Goudomp : le pont de Témento, un chantier prioritaire pour lever l’enclavement et booster le développement

La question de la construction du pont de Témento, dans le département de Goudomp, refait surface en ce début d’année 2026. Depuis des années, les populations du Balantacounda vivent avec les conséquences d’un territoire enclavé, souffrant de l’isolement économique et social. La concrétisation de ce projet est perçue comme une condition sine qua non pour lever ces obstacles et favoriser un véritable développement local.

Le maire de Goudomp, Malang Vieux Cissé, a de nouveau mis en avant la nécessité de mobiliser toutes les forces autour de ce projet structurant. Interrogé par la radio locale Pkumel FM, il a insisté sur l’urgence et l’importance du chantier : « Nous devons tous nous battre ensemble pour que Goudomp soit désenclavé. Tant que ce pont n’est pas réalisé, notre département restera coupé du reste du pays », a-t-il souligné.

Au-delà de la simple amélioration de la mobilité, le maire a insisté sur les perspectives économiques offertes par cette infrastructure. Selon lui, le désenclavement du département permettrait de valoriser un potentiel agricole, commercial et halieutique considérable. La région, riche en cultures diverses et en activités de pêche, voit sa croissance freinée par l’absence de franchissements adéquats. « Nous avons un réel potentiel de développement économique qui ne peut s’exprimer tant que nous restons isolés », a-t-il ajouté.

Sur le plan social, l’isolement du Balantacounda complique également l’accès aux soins. Bien que l’hôpital de niveau 3 soit implanté à Sédhiou, à seulement une vingtaine de kilomètres, sa fréquentation reste difficile pour les habitants. Les malades sont souvent contraints de se rendre à Ziguinchor, situé à environ 80 kilomètres, pour bénéficier de soins spécialisés, une situation jugée « anormale » par plusieurs acteurs locaux.

Le secteur économique souffre lui aussi du manque d’infrastructures adaptées. Les producteurs des six bananeraies du département peinent à écouler leurs récoltes en raison de la difficulté de transport vers les marchés régionaux. Les commerçants dénoncent un véritable goulot d’étranglement qui freine l’essor de l’activité agricole et compromet les revenus des exploitants.

Face à cette situation, autorités locales et populations font de 2026 une année charnière pour le pont de Témento. Sa construction est perçue non seulement comme un outil de désenclavement mais aussi comme une clé pour impulser un développement durable et améliorer la qualité de vie des habitants de Goudomp. Pour de nombreux acteurs, la réussite de ce projet symbolise la possibilité de transformer les obstacles en opportunités et de connecter durablement le département au reste du Sénégal.

Casamance : le Plan Diomaye prend en charge la boucle du Boudié et le pont de Témento (ministre)

Le gouvernement sénégalais confirme sa volonté d’accélérer le développement des infrastructures en Casamance. Ce week-end, lors de la cérémonie officielle de la Ziarra annuelle de Taïba Marsassoum (département de Sédhiou), le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a annoncé l’intégration de plusieurs projets majeurs dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance.

Interpellé par le député Ayib Daffé sur la situation du chantier de la boucle du Boudié, M. Diémé a reconnu l’arrêt des travaux, imputé à l’absence d’études d’impact environnemental, exigées par la réglementation nationale et internationale.
« On doit élargir davantage la boucle du Boudié en y ajoutant un ensemble d’infrastructures dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance. Le chantier est arrêté parce qu’on a démarré sans études d’impact environnemental », a précisé le ministre.

Pour pallier ces lacunes et relancer le projet dans les meilleurs délais, le gouvernement a renégocié le contrat initial et obtenu une rallonge budgétaire de 25 milliards de francs CFA. Cette enveloppe supplémentaire permettra de finaliser les études nécessaires et de redémarrer les travaux dans des conditions conformes aux standards environnementaux et sociaux.

Sur le dossier du pont de Témento, censé désenclaver une partie importante de la région, Yankhoba Diémé a révélé une erreur d’évaluation dans les études préliminaires.
« Les estimations faites sur l’étude font presque le double du prix annoncé avant la pose de la première pierre par le Président. C’est pourquoi on ne peut pas démarrer. Nous sommes en train de reprendre les études », a-t-il expliqué, évoquant ainsi une approche de rigueur pour éviter les dérives financières et techniques.

Le ministre a également annoncé des avancées sur un autre chantier clé : la route Farim–Tanaff–Sandiniéri, longue de 46 kilomètres.
« Les études techniques seront finalisées d’ici juin 2025 », a-t-il affirmé, précisant que les appels d’offres pour la réalisation des travaux suivront immédiatement après. Cette infrastructure est stratégique pour connecter plusieurs localités isolées et stimuler le commerce régional.

À travers ces annonces, le gouvernement, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, manifeste une volonté claire d’accélérer le désenclavement de la Casamance, longtemps freinée par des déficits d’investissement et de planification. Le Plan Diomaye pour la Casamance entend articuler infrastructures, agriculture et développement social pour poser les bases d’une prospérité durable dans cette région historique.

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