroniques et le palais de justice de la localité. Toutefois, un décret de juin 2021 réduit cette assiette à 2 hectares, réservant le reste — soit 85 ares et 14 centiares — à un lotissement privé de 36 parcelles, baptisé lotissement « J ».

C’est cette modification du plan d’urbanisme et l’attribution des parcelles qui sont aujourd’hui au cœur d’un scandale mêlant corruption, usage abusif de données personnelles, et attribution douteuse de titres fonciers.

50 millions de francs CFA et un accord rompu

Cheikh Guèye, directeur général de Technologie Consulting Service (TCS), a affirmé devant les enquêteurs avoir signé un protocole avec Ismaïla Madior Fall. L’accord prévoyait la construction, à ses frais, du Centre de surveillance de bracelets électroniques, en échange de 9598 m² du terrain public. Mais tout bascule lorsqu’il affirme que l’ancien ministre lui a demandé 250 millions FCFA en espèces pour finaliser le protocole, dont 50 millions auraient été remis dans son bureau, en présence d’un haut cadre du ministère.

Guèye affirme que, face à son refus de verser les 200 millions restants, le ministre a rompu l’accord et lui a restitué les 50 millions. Ces déclarations ont été corroborées par Mohamed Anas El Bachir Wane, alors directeur des Constructions au ministère.

Face à ces accusations, Ismaïla Madior Fall s’est défendu sur le plateau de la 7TV, évoquant un don gracieux qu’il aurait refusé.

Mame Boye Diao et les cinq lots offerts

L’attention s’est ensuite portée sur les anciens directeurs des Domaines. Mame Boye Diao (en poste de 2019 à 2023) a reconnu avoir signé la liste des bénéficiaires des 36 parcelles du lotissement « J ». Il affirme cependant que le projet de lotissement émane du défunt directeur de l’urbanisme, Oumar Sow. Diao déclare avoir lui-même reçu cinq lots qu’il dit avoir distribués à des amis proches, dont K. Diakhaté, M. Kâ et I. Ndiaye.

Cependant, plusieurs bénéficiaires figurant sur cette liste ont déclaré n’avoir jamais été informés de ces attributions, ni sollicité de parcelle. Cinq d’entre eux ont même porté plainte contre X pour usage frauduleux de leurs données personnelles.

Mamadou Guèye : un successeur sur la défensive

Son successeur, Mamadou Guèye, directeur des Domaines d’avril 2023 à 2024, se retrouve également impliqué. Il est accusé par Diao d’avoir signé les baux douteux des parcelles du lotissement « J ». Devant les enquêteurs, Guèye a reconnu avoir notifié les attributions en se basant sur le plan d’urbanisme modifié, tout en insistant qu’il n’a pas délivré de baux ni reçu de terrain. Il précise ne pas connaître personnellement les bénéficiaires.

Une affaire explosive aux implications politiques

L’affaire continue de prendre de l’ampleur, entre révélations accablantes, déclarations contradictoires et auditions en série. Les autorités judiciaires pourraient bientôt franchir un nouveau cap, avec l’ouverture d’une information judiciaire ou des inculpations éventuelles.

Quinze nouveaux huissiers stagiaires prêtent serment au Palais de Justice de Dakar

Au sein du Palais de Justice de Dakar, quinze nouveaux huissiers stagiaires ont prêté serment ce lundi devant la barre de la Cour d’appel de la ville. Cette cérémonie solennelle a marqué leur engagement à respecter les principes éthiques et professionnels de leur futur métier.

Sous la présidence de Ndiep Diouf, président de chambre à la cour d’appel, les quinze stagiaires ont individuellement réitéré leur engagement à observer le secret professionnel et à exercer leur fonction avec dignité et loyauté. Cet engagement revêt une importance capitale dans le cadre de leur future pratique en tant qu’huissiers de justice.

Cette nouvelle promotion, issue de la session 2023 du concours d’aptitude au stage d’huissier, vient renforcer les rangs de la profession au Sénégal. Après leur prestation de serment, ces auditeurs entameront un stage de formation de deux mois afin de se préparer à leurs futures responsabilités. Adama Dia, président de l’Ordre des huissiers de justice du Sénégal, s’est félicité de cette arrivée, soulignant que cette promotion contribuera à combler le déficit enregistré dans la profession ces dernières années.

L’avocat général Thieyacine Fall est intervenu lors de la cérémonie pour rappeler l’importance du serment dans la pratique juridique, soulignant qu’il représente un engagement moral envers la société et les pairs. Il a encouragé les nouveaux stagiaires à demeurer des serviteurs de la loi et à respecter scrupuleusement leurs obligations professionnelles.

Ibrahima Ndiéguène, secrétaire général de l’Ordre des avocats du Sénégal, a mis en garde les stagiaires sur l’importance de protéger le secret professionnel, rappelant que cette responsabilité est un gage de confiance accordé par la société. Il a souligné que l’huissier de justice a pour mission fondamentale de préserver l’intégrité des personnes et des biens, et les a exhortés à observer une conduite exemplaire dans l’exercice de leurs fonctions.

Adama Dia, président de l’Ordre national des huissiers du Sénégal, a également rappelé aux stagiaires l’importance du secret professionnel et les a encouragés à adopter une conduite irréprochable tout au long de leur stage. Il leur a rappelé qu’ils seront les dépositaires de nombreux secrets professionnels et qu’ils doivent les préserver avec diligence et intégrité.

Cette prestation de serment marque le début d’un parcours professionnel pour ces quinze nouveaux huissiers stagiaires, qui s’engagent à servir la justice avec honnêteté et dévouement.

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