Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF révèle des transactions suspectes de plusieurs dizaines de milliards de FCFA

Dans son rapport d’activités pour l’année 2024, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dévoile l’ampleur inquiétante des flux financiers suspects détectés dans le système bancaire national. Plusieurs déclarations de soupçon, émanant d’institutions financières, ont mis au jour des opérations portant sur un montant global de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Les investigations de la CENTIF révèlent un mode opératoire de plus en plus sophistiqué, impliquant principalement des personnes politiquement exposées (PPE). Ces dernières auraient eu recours à des prête-noms et à des structures juridiques telles que des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés commerciales pour capter illicitement des fonds publics.

Selon le rapport, les suspects ont bénéficié de virements et de remises de chèques sans justification économique valable. Les fonds, une fois perçus, étaient partiellement transférés vers des comptes bancaires à l’étranger, notamment dans la sous-région et dans des juridictions considérées comme des paradis fiscaux. Les bénéficiaires finaux de ces flux financiers ont souvent été identifiés comme les véritables détenteurs des sociétés de façade utilisées dans ce processus.

Fait marquant, la personne identifiée comme principale bénéficiaire de ces transactions — une PPE — n’a obtenu aucun marché public au cours des dix dernières années, comme l’ont confirmé les services en charge de la Commande publique. Cela renforce les soupçons sur l’origine illicite des fonds concernés.

Entre 2017 et 2024, plusieurs opérations financières ont été enregistrées, incluant des bons de caisse, des dépôts à terme et des bons anonymes. Ces instruments financiers, souvent utilisés pour dissimuler l’origine des fonds, ont été largement mobilisés dans le cadre de cette fraude présumée.

À la suite de ses enquêtes, la CENTIF a transmis un rapport circonstancié au Procureur de la République. Cela a conduit à l’ouverture de procédures judiciaires et à la saisie conservatoire de plus d’une dizaine de milliards de FCFA sur les comptes bancaires des personnes mises en cause, ainsi que sur ceux des structures juridiques impliquées.

La CENTIF insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de détection et de surveillance des transactions financières suspectes, notamment celles impliquant des acteurs publics ou proches du pouvoir, afin de préserver l’intégrité du système financier national.

Mise en accusation de plusieurs anciens ministres : une procédure controversée devant la Haute cour de justice

Cinq anciens ministres du régime de Macky Sall – Ndèye Saly Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima et Moustapha Diop – sont dans le viseur de la justice sénégalaise. À la demande du procureur de la République, le ministre de la Justice a saisi l’Assemblée nationale, qui a enclenché le processus de leur mise en accusation devant la Haute cour de justice.

Si Ismaïla Madior Fall est poursuivi dans une affaire de corruption présumée, les autres sont tous soupçonnés d’avoir été impliqués dans des irrégularités constatées par la Cour des comptes dans la gestion du fonds Force Covid-19. Ce fonds, mis en place au plus fort de la pandémie, visait à atténuer les effets économiques et sociaux de la crise sanitaire. Mais les audits ont révélé des anomalies dans l’attribution des marchés, la distribution des aides et la traçabilité des dépenses publiques.

Pour Alioune Souaré, expert en droit parlementaire, cette procédure pose de sérieux problèmes en termes de respect des droits fondamentaux. Dans un entretien accordé au journal Les Échos, il dénonce la loi organique qui régit la Haute cour de justice, estimant qu’elle viole plusieurs principes constitutionnels.

Selon lui, l’article 7 de la Constitution sénégalaise, qui proclame l’égalité de tous devant la loi, est mis à mal par cette juridiction d’exception. « Elle piétine aussi le principe du double degré de juridiction, pourtant indispensable à un procès juste et équitable, quelle que soit la nature des infractions », affirme-t-il.

Autre point de friction : les accusés ne peuvent être assistés que par un seul avocat, une disposition que Souaré considère comme une atteinte aux droits de la défense. Il souligne également l’absence d’enquête préliminaire, une étape pourtant essentielle dans toute procédure judiciaire.

Plus préoccupant encore, selon l’expert, est le caractère non contestable des décisions rendues par la commission d’instruction et la Haute cour elle-même. Aucun recours n’est possible, ni appel, ni pourvoi en cassation. Une situation qu’il juge contraire aux standards internationaux d’un procès équitable.

Enfin, Souaré critique le recours au vote par les juges pour décider des peines, une pratique qui, selon lui, va à l’encontre de l’article 101 alinéa 3 de la Constitution. Cet article stipule que la Haute cour doit s’en tenir strictement à la définition des infractions et à la détermination des peines telles que fixées par la loi pénale au moment des faits.

Il rappelle aussi que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, mentionnée dans le préambule de la Constitution sénégalaise, consacre le principe d’égalité devant la loi – un principe mis en péril, selon lui, par la configuration actuelle de la Haute cour de justice.

Ces mises en accusation, bien qu’elles marquent une volonté de lutte contre l’impunité, relancent donc le débat sur la légitimité et l’efficacité de la Haute cour de justice. De nombreuses voix, au sein de la société civile et du monde juridique, appellent désormais à une réforme profonde de cette juridiction, afin de garantir aux justiciables un traitement conforme aux principes d’un État de droit.

Coup de filet contre le trafic de migrants : Démantèlement de plusieurs réseaux

Dans le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine, la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a récemment annoncé le démantèlement de cinq réseaux de trafiquants de migrants entre le 29 avril et le 2 mai 2024. Cette unité opérant au sein de la Direction de la police de l’air et des frontières (DPAF) a mené une série d’opérations aboutissant à plusieurs interpellations et saisies.

À Saint-Louis, sept individus ont été présentés au procureur de la République près le tribunal local de grande instance pour leur implication présumée dans des activités de trafic de migrants par voie maritime. Ces personnes sont accusées d’associations de malfaiteurs et de complicité dans quatre voyages clandestins. Les enquêtes ont permis d’arrêter plusieurs individus clés, notamment des passeurs et des organisateurs principaux des réseaux.

Dans l’une des affaires, trois passeurs ont été interpellés à Mboro, tandis que l’instigateur principal du réseau a été arrêté à Saint-Louis. Dans une autre affaire, un individu chargé de convoyer les candidats a été appréhendé, reconnaissant avoir accueilli et conduit les migrants dans un lieu tenu secret à Ndiakhère, près de Saint-Louis. Parallèlement, un individu planifiant un voyage irrégulier vers la Mauritanie a également été interpellé.

À Karang, deux ressortissants gambiens ont été interceptés alors qu’ils tentaient de traverser la frontière pour embarquer dans une pirogue depuis la Petite-Côte à destination de l’Espagne. Ils ont révélé avoir versé une contrepartie financière à un organisateur établi à Kafountine, qui les a mis en relation avec un collaborateur pour leur embarquement à Bargny.

Informés de cette opération, les éléments de la DNLT de Dakar ont démantelé un réseau de trafiquants de migrants à Bargny, interpellant 41 migrants et les organisateurs principaux, ainsi que le propriétaire de la maison où les migrants étaient hébergés. Tous les organisateurs présumés ont été déférés au parquet de Dakar pour association de malfaiteurs et complicité de trafic de migrants par voie maritime.

Ces opérations témoignent des efforts soutenus des autorités sénégalaises dans la lutte contre le trafic de migrants. La DNLT et ses antennes ont renforcé leurs dispositifs de surveillance pour démanteler d’éventuels réseaux de trafiquants de migrants et protéger les personnes vulnérables contre l’exploitation et les dangers de l’émigration clandestine.

Collision sur l’autoroute à Thiès : Plusieurs blessés signalés

Un accident de la circulation s’est produit aujourd’hui sur l’autoroute à Thiès, à hauteur de l’école Mariama Niass. Selon les premières informations disponibles, l’accident a impliqué un bus Tata de la ligne 60, immatriculé 9872 DK, et un taxi immatriculé 5445 AB qui était en panne sur la voie.

La collision a causé plusieurs blessés parmi les passagers des véhicules impliqués. Les secours sont actuellement sur place pour prendre en charge les blessés et procéder aux premiers soins. Le bilan exact de l’accident reste encore à confirmer, mais des équipes médicales sont mobilisées pour prodiguer les soins nécessaires aux personnes affectées par cet incident.

Les autorités locales ainsi que les forces de l’ordre sont également présentes sur les lieux pour sécuriser la zone et faciliter l’intervention des secours. La circulation pourrait être perturbée dans la région pendant un certain temps en raison de cet accident.

Nous continuerons à suivre de près cette situation et fournirons des mises à jour dès que de nouvelles informations seront disponibles.

Perturbations dans les transports à Dakar : Dakar Dem Dikk suspend plusieurs lignes

Ce lundi 29 avril, les usagers des transports en commun à Dakar ont été confrontés à des difficultés majeures, alors que plusieurs lignes de la société Dakar Dem Dikk (DDD) ont été suspendues. Cette perturbation fait suite à une grève spontanée déclenchée par certains syndicalistes de l’entreprise, laissant les passagers dans l’incertitude et l’inconfort.

La situation s’est encore aggravée hier dimanche, avec des actes de vandalisme signalés au dépôt de Ouakam. Des individus non identifiés ont saccagé plusieurs bus, dont les nouveaux modèles Iveco, causant ainsi des dommages considérables. Dans un communiqué, les responsables de Dakar Dem Dikk ont vivement condamné ces actes de sabotage et ont promis de faire toute la lumière sur cet incident.

Face à cette situation difficile, Dakar Dem Dikk présente ses excuses aux usagers pour les désagréments occasionnés. La société s’engage à travailler activement pour rétablir le service de transport dans les plus brefs délais. Les équipes de maintenance et de sécurité sont mobilisées pour remettre en état les bus endommagés et assurer la sécurité des passagers lors de leurs déplacements.

En attendant un retour à la normale, les usagers sont invités à faire preuve de compréhension et de patience. Dakar Dem Dikk reste à l’écoute de ses clients et met tout en œuvre pour garantir un service fiable et sécurisé.

L’Iran prévoit une attaque de drones sur Israël de plusieurs heures, selon la Maison Blanche

La Maison Blanche a annoncé samedi que l’attaque de drones de l’Iran sur Israël devrait durer « probablement plusieurs heures ». Adrienne Watson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a réitéré le soutien des États-Unis au « peuple d’Israël » face à ces menaces.

L’attaque, lancée par le Corps des Gardiens de la Révolution de l’Iran, a été décrite par la télévision d’État iranienne comme une « vaste » opération utilisant à la fois des drones et des missiles. Cette action est une réponse aux récentes provocations perçues par l’Iran, notamment l’attaque contre la section consulaire de son ambassade à Damas et la perte de plusieurs commandants militaires iraniens en Syrie.

Face à cette escalade des tensions, les États-Unis ont clairement exprimé leur position en faveur d’Israël. « Les États-Unis continueront de soutenir la défense d’Israël contre ces menaces de l’Iran », a affirmé Adrienne Watson. Ce soutien renforce l’alliance traditionnelle entre les États-Unis et Israël et souligne l’importance de la coopération sécuritaire entre les deux pays.

Cette attaque intervient dans un contexte déjà tendu au Moyen-Orient, marqué par des rivalités géopolitiques et des confrontations militaires entre les puissances régionales. La communauté internationale redouble d’efforts pour tenter de désamorcer la situation et appelle toutes les parties à la retenue.

Alors que l’attaque de drones de l’Iran sur Israël se poursuit, les appels à la désescalade se multiplient sur la scène internationale. Une résolution pacifique de cette crise est cruciale pour éviter une escalade majeure aux conséquences potentiellement dévastatrices pour la stabilité de la région.

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