Le Dakarois Quotidien N°530 – 05/08/2025

La colère gronde dans le Sine. Excédées par une pénurie d’eau qui perdure depuis plusieurs mois, les populations des communes de Fimela, Diofior et Palmarin, dans le département de Fatick, ont décidé de descendre dans la rue ce samedi 31 mai 2025. Cette mobilisation, portée par le « Collectif pour le Patrimoine », prend la forme d’une marche citoyenne pacifique pour revendiquer un accès régulier et équitable à l’eau potable.
Le rassemblement débutera au rond-point de Djilor, point stratégique situé au cœur de la commune de Fimela. Le cortège se dirigera ensuite vers le terrain municipal, où plusieurs prises de parole sont prévues. Les organisateurs veulent faire entendre un message clair : « L’eau est un droit fondamental, non une faveur. »
Depuis plusieurs années, les habitants de cette zone du centre-ouest du Sénégal font face à des coupures fréquentes, à une pression d’eau insuffisante et à une vétusté grandissante des installations hydrauliques. Cette situation, dénoncent-ils, affecte l’ensemble des secteurs d’activité, de l’agriculture à l’élevage, en passant par la santé, l’éducation et le tourisme local.
Dans un communiqué transmis à la presse, le Collectif pour le Patrimoine s’indigne : « Trop longtemps, nos communautés souffrent du manque d’eau potable. Cela affecte notre quotidien, notre santé et notre économie locale. » Les membres du collectif appellent l’État du Sénégal et les autorités compétentes à une prise en charge urgente et structurelle de la crise.
Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un abandon progressif de certaines zones rurales en matière d’accès aux services publics essentiels. Pour eux, cette marche dépasse le simple cadre d’une réclamation locale. Elle symbolise une lutte plus large pour la justice sociale, la dignité et le respect des droits fondamentaux des citoyens.
« Ce n’est pas une manifestation de colère, mais un acte de résistance pacifique, un appel à la responsabilité de l’État. Nous marcherons pour notre dignité, pour la santé de nos familles, pour l’avenir de nos territoires », peut-on lire dans la déclaration des organisateurs.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national où plusieurs localités, aussi bien rurales qu’urbaines, font face à des défis similaires liés à l’approvisionnement en eau potable. À quelques semaines de la saison des pluies, les populations espèrent que leur cri d’alerte sera enfin entendu et que des solutions durables seront mises en œuvre.
Chaque saison des pluies ramène avec elle son lot d’angoisses pour les habitants de Kaolack. Depuis des années, les fortes précipitations provoquent d’importantes inondations, plongeant plusieurs quartiers de la ville dans une situation critique.
À Médina Mbaba, Thioffack, Sam, Ndangane et bien d’autres quartiers, les eaux stagnantes envahissent les maisons, les écoles, les routes et les marchés. Des familles entières se retrouvent sans abri, forcées de chercher refuge chez des proches ou dans des abris improvisés.
Face à cette récurrence du phénomène, les populations oscillent entre détresse et résilience. Malgré les pertes et les conditions de vie précaires, elles continuent de s’adapter, de se soutenir mutuellement et de faire preuve de courage.
Le maire de la ville, Serigne Mboup, est pleinement conscient de la gravité de la situation. Il multiplie les initiatives pour apporter des solutions durables aux inondations qui affectent Kaolack chaque année. Des projets de drainage, de curage des canaux et de construction d’infrastructures adaptées sont à l’étude, avec l’appui des services techniques et de partenaires institutionnels.
Cependant, la tâche reste immense et nécessite un engagement collectif à long terme. Pour beaucoup, il est impératif que les autorités locales et nationales conjuguent leurs efforts pour répondre efficacement à ce fléau, et surtout, éviter que les prochaines saisons des pluies ne ravivent encore le même cauchemar.


La commune de Saré Bidji, située en périphérie de Kolda, est secouée par une vive contestation populaire. Ce dimanche 11 mai, les habitants, réunis au sein du Comité de vigilance et de veille sur les terres, ont manifesté leur indignation face à ce qu’ils qualifient d’expropriations abusives et de gestion foncière opaque. À travers une déclaration publique, ils ont exigé la restitution immédiate de leurs terres et la réalisation d’un audit foncier couvrant la période de 2012 à 2025.
Le porte-parole du comité, Chérif Diallo, n’a pas mâché ses mots : « Nous n’entendons pas perdre nos terres. On marchera sur nos cadavres. Nous demandons un audit foncier. » Les accusations portent sur des lotissements jugés irréguliers, opérés selon eux au mépris des droits des familles détentrices de terres ancestrales.
La tension est exacerbée par le dossier sensible du chantier de modernisation de l’aéroport local. Selon le comité, 50 familles auraient été dépossédées de 46 hectares sans la moindre indemnisation. « C’est inadmissible », déplore M. Diallo, dénonçant une injustice flagrante et un manque total de transparence.
En renfort à cette mobilisation, la section locale du FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine), représentée par Aliou Gérard Koita, a exprimé son soutien sans réserve aux populations affectées. « Trop, c’est trop. Il faut que cela cesse. Nous appelons le président à intervenir personnellement pour faire la lumière et mettre fin à ces injustices », a-t-il déclaré.
Les habitants de Saré Bidji attendent désormais une réponse ferme des autorités centrales. Leurs priorités sont claires : obtenir la restitution des terres expropriées, faire toute la lumière sur les pratiques foncières locales et obtenir réparation pour les préjudices subis. Face à cette mobilisation déterminée, le silence ne semble plus être une option.
Dans le cadre du programme pour la transparence et la redevabilité dans le secteur extractif, le Forum Civil, en collaboration avec les membres de la commission énergie et mines de l’Assemblée nationale, a mené une série d’échanges avec les populations de l’arrondissement de Méouane. Ces discussions ont porté sur les défis et enjeux de la gouvernance du secteur extractif, particulièrement la cohabitation entre les entreprises minières et les communautés locales.
La délégation, conduite par le Forum Civil, a tenu une réunion avec les maires des quatre communes de l’arrondissement : Taïba Ndiaye, Darou Khoudoss, Méouane et Mboro. Cette rencontre visait à dresser un état des lieux des problématiques soulevées par l’exploitation des mines et des carrières dans la région, et à recueillir les doléances des populations directement impactées.
Lors des échanges, les populations ont exprimé leurs préoccupations face aux externalités négatives engendrées par les activités minières. Ces impacts concernent principalement :
• La santé : augmentation des maladies respiratoires et autres pathologies liées à la pollution.
• L’environnement : dégradation des terres agricoles, pollution de l’eau et nuisances sonores.
• Les infrastructures : insuffisance de retombées économiques directes et manque de projets sociaux pour compenser les désagréments.
Birahime Seck, membre actif du Forum Civil, a salué l’implication des députés et leur volonté d’écouter les populations. Selon lui, ces échanges doivent pousser les parlementaires à user de leurs prérogatives, notamment pour interpeller les ministres et les administrations compétentes. « Nous pensons fondamentalement que les députés ont pris bonne note. La loi leur confère un certain nombre de pouvoirs pour agir », a-t-il souligné.
Le président de la commission énergie et mines, Babacar Ndiaye, a quant à lui assuré que les préoccupations des populations seront relayées auprès des autorités compétentes. Il a également insisté sur l’importance d’un suivi rigoureux des engagements pris par les entreprises minières pour réduire les impacts négatifs de leurs activités.
Le Forum Civil, en tant que facilitateur, a joué un rôle clé dans l’organisation de cette rencontre et la structuration des discussions. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large visant à promouvoir une gouvernance transparente et inclusive dans le secteur extractif, avec une meilleure prise en compte des droits et des besoins des communautés locales.
Les échanges entre parlementaires, élus locaux et populations marquent une étape importante vers une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux liés à l’exploitation minière. Les populations attendent désormais des actions concrètes, notamment en termes de compensation et de réhabilitation des zones affectées.
Les habitants de la commune de Médina Wandifa, dans le département de Bounkiling (région de Sedhiou), se sont mobilisés lors d’un rassemblement ce vendredi pour demander l’annulation du lotissement réalisé en 2009, qu’ils estiment non autorisé. Selon Bakary Faty, président du Collectif pour la défense des intérêts de la commune, aucun service compétent n’a été impliqué dans ce lotissement, et les paiements des frais de bornage ont été encaissés par le maire, en violation des règles comptables.
Les membres du collectif accusent le maire Malang Seyni Faty d’avoir loti toutes les terres de la commune, au détriment des générations futures. Une plainte a été déposée à cet effet, et le collectif demande que le maire réponde de ses actes devant le tribunal de grande instance de Sedhiou. Ils espèrent que la protection dont le maire aurait bénéficié sous l’ancien régime sera levée pour que justice soit rendue.
En outre, le collectif dénonce la gestion jugée calamiteuse du maire, affirmant qu’il a préféré dépenser 90 millions pour les festivités des 15 ans de la mairie plutôt que de régler une facture de 11 millions pour assurer l’accès à l’eau dans la commune.
Malgré nos tentatives pour contacter le maire afin de recueillir ses commentaires sur ces accusations, aucune réponse n’a été obtenue. La situation demeure tendue dans la commune de Médina Wandifa, avec des habitants déterminés à faire la lumière sur les actions de leur édile et à défendre les intérêts de leur communauté.
Les habitants de Gadd, Ngomène et Ngakham ont exprimé leur mécontentement hier envers les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), selon un rapport de L’As.
Selon les informations recueillies, un barrage a été érigé spécifiquement au niveau du pont de Ngakham. La source du conflit remonte à 14 mois, lorsque les ICS ont proposé un projet de puits de sondage de phosphate dans la région. Bien qu’un accord ait été conclu avec les populations concernant les compensations à verser aux personnes impactées, les ICS ont récemment déclaré qu’ils ne pouvaient plus respecter cet accord en raison du coût exorbitant.
Face à cette impasse, les habitants ont bloqué la route menant à l’usine hier pour réclamer leur dû. Ils ont même installé des tentes sur place, déterminés à rester sur les lieux jusqu’à ce que leur demande soit satisfaite.
Cependant, selon Demba Fall Diouf, représentant du réseau des personnes affectées par les Mines (PAM), membre de la coalition « Publiez Ce que vous Payez » et de l’Observatoire National pour le Respect des Droits Humains dans les zones d’extraction minière, les ICS ont finalement accepté de verser les compensations d’ici le 6 mai. Suite à cette annonce, les barricades ont été levées dans l’après-midi.
Ce conflit entre les populations locales et les ICS illustre les tensions persistantes entre les communautés affectées par les activités minières et les entreprises opérant dans ces zones. Il souligne également l’importance cruciale de l’engagement des entreprises à respecter les accords conclus avec les populations locales et à répondre à leurs préoccupations légitimes.
Les habitants de Kenieba, une localité située dans le département de Bakel, région de Tambacounda et frontalière avec le Mali, sont montés au créneau pour dénoncer les activités de la société GH Mining. Exploitant le manganèse dans la région depuis plus d’une décennie, cette entreprise indienne est accusée par les populations locales de négligence, de pollution et de non-partage des bénéfices générés par l’exploitation minière.
Kenieba, malgré ses ressources minérales potentiellement lucratives comme le fer, l’or et le manganèse, est une localité qui manque cruellement d’infrastructures de base. Le manque d’eau, d’électricité et d’infrastructures routières rend la vie quotidienne des habitants particulièrement difficile, surtout pendant la saison des pluies où la région est souvent isolée du reste du monde.
Les populations de Kenieba, exaspérées par les conditions de vie difficiles et les impacts négatifs de l’exploitation minière sur leur environnement, ont exprimé leur mécontentement lors d’une rencontre avec la presse. Seybani Diallo, porte-parole des habitants, a déclaré : « Les populations de Kenieba souffrent énormément et appellent à l’unisson à la fermeture de la société indienne GH Mining, qui exploite le manganèse depuis plus de 10 ans sans retombées positives pour la communauté. »
Au-delà des préoccupations économiques, les populations locales dénoncent également la pollution massive causée par l’entreprise minière. « L’environnement est complètement détruit. Les populations ne peuvent plus respirer à cause de la pollution. Tout est à refaire dans notre arrondissement », déplore Seybani Diallo.
Ce n’est pas la première fois que les habitants de Kenieba alertent sur les dangers potentiels liés aux activités de GH Mining, tant sur le plan de la santé publique que sur l’économie locale. Face à l’inaction des autorités précédentes, ils revendiquent aujourd’hui leurs droits et exigent des nouvelles autorités étatiques la fermeture immédiate de la société.
Les habitants de Kenieba, déterminés à faire entendre leur voix, ont lancé un appel pressant aux organisations, syndicats, société civile et populations des autres localités pour se joindre à leur combat. Ils sont prêts à « battre le macadam » pour défendre leurs droits et protéger leur environnement.
La situation à Kenieba met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses communautés locales dans les régions minières d’Afrique. Il est crucial que les autorités étatiques prennent en compte les préoccupations des populations locales et veillent à ce que les entreprises minières opèrent de manière responsable et respectueuse de l’environnement et des droits humains.