Plan de redressement économique : La CDS charge le nouveau régime et alerte sur la situation financière du pays

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS), regroupant l’AJ/PADS-A, l’AJS, la CNNO, la LD, Niaxx Jarinu/Mag, le PIT-S, le RTA-S et l’UDS/Mbooloo Mi, a tenu une importante déclaration le 8 août 2025 sous le thème évocateur « Un mois, deux discours, deux fractures ! ». À travers cette sortie, la CDS a exprimé ses vives préoccupations sur la gestion actuelle du pays, tout en dénonçant les attaques répétées du nouveau régime et la dégradation inquiétante des finances publiques.

Dès l’entame, les leaders de la coalition ont fustigé ce qu’ils qualifient d’« attaques intempestives » provenant de certains membres du PASTEF, y compris du président de ce parti, visant les institutions nationales et même le Président de la République. Pour eux, cette posture fragilise l’unité nationale et détourne l’attention des véritables défis du moment.

La CDS a surtout insisté sur la gravité de la situation économique, décrite comme « catastrophique ». Selon ses membres, l’état des finances publiques a atteint un niveau critique qui a contraint le gouvernement à mettre en place un plan de « Redressement économique et social », dévoilé le 1er août 2025 au Grand Théâtre national par le Premier ministre Ousmane Sonko. Toutefois, pour la CDS, ce plan, loin de rassurer, traduit davantage l’ampleur des difficultés auxquelles le Sénégal est confronté.

Les leaders de la coalition estiment que le pays traverse une véritable « zone de turbulence », marquée à la fois par une tension politique exacerbée et par une fragilité économique inquiétante. Ils appellent à un sursaut national et à une gestion responsable, axée sur le dialogue, la cohésion sociale et une vision claire pour sortir le Sénégal de cette passe difficile.

En conclusion, la CDS interpelle le nouveau régime sur la nécessité de rompre avec les discours clivants et de concentrer ses efforts sur des réformes inclusives et réalistes. Pour eux, seule une gouvernance apaisée et tournée vers l’intérêt général permettra de redonner espoir au peuple sénégalais et de remettre le pays sur la voie du progrès.

Plan de redressement économique : Thierno Bocoum démonte la stratégie du gouvernement

Dans une vidéo publiée ce dimanche, à la suite de la sortie médiatique du Premier ministre Ousmane Sonko, le président du mouvement AGIR Les Leaders, Thierno Bocoum, a vivement critiqué la démarche du gouvernement en matière de relance économique et sociale.

L’ancien député a jugé « impertinent » le choix de mobiliser des ressources financières principalement par le biais de taxes et d’impôts prélevés sur les contribuables. Selon lui, cette approche ne vise qu’à assurer le fonctionnement courant de l’État, et non à financer de véritables projets structurants et ambitieux.

« Ce n’est pas une option pour bâtir l’avenir, mais simplement pour maintenir la machine administrative », a-t-il martelé, estimant que cette méthode prive le pays d’une vision claire et innovante pour son développement.

Thierno Bocoum a également pointé du doigt la lenteur dans la rationalisation des dépenses publiques, un engagement qu’il estime n’avoir toujours pas trouvé de traduction concrète. « La volonté n’y est pas, et la vision non plus », a-t-il regretté, appelant à une gestion plus rigoureuse et stratégique des ressources de l’État.

Plan de redressement économique : Ousmane Sonko appelle les médias à diversifier leurs sources de financement

Le vendredi 1er août, lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à adresser un message clair et direct aux acteurs du secteur médiatique sénégalais. Interpellé par Moustapha Cissé, Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), sur la fragilité du modèle économique de la presse et les attentes envers l’État, le chef du gouvernement a réaffirmé une position sans équivoque : la viabilité du secteur ne peut pas reposer uniquement sur les subsides publics.

Face à des préoccupations portant sur la précarité économique et éditoriale, la Convention État-presse et le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), Ousmane Sonko a d’abord relativisé la place des médias dans le tissu économique et social national. « La presse est un acteur comme beaucoup d’autres, ni plus ni moins », a-t-il affirmé, tout en invitant les professionnels du secteur à explorer des modèles économiques autonomes. Il a soutenu que le financement de la presse devait reposer sur d’autres mécanismes plus solides et durables que l’aide de l’État.

Malgré cette posture tranchée, le Premier ministre s’est montré ouvert à la concertation. Il a proposé l’organisation d’assises ou de cadres de dialogue avec les professionnels de l’information pour discuter des réformes possibles. « Nous attendons les propositions du Synpics avec impatience, nous les examinerons. Mais la presse n’est pas plus importante que les éleveurs, les agriculteurs ou les pêcheurs », a-t-il martelé, pointant une certaine forme d’inégalité dans l’accès à l’aide publique entre secteurs.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la presse bénéficie déjà de certains avantages que d’autres secteurs n’ont pas. Il a mentionné la tribune permanente dont disposent les médias, et les subventions dont ils peuvent bénéficier, contrairement à d’autres domaines comme le transport ou la pêche. Selon lui, il est impératif que tous les acteurs économiques trouvent leur propre équilibre sans dépendre exclusivement de l’État.

« Il nous faut aujourd’hui travailler à un modèle qui permette à tous les acteurs de faire leur travail dans la sérénité, dans le respect des cahiers de charges, dans le respect de la déontologie », a-t-il insisté, avant d’assurer que le gouvernement resterait à l’écoute et prêt à accompagner toute dynamique constructive dans le secteur.

En guise de conclusion, Ousmane Sonko a rendu un hommage appuyé aux journalistes professionnels et rigoureux : « Je rends hommage à tous ces journalistes qui font correctement leur travail, qui sont professionnels, qui respectent la déontologie. Je leur rends hommage parce qu’il y en a, et fort heureusement. »

Plan de redressement économique : Thierno Bocoum alerte sur « une déformation professionnelle mal orientée »

Le plan de redressement économique et social récemment dévoilé par le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas tardé à susciter des réactions critiques dans la sphère politique. Parmi les voix discordantes, celle de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-LES LEADERS, se distingue par sa virulence et sa technicité. Dans une sortie publique, l’ancien député s’est attaqué à ce qu’il considère comme une approche déséquilibrée, centrée sur la fiscalité au détriment de l’investissement productif.

Selon Thierno Bocoum, le Premier ministre semble prolonger dans l’action gouvernementale les réflexes de son ancienne profession d’inspecteur des impôts. « Le chef du gouvernement semble reproduire un réflexe professionnel mal adapté à ses nouvelles fonctions, en faisant de la fiscalité le principal levier d’un redressement économique qui, pourtant, devrait d’abord reposer sur la stimulation de l’investissement, la consolidation de la confiance et le soutien à l’activité productive », a-t-il déclaré.

Il critique un plan qu’il juge construit à l’envers, où l’on cherche d’abord à maximiser les recettes fiscales avant même d’avoir mis en place les conditions d’une véritable reprise économique. Pour lui, une telle orientation expose le pays à de graves risques économiques et sociaux. « On risque d’étouffer des ménages déjà affaiblis et des entreprises en quête de souffle », a-t-il averti.

Citant les chiffres du ministère des Finances, Thierno Bocoum rappelle que le taux de pression fiscale s’élevait déjà à 16,9 % du PIB en 2024. Le gouvernement ambitionne de le porter à 20 %, voire davantage, mais sans avoir, selon lui, fourni de cadre cohérent de relance de la demande ou d’accélération de l’investissement public. « L’investissement public a chuté de 30,3 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024 », souligne-t-il en s’appuyant sur le Rapport d’Exécution Budgétaire. Une contradiction flagrante, selon lui, entre les intentions affichées et les actes posés.

Thierno Bocoum considère cette démarche comme économiquement contre-productive. « Taxer un tissu économique déjà exsangue revient à le fragiliser davantage. La taxation ne peut être que la conséquence logique d’une dynamique économique forte, pas son point de départ », martèle-t-il. Il en conclut que le plan présenté par le gouvernement ne constitue pas un plan de redressement digne de ce nom : « Nous avons assisté non pas à la présentation d’un véritable plan de relance, mais à celle d’un plan de compression déguisé, habillé de mots forts, mais sans les injections vitales que réclame notre économie. »

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