Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°646 – 10 ET 11/01/2026

🔴 DIFFAMATION, IGF ET MANŒUVRE D’ÉTAT : LA TENTATIVE DE RÉHABILITATION DE SONKO
🔴 BASSIN ARACHIDIER / ENTRE VENTES PRÉCIPITÉES ET BONS IMPAYÉS : L’IMMENSE MALAISE DES PAYSANS

🔴 CAN 2025 : LE SÉNÉGAL FAIT TOMBER LE MALI ET FILE EN DEMI-FINALE

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Crise Agricole dans le Walo : Appel Urgent des Paysans au Secours de l’État

La région du Walo, plus précisément le département de Dagana au Sénégal, est actuellement le théâtre d’une crise agricole dévastatrice, incitant les paysans locaux à lancer un appel poignant à l’État pour une intervention urgente. Les rues de la commune de Ross Bethio ont été le lieu d’une manifestation déchirante, symbole de l’inquiétude croissante des agriculteurs face aux défis persistants qui menacent l’avenir de l’agriculture dans la région.

Aya Fall, président du Réseau des jeunes producteurs et l’un des initiateurs de cette mobilisation, a mis en lumière les nombreux défis auxquels sont confrontés les agriculteurs du Walo. La dernière campagne agricole de la saison chaude de 2023 a été marquée par des ravages causés par les oiseaux granivores, des inondations dévastatrices, et un déficit alarmant en équipement agricole, en particulier les moissonneuses-batteuses.

Les conséquences de ces difficultés sont catastrophiques, avec des agriculteurs luttant pour rembourser les crédits contractés, plongeant la région dans une situation d’endettement généralisé. Aucun producteur dans la vallée, couvrant plus de 30 000 hectares d’exploitations familiales, n’a pu entamer la nouvelle campagne, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance locaux.

Aya Fall a souligné l’urgence d’une réponse de l’État, insistant sur les risques imminents de famine et de chômage massif pour les jeunes et les femmes de la région. La crise économique précaire a également compliqué l’accès au crédit, les banques étant réticentes à octroyer des prêts depuis 2020, aggravant ainsi la détresse des agriculteurs.

Cette mobilisation dramatique témoigne du besoin critique d’une intervention immédiate de l’État pour sauver l’agriculture locale, préserver les emplois, et garantir la sécurité alimentaire dans le département de Dagana. L’appel désespéré des paysans résonne comme un cri de détresse, appelant à l’action pour éviter une crise humanitaire imminente.

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