Poursuites contre Doudou Wade : d’anciens présidents de groupes parlementaires montent au créneau et dénoncent une menace contre les libertés

Un front commun se forme pour défendre Doudou Wade. D’anciens présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée nationale du Sénégal ont rendu publique une déclaration de soutien en faveur de l’ancien président de groupe parlementaire, visé par des poursuites judiciaires, ainsi que du journaliste et animateur de l’émission « Faram Faccee », Pape Ngagne Ndiaye. Les signataires se disent profondément préoccupés par ces procédures engagées à la suite de propos tenus lors d’une émission télévisée, qu’ils considèrent comme relevant du débat démocratique.

Dans leur déclaration, ces anciennes figures parlementaires affirment suivre avec attention l’évolution de cette affaire, qu’ils jugent symptomatique d’un climat de crispation autour de la liberté d’expression. Sans remettre en cause le travail de la justice, ils rappellent que le droit à la critique, à l’analyse politique et à l’expression d’opinions divergentes constitue un pilier fondamental de l’État de droit et un acquis démocratique majeur au Sénégal.

Les anciens présidents de groupes parlementaires soulignent que ces libertés sont non seulement garanties par la Constitution sénégalaise, mais également consacrées par les engagements internationaux ratifiés par le pays. À leurs yeux, toute tentative de criminalisation de la parole critique fragiliserait le pluralisme politique et porterait atteinte à la vitalité du débat public, socle d’une démocratie vivante.

Ils estiment, par ailleurs, que le contexte national est marqué par une inquiétude croissante au sein des milieux journalistiques, politiques et intellectuels, face à ce qu’ils qualifient de tendance à la judiciarisation des opinions. Une dynamique qu’ils jugent préoccupante, car susceptible d’installer un climat de peur et d’autocensure dans l’espace public.

C’est dans ce cadre qu’ils expriment leur soutien « fraternel, solidaire et républicain » à Doudou Wade, ancien collègue et responsable parlementaire, tout en réaffirmant leur attachement indéfectible au respect des libertés publiques et des principes démocratiques.

Les signataires appellent également les autorités compétentes à faire preuve de retenue et de sens élevé de l’État, afin de préserver un climat d’apaisement, de confiance et de dialogue. Pour eux, seule une telle posture est à même de garantir la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle, dans un contexte politique déjà sensible.

La déclaration est signée par plusieurs personnalités politiques de premier plan, parmi lesquelles Abdourahim Agne, Ousmane Ngom, Bocar Sidik Kane, Babacar Gaye, Abdou Fall, Moustapha Diakhaté, Me Elhadji Oumar Youm, Aymérou Gningue, Mamadou Lamine Thiam, Serigne Cheikh Bara Doly Mbacké, Aissatou Koulibaly, Modou Diagne Fada, Abdou Mbow et Me Aïssata Tall Sall, actuelle présidente de groupe parlementaire.

À travers cette prise de position collective, ces anciens responsables parlementaires entendent sonner l’alarme et rappeler que la démocratie sénégalaise s’est toujours construite sur la liberté de parole, la confrontation d’idées et le respect des opinions divergentes, valeurs qu’ils appellent à préserver coûte que coûte.

Diffamation : Cheikh Bara Ndiaye engage des poursuites contre Maïmouna Ndour Faye

La tension entre le député Cheikh Bara Ndiaye et Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, franchit un nouveau cap judiciaire. L’élu a officiellement annoncé avoir déposé une plainte contre la journaliste et femme d’affaires pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». L’information a été relayée par le parlementaire lui-même sur sa page Facebook, soulignant la gravité de l’affaire et son intention de voir la justice trancher.

Cette action en justice fait suite à un épisode médiatique tendu : jeudi soir, Maïmouna Ndour Faye avait annoncé son intention de porter plainte contre Cheikh Bara Ndiaye, à la suite d’accusations publiques formulées par le député à son encontre. Dans ses déclarations, Cheikh Bara Ndiaye avait affirmé que la directrice de 7TV agissait en tant que personnalité influente dans l’ombre de Mimi Touré, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Il avait également allégué que Maïmouna Ndour Faye avait bénéficié d’un passeport diplomatique remis par le Président Bassirou Diomaye Faye, insinuant une proximité et des privilèges non justifiés au sein du cercle politique.

Face à ces accusations, Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir. Dans un ton très ferme, elle a qualifié Cheikh Bara Ndiaye de « menteur » et a ironisé en affirmant qu’il détenait une « licence en mensonge ». Ses propos ont été relayés sur plusieurs plateformes médiatiques, intensifiant l’attention du public et créant un climat de confrontation entre les deux personnalités.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire, chaque partie s’en remettant à la justice pour clarifier les faits et déterminer si les accusations portées sont fondées ou relèvent de la diffamation. Ce conflit illustre, au-delà des enjeux personnels, la délicate frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans le traitement de l’information publique, en particulier lorsque des personnalités politiques et des acteurs médiatiques sont impliqués.

La procédure judiciaire qui s’ouvre sera donc scrutée de près, non seulement par les parties directement concernées, mais aussi par l’opinion publique, attentive à la manière dont le système judiciaire gère les différends mêlant médias, politique et réputation. Le dénouement de cette affaire pourrait également fixer un précédent sur la manière dont les accusations publiques contre des personnalités sont traitées au Sénégal.

Mamadou Ndoye Bane abandonne les poursuites contre Souhaibou Diop : Fin d’un litige judiciaire

L’affaire opposant Mamadou Ndoye Bane, maire de Pire, à l’animateur Souhaibou Diop de Walf TV a pris une tournure inattendue. D’après les informations de nos confrères du journal Les Echos, Mamadou Ndoye Bane a décidé de se désister, mettant ainsi un terme à la procédure judiciaire qu’il avait engagée pour diffamation et injures.

À l’origine de cette affaire, des propos tenus par Souhaibou Diop sur le réseau social TikTok, dans lesquels il accusait Mamadou Ndoye Bane d’entretenir un réseau de femmes aux mœurs légères, en échange de fortes sommes d’argent. Diop avait également affirmé que le maire de Pire nourrissait une haine profonde envers Ousmane Sonko, leader de l’opposition, et son entourage. Pour Ndoye Bane, ces déclarations publiques constituaient une atteinte grave à son honneur, sa réputation et son intégrité en tant que maire et père de famille.

Dans sa plainte déposée devant le tribunal correctionnel de Dakar, Ndoye Bane exigeait 30 millions de F CFA en dommages et intérêts pour le préjudice subi, ainsi que la contrainte par corps maximale en cas de condamnation de l’animateur de Walf TV.

Le mercredi 13 novembre 2024, lors de l’audience, l’avocat de Mamadou Ndoye Bane, Me Aboubacry Barro, a annoncé le désistement de son client. Cette décision a surpris plus d’un observateur, compte tenu de la virulence des accusations portées et de la somme réclamée initialement. Suite à cette déclaration, le juge a acté l’extinction de l’action publique, clôturant ainsi le dossier.

Les raisons de ce désistement soudain n’ont pas été clairement évoquées, mais il est possible que Mamadou Ndoye Bane ait souhaité éviter une longue bataille judiciaire ou cherché à apaiser les tensions. Cette décision pourrait également être interprétée comme un signe de réconciliation ou un geste d’apaisement, dans un contexte politique tendu où les polémiques se multiplient.

Cette affaire rappelle les tensions récurrentes entre personnalités publiques et médias, notamment sur les réseaux sociaux, où les propos peuvent rapidement devenir viraux et avoir des répercussions judiciaires. Elle pose également la question des limites de la liberté d’expression, de la diffamation et de la protection de l’honneur des figures publiques.

En mettant fin à cette procédure, Mamadou Ndoye Bane a peut-être choisi la voie de la sagesse, mais cette affaire restera sans doute dans les mémoires comme un exemple des défis posés par la communication numérique et l’impact des réseaux sociaux sur la vie publique.

Vers des poursuites contre l’ancien Président Macky Sall : Le tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko prêt à agir ?

Des tensions politiques s’intensifient au Sénégal alors que des signaux émergent laissant entendre que le tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko envisage des poursuites contre l’ancien Président Macky Sall. Ces développements surviennent suite aux déclarations fracassantes de l’avocat Me Ciré Clédor Ly, connu pour ses prises de position tranchées.

Dans une tribune intitulée «Cri du cœur», largement médiatisée, Me Ly a pointé du doigt plusieurs actions entreprises par l’ancien président à la fin de son mandat, les qualifiant de hautement répréhensibles et méritant une mise en accusation pour haute trahison. Parmi ces actions figurent notamment l’attribution controversée de la concession des chantiers navals de Dakar à une société turque, ainsi que des nominations jugées discutables à des postes clés.

Le tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko, qui a récemment abrogé des décrets pris par l’ancien gouvernement, envoie ainsi un signal fort quant à sa volonté de s’attaquer aux actes jugés contraires à la bonne gouvernance et aux intérêts nationaux. Cette position pourrait laisser présager des poursuites judiciaires à l’encontre de Macky Sall dans un proche avenir.

La question des poursuites contre l’ancien président divise l’opinion publique sénégalaise. Certains voient dans ces actions une volonté légitime de lutter contre la corruption et de restaurer l’intégrité du système politique, tandis que d’autres craignent une polarisation accrue de la scène politique et des tensions sociales.

En attendant, Macky Sall, actuellement résident au Maroc où il assume le rôle d’envoyé spécial du Pacte de Paris, pourrait se retrouver au centre d’une tempête politique et judiciaire qui pourrait avoir des répercussions majeures sur l’avenir politique du Sénégal. Les prochains jours pourraient ainsi être déterminants pour l’évolution de cette affaire.

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