Présidentielle 2029 : Marième Diakhaté Mbacké déplore les réponses « floues » de Bassirou Diomaye Faye lors d’un ndogou au Palais

La députée Marième Diakhaté Mbacké dit être restée sur sa faim à l’issue du ndogou organisé vendredi dernier au Palais de la République, à l’initiative du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Conviée à cette rencontre aux côtés d’une centaine de parlementaires et de maires du parti Pastef, l’élue espérait obtenir des clarifications sur les intentions du Président en vue de l’élection présidentielle de 2029. Selon elle, les réponses apportées par leur hôte n’ont pas permis de dissiper les interrogations qui agitent déjà les rangs du camp présidentiel.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur et paru ce lundi, Marième Diakhaté Mbacké révèle que deux questions majeures ont été posées au chef de l’État au cours des échanges. La première portait sur une éventuelle candidature de Bassirou Diomaye Faye à sa propre succession en 2029, alors que certaines voix prêtent au Président l’intention de briguer un nouveau mandat. La seconde concernait l’hypothèse d’une candidature d’Ousmane Sonko, figure centrale de Pastef et actuel Premier ministre.

D’après la députée, sur la question relative à Ousmane Sonko, le Président aurait pris ses distances. « Il a signalé que cela ne dépendait pas de lui », rapporte-t-elle, précisant qu’il aurait affirmé ne pas gérer la candidature de Sonko. Pour Marième Diakhaté Mbacké, cette posture équivaut à un désengagement. Elle estime que le chef de l’État a ainsi « dégagé toutes ses responsabilités », laissant entendre que la décision relèverait d’une autre instance ou d’un processus interne au parti.

S’agissant de sa propre éventuelle candidature, la parlementaire évoque une réponse qu’elle juge évasive. Selon elle, Bassirou Diomaye Faye n’a pas clairement indiqué s’il serait candidat ou non en 2029. « Sa réponse m’a semblé floue », confie-t-elle, ajoutant que cette absence de position tranchée a ravivé les interrogations au sein des responsables présents. Pour l’élue, le Président ne les a « vraiment pas édifiés » sur ses intentions.

Marième Diakhaté Mbacké établit même un parallèle avec une séquence politique récente encore vive dans les mémoires. Elle compare l’attitude du chef de l’État à celle de Macky Sall lorsqu’il entretenait le doute autour d’une éventuelle troisième candidature, résumée à l’époque par un « ni oui ni non » resté célèbre. Cette référence illustre, selon elle, le malaise suscité par des réponses jugées ambiguës sur une question aussi sensible.

Présidentielle 2029 : Madiambal Diagne évoque un risque de “sabotage” entre Diomaye et Sonko

Le débat sur la présidentielle de 2029 est lancé, bien avant l’heure. Dans une publication polémique sur le réseau social X, le journaliste Madiambal Diagne s’est interrogé ce jeudi 3 juillet sur les ambitions futures du Premier ministre Ousmane Sonko et leurs implications sur la stabilité du pouvoir actuel. Selon lui, une réussite éclatante du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pourrait compromettre la légitimité de Sonko en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle.

« Encore 4 ans de confusion au sommet de l’État ? Le PM Sonko dit être candidat en 2029, sans savoir si le PR Diomaye le sera ou non. La réussite de Diomaye délégitimerait la candidature de Sonko. Alors Sonko n’a pas intérêt à la réussite de Diomaye. Sabotage en vue. Allez savoir ! », a écrit Madiambal Diagne.

Élus en tandem en mars 2024 à l’issue d’un scrutin historique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnent une nouvelle ère politique au Sénégal. Diomaye, président de la République, bénéficie du soutien du parti Pastef fondé par Sonko, son mentor politique devenu Premier ministre. Mais les ambitions présidentielles réaffirmées de ce dernier pour 2029 viennent troubler cette dynamique, ravivant les spéculations sur une possible rivalité interne.

La sortie de Madiambal Diagne jette un pavé dans la mare : suggérant un sabotage potentiel, elle alimente l’idée d’un double agenda qui pourrait nuire à la cohésion au sommet de l’État. Pour certains observateurs, cette hypothèse reflète davantage un calcul politique qu’une réalité factuelle, mais elle a le mérite de soulever un enjeu fondamental : le partage du pouvoir entre les deux figures de l’exécutif.

Face aux rumeurs et aux doutes, Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Dans une vidéo publiée mardi soir, il a fermement affirmé son droit à briguer la magistrature suprême en 2029.

« Ce dossier n’a aucun rapport avec ma candidature. De ce qui reste de mon existence, si je ne participe pas à une élection, ce serait de ma propre volonté, parce que rien ne peut m’empêcher d’être candidat », a-t-il martelé.

Une déclaration qui survient alors que la Cour suprême a récemment relancé le débat juridique sur l’éligibilité de Sonko, toujours marqué par ses déboires judiciaires passés. Mais pour le principal intéressé, les obstacles sont désormais derrière lui.

À moins de cinq mois d’exercice, l’attelage Diomaye-Sonko est confronté à un défi majeur : gouverner ensemble tout en gardant des ambitions personnelles compatibles avec l’intérêt national. Le président Faye, encore discret sur ses intentions pour 2029, reste centré sur les réformes institutionnelles et la restauration de la souveraineté économique. Sonko, de son côté, multiplie les apparitions publiques et les messages politiques à forte portée électorale.

Entre loyauté politique et calculs individuels, le tandem pourrait être mis à l’épreuve plus tôt que prévu. Si la réussite de Diomaye Faye devient incontestable, elle pourrait en effet remettre en question l’opportunité d’un changement de leadership au sein du Pastef en 2029.

POSSIBILITÉ D’UNE CANDIDATURE À LA PRÉSIDENTIELLE 2029 : Diomaye maintient le suspense

Dans son premier entretien avec la presse nationale, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye a discuté de divers sujets y compris la possibilité d’une candidature présidentielle en 2029, tout en exprimant son soutien à son Premier ministre, Ousmane Sonko.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a accordé, samedi dernier, son premier entretien à la presse nationale, marquant, dès lors, une étape significative dans ses cent jours à la tête du pays. Lors de cette rencontre, le chef de l’État a abordé un large éventail de questions importantes et a dressé des perspectives sur sa vision politique.

Parmi les sujets abordés, la probabilité d’une deuxième candidature présidentielle en 2029 a particulièrement retenu l’attention. Face à cette question épineuse, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a choisi une réponse teintée d’humour et de prudence. « Un président de la République qui vient de boucler trois mois à la tête du pays et vous lui posez cette question pour sans doute créer une polémique comme vous savez si bien le faire vous les journalistes. C’est déraisonnable », a-t-il commenté avec un sourire qui en dit long.

Cette réponse évasive du chef l’État semble cacher une intention claire de maintenir le suspense et de ne pas précipiter les annonces importantes. « Je me prononcerai tardivement sur cette question. Espérez longuement que j’en parle. Je ne le ferai pas ! Vous pouvez encore attendre, » a-t-il ajouté, laissant percevoir qu’il voudrait peut-être reconquérir les voix des Sénégalais en 2029.

Pourtant, dans le même entretien, Diomaye a exprimé publiquement son soutien à son Premier ministre, Ousmane Sonko, pour qu’il aspire à devenir président de la République à son tour, visant à apaiser toute spéculation sur d’éventuelles tensions entre les deux figures politiques. Le chef de l’État a clairement déclaré qu’il encourageait Sonko à viser haut, mettant l’accent sur leur collaboration loyale et leur ambition partagée pour la stabilité du Sénégal. « Je ne peux avoir de divergence avec mon Premier ministre parce qu’il me fait de l’ombre comme le disent certains. En effet, j’ai évolué sous son ombre pendant dix ans à me battre en toute loyauté. Je l’encourage non pas à l’orgner le fauteuil présidentiel ; mais à le regarder. J’avais souhaité à ce qu’il devienne président de la République car je que je le connais ; je sais qu’il en a les capacités et je mets en avant la stabilité du Sénégal, affirmé le locataire du Palais.

Concernant les pouvoirs actuels du Premier ministre qui est qualifié de « puissant » par certains opposants et observateurs, le président de la République a relevé a redéfini les angles. « Le Premier ministre n’a aucun pouvoir. Constitutionnellement, il est faible. J’avais suggéré de réduire les prérogatives du président de la  République et d’accorder au Premier ministre quelques pouvoirs pour rétablir un équilibre », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le président Diomaye, renforçant les responsabilités du Premier ministre, désire établir un système de gouvernance plus dynamique, améliorant la responsabilité et la transparence au sein de l’exécutif. Cette réforme vise également à mieux répondre aux attentes des citoyens tout en assurant une coordination plus efficace des politiques publiques.

Le Dakarois

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