Moins d’un an après son lancement officiel, le programme spécial de relance de la Casamance, baptisé « Plan Diomaye », enregistre un taux d’exécution de 46 %, un niveau jugé encourageant par les autorités. Ce bilan d’étape a été présenté par le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Ibba Sané, qui y voit les premiers signes tangibles d’un redémarrage progressif du sud du pays après des décennies de fragilités économiques et sociales.
Opérationnel depuis janvier 2025, le Plan Diomaye constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale en faveur de la Casamance. Doté d’une enveloppe globale de plus de 53 milliards de francs CFA, ce programme ambitieux vise principalement à consolider la paix par le retour sécurisé des populations déplacées et à relancer durablement le tissu économique local. Il s’inscrit dans une approche globale qui combine infrastructures sociales de base, réinstallation des communautés et stimulation des activités productives.
Sur le terrain, plusieurs réalisations concrètes commencent à émerger. Lors d’une récente tournée d’inspection dans différentes localités, Ibba Sané a pu constater l’état d’avancement de projets jugés prioritaires. À Djokado, un poste de santé a été entièrement érigé dans le cadre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), renforçant ainsi l’accès aux soins pour des populations longtemps confrontées à l’éloignement des structures sanitaires. À Djigoudière, des habitations ont été construites grâce à l’appui de l’ONG internationale ICO, basée aux Émirats arabes unis, afin de faciliter le retour et la stabilisation des familles déplacées.
À Madié Diam, autre zone stratégique du programme, les travaux de mise en place des réseaux d’adduction d’eau sont en cours. Ces infrastructures hydrauliques sont considérées comme essentielles pour assurer la sédentarisation durable des populations, soutenir l’agriculture locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Selon l’ANRAC, ces projets structurants participent directement à la restauration de la confiance des populations envers l’État et ses institutions.
Au-delà des réalisations matérielles, le Plan Diomaye se distingue également par une rupture assumée dans la gouvernance de l’ANRAC. Pour la première fois depuis la création de l’agence, le Conseil de surveillance a quitté Dakar pour tenir sa cinquième session à Ziguinchor. Une décision symbolique forte, qui traduit la volonté des nouvelles autorités de rapprocher les instances de décision des réalités du terrain.
S’exprimant sur iRadio, Ibba Sané a expliqué cette démarche par la nécessité de permettre aux membres du Conseil de constater directement l’état d’avancement des projets. « Nous avons jugé nécessaire de délocaliser la tenue de cette importante activité pour permettre aux conseillers de descendre sur le terrain et de voir concrètement ce qui est réalisé », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive et ancrée localement.
Si le taux d’exécution de 46 % est considéré comme satisfaisant à ce stade, les autorités reconnaissent toutefois que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accélérer la cadence. L’ANRAC assure que plusieurs projets sont en phase de finalisation et que les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des travaux, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’hydraulique et de la relance des activités économiques.
À terme, le Plan Diomaye ambitionne de transformer durablement la Casamance, en faisant de la paix retrouvée un véritable levier de développement. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de réparer les séquelles du conflit, mais de jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de répondre aux attentes des populations longtemps éprouvées par l’isolement et la précarité.